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BOSSE DE BOUCLIER EN OR, PERIODE CELTO-GERMANIQUE. — MUNICH

l'ensemble forme le trésor de Pétrossa, du nom de la ville près de laquelle elles ont été découvertes, passent pour avoir été enfouies à l'époque de l'invasion des Huns, mais on n'a sur ce sujet aucune donnée positive. Elles sont en or, et ce qu'elles offrent de particulier, c'est qu'on n'y trouve ni armes, ni objets usuels, mais simplement des disques, des aiguières, des patères destinées aux libations, et se rattachant à un culte qu'une inscription en caractères runiques a fait regarder comme étant celui d'Odin, mais qui dans tous les cas est antérieur à celui du christianisme dans le pays. Elles ont un caractère oriental très prononcé, et quelques-unes sont décorées de lions et de panthères dont le style rappelle celui de l'ancienne Perse.

Ces objets sont à peu près étrangers à la véritable Allemagne, où l'on n'a rien découvert qui ait un caractère national, antérieurement à Charlemagne. Encore est-on obligé de reconnaître que parmi ces pièces, les plus belles qui nous aient été conservées portent un cachet byzantin tellement prononcé, qu'il

est difficile de ne pas admettre, au moins pour quelques-unes, qu'elles ont été fabriquées à Constantinople. Cette tradition s'est même perpétuée pendant très longtemps et ce n'est pas avant le xne siècle qu'on voit se dessiner un style allemand proprement dit.

Nous avons vu que l'art allemand était resté assez longtemps dans un état embryonnaire. Le moine Bernward, qui fut évêque de Hildesheim de 992 à 1022, acquit à cette époque la réputation d'un artisan très habile, et son rôle dans l'orfèvrerie allemande répond à peu près à celui que saint Eloi avait eu en France. Toutefois on ne connaît de lui aucun ouvrage dont l'authenticité soit absolument démontrée. Parmi les objets dont la fabrication est d'origine allemande, un des plus anciens et des plus importants est le parement d'autel de la cathédrale de Bàle qui est maintenant au musée de Cluny. M. Du Sommerard raconte ainsi l'origine de ce monument qui date du xie siècle. « L'autel d'or de Bàle, exécuté par ordre de l'empereur

A L LEMAGNE.

Henri II, l'ut donné par lui à la cathédrale qu'il avait relevée de ses ruines. La légende qui se rattache à cette donation nous apprend que Henri, attaqué par la maladie de la pierre, ayant épuisé en vains efforts tout le savoir des médecins, avait, en désespoir de cause, imploré l'assistance de son patron saint Benoît. Le saint lui était apparu en songe au Mont-Cassin, et l'avait allégé de ses souffrances et guéri de sa cruelle maladie en lui déposant dans les mains la pierre, instrument de ses tortures. Alors Henri, en reconnaissance de cette sainte intervention,

avait fait vœu de consacrer un monument dont la splendeur pût en rappeler la puissance. »

La façade de ce monument, toute en or, est composé de cinq grandes figures en haut-relief placées sous des pleins cintres. Le Christ bénissant est au milieu ; il a à sa droite l'archange saint Michel et saint Benoît, à sa gauche les archanges Gabriel et Raphaël.

Le fronton placé au-dessus des voûtes est décoré des quatre vertus personnifiées : la Prudence, la Justice, la Tempérance et

la Force. L'encadrement de l'autel est orné d'arabesques entre- ] mêlées d'animaux, de fleurs et de feuillages.

Au xiiic siècle, les bords du Rhin et les contrées avoisinantes étaient couverts de monastères, dans lesquels il y avait généralement des ateliers d'orfèvrerie religieuse. Beaucoup d'artistes byzantins avaient trouvé là un refuge après la guerre des iconoclastes, et on continua longtemps à y mettre en pratique les traditions importées de Byzance. C'est dans ces couvents que l'on fabriquait ces grandes croix en cuivre champlevé et émaillé sur fond doré, dont le centre est occupé par un Christ maigre, aux chairs émaillées blanc et à la face légèrement rosée. Ces

pièces, devenues très rares aujourd'hui, ne se voient guère que dans les musées publics ou dans les collections privilégiées.

On fabriquait dans les mêmes endroits des grands reliquaires et des châsses dont quelques-unes remontent au xnc siècle. La châsse des Rois Mages, à Cologne, et d'autres monuments du même genre qui se voient dans plusieurs églises des bords du Rhin, sont extrêmement célèbres. Les artistes qui les fabriquaient étaient fort nombreux et on range généralement leurs ouvrages sous le nom d'École de Cologne ou d'Ecole rhénane. La gravure et la ciselure concouraient également à la décoration de ces châsses qui étaient presque toujours ornées de nombreuses sta-

LE M ETAL PENDANT LE MOYEN AGE

luettes. Outre l'émail cloisonne, dont le procède pouvait avoir été importe par les Byzantins, les Allemands pratiquaient l'émail à taille d'épargne, c'est-à-dire introduit par la fusion dans les entailles du métal. Ce genre d'émail avait été autrefois mis en pratique par les Gaulois, mais il semblait avoir été oublié dans les premiers siècles du moyen âge.

Un reliquaire du xive siècle, qui fait partie du trésor impérial de Vienne, montre des compartiments dans chacun desquels on voit une scène de la vie de saint Jean. Les figures sont d'une grande délicatesse d'exécution. Le reliquaire a la forme d'une

cassette plate en or niellé; une ouverture en forme de croix, percée au milieu de la cassette, et recouverte de cristal de roche, laisse voir la relique, qui est un fragment du manteau de saint Jean l'évangéliste.

A partir du xivc siècle, on ne voit plus guère de ces grandes châsses et les reliquaires deviennent au contraire fort petits. Cela vient, suivant M. F. de Lasteyrie, de ce que bien peu de corps de saints restaient dans leur entier, en sorte que la plupart des reliques n'étaient que des fractions dont le reliquaire prenait généralement la forme. La tête d'un saint était contenue dans

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