‹ Histoire artistique du métalChapitre 61 sur 120 · POT EN ÉTAIN, PAR FRANÇOIS BRIO T · texte numérisé non relu

POT EN ÉTAIN, PAR FRANÇOIS BRIO T

qu'elle est réellement authentique. Mais les quatre cents pièces qu'il a laissées, tant d'après ses propres dessins que d'après ceux d'autres maîtres, comprennent une foule de modèles pour l'industrie, entre autres, des manches de couteaux, des pommeaux d'épées et des miroirs d'une grande élégance.

Le règne de Henri II est considéré comme l'époque où l'art français de la Renaissance s'est élevé le plus haut, et l'orfèvrerie a naturellement été appelée à participer au mouvement artistique de cette époque. Mais de toutes les créations des beaux-arts, les pièces d'orfèvrerie sont assurément les moins durables. En France particulièrement elles ont subi une destruction à peu près complète. L'orfèvrerie sacrée a disparu pendant les guerres religieuses, et la politique a fait successivement envoyer à la fonte tous les services d'or et d'argent qu'employaient la cour et la noblesse. Si nous avons conservé 'quelques pièces de François Briot, nous le devons uniquement à ce qu'elles sont en étain.

Tout le monde connaît le plat et la fameuse aiguière du musée de Cluny, mais quand on a nommé son auteur, François Briot, il faut s'arrêter faute de documents. « L'aiguière de Cluny, dit Jal, n'est point datée et l'on n'assigne pas avec quelque certitude une époque à son exécution. Mais on y voit François Briot, en apparence âgé d'une trentaine d'années et dans un costume qui est celui des Français du temps de Henri III; on pourrait donc supposer que Briot fit cet ouvrage quelques années après la mort de Benvenuto Cellini, dont le style était à la mode et vers i58o. Cela reporterait la naissance de François Briot à une année très voisine de i 55o. »

L'artiste a fait plusieurs plats dont les dispositions essentielles sont identiques à celui du musée de Cluny, mais où les figures sont différentes. C'étaient des variantes d'un même type, que l'artiste était chargé de faire pour divers personnages. Le plat du musée de Cluny est tellement connu que nous avons

L'ORFÈVRERIE

préféré en donner un autre dont nous empruntons la gravure au grand ouvrage de M. Edouard Lièvre. Briot a fait des hanaps et différents vases enrichis d'arabesques et de médaillons représentant habituellement des sujets mythologiques. Son style ornemental caractérise bien les élégances raffinées de la sculpture française sous la Renaissance.

« Un orfèvre parisien dont nous ne connaissons aucune œuvre, dit Ferdinand de Lasteyrie, mais dont le nom est resté célèbre par la part qu'il prit aux événements de son temps, c'est Claude Marcel. Il fut prévôt des marchands sous la Ligue, comme son aïeul Etienne Marcel, de turbulente mémoire, l'avait

été au xive siècle. Claude fut un des familiers de Catherine de Médicis. Triste époque que la fin de ce siècle, triste pour la France d'abord, pour les arts ensuite, dont elle devait nécessairement amener la ruine. Les guerres de religion sont assurément de tous les fléaux le plus destructeur. En même temps qu'elles s'attaquent aux œuvres du passé, elles arrêtent la production du présent. Ainsi fut-il au temps de la Ligue. Quelques ordonnances malencontreuses, mais bientôt rapportées, de Charles IX, n'auraient pas suffi pour amener la décadence d'une industrie aussi florissante que l'orfèvrerie parisienne, si la guerre civile en permanence et la pénurie des finances n'y avaient eu, de leur

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