HERACLITE. — BUSTE EN BRONZE DU MUSÉE DE NAPLES
dispensent tout à fait de les faire, et nous avons au Louvre des tètes, où l'on voit deux moignons pour exprimer le nez et le menton, avec deux trous pour exprimer les yeux, mais rien de plus. Les Grecs contemporains de la guerre de Troie ont dépassé
depuis longtemps cette période et leur expérience est suffisante pour leur permettre de rendre tous les traits du visage : les narines, les lèvres, les paupières, tout y est assurément, et on ne se trompe pas sur l'intention. Mais si l'on compare ces têtes à celles que l'Egypte savait faire bien des siècles auparavant, on reconnaîtra que e n'affirme rien d'exagéré en disant que l'art grec à cette époque était encore dans la barbarie.
Le docteur Schlieman voit dans les personnages dont nous venons de parler les corps d'Agamemnon et de ses compagnons, massacrés par Egisthe et Clytemnestre. Celui qui, si l'on adopte cette attribution, serait sans doute Agamemnon, portait, outre son masque, un casque en or massif, dont la partie postérieure est sculptée de manière à imiter la chevelure : il avait également une cuirasse composée de plaques d'or.
Parmi les objets placés dans ce tombeau, il y avait deux sceptres dont M. Schlieman donne la description suivante. « La tige d'argent de ces sceptres a été plaqueé d'or, comme on neut le voir sur la partie qui s'enfonce dans les pommeaux de cristal de roche tournés avec tant d'élégance. La boule de cristal est ornée de sillons verticaux et percée dans toute sa longueur. » Il est fâcheux qu'Homère, en nous faisant savoir que le sceptre d'Agamemnon a été fabriqué par Vulcain, ne nous ait donné aucun détail sur sa forme : il eût été curieux de comparer la description du poète avec la trouvaille de l'archéologue.