‹ Histoire artistique du métalChapitre 3 sur 120 · FIGURE EN BRONZE DE L1 ANCIEN EMPIRE, EXPOSÉE AU TROCADÉRO EN I · texte numérisé non relu

FIGURE EN BRONZE DE L1 ANCIEN EMPIRE, EXPOSÉE AU TROCADÉRO EN I

toral découpé à jour, le diadème et ses deux sphinx d'or, le poignard rehaussé en or et damasquiné, on a peine à croire qu'au moment où ces précieux bijoux sortaient de l'atelier des bijoutiers de Thèbes, l'Egypte était à peine débarrassée d'une longue et douloureuse invasion. »

Les bijoux dont parle ici M. Mariette ont figuré à l'Expotion universelle de 1867, à Paris. Celui qui a été le plus remarqué représentait une petite barque sacrée munie de son équipage. La barque est en or et les douze rameurs en argent; l'avant et l'arrière du bâtiment se relèvent gracieusement et s'épanouissent en bouquets de papyrus. Le tout est monté sur un petit chariot dont le train est en bois et les roues en bronze.

Il n'est pas d'ailleurs nécessaire d'aller jusqu'au Caire pour

apprécier la bijouterie égyptienne dont notre musée du Louvre possède d'admirables spécimens. Parmi les acquisitions récentes, il faut signaler tout d'abord (salle historique, armoire A) un adorable petit groupe de trois statuettes en or, représentant Isis et Horus qui étendent la main sur Osiris en signe de protection. Osiris, dont le corps est enveloppé, est accroupi sur un dé en lapis-lazuli, au nom du roi Osorkon II, ce qui nous reporte au x° siècle avant notre ère. Les bijoux de la xvme dynastie sont d'un goût exquis pour l'ornementation, qui a généralement un caractère emblématique. L'art moderne n'a rien fait de plus élégant comme disposition et de plus fin comme ciselure que le petit épervier aux ailes étendues qui porte une tête de bélier (salle historique, vitrine H). Tout le corps de l'épervier est couvert de plumes en lapis, en cornaline, ou en feldspath vert, incrustées dans de petites cloisons d'or. Remarquons aussi le travail délicat des deux petits chevaux qui se détachent en ronde bosse, sur le chaton d'une bague contemporaine de Ramsès II. Que dire encore de la charmante chaîne composée de vipères sacrées relevant la tète, du bracelet décoré d'un lion et d'un griffon, de celui où l'on voit une jeune fille dans les lotus du Nil, de la boucle d'oreille en or terminée par une tête de gazelle, etc. Ce sont des chaînes de tous genres, des colliers d'or à plusieurs rangs, toujours composés d'objets symboliques, poissons sacrés, lézards, fleurs de lotus, scarabées, œil mystique, têtes de la déesse Athor, avec ses cornes de vache imitant le croissant de la lune.

On doit également citer, à titre de curiosité, un livret de doreur (salle funéraire, vitrine Z) ; les feuilles d'or ne diffèrent des nôtres que parce qu'elles sont plus épaisses.

L'argent était beaucoup plus rare que l'or dans l'ancienne Egypte. Une des plus grandes curiosités de l'Exposition égyptienne du Trocadéro, en 1 878, consistait en belles coupes d'argent formées de feuilles de lotus, découvertes par M. Mariette dans le trésor d'un temple, et qui paraissent remonter au vie siècle avant notre ère.

PHËNICI E

Aussi loin qu'on veuille remonter dans l'histoire, on entend vanter l'habileté des Phéniciens dans le travail des métaux. Les inscriptions hiéroglyphiques les plus anciennes mentionnent les ouvrages de bronze provenant de leurs fabriques, et Homère célèbre dans ses poèmes la beauté des coupes ciselées par les ouvriers de Sidon. Les Phéniciens n'ont jamais été cultivateurs, mais outre qu'ils étaient navigateurs et commerçants ils exploitaient les mines partout où ils en trouvaient. M. Lenormant a émis sur ce sujet quelques considérations historiques qui méritent d'être citées ici : « Voici trois faits élémentaires et dont les recherches récentes sur l'humanité primitive ont partout vulgarisé la connaissance. Le premier est la prodigieuse antiquité de la métallurgie dans les civilisations asiatiques ; le second, l'antériorité du travail du cuivre sur le travail du fer, à tel point que l'âge du bronze représente dans l'histoire de la civilisation une longue période qui a précédé l'âge du fer. Le dernier fait, enfin, est celui-ci, que presque aussitôt que les hommes ont su fondre le cuivre et en fabriquer des instruments, ils ont reconnu ses nombreuses imperfections dans un emploi à l'état pur et la nécessité de le rendre plus dur et plus résistant par un alliage,

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