RELIQUAIRE DU XIV L' SIECLE. — TRESOR IMPERIAL DE VIENNE
FRANCE
Avant de parler des Francs et de leurs productions, il convient de dire quelques mots des Gaulois qui ont occupé le pays avant eux et avant les Romains. Jules César ne fait pas grand
cas des épées gauloises dont les lames ne valaient rien. Cependant on peut voir au musée de Saint-Germain'un casque et une belle cuirasse gauloise trouvés dans la Saône; mais ce sont surtout les bijoux qui ont été trouvés en abondance dans les tombeaux, car les Gaulois, comme tous les peuples de l'antiquité, plaçaient à côté du défunt les objets précieux qu'il avait possédés Tous les
BRACELETS EN BRONZE C E L T O - G E R M A N 1 y U E S. — MUNICH.
auteurs anciens sont d'accord sur la passion qu'avaient nos ancêtres pour la parure. Les bijoux gaulois sont presque toujours de forme circulaire et consistent souvent en un certain nombre de fils d'or roulés en spirale. On donne le nom de torques à des bijoux que les Gaulois portaient comme bracelets ou comme colliers. Les bracelets présentent quelquefois la forme d'une série d'anneaux de différentes grandeurs emboîtés les uns dans
les autres. Le musée de Saint-Germain possède de beaux échantillons de bijoux roulés en spirale, d'agrafes, de boucles de ceinturons, etc.
L'art de l'émaillerie était connu et pratiqué chez les Eduens de l'ancienne Gaule. C'est un fait depuis longtemps acquis à la science historique, mais qui a pris une assez grande importance, depuis les dernières fouilles exécutées aux environs d'Autun.
LE MÉTAL PENDANT LE MOYEN AGE
l 'ne question pourtant restait encore pendante et ne manquait assurément pas d'importance. Les objets qu'on trouvait en foule sur le sol gaulois y avaient-ils été re'ellemcnt fabriqués. Un passage souvent cite de Philostrate ajoutait un vif intérêt à cette question sans pourtant l'éçlaircir beaucoup. Cet auteur, qui vivait au ni* siècle de notre ère, dit, en parlant des couleurs variées des bijoux celtes : « elles y adhèrent, se pétrifient et conservent leurs dessins. » Ceci s'applique évidemment à des émaux, mais ces émaux pouvaient bien avoir été importés en Gaule par le commerce, et ne prouvaient nullement que l'émaillerie fût pour les Gaulois une industrie nationale.
La découverte faite par M. Bulliotd'un centre de fabrication sur le mont Beuvray, à vingt-cinq kilomètres d'Autun, a tranché la question en faveur de nos aïeux. C'est une ville entière dont M. Bulliot a retrouvé les fondations, et cette ville, abritée par sa forteresse, était une cité toute d'industrie. Dans cette ville, où les fenêtres étaient inconnues et où la lumière n'éclairait la
chambre que par la porte, il y avait un quartier spécial pour les forgerons et les métallurgistes. Dans ces tanières une population industrieuse se livrait incessamment au travail du bronze qu'elle gravait et qu'elle enrichissait d'émaux. Des ateliers, pourvus de tout leur outillage, ont été mis au jour. « Les ustensiles, dit M. Bulliot, gisaient pêle-mêle; les fours étaient encore remplis de charbon; à côté de spécimens complètement terminés, on en voyait d'autres à peine ébauchés, d'autres en pleine fabrication, l'un même encore enveloppé de terre cuite; tout autour des fragments d'émail brut, des creusets de terre, des grès à polir, une quantité considérable de déchets, des bavures, des rognures provenant de la taille, des coques vitreuses qui conservaient l'empreinte des dessins du bronze, et par-dessus tout, le témoin même des opérations, véritable fossile de nos terrains historiques, nous voulons parler de la médaille qui en fixe l'âge et l'époque. » (G. Bulliot et H. de Fontenay, l'Art de l'ématllerie chej les Eduens avant l'ère chrétienne.)