‹ Histoire artistique du métalChapitre 43 sur 120 · BRONZES EMAIL LES TROUVES DANS LE .MONT U E V V HAÏ · texte numérisé non relu

BRONZES EMAIL LES TROUVES DANS LE .MONT U E V V HAÏ

La conquête romaine modifia naturellement les pratiques en usage dans les travaux du métal, qui formèrent, pendant toute la durée de l'Empire, une branche importante des industries gallo-romaines. Les invasions du ive siècle eurent à peu près les mêmes résultats qu'en Italie, c'est-à-dire qu'elles amenèrent des pillages et des destructions sans nombre. Comme les barbares avaient les mêmes besoins que les peuples qu'ils avaient conquis, la production ne tarit pas pour cela, mais elle fut plus hâtive et par conséquent moins soignée. A une époque où la fortune mobilière consistait exclusivement en or et en argent, il était tout naturel que l'orfèvrerie fût considérée comme le premier et le plus important de tous les arts. Une pièce d'orfèvrerie était un trésor facilement transportable, qu'on pouvait cacher aisément et fondre au creuset en cas de pénurie. Les objets métalliques furent importés de Byzance en très grandequantité pendant toute cette période et transformèrent le goût.

L'orfèvrerie, des premiers siècles du moyen âge, se distingue de celle de l'antiquité par un caractère spécial qui est l'alliance des pierres fines avec les métaux précieux. Dans la période mérovingienne, l'ornementation consiste presque exclusivement dans l'emploi de pierres fines; cet usage paraît avoir été importé de Byzance.

Bien que les importations byzantines aient été fort nom-

breuses pendant la période mérovingienne, il est certain que la fabrication des pièces d'orfèvrerie n'a jamais cessé en France. On sait, par exemple, qu'il existait à Reims des ateliers importants, et saint Remy ordonne par son testament de fabriquer un ciboire et un calice orné de figures sur lequel on devait graver une inscription qu'il avait composée. La reine Brunehaut fit faire un grand bouclier en or et en pierres précieuses qu'elle destinait au roi d'Espagne. On a beaucoup parlé du goût que montrèrent les Francs pour l'orfèvrerie. Un trait va en donner l'idée. « Un jour, Chilpérîc, ayant reçu en présent divers objets en métal travaillé qui excitaient une admiration universelle, fit mettre à côté un large bassin d'or orné de pierreries qu'il avait lui-même fait fabriquer, et le montrant à Grégoire de Tours : « C'est moi. dit-il, qui l'ai fait faire pour orner et rehausser la « nation des Francs. Ah ! je ferai encore, si je vis, bien des « choses. » Toutefois il ne faut pas s'y tromper, ce n'était pas le travail qu'admirait le barbare, mais la richesse de l'ouvrage et la richesse de la matière.

Parmi les ouvrages de bronze de l'époque mérovingienne qui sont parvenus jusqu'à nous, le plus intéressant sous tous les rapports est le siège connu sous le nom de trône de Dagobert. qui est conservé au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. Ce siège est attribué, sans que l'on puisse d'ailleurs

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invoquer aucune preuve à l'appui, à l'orfèvre saint Éloi, qui est devenu dans la légende le type de l'artisan de cette époque. Le monastère que ce saint a fondé près de Limoges est devenu une pépinière d'artisans qui ont acquis une grande réputation d'habileté et qui se sont beaucoup inspirés des ouvrages byzantins, alors en vogue. L'imitation de ces ouvrages fut même quelquefois si parfaite, qu'il est souvent difficile de distinguer ce qui a été fait dans le pays et ce qui y a été importé par le commerce.

Les armes et bijoux trouvés dans le tombeau de Childéric,

maintenant au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, sont certainement les objets les plus précieux parmi ceux qui appartiennent à l'époque mérovingienne. La pièce la plus importante de cette série est l'épée, ou plutôt la poignée de l'épée, et la garniture du fourreau, car le reste est moderne. Le travail se compose d'un cloisonnage d'or, dont les lames sont soudées sur le fond; des petits morceaux de verre rouge sont placés dans les compartiments du cloisonnage auxquels ils s'adaptent exactement. M. Labarte considère cette épée comme d'origine

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