‹ HIstoire Chromologiue Des VoyagesChapitre 12 sur 30 · et · texte numérisé non relu

et

Tentatives pour découvrir la côte orientale du Groënland. — Variation de la hous^ sole en Islande. ' — Phénomène ressemblant d une aurore boréale, • — Baie formée par les glaces. — Vue du Groenland oriental. — Impossibilité d'en approcher. — Retour de howenorn en Da- , nemarck. — Egède reste en Islande. — Tentatives réitérées et inutiles pour aborder en Groënland. . . ' . . ■ '

Le roi de Da nemarck , à la recommandation de révêque Egède, fils de Hans Egède, fondateur des missions du Groënland , prépara uneexpédition en 1 786 pour chercher la côle orientale du Groënland. Le commaa-

dément en fut confié au capitaine Lôwenorn*

Egède , qui, dans son enfance, avait accompagné son père au Groenland, était persuadé * que la colonie, perdue depuis si long-temps sur la côte orientale de ce pays , existait encore ou avait existé sous le mùme parallèle que le milieu de la côte occidentale de Finlande; il pensait que la dislance qui les séparait, n'élait que d'environ cent qualre-vingts milles ; que , du milieu de la mer on voyait en même temps les deux côtes , ou du moins les sommetsdes montagnes; enfin, que celte CJte du Groenland , qu'on suppose être la partie anciennement habitée parles Danois, s'étendait à trois cents milles au sud-ouest, , ou au sud-sud-ouest d'Herjolsnes, et se prolongeait dans cette direction jusqu'au cap Farewell. Celle opinion d'Egède fut ensuite combattue dans un Traité de M. Eggers; celui-ci a cherché à prouver que la partie du Groenland anciennement découverte, et que plusieurs personnes supposent perdue, est le district appelé aujourd'hui /m lianshaab y habité par les Danois, el que celle partie n'a reçu le nom de Gooën»

land oriental que parce qu'elle se trouve située un peu à Test de celle qu'on appelle généralement la côte occidentale. .... , Cependant, le gouvernement danois fut

, d'une opinion diflPérente. La seule question qu'il mit en doute, fut de savoir si Frobisher avait réellement passé un détroit qui , tra-

* versant le Groenland depuis la cote de lest jusqu'à celle de l'ouest, en coupât une grande partie; le capitaine Lôwenôrn, avant son depart, écrivit un mémoire pour démontrer la fausseté d'une semblable supposition, ce qui avait été prouvé long-temps auparavant par les anciens navigateurs anglais.

L'évêque Egède pensait que la saison la plus favorable pour entreprendre as voyage^ était le commencement du plrin temps, avant que les masses de glace descendissent du.

nord et s'attachassent à la côte; mais le ca« pitaine Lôwenôrn opinait pour chercher a arrivera la hauteur de la côte, au milieu de. l'été, ou même plus tard, parce qu'alors la.

glace, descendue plus au sud, aurait laissé libre la côte orientale du Groenland, et préférait la côte occidentale d'Islande pour

poinl de 4éparl. Le-gouvernement choisit pour cette expédition ï Ernest Scheiamelr^ Viann, de deux cent quarante-six tonneaux, tmplojé ordinaireuieot à la pêche de la ba- Irine. On lui adjoignit nn petit bâtiment de soixante tonneaux , sous le commandement du lieutenant £gède, fil^ de l'évêque. Ces detQc bàtimens devaieni passer l'hiver « Islande , afin de continuer leurs recherches Vété suivant, dans le cas où ils ne réussiraient pas la première^ année* Le capitaine Loweuorn fut en même temps chargéd'examiner avec soin la situation géographique des Iles Shetland et de faire la reconnaissance des cotes de l'Islande, afin de rendre plus complète l'bjdrograpUie de cette île.^ Il devait aussi reconnaître k situation d'une petite île volcanique qu'on avait aperçue

-en 1785, mais qui, suivant le rapport de»

plusieurs nav^ateurs , avait disparu Tannée suivante. . . •

Les deux vaisseaux partirent de Copenhague le d mai 17861 et arrivèrent en Is-t lande le 16 du mémeniois.Ils-firenl plusieurs

* observations sur la variation de labous^oie.

• / ' . . . ( ) sur l'exactitude desquelles on ne peut comp4-^ ter, parce que le grand nombre de volcans qui se trouvent dans presque toutes les parties de Vile , et qui contiennent , dil-on, des matières magnétiques, paralyse tellement la vertu de l'aiguille, qu^elle varie de plusieurs degrés dans les. dislances les plus courtes.

C'est cïinsi qu'Olafsen a remarqué que, suc Je sommet de Snœfell Jokul , la boussole se tournait alternativement vers toutes les directions.

Le capitaine Lowenorn ne put obtenir en Islande aucun renseignement exact sur l'ancien Oroënland ^ et ne put s'assurer qu'il fût possible de voir en même temps les côtes de l'Islande et du Groenland. Le 20 juin, il quitta Scolmensham, et, le 29, il vit pendant le jour un piLénomène qu'il prit pour une aurore boréale. L'atmosphère était chargée de vapeurs, et d'une blancheur extraordinaire; le soleil était entouré d'un cercle de lumière pâle; vers le nord-ouest, l'air était plus clair, et de l'horizon s'élançaient des colonnes et des points lumineux qui ressemblaient à l'aurore boréale, étince-

Jans et diangcam àe forme de la .mèm* manière que ce météore. Le même pfaéno* méae reparut le lendeiuaiu^mais plus faihlement. Si c élait laorore boi^ale » c'est % probablement k première fois qvfm Pait obsméeeo plein jour, et lorsque le soleil était au-dessus de rtiorizoo.

. Le 9o juin , les Danois Vojaieot le SmefeR Jokul à Tesl, à la distance d'environ quatre- Tingt-disiâ milles; en même, temps ib se figurèrent qu'ils apereevaieni) a lU>iiesty -des montagnes blanches couvertes de neige , et , ils ^nt route de ce côté. Le i/*^ juillet >

ràtmospbère était diar^éc de Vapeurs; à midi, ils crurent découvrir une terre mon- 1 ^ tagneuse; ils étaient alors par li^ de

latitude» sur Si<» i6' de longitude à Toluest de Paris. Le brouillard était épais ; mais de tempa en U^mps il s'éclaircissait , et ils s'inu^ 1^ ■ ginaient apercevoir la. terré s (enfin» Fair

* s'étant entièrement éclairci, ils ne virent que deamasses de glace et quelques lies flottantes, r^^^ - Le s juillet» ils entrèrent dana iine baie

de glace ; mais, au lieu de terre , ils ne virent - * 4|U uue étendue de gkcaimmen^ et impé-

/ { «61 ) . . . uétrable , au milieu de laquelle s'élevaienll^ d'énormes montagnes de glaces. La vapeur et la brume , produites par celte étendue de glace, les eussent empêchés de voir la côte, quand même ils en eussent été près ; ' mais si la terre eût été montagneuse, ils eussent dû en apercevoir les cimes, même à une grande distance au-delà de la plaine* de glace, d'autant plus que de temps ea# temps le brouillard s'éclaircissait.

Cette plaine qui jusqu'alors s'était étendue dans la direction du nord-est au sudouest, tournait dans celle baie à l'ouest»

et un peu au nord , et permit aux vaissçaux de faire i*oute à l'ouest. Le a jnillet , à midi , . ils étaient au moins à cent soixante milles de Snaefell-Jokul, par 65o6^delatityde, et 33<> 3' de longitude à l'ouest de Paris; et, suivant les anciennes cartes, ils devaient être ? alors très-pi:ès de l'ancien Groenland. En al-> lantà l'ouest, ils remarquèrent constaniment au nord un certain reflet, qui indique le voi-r sinage d'une plaine de glace continue, et»

qu'on voit généralement lorsqu'on en est à la dislance de dix ou douze milles ; et sou^ n. 11

. ( »62 ) • vcot même de beaucoup plu$ loin ; c'est ce' qoe l'on appelle le clignotement delà glace ; mais on ne l'observe jamais lorsqu'il n'y a' que des glaçons détachés. Les nuages pre- ' naient quelquefois la forme de la terre.

Le 5 juillet, à midi, étant à deux cent soixante-dix milles de Snasfell-Jokul , par 6S*> 11' de latitude et 55® 8' de longitude,* et entourés par les glaces, ils aperçurent pour la première fois la terre. La variation de la boussole était , dans cet endroit , de 46® lo'. Cette terre était composée de mon-' tagnes très-hautes vers le nord ; et comme ils les virent deux jours de suite , toujours dans la même forme et dans la même position , ils furent convaincus que ce n'étaient point des nuages. Ils calculèrent qu'elle devait être à la dislance de cinquante milles de l'endroit où ils se trouvaient, ou à environ deux cent quatre-vingt-dix milles de Snaefell-Iokul. La glace était partout si for-tement unie , et d'une si vaste étendue , qu'ils n'avaient pas le moindre espoir de se frajer un passage au travers; et quand même ils auraient pu y entrer, ils auraient sans doute

Digitizcd b

Ta , pour prix de leur témérité, leurs vaisseaux se briser en mille pièces contre les montagnes de glace. A chaque instant les glaçons entouraient de plus en plus les batimens; et, pendant qu'ils étaient dans cette situation, ils découvrirent une énorme pièce de bois qui avait été équarrie ; elle était si-. / grande, qu'ils ne purent la prendre à bord avant de l*avoir sciée en deux. Un grand nombre de mouettes étaient perchées sur celte poutre. On fut très-surpris de voir que c'était du bois d'acajou, dont la pesanteur spécifique est généralement trop considérable pour qu'il puisse flotter sur l'eau ; mais il était tellement rongé par les vers , même jusqu'au cœur, que le capitaine Lôwenorn conjectura que son poids avait pu en êtrd^ diminué. On ne vit pas de morses ni d'autre^> animaux marins dans celte partie de l'Océan ; il n'y avait que des mouettes en petit nombre.

Comme la «rande masse de la o'iace dérivait au sud-ouest, on résolut de ne pas pénétrer plus avant à l'ouest; car, en supposant même que Ton découvrirait dans la

glace une ouverture par laquelle on pourrait pénétrer, on parviendrait tout au plus a entrer dans une baie au-delà de la glace, et oq serait obligé d'hiverner dans le Groënland, à quoi Ton n'était nullement préparé* D'ailleurs on espérait trouver moins de glace au nord , et découvrir une terre près de la baie de glace dans laquelle on était entré le 2 juillet. •

Le 7 , par 65° 2 1 ' de latitude et So** 5o' de longitude , à cent vingt milles de Snaefell Jokul, le capitaine Lôwe no rn crut de nouveau voir une chaîne de rochers, mais ce n'était qu'une chaîne de montagnes de glace; en même temps il découvrit à l'ouest le même clignotement de la glace qu'il avait aperçu, le 2 juillet, presque à la même ^ place. Le 8, en allant àl'est, il remarqua constamment, au nord, des montagnes de glace, ainsi que le clignotement, et passa entre .

plusieurs îles flottantes. Craignant que les masses de glace qui continuaient à descendre du nord ne remplissent toute la mer entre le Groënland et iTslande , au point que la navigation n'en fût plus praticable.

DkiitizGd bv C

il préféra reloiirneren Islande, dont il n'était éloigné que d'environ soixante milles, et remit à faire une autre tentative pour découvrir la côle orientale du Groënland lorsque les vents du nord et les courans auraient fait descendre la glace au sud. En conséquence il entra, le i3 juin, dans le port de Djrefiord.

Tous les renseignemens . qu'il y recueillit, le confirmèrent dans l'opinion qu'il y avait, cette année-là, plus de glace qu'à l'ordinaire, et que si elle se dispersait, ce qui n'était pas probable, ce ne serait que trèstard. Cependant, le capitaine Lowenorn résolut de remettre encore une fois en mer pour se convaincre de l'impossibilité de trouver un passage à travers la glace. Il partit le 523 juillet, et, le 2/|, par 66« 55' et 29^ 10/ de longitude, il rencontra de grandes masses de glace qui, par 65® 10' de latitude et 29*^ de longitude, paraissaient tourner au sud-ouest, et former une grande baie; mais, afin de ne pas être enfermé par la glace, il ose dirigea au sud, puis retourna au 65** [\\' de latitude, à l'endroit où il était le 8. Il

( i66) ■ • essaya CTJcote une fois d'avancer à Touest, niiiis il fut arrêté par de grandes masses de glace; et, comme pendant plusieurs jours il ne vit autre chose de tous les cotés, il résolut de retourner en Islande , où il entra dans le Havnefiord le 5i juillet. On commença alors à radouber le petit bâtiment commandé par le lieutenant Egède, qui devait ^rester pendant l'hiver en Islande, afin de poursuivre le vojage de découvertes le printemps suivant. Le capitaine Lowenorn retourna en Danemarck avec son vaisseau.

Le capitaine Lowenorn pense que la côte orientale du Groenland est abordable; mais il ne pense pas que ce soit la partie anciennement habitée et appelée Groenland oriental, qui est perdue depuis quatre siècles. 11 croit pouvoir expliquer d'une manière satisfaisante, par la conformation du globe, les masses immenses de glace qui descendent tous les ans le long de celte côte. « En supposant, dit il, que la surface du globe ne fût que de l'eau , le courant de la mer devrait, par suite du mouvement de la terre, sur son axe, de l'ouest à lest, se faire constamment de l'est

à rouest, et, en raison de la h'tce centrifuge, ♦les eaux devraient en même temps couler \ers Téquateur ; mais les différeus groupes ide continens et d'îles ont modifié ces mou- 'î.Temens. Les masses de glace autour du pôle arctique, dans la mer, au nord de l'Asie et autour du Spitzberg , doivent donc, par Teffel du mouvement de rotation du globe, ♦se diriger de l'est à l'ouest et vers Tëquateur, et passer, en conséquence, le long de de la côte orientale du Groenland.

Telle est la théorie de l'amiral Lowén- ^ôrn, et telle était, bien des années avant son voyage , celle de Fabricius. Quelquefois, nous dit-il, ces masses déglace se brisent printemps , à cause des orages , des vents, etc., et flottent au sud, quelques mois plus tôt qu'à l'ordinaire, laissant la côte sep tentrionale de l'Islande entièrement libre ; mais, d'autres fois aussi, la glace reste immobile et rend cette côte inaccessible. 11 pense donc que, pour pénétrer jusqu'à la côte orientale du Groenland , il faut choisir une année où la glace descende au sud au commencement de la saison, ce qu'on ne

peut apprendre que dans Tlslande. Le navigateur doit approcher de la côfe vers le 66° parallèle > et, en suivant le cours . de la glace flottante, remonter jusqu'au cap Fareweli. Dans les années 1751 , 1763 et 1753, on essaja, en partant du Groënland , de suivre , dans de grandes chaloupes, la côte orientale, au nord du Sta- • tenhoek ou cap Fareweli ; mais difFérens obstacles empêchèrent d'aller au-delà de soixante milles (1).

Le lieutenant Egède, avec son petit bâti- ' ment, partit du port dTIavnefiord en Islande le 8 août 1786, rencontra pendant plusieurs jours des masses énormes de glaces flottantes, et, le 16 août, découvrit la terre à la distance de soixante à soixantedix milles, par 65° 24' 17'^ de latitude et 550 10' de longitude; il en approcha à trente ^milles. Il remarqua que le courant portait i au sud-ouest, et ne put trouver fond à cent brasses. Il y avait à Thorizon une clarté

(17 Ëxlrait du joiirnal manuscrit de Tamiral L6weuôrn.

produite certainement par des masses de glace. La plaine de glace qui le séparait de la terre était fort large, mais il ne put trouver aucune ouverture pour y entrer. Il sonda -sans trouver fond. Il aperçut bn petit espace d'eau libre entre la glace et la terre. Celle-ci était très-élevée et surmontée d'éminences pointues et rocailleuses, qui paraissaient plus hautes que les montagnes de la Norvège , et.étaient couvertes de neige; mais avec le télescope, il en découvrit plus bas quelques-unes sur lesquelles il uy en avait point.

Le 20, il découvrit de nouveau la terre, à la distance d'environ trenle^six milles, par 64« 58^ 55'^ de latitude et 54« 54' de longitude; mais toute la cote était bordée par des masses de glace à travers lesquelles il était impossible de passer. Il aperçut une grande baie ou rivière dont l'ouverture était au nord, et qui s'enfonçait dans les terres en suivant cette direction, H ne put approcher de la terre que de dix milles. La baie qui pouvait avoir quatre à cinq milles de largeur , était remplie d'iles de glace. La

terre était très-haute, et les rochers pointus qui s*élevaient sur ses bords étaient couvérts de neige. Avec le télescope il aperçut des fentes dans les rochers, et crut même voir de la mousse dans plusieurs endroits..

. La côte s'étendait du nord-nord-est au sudsud-ouest ; mais Egède conjecture qu*à quinze ou seize milles plus au sud, il eut tpu voir Herjolsnes, dont la baie descend jusqu'à Stattnhoek. Il y avait sur les îles de glace des morses, des mouettes et différentes ' espèces d*oiseaux de mer.

Egède côtoya la terre dans la direction do sud; et, quoique le temps fût très-clair, il ne vitnihabitans , ni maisons, ni animaux. Il était cependant assez près de terre pour les découvrir s'il y en eût eu. Le 21 , il continua à voir la côte ; mais la glace l'en éloigna.

Alors, pour n'être pas enfermé, il crut de la prudence de prendre le large. Le lendemain, il essuya une tempête affreuse , qui endommagea considérablement le vaisseau.

Le 22 septembre , il regagna le port d'Hav- . nefiord en Islande , après que le bâtiment eut été le jouet des vagues pendant plusieurs semaines^ . .

Le lieutenant Egède résolut de passer l'hiver dans celte île , afin de remettre à la voile le printemps suivant. En conséquence il partit le 6 mars 1787; mais il ne rencontra que des masses immenses de glace flottantes dans toutes les directions. Son bâtiment fit eau: il fut obligé de gagner un port d'Islande, où il arriva le 23 avril. Il y apprit que les deux années précédentes la glace j avait été en bien plus grande quantité qu'à l'ordinaire. Il partit pour la troisième fois, le .8 mai, avec deux petits bàlimens , dont l'un était commandé par le lieutenant Rolhé. Le 17 mai, il aperçut la terre sur la côte orientale du Groenland, étant alors par 65° i5' 58'' de latitude et 54** 4?' de longitude.

Les bâtimens furent aussitôt entourés par des îles de glaces, et l'on remarqua que ce jour-là et le lendemain le courant se portait du sud au nord, ce qui était d'autant plus extraordinaire qu'on avait toujours observé qu'il coulait invariablement dans la direction contraire. Ils étaient alors dans une grande baie formée par la glace, qui s'étendait à la distance dau moins trente milles du rivage,

sans offrir la moindre .oqyerliir.e. Egède dit qu'il n'avait jamais va iant de glace. Il enirâ

dans cette baie , qui avaitau moios quarante milles de profondeur. -

Le 1 8 , il approcha de la glace aussi près qu'il put , afin d'être à métne de distinguer pl^ aisément la cote. Il était aloi^à environ V troplQ^ milles de la terr^ la plus proche, et à quarante milles de la partie la plus septentiîonale de la côte p qui s'étendait du nordnordnesl au siidrjSipi4:PU(^i |a^ Jatiliide étaia i^if M' 1 f ^ longitude iXfif ïi ' . & ne Ttf €pie des rochers très-bauts , se terminant en pmnte ». et presque eu^fiff^i^ iÇOKverts de neige et de glace : il remarqua qne aaeette ' partie de la côte est habitée, les habilans dwcat tLr(^r leurs, jpoji^ns^ ^e subsist.aDce de l'intérieur du pajs/ei^ chassant -ut ^tk, péchant dans les rivières ; car il pense qu'ils ne pourraient su%S^|l^ la côte , à cause des monàignes;.de j^çe-c^^^ terre et jpar mer. • , .>; . ..•

. Xorsque le courant, reprit sa direction ordmire^ la glace ^cQinmença denouycaa à dcsceqdrt ^ nprél ce obligea Ëgède

' de quitter la baie : il n'en sortit pas sans peine, et fit route pour l'Islande, où il arriva le 28 mai.

Le 8 juin , Egède mit encore une fois à la Toile ; mais, ne rencontrant que des montagnes de glace à travers lesquelles il était impossible de trouver la moindre ouverture, il retourna en Islande , après une tentative infructueuse continuée pendant trois semaines. Le i4 juillet et le 26 août , il Ct de nouveaux efforts pour se frayer un passage à travers la glace jusqu'à la côte de Groenland; mais toujours arrêté par des barrières de glaces impénétrables qui Tempêchaient même de voir la terre , il fut à la fin obligé de renoncer lout-à-fait à cette entreprise, et de retourner en Danemarck. Les deux petits bâtimens avaient telleriient souffert par les glaces et les tempêtes, qu'à tout moment ils

' étaient en danger de couler à fond (i).

(i) Extrait du journal maDuscrIt de Pamiral Lô-" weDora.

CUAPIIBEX;:

^ JIJgXÀ^DEE MACEËISi^iË. 1789.

*-^Rivière Mackenzie, — //^ bàleinéil - v*^ Mackenzie orP^il réeUi^ment yu ta

i9tf$P^T ' • '•'*' ^. '^^ ' " V

«Dis^^fitreprises mercantiles m'avaient oôç^t, duit , très-jeune encore , dit M. Mackenzie , dail« la partie 4iaj^^|i^.gui »;^t^4^^^ oàe^l.cla {ac supénenr. ÂccoutoméâiiX'tra^ vaux pénibles qn exige le commerce de ces QC^p^es^ je pensai que je p^^ç|aistraTers^ fe À>^eny«^4^^^^ Ifoii éipirit curieQX et hardi mé po«ttil à faire des découvertes ; n;es amis et mes assQC^éljpi^arleG^ de peji^leiies» coo-

lîâé^ntmon^y^ ett perd , anssi

loin que je le p||Mlâs> in^encouragèrei^t 4

lefTectuer. >» En conséquence, le 3 juin 1789, M. Mackenzie. accompagné de plusieurs Canadiens et de quelques Indiens , dont Tun avait suivi'Hearne dans son voyage, partit du fort Tchipioujan , sur le bord méridional du Lac des montagnes. Ce fort est à 58** de latitude nord , et à 1 10° 3o' de longitude à-l'ouest de Greenwich. Il suivit en canot la rivière de TEsclave jusqu'au lac du même non», dans lequel, au milieu de juin, il y avait encore beaucoup de glace.

Il le traversa , en côtoya les bords , et entra dans une rivière, ou plutôt un fleuve qu'il appela de son nom, Mackenzie-River, Il passa au milieu de plusieurs tribus d'Indiens, et arriva enfin chez celle qu'on appelle Digothi Dinis o\\\es Querelleurs , ce sont les derniers au nord; immédiatement après eux prennent les Esquimaux. Mackenzie apprit de ces Indiens que la distance à parcourir pour aller par terre jusqu'à la mer 4 l'est, n'était pas considérable; et que, pour j arriver aussi par terre en allant à l'ouest, il fallait moins de temps encore Les Indiens ajoutèrent que la terre^ comprise entre les rives du

flenve oènons étions et la mer, se terminait à 1 est et à Touest par un promontoire. Le»

bords du fleuve étaient alors peu élevés^ lut

10 juillet 9 lis offraient une surface de glace solide,^ entremêlée de veines de terre noire. Mjickeozie vit cependant des sapins assez grands -, il é|pit à ^7® 4^' de latitude. heii,

11 passa devant trois campemens d'Esquir maux. La rivière commença alors à s'élar^ç coasidérabiemeiit , et se partager en pluaie«i9.€aBanx étroits y qui coulaient au milieu de petites îles sur lesquelles ou ne vojait que des saules nains.

. I^e I a)wllet»MackeQiie entra, par 6g*^ de latitude, dans un lâcx^uvert à l'ouèst ^.et

dans lequel , hors du chenal de la rivière, ii Qj avait pas plus de quatre pieds d'eau , n'en trouvait mémç pas pliis d'un pied en quelques endroits.. U arriva dans- une tle. Dans les quinze derniers milles qu'il avait laits, Teau n avait jamais eu plus de cinq pieds de profondeur. ILgrtqapa sur la partie, la plus élevée de cetteîle,et vit qu^une masse déglace compacte s'étendait du sud-ouest à l'est de sa boussole; :il. aperçut

ment au sud-ouest une chaîne de montagnes, à plus de vingt lieues de distance, qui se prolongeait au nord plus loin que la glace.

ATestil découvrit plusieurs îles. « Mes compagnons , dit Maçkenzie , ne purent alors s'empêcher de manifester leurs tegrels d'être obligés de retourner sans être parvenus jusqu'à la mer.»Cependanlil nous apprend qu'ils 'furent obligés de changer les bagages de place, parce que l'eau le* gagnait. Ils conclurent que ce mouvement de Teau qui s'élevait était la marée, elle paraissait mon ter de seize à dix-huit pouces; ils aperçurent dans leau un grand nombre de baleines. Leur guide leur apprit que c'était de cette espèce de poisson que se nourrissaient principalement les Esr ^guimaux, et qu'on en voyait souvent d'aussi gros que la chaloupe. L'île où ils étaient campés reçut le nom d'//e des Baleines. On y vit un grand nombre de renards rouges , «t on en tua un, L^le des Baleines est par 69° de latitude nord. Macktnzie côtoja pendant quelques jours la terre aux environs tle l'île des Baleines, et n'aperçut nulle part les Esquimaux ; il rencontra néanmoins en lu 12,

tSifTérens endroils des buttés, dés OstêMilesy rïMPilébris de traîneaux, et des canots fâiti; ivec d^ vbie$ de baleines. Les brouillanip étaient fréqu ens et épais , le^emp^ dev€fliait f^id;; les provisions diminuaient. Macken- /jâé^^eOÉiSfteii^r le &i - juillet > à remonter le lèt#é^ à'; ie 21 / ï teotrà ao fort Tcbi* piouyan , après avoir eraploj^é cent éém jours a son excursion» -^^ ' ' * " \ Si la reiatioD.dll vojdge ile Hearne à la fMèWde la minè de ' tftbitre est ' pea satis^ faisante, celle du voyag'e de Mackenzie à l'embouchure du iieuve qui porte son nom lie/Test pas davantage. Il parie si obscbré*- ^en^ qu'il est impossible , ^en pésini hiem ^s expressions , de se former une opinio,»

précise / et de décider si la masse d'eau considérable , iBâ& prc^Qnde > dans laquelle Rte dés fiafeinei t^t -intoée i eèt^br mer on Un lac. On voit bien qu'il cherche à faire naître au lecteur Tidée que c'est la mer, mais îl s'ab^Dt de fiiéiieoc^ cé^iii^ Gépenéàai le tijM dIe S0n lim (i) aimoQcey et sa

' (i) Véfit^ da llMiIréal m mm Ç4«Giale et Pa*

•» • - ' Diûitizet

carie aflirme positivement qu'il arriva sur le bord de rOcéan glacial. Un jôurnal périodique observe avec raison (i) que l'idée Lieu siniple et bien naturelle de iremper son doigt dans Teau pour goûter si elle était salée y ne paraît pas s'être présentée àl'es-r prit du voyageur; et que, s'il a lait cette «preuve, il y a de sa part peu de candeur à n'en pas communiquer le résultat. Le même écrivain conclut, de toiites les circonstances rapportées par Hearne et par Mackenzie , que tous deux gnt certainement été près de la côte de la mer, mais que ni l'un ni l'autre Tiy sont arrivés.

cifique à travers Te continent tie ]*Améri^ue septentrionale. ' ^

• QfMrterly Reuieuf, N.* XXXI, pag, 167, >

..rv H CHAPITRE XI. >

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