TÊTE DE CHRIST, RELIQUAIRE DE CUIVRE DORÉ, A PORDENONE
qui le pratiquaient étaient peut-être les moins malheureux parmi les artisans de ce triste temps. La rareté excessive des objets se rattachant à cette époque provient des destructions sans cesse renouvelées, et leur faiblesse atteste le peu d'habileté de ceux qui les faisaient.
Théodoric, roi des Ostrogoths, paraît avoir eu conscience de l'abaissement de l'art et avoir voulu le relever. Mais les guerres de Bélisaire et de Narsès, les invasions successives des Francs, des Alamans et des Lombards, ne laissèrent aucun moment de répit à la malheureuse Italie. Quelques-unes des pièces du trésor de Monza passent pour avoir appartenu à Théodelinde, reine des Lombards, mais la plupart sont d'une époque postérieure à Charlemagne. Celles-ci au reste ont un caractère byzantin tellement prononcé, qu'on peut douter qu'elles aient été faites en Italie ; il semble même qu'elles y aient été importées. Les plus importantes sont une croix pectorale, une couverture d'évangéliaire, des amulettes d'or, et la fameuse couronne connue sous le nom de couronne de fer; celle-ci est en or, et son nom vient uniquement d'un cercle de fer placé à l'intérieur. Le célèbre retable de