LUSTRE GOTHIQUE EN FER FORGE. — MUNICH
CROSSE, D APRES MARTIN SCHONGAUF.il.
un buste, le bras ou la jambe se renfermait dans une pièce métallique affectant la même forme. La simple vue du reliquaire suffisait ainsi pour en indiquer le contenu. Cet usage au reste n'était pas particulier à l'Allemagne; pendant le xiv° et le xve siècle, on en fit de semblables dans tous les pays chrétiens, et un assez grand nombre se voient encore dans nos églises. Quant aux reliquaires destinés à contenir simplement un objet ayant appartenu au saint, leur forme était à peu près la même qu'en Italie, et elle n'en différait que par le style ornemental. L'ogive était pour les Allemands le point de départ et en quelque sorte la clef de l'ornementation, dans l'orfèvrerie aussi bien que dans l'architecture, tandis qu'en Italie le plein cintre a toujours été la forme dominante. On fabriqua aussi, à partir du xvc siècle,
un grand nombre de reliquaires en cristal montés à jour, qui permettaient aux dévots de contempler la relique elle-même. Habituellement ces reliquaires sont de simples tubes de cristal, posés soit horizontalement soit verticalement suivant la nature de la relique, mais toujours supportés par un piédestal richement décoré.
Nos musées possèdent aussi quelques belles crosses d'évêque et des calices d'une grande élégance. Les plus remarquables sont celles du xve siècle, mais les gracieux modèles dessinés par Martin Schongauer, bien que gardant encore le style ogival dans l'ornementation, montrent déjà en plein le goût de la Renaissance qui va succéder au gothique.
Cette période a laissé en Allemagne très peu de monuments
FRANCE
de l'orfèvrerie usuelle. Ce n'est pas que ce genre de fabrication ait été plus restreint, car les princes allemands, bien qu'ils n'aient jamais atteint le luxe effréné des ducs de Bourgogne et des grands seigneurs français, étaient en général assez richement meublés ; mais les destructions ont été beaucoup plus fréquentes dans les châteaux que dans les églises. Celles-ci, malgré les pillages qui
accompagnèrent les guerres religieuses, ont pu dans beaucoup d'endroits conserver leurs trésors
De grands gobelets d'or et d'argent et des lustres en fer forgé d'un beau travail sont à peu près tout ce qu'on peut signaler en Aliemagne, en dehors de l'orfèvrerie purement religieuse.
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