‹ Histoire chimique et physiologique d'une bouchée de pain [microforme]Chapitre 5 sur 6 · SI · texte numérisé non relu

SI

Le r.orceau de pair est porté à la bouche, qui est l’orifice supérieur du Canal alimentaire, par un merveilleux instrument qui se nomme la maïn humaine. Je dis merveilleux, car cette petite partie du corps est peut-être le chef-d'œuvre du Créateur dans l’ordre matériel. Il existe tout un traité spécial, écrit par un Anglais, sur J'admirable structure de cet organe et sur les preuves qu'elle fournit æn faveur de lexistence de l’Etre suprême et de son infinie provi- <dence, La disposition, l'adaptation et le nombre des muscles, des nerfs

et des os de la main de l'homme feront toujours l’'étonnement et l'admiration de l’anatomiste. Il n’y a pas moins de 27 os, 28, si l'on compte le petit os sésamoïde, dans ce seul petit organe. Quel jeu merveilleux dans leur agencement ! quelle mobilité et quelle délicatesse extrême dans le doigté! quelle sensibilité exquise dans les papilles de la pulpe des doigts! Les doigts de la main sont mus par 27 musc.es dont 9 fléchisseurs et 3 extenseurs pour porter ce morceau de pain à notre bouche, La bouche est pour ainsi dire l’antichambre ou le vestibule du canal alimentaire. Elle reçoit d’abord sans distinction, ni résistance, tout ce qu'on lui offre, sauf les substances dont l'odeur repoussante offense le sens de l’odorat qui est placé, comme une sentinelle vigilante, à l'entrée même et un peu audessus de la bouche. La matière offerte est déposée sur la langue qui, au moyen de ses innombrables papilles, en discerne vitement la bonne ou mauvaise saveur, Le morceau de pain, ne présentant presque pas. d'odeur ni de saveur, est volontier accepté et retenu pour lui faire subir l’opération de la mastication, ce qui se fait au moyen des dents, surtout des molaires. L'ensemble des 14 ou 16 dents, (selon l’âge des personnes,) de chaque mâchoire, peut, avec justesse, se comparer aux deux meules d’un moulin à farine. Comme celles ci ont moulu nos grains de froment par un mouvement rotatoire de s’une sur l’autre, qui est immobile ; de même nos mâchoires vont moxdre, ou pour mieux dire mastiquer ce morceau de pain cuit, par une sorte de mouvement de va-et-vient de la mâchoire inférieure qui est mobile, sur la mâchoire supérieure qui est immobile ou à peu près. Pendant l'opération de la mastication qui, soit dit en passant, ne doit jamais être précipitée, excepté dans les buffets des stations de chemins de fer, de peur de manquer le train... pendant cette opération, dis-j+, la: mâchoire inférieure en mouvement continu presse sur deux glandes. appelées parotides qui se trouvent un peu en avant et en bas des. oreilles, et qui sécrétent un certain flnide qu'on appelle salive, Cette substance aqueuse se déverse par de petits conduits dans l’intérieur de la bouche ; et, de là, elle se mêle à la matière en voie de mastication et la prépare pour la déglutition, et un peu aussi pour la digestion en même temps qu'elle facilite la mastication par le délayage. La langue, elle-même, qui joue un rôle très actif dans l'opération de: la mastication par le mouvement flexible et varié de ses muscles,. excite aussi l'action secrétive d’autres glandes que l’on nomme sousmaxillaires et sous-linguales à raison de leurs positions respectives, et qui fournissent, à leur tour, leur quota de salive. La composition

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