PLATEAU AVEC INCRUSTATIONS, PAR CHRISTOFLE
décoré de bas-reliefs représentant des amazones, et une superbe pièce décorative figurant un char traîné par des chevaux marins, et conduit par des tritons.
Fauconnier, dont la réputation date également de la Restauration, fut un véritable artiste. Un grand vase, commandé par le roi Charles X, pour être offert en cadeau au sultan, et une autre pièce du même genre, offerte par souscription au général Lafayette, sont ses principaux ouvrages. Trop amoureux de son art pour être bien habile à gérer ses affaires, Fauconnier fut souvent en perte avec de grands travaux, pour lesquels il employait toujours les plus habiles collaborateurs, et qui souvent lui revenaient plus cher qu'ils ne pouvaient lui rapporter. Il mourut pauvre, laissant à ses neveux, les frères Fannière, l'héritage de son beau et consciencieux talent.
Kirstein, orfèvre alsacien de la même époque, a introduit
dans l'orfèvrerie un genre pittoresque, qui a trouvé des imitateurs, mais qui, malgré le talent qu'il y a dépensé, nous semble très peu approprié au métal. Cet Alsacien était grand chasseur et grand marcheur : il explorait sans cesse les Vosges et les montagnes de la Forêt-Noire, et il cherchait dans le paysage de son pays des motifs qu'il pût traduire avec l'or ou l'argent. Il n'existait alors aucun précédent pour ce genre, dont il est bien réellement le créateur. Les biches, les cerfs, les sangliers, étaient pris sur le vif : il obligeait le métal à se faire paysagiste, en sorte que les branches et les broussailles, se mêlant aux cornes et aux pattes des animaux, produisent quelquefois une certaine confusion dans l'ensemble ; mais il rachetait tout par l'ingéniosité de l'invention, le charme de l'agencement, la finesse du mouvement, la délicatesse exquise du travail.
Ces sujets pittoresques, qu'il traitait toujours en demi-
LE MÉTAL DANS LES TEMPS MODERNES
relief, lui servaient à orner des tabatières, des broches ou des médaillons. Ses chasses et ses groupes d'animaux e'taient toujours fort petits et travaille's avec une incroyable minutie. Malgré tout le talent qu'il a dépensé dans des pièces de ce genre, l'esprit conçoit avec une certaine répugnance des forêts et des feuillages en relief exécutés avec du métal, et si Kirstein n'avait jamais fait autre chose, il serait peut-être cité pour la bizarrerie de son entreprise, mais il ne serait à coup sûr pas compté parmi les maîtres de l'orfèvrerie française. Chose singulière, cet homme, qui a toujours rêvé d'être un novateur, ne s'est jamais élevé si haut dans son art que dans un grand vase pour lequel il a observé rigoureusement le style classique alors en vigueur. Ce vase, où l'on sent en plein le goût qui a dominé en France, sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet, est certainement une des plus belles pièces d'orfèvrerie que l'on ait faites à cette époque. Le bas-relief qui court tout autour de la panse reproduit la célèbre composition de Thorwaldsen sur le triomphe d'Alexandre.
Kirstein, qui s'était formé lui-même par le travail et l'observation, résolut de donner à son fils une instruction artistique très soignée. Mais celui-ci, qui s'est fait pourtant une certaine réputation comme orfèvre, a par la suite abandonné la profession de son père, pour se livrer à peu près exclusivement à la statuaire.
Au règne de Louis-Philippe répond dans l'orfèvrerie une période de tâtonnements et de transformations. Froment-Meurice, l'orfèvre le plus illu'stre de ce temps, mérite que nous nous arrêtions un moment sur ses antécédents et le rôle particulier qu'il a eu dans les arts. Ceux qui aiment à voir les traditions d'art et de goût se perpétuer dans une famille suivront toujours avec intérêt les expositions de M. Froment-Meurice, dont le nom est, depuis un demi-siècle, une des gloires de l'industrie parisienne. Le fondateur de la maison, François Froment, ayant appris fort jeune le métier d'orfèvre, obtint, en 1793, une médaille de mérite et, encouragé par ce succès, il vint s'établir à Paris l'année suivante. Il parvint à s'y faire un nom et comptait déjà parmi les orfèvres en réputation quand la mort vint le surprendre en 1802. Il laissait un fils d'un an, et sa veuve s'étant remariée avec un orfèvre du nom de Pierre-Jacques Meurice, l'enfant traité par lui comme un fils voulut joindre le nom de son beaupère à celui de son père. Bien que la maison eût pris déjà une grande extension à cette époque, ce fut François Froment- Meurice qui acquit la grande célébrité aujourd'hui attachée à ce nom.
Parmi ses œuvres capitales, on peut rappeler un bouclier d'argent qui a figuré à l'Exposition de 1844 et qui est resté célèbre dans l'histoire de l'orfèvrerie de cette époque. Il représentait les quatre phases principales de la vie du cheval, l'état sauvage, la guerre, la chasse et les courses : au centre, un Neptune en haut-relief était représenté domptant ses chevaux marins. Ce bouclier est devenu la propriété de l'empereur de Russie. En 1849, un surtout de table, exécuté pour le duc de Luynes, et dans lequel on remarquait onze figures en ronde bosse, représentant des personnages mythologiques, et plus tard un encrier en or qu'il fit pour le pape, une épée d'honneur pour le général Cavaignac et plusieurs grandes pièces de genres très différents mirent le comble à sa réputation. « Froment-Meurice, dit M. Ferdinand de Lasteyrie, s'essaya avec un égal succès dans presque tous les genres d'orfèvrerie et de bijouterie. On lui doit un nombre infini de pièces d'argenterie de table d'un
goût charmant, et en fait d'orfèvrerie religieuse, diverses œuvres du meilleur style, parmi lesquelles je me contenterai de citer : l'ostensoir de la chapelle du pape, un autre, de style byzantin, offert par la reine Marie-Amélie à la cathédrale de Cologne, les deux reliquaires de la Madeleine et le bel ostensoir de la même église. »
S'il est difficile à un inconnu de se faire un nom dans la production artistique, il l'est peut-être encore plus de maintenir un nom déjà célèbre à la hauteur où l'opinion publique a l'habitude de le placer. M. Emile Froment-Meurice, celui qui dirige aujourd'hui la maison, a dû connaître cette difficulté plus que tout autre, puisqu'à la mort de son père il était trop jeune pour pouvoir diriger personnellement la maison et qu'il lui fallut en quelque sorte prendre d'assaut la haute position attachée à son nom. Il y est parvenu pourtant, et si quelques hésitations avaient accompagné le début de sa carrière, elles ont disparu complètement après sa belle exposition de 1878. Nous ignorons si M. Froment-Meurice possède les qualités personnelles du praticien, mais il possède au plus haut degré celles de l'inspirateur et directeur. M. Froment-Meurice joint à l'imagination une élégance naturelle dont on retrouve la trace dans chacune de ses productions et qui les signe en quelque sorte. Nous avons affaire en lui à un délicat chez qui la fécondité n'exclut pas la finesse. Il a résolu le problème difficile de produire beaucoup et bien.
On ne peut rien imaginer de plus frais et de plus délicieux que l'aiguière exécutée pour le roi d'Espagne. Cette aiguière de cristal de roche montée en vermeil et ornée d'une guirlande de fruits de perles fines à feuillages émaillés est faite d'après le dessin de M. Henri Cameré.
Une pendule et des candélabres en argent ciselé forment un ensemble plein de détails excessivement intéressants. Cette pendule et ces candélabres, faits d'après un dessin de M. Cameré et exécutés par M. Lafrance pour les figures, par M. Doussamy pour l'ornementation, appartiennent au duc d'Aumale et sont destinés au château de Chantilly.
L'orfèvrerie religieuse était représentée par un ostensoir de vermeil, orné d'émaux et de diamants, destiné à l'église de Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Issoudun; par une croix pectorale, style roman, et par un anneau pastoral offert au pape Pie IX par le diocèse de Genève. Sur le chaton, M. A. Meyer a exécuté le portrait de saint Pierre en émail. Les clefs, la tiare et l'écu du pape forment des motifs d'ornementation dont on a su fort habilement tirer parti. Une statuette de la sainte Vierge, en or émaillé, avec mains et visage en agate rosée, élevée sur un socle monté en vermeil, mérite une mention tout à fait spéciale dans le groupe des objets religieux.
L'orfèvrerie civile nous présentait des coupes offertes par le ministère de l'agriculture, la société hippique, etc., une coupe taillée en forme de coquillage et portée par un dauphin, un cadre en argent ciselé au repoussé, un bassin d'argent style Louis XVI, un surtout de table de style ro;aille, une parure style romain, un pendant de cou, etc., etc.
Sous Louis-Philippe, le nom de Froment-Meurice avait tellement absorbé l'opinion publique qu'il semble avoir incarné en lui l'orfèvrerie française. Cependant Morel et Duponchel ne doivent pas être oubliés. Quoique leur œuvre soit très considérable, la plupart des pièces qui ont fait autrefois leur illustration sont oubliées aujourd'hui. Leurs tendances pittoresques,
L'ORFÈVRERIE
soutenues par une très grande habileté d'exe'cution, auraient d'ailleurs pu, si elles avaient été suivies, entraîner l'orfèvrerie dans une voie qui n'est pas sans danger. Un surtout de table qui figurait à l'Exposition de 1849 a excité un grand enthousiasme et soulevé quelques critiques. La pièce du milieu représentait une
chasse au sanglier, dans une forêt de la Lithuanie, au xme siècle ; les chiens lancés sur le sanglier, et le garde sonnant du cor étaient pleins d'animation et bien conformes au goût de l'époque. Les candélabres affectaient la forme de sapins, hissés sur des rochers, et la lumière scintillait sur leurs rameaux chargés de
H. TousSAi/rr d't- SALIÈRE, PAR CHRISTOFLE.
givre ; les seaux à glace étaient entourés d'ours blancs escaladant les glaçons et combattus par des chasseurs : le tout, dit le rapporteur du jury, était exécuté au repoussé.
Les troubles qui ont suivi la révolution de 1848 ont jeté une certaine perturbation dans les industries d'art, mais elle n'a été que momentanée. Le second Empire, qui a vu surgir l'ère
des grandes expositions universelles, a été un triomphe pour l'orfèvrerie française. Ce triomphe, qui s'est renouvelé à plusieurs reprises, a été complet en 1878; la maison Christofle et Cic notamment s'est montrée sans rivale.
C'est en vulgarisant les procédés inventés par MM. Elkington et Ruolz, que le nom de Christofle est devenu populaire en
France. Au point de vue de l'industrie, c'était rendre au pays un véritable service que de faire pénétrer dans les ménages modestes l'usage d'une argenterie élégante, réservée jusqu'alors aux classes opulentes.
En continuant à marcher dans la voie si bien tracée par le fondateur de la maison, M. Paul Christofle, son fils, et M. Henri Bouilhet, son neveu, ont élevé singulièrement le niveau de leur
fabrication. Ils ont en même temps cherché des procédés nouveaux, et perfectionné de plus en plus la production artistique.
Avant d'arriver à leur magnifique exposition de 1878, nous croyons devoir citer un extrait du rapport des jurys de l'Union centrale des beaux-arts appliqués à l'industrie, au sujet des pièces qu'ils avaient montrées en 1 876aux Champs-Elysées : «Rappeler lessuccèsdecettemaison,ditle rapporteur, décrire ses œuvres hors
ligne, c'est refaire le catalogue des expositions dernières, c'est I expliquer ce que tout le public intelligent connaît, et a fortiori ce que savent mieux que moi ceux qui m'écoutent ici. — Mais dire que ce mouvement s'est opéré en moins de quinze ans, — que d'une fabrication toute industrielle et pratique où les agents chimiques tenaient la première place, les chefs intelligents de cette usine ont su tirer une production jeune, robuste et tout à fait originale et charmante, c'est faire d'eux un rare éloge et leur rendre un honneur bien dû.
« Fondre le métal ou le repousser, voilà la base de tout travail d'orfèvrerie; le décorer de ciselure, de filigrane, de gravure, de nielles ou d'émaux, en est, et en a toujours été le complément obligé.
« A ces ressources, si simples en apparence et si multiples dans l'application, MM. Christofle et Bouilhet ont su mêler d'autres procédés empruntés aux Japonais d'une part et de l'autre aux merveilles de la science moderne, l'émail cloisonné aux couleurs vibrantes et harmonieuses, les patines variées du bronze et de l'argent, la gamme des ors du vert au rouge, etc.
« Ajoutons que des artistes comme MM. Reiber et Rossigneux, — des émailleurs comme M. de Courcy, leur apportaient un concours empressé. — Faut-il s'étonner alors d'un si prompt succès, d'une métamorphose si complète?
« Et, tout en créant des œuvres originales, cette maison s'applique à la vulgarisation des types anciens. En 1869, elle nous rendait ces beaux spécimens de l'orfèvrerie des Romains, identiquement rétablis par la galvanoplastie d'après les types trouvés à Hildesheim. — Aujourd'hui elle propage les formes amusantes et neuves des vases de la collection Cernuschi. — Les reproduire par les procédés chimiques était facile, mais ce qu'il faut admirer, c'est la copie parfaite des chaudes patines qui les colorent et qui doublent leur charme. Copier avec cet esprit, c'est créer à nouveau. »
Une pièce d'un caractère tout à fait exceptionnel occupait le centre de la vaste pièce où MM. Christofle et Bouilhet ont exposé leurs produits en 1878. C'est une bibliothèque monumentale appelée à contenir la collection linguistique des bulles de l'Immaculée Conception et qui est destinée à une des salles du Vatican ; c'est M. Reiber qui en a tracé le plan. Quoique inachevée en 1 877, elle a été portée à Rome, et offerte à S. S. Pie IX, au nom du monde catholique ; Mgr l'archevêque de Reims a offert, en même temps, la statue en argent de la Vierge de Lourdes qui couronne le meuble.
La forme générale de ce meuble est celle d'une grande table à vitrines, qui mesure six mètres de long sur deux de large, et dont le milieu est formé par un avant-corps saillant surmonté d'un édicule. La table repose sur trente-deux pieds en bois d'amarante incrustés d'érable, de poirier et de filets d'ébène ; ces pieds, pourvus de chapiteaux en bronze doré, soutiennent une frise décorée d'écussons, qui forment comme la ceinture du meuble, et sont reliés entre eux par des guirlandes d'églantines en souvenir de l'Eglantier de Lourdes.
L'édicule central est surmonté d'une coupole, image du globe terrestre, sur laquelle est placée Notre Dame de Lourdes, exécutée en argent massif, ivoire et émail, d'après un modèle de M. Lafrance. L'édicule lui-même sert de cadre à deux tableaux, peints sur cuivre, et représentant, l'un, le Concile d'Ephèse, où Marie fut solennellement proclamée Mère de Dieu; l'autre l'offrande des bulles à S. S. Pie IX ; à droite et à gauche se
TEMPS MODERNES
déroule une frise peinte sur un fond d'or ciselé, et représentant la marche triomphale des nations apportant au chef de l'Église les volumes où sont contenues les vérités qu'il a promulguées. Cette frise, due à M. Lameire, est d'un style vraiment monumental, et d'une surprenante grandeur comme allure. Elle constitue une des pièces capitales de l'exposition.
Au surplus, toutes les parties de ce meuble, auquel Carrier- Belleuse et Jacquemart ont collaboré pour la sculpture, sont extrêmement remarquables, si on les considère séparément. Et cependant l'ensemble ne produit peut-être pas tout l'effet qu'on en pouvait attendre : il accuse des tâtonnements, des hésitations bien naturelles d'ailleurs dans une pièce de cette taille et de ce caractère. C'est à la fois un monument et un bijou, en sorte que les préoccupations de l'orfèvre viennent quelquefois gêner la conception architectonique. Les émaux, les médaillons, les écussons, sont semés à profusion, comme les pierres précieuses, sur un objet en or de petite dimension, mais ici cette surcharge d'accessoires, qui vient rompre les grandes lignes, ôte au monument l'ampleur que le sujet comporte, d'autant plus que ces accessoires semblent en quelque sorte rapportés, posés après coup et ne font pas positivement corps avec le monument.
Dans la même exposition on remarquait un meuble à bijoux style Renaissance. Ce meuble en forme de cabinet est monté sur deux colonnes et deux pilastres ornés de chapiteaux et appliques de bronze doré. Il est fermé par une porte ornée d'un panneau de bronze à jour encadrant un émail translucide et recouvrant un coffret en acier damasquiné et des tiroirs incrustés d'ivoire. Sur le côté sont deux panneaux fermant deux armoires à secret. Ce meuble, composé et dessiné par M. Rossigneux, architecte, offre un spécimen de toutes les ressources que l'art de l'orfèvrerie moderne possède pour décorer un meuble précieux : ciselure, incrustations, damasquinure, émail cloisonné, émail translucide, ors de couleur et bronze patiné. Les deux figures du cartouche sont de M. Mathurin Moreau et la figure de l'Amour vainqueur peint sur émail est de M. Frédéric de Courcy.
Dans la grande orfèvrerie d'argent,on remarquait tout d'abord un surtout de table de style Renaissance italienne, appartenant à M. le duc de Santona. Les plus grands noms de la sculpture française se trouvent inscrits parmi les collaborateurs de ce service hors ligne. Le Triomphe d'Amphitrite, pièce pour milieu de table, a été modelé par M. Mercié; M. Mathurin Moreau est l'auteur des groupes de la Pêche maritime et fluviale; M. Hiolle, des deux pièces représentant un Triton et une Néréide ; M. Lafrance, des jardinières à fleurs figurant l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, M. Gauthrin des quatre candélabres représentant les Saisons. Enfin, on doit à M. Mallet les ornements modelés qui décorent les étagères, les compotiers, les coupes à fruits, etc. Avec de pareils collaborateurs, on n'est pas surpris du charme singulier qu'on éprouve en admirant ce service d'argent dont toutes les pièces sont des œuvres du plus grand mérite.
Puis vient un service à thé, style grec, avec plateau de bronze incrusté d'or et d'argent. Ce service a été composé par M. Rossigneux. Les assiettes, les salières sont en argent repoussé. Un service à café Louis XVI, modelé par Carrier- Belleuse, est à la fois riche et élégant. Il est suivi d'un surtout, d'un service à dessert de la même époque, et d'un surtout Renaissance, aussi de Carrier-Belleuse.
M. Christofle s'est heureusement inspiré des procédés de
L'ORFÈVRERIE
l'Orient dans un certain nombre de pièces de son exposition. Il n'a pas agi en copiste servile, mais en libre imitateur qui laisse pleinement carrière à l'esprit d'interprétation de l'artiste. On peut citer parmi ces œuvres dans le style oriental une grande jardinière élevé sur un trépied cigogne. Le vase, en émail cloisonné, est décoré d'oiseaux et de feuilles de châtaignier se détachant sur un fond bleu. Une autre jardinière, dont le dessin est
dû à M. Reiber, est montée sur un trépied éléphant. C'est un spécimen de style indien. Sur le vase, des animaux fantastiques courent dans des rinceaux bleus, etc. Le style persan est représenté par une garniture de trois vases à émaux fond jaune et à garniture de bronze nuancé d'or. Deux très jolis meubles d'encoignure, de style japonais, sont encore dus à M. Reiber. Ces meubles sont montés sur un pied en bois de fer garni de bronze