‹ Histoire artistique du métalChapitre 6 sur 120 · ASSYRIE ET CHALDÉE · texte numérisé non relu

ASSYRIE ET CHALDÉE

L'origine des peuples qui habitaient la vallée de l'Euphrate et du Tigre est tellement enveloppée de récits légendaires, que leur histoire primitive se confond partout avec la mythologie. A plus forte raison n'est-il pas possible de raconter les développements successifs de leur industrie, dont les premiers tâtonnements sont absolument inconnus. Une inscription cunéiforme, gravée sur un bronze assyrien et traduite par M. Oppert, paraît démontrer que, vingt siècles avant notre ère, les Assyriens savaient assez travailler le bronze pour en faire des statuettes. Les palais de Khorsabad et de Nimrod, qui répondent au vne et au vin" siècle avant notre ère, ont fourni à nos musées quelques échantillons qui dénotent à cette époque un art très puissant et absolument maître de ses procédés.

Tout le monde a vu, au musée assyrien du Louvre, le petit lion en bronze qui est placé sur un autel à trois faces ; c'est le premier monument découvert par M. Botta à Khorsabad. M. de Longpérier en explique ainsi l'emploi : « Cette admirable figure, dit-il, un des plus beaux ouvrages que l'antiquité nous ait légués, paraît n'avoir pas eu d'autre destination que de servir de base et de décoration à l'anneau qui la supporte; anneau auquel on attachait probablement l'extrémité d'une corde, à l'aide de laquelle on hissait un voile au-dessus de la porte. Ce lion n'était pas mobile; à sa partie inférieure existe un goujon de scellement. Il ne doit donc pas être confondu avec d'autres lions de bronze trouvés récemment à Nimrod, et sur lesquels on voit des inscriptions cunéiformes et en caractères phéniciens. On pense que ces monuments ont servi comme poids. Quant au lion de Khorsabad, il appartenait bien certainement au système général des portes; car à chacune d'elles on a retrouvé les pierres du scellement où des figures pareilles avaient été fixées. »

Les inscriptions assyriennes nous fournissent quelques renseignements sur les objets d'or et d'argent que possédaient les monarques assyriens, et témoignent de leur prodigieuse opulence. Celle qui est connue sous le nom de Fastes de Sargon nous apprend, par exemple, que ce prince a réjoui le cœur des dieux par ses magnifiques présents consistant en vases d'argent ciselé, en bijoux pesants, et qu'il prodiguait à ses lieutenants des cadeaux consistant presque toujours en riches pièces d'orfèvrerie.

GRÈCE

Au reste, la prodigalité était une vertu facile à ces rois guerriers, dont la richesse consistait en un butin qui se renouvelait sans cesse. Et dans la description de ce butin nous voyons toujours un trône en or, un char en argent, des tiares, des sceptres, des parasols, où les pierreries de tous genres sont associées aux métaux précieux. Assurdanipal, dans une inscription contenant le récit d'une de ses victoires, rapporte qu'il a pris comme butin une quantité de chevaux et de mules dont les harnais étaient d'or et d'argent.

Néanmoins, tant de dévastations ont passé sur ces contrées, aujourd'hui transformées en déserts, que les pièces d'orfèvrerie ou de bijouterie assyriennes sont aujourd'hui de la plus extrême rareté. Le musée du Louvre renferme pourtant, dans la salle des bronzes, quelques bijoux d'or, des tablettes en or, en argent et en bronze, et quelques menus objets, insuffisants d'ailleurs pour caractériser le style de l'époque.

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