PROJET DE GERMAIN PILON POUR LE MAUSOLEE DU CARDINAL RENE BIRAGUE
que l'on connaisse sur ses œuvres remonte à l'année 1766. « Gouthière avait donné à mon bisaïeul, Jacques Rondot, dit M. Natalis Rondot, dans une note publiée par la Chronique des Arts, des dessins de plusieurs de ses ouvrages ou de ses compositions ; j'en possède encore six. Deux sont de la main de Gouthière et sont signés par lui. Ils représentent des vases dont l'anse est formée dans l'un par un faune, dans l'autre par une sirène. Deux autres dessins de vases portent le nom de Gouthière, écrit par une main étrangère ; un autre dessin de vase est signé : Le Barbier. Del. 1 766, avec cette mention : Exécuté par Gouthière. »
En 1 77 1 , Gouthière prenait le titre de ciseleur et doreur du Roy ; sa réputation devait être déjà très grande à la même
époque, car c'est cette année-là qu'il commença les travaux du pavillon de Luciennes, pour Mme du Barry, travaux qui durent être très considérables, puisqu'elle y dépensa, suivant un auteur du temps, plus que les maîtresses de dix rois réunis. « On ne pouvait rien voir, dit le Manuel du voyageur aux environs de Paris, par Villiers, an X, de plus précieux, de plus fini, que ces bronzes que Gouthière avait pour ainsi dire pétris. Le grand salon était orné d'une corniche à console, véritable chef-d'œuvre ; une autre pièce, le salon ovale, était revêtue de glaces qui répétaient une superbe cheminée de lapis en forme de trépied, d'une richesse prodigieuse de bronze. Depuis ces ouvrages, on n'a pas porté l'art de façonner le bronze à un plus haut degré de perfection. »
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LES ARMES DE FRANCE ET DE NAVARRE, DANS LE GRAND ESCALIER DE VERSAILLES. EXÉCUTÉES EN BRONZE, PAR ANTOINE COYSEVOX, SUR LES DESSINS DE CHARLES LEBRUN.
LE MÉTAL DANS LES TEMPS MODERNES
M. le baron Ch. Davillier, qui a fait sur Gouthière une étude spéciale, nous fournit les renseignements suivants sur la triste fin du grand artiste : « On sait, dit-il, que Mmt" du Barry, condamnée par un arrêt aussi injuste qu'inutile, fut exécutée le 8 décembre 1793. Peu de temps après sa mort, la commission
des arts du département de Seine-et-Oise se transporta à Luciennes et fit l'inventaire de tous ses objets mobiliers saisis par le domaine, comme le furent alors tous les biens de condamnés à mort et d'émigrés. Gouthière, qui depuis longtemps n'avait rien re:u de la comtesse, réclama au Domaine, le icrfruc-