‹ Histoire artistique du métalChapitre 70 sur 120 · COUPE, PAR KIRSTEIN FILS · texte numérisé non relu

COUPE, PAR KIRSTEIN FILS

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LE MÉTAL DANS LES TEMPS MODERNES

Odiot est un nom historique dans l'orfèvrerie française, et il n'est pas possible d'en parler sans rappeler le passe' de cette maison célèbre. Elle a eu pour fondateur, en 1 720, Jean-Baptiste- Gaspard Odiot, qui fut grand garde de l'orfèvrerie en 1754, et l'orfèvre qui expose aujourd'hui appartient à la sixième géne'ra-

tion de cette famille. La grande réputation de la maison date des commencements de ce siècle, et le nom d'Odiot figure à toutes nos expositions parmi ceux des orfèvres récompensés. Sous le premier empire, la ville de Paris confia à Odiot l'exécution du berceau du roi de Rome, dont Prudhon avait composé le

dessin ; Thomire, le célèbre bronzier, fut son collaborateur dans cet ouvrage qui est resté célèbre dans l'histoire de l'orfèvrerie. En 18 14, Odiot, qui était colonel de la garde nationale de Paris, se distingua particulièrement dans la défense de la barrière de Clichy ; on peut voir son portrait dans le fameux tableau d'Horace Vernet, qui est maintenant au Louvre.

Sous la Restauration, la réputation que la maison avait acquise s'accrut encore, et Charles Odiot devint l'orfèvre en

vogue, comme son père l'avait été sous la génération précédente. Seulement, le goût public était encore en train de subir une modification nouvelle. « Comment, dit Ferdinand de Lasteyrie, aurait-il pu en être autrement, au lendemain du jour où l'état de la société française venait d'être encore une fois si profondément modifié ? En toutes choses, n'était-il pas naturel que la Restauration prît le contre-pied de la Révolution et de l'Empire ? Et puis les princes, les nombreux représentants de

L'ORFEVRERIE.

l'aristocratie, qui rentraient en France après une si longue absence, avaient contracté d'autres goûts pendant leur se'jour à l'étranger. En fait d'orfèvrerie, par exemple, leur œil s'était habitué aux somptuosités d'assez mauvais aloi, il faut en convenir, qui n'auraient pu contenter des amateurs d'un goût délicat, mais qui, pour le public en général, contrastaient heureusement avec la maigreur de formes du style impérial. Les orfèvres anglais passaient pour fort habiles. Odiot prouva facilement que, dans ce genre, il pouvait faire aussi bien qu'eux.

Il produisit beaucoup, à la satisfaction de sa riche clientèle, mais peu de ses œuvres eurent un véritable caractère d'art. »

L'imitation du style anglais, qui avait fait le succès de la maison Odiot, lui a attiré quelquefois les sévérités de la critique. C'est aujourd'hui M. Gustave Odiot qui est à la tête de cette maison, et l'importance de ses envois à l'Exposition de 1878 prouve qu'il entend lui conserver sa position exceptionnelle dans l'orfèvrerie française. On a particulièrement remarqué un grand surtout de table, style Louis XVI, un vase Renaissance

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