II. BLESSURES DU COU
C’est peut-être à tort que j’ai annoncé des blessures du cou, tant elles ont été rares et simples; je 11’en excepte que le fait suivant:
Go***, canonnier au 8e d’artillerie, est atteint, le 18 décembre, d’un éclat d’obus à la partie postérieure du cou, sans aucune plaie extérieure. Le choc réagit fortement sur la tête, et l'ébranle au point de faire perdre au blessé l’équilibre et la connaissance; cet état dure quelques instans,
el ne cesse que pour faire place à une paralysie complète des extrémités supérieures. Le blessé, tout étourdi, a l’air hébété; il ne peut rendre compte de ce qu’il éprouve. Une saignée du bras est pratiquée de suite , et contribue seulement à dissiper les effets de la stupeur; mais la paralysie persiste, sans la moindre amélioration. Les fomentations résolutives , les topiques émolliens ne changent rien à cet état, qui ne cesse qu’au bout de quatre jours. On applique plusieurs ventouses scarifiées, qui déterminent immédiatement un soulagement notable, et dont l’emploi , continué à diverses reprises, dissipe peu à peu, et tout à fait enfin, la paralysie, le onzième jour de la blessure (x).
Quant aux plaies pénétrantes du cou par des balles, elles offrent, en général, un phénomène singulier, c’est d’être rarement suivies d’accidens hémorrhagiques, alors même que les projectiles frappent au niveau des gros vaisseaux, parce qu’ils semblent glisser sur eux, comme s’il y
(i) Nous aurions beaucoup à dire sur l'efficacité des ventouses scarifiées , non seulement dans des cas analogues , mais encore dans une foule de circonstances , si mon père, dans sa longue pratique, n’avait signalé depuis long-temps les effets remarquables de ce moyen thérapeutique.
avait là une élasticité préservatrice : j’en ai vu deux exemples à Anvers.