‹ HIstoire Chromologiue Des VoyagesChapitre 13 sur 30 · CHARLES DUNCAN · texte numérisé non relu

CHARLES DUNCAN

Départ de M, Duncan pour la baie d'Hùdson. — Son premier voyage échoue par suite de la mauvaise volonté des employés de la compagnie de la baie d^Hudson, — second n'a pas plus de succès.

Le voyage que Hearne. avait fait par terre fixa ratt?ntion du célèbre géographe Dalrymple (1) sur Télal imparfait de la géo^ graphie des régions septentrionales de TAmériqiie et des terres qui entourent le pôle boréal. L'examen de plusieurs cartes tracées par les indigènes de TAmérique, et d'autres

(l) Voyes son article dans la Biographie univers êelle j rédigée par une société de liitérateurs fran- Sai0,T.X| pag. 45 1.

Dii

renseignemens écrits que la compagnie de la baie d'Hudson lui avait remis , lui firent conclure que , malgré le peu de succès des voyages entrepris pour découvrir un passage, au nord de l'Océan atlantique dans le grand Océan , on finirait par découvrir ce passage en doublant Textrémité nord-est de l'Amérique , et que la roule la plus sûre pour y parvenir était de remonter le Welcorne. Mais comme l'administration de la marine ne partageait pas à celte époque les espérances de Dalrjmple, et que celui-ci avait éprouvé la vérilé de lobservalion du docteur Douglas, que le gouverneur et le comité de la compagnie de la baie d'Hudson cherchaient à faire oublier les vues étroites et peu généreuses de leurs prédécesseurs en suivant une conduite toute différente, et n'entraveraient pas la marche des navigateurs qui seraient expédiés pour entreprendre un voyage de découvertes, il s'adressa au gouverneur de cette compagnie, et le décida àem ployer, pour une expédition de ce genre , M. Charlbs Dçjncan , maîlre dans la marine royale , aujourd'hui maître

en second dû clianlier roval de Chathnrn, qui avait fait preuve de grands taleos dans un voyante à Nobtka-Sôund. ' ' ^ * * M. Duncan comptait autant que Dalrjmple sur le succès de l'explidition. Il partit d'Angleterre , en 1790, sur le Sca - Horse, Vaisseau de la compagnie , et prit ensuite le commandement du sloop le Churchill , qui était dans la baie d'Mudson, et que l'on avait destiné à ce vo^'age de découvertes. A son arrivée, il trouva Téquipap^e de ce bâtiment effrayé à la seule.idée d'aller faire des découvertes dans le nord. Les employés de la compagnie s'efforcèrent de lui persuader qiié le sloop ne pouvait entreprendre une telle campagne, qu'il était en trop mauvais état pour tenir la mer, et qu^il n'était pas possible de le radouber dans ce pays.

M. Duncan a, depuis ce temps, appris que ce même bâtiment fut ensuite employé sans relâche pendant plus de vingt ans.

Voyant qu'on cherchait à h?i susciter tous les obstacles imaginables, et qn'il ne pouvait rien faire cette année-là , il retourna en ' Angleterre; déterminé à n'avoir plus rien à

démêler avec les employés Je la compagnie de là baie d'Iiudson ; cepeodant^ à son arrivée, les gouverneurs lui témoignèrent tant d'égards , et Dalryniplé le pressa tellement d'entreprendre le voyage, qu'il conr Sentit à prendre le commandement du Oas- . lor-, bâtiment , solidement construit , 4fi quatre-vingt-quatre tonneaux. On l'équipa comme il le voulut , et on l'approvisionna pour dix-huit mois. Daucan sortit de la Tamise le 2 mai 1 791 , rencontra beaucoup de ghices en entrant dans le détroit d'Hudson , .et en fut tellement entouré au milieu des canaux qui séparent les îles, qu'il n'arriva que le 2 août à la hauteur de l'ile dje Charles, qui est par 05® de latitude. Il entra 'dans la rivière Churchill le /> seplend^re, époque à laquelle il n'y avait plus d'espoir de rien faire celle ajinée-là. i,^,^ ^ • Oq a fait orne observation asséz singulière; c'est qu'à une époque où l'art nautique-é^it dans son enfance, où les. counaissanx^es étaient très-peu répandues et les instrumens en petit nombre et très-imparfaits > les premiers navigateurs oui , avec de

ti^roMt^MlM^ peu propiiMb ai^pë*

• tenee à affro'nter les inoutiigDes de glace à li^aTers leii^oeHèli^ii^'dévdieDk se fe ^ y f

* esTuj^aieiif

{jusqu'à des Jatitudestr^s^levéesy-et à revenir

èan pncf^riler jusqu'à ft»»M<»^elilff)iiliaii

de la compagnie de lé 'baieid'Hiidsefif', doot la route était alors aussi bien coiinae que c«Ue . del^iw Shetland '-'^ï^iÉfimÈim^

l^ausée par son obstio^aliofl à ranger la terre de trop près. ^ « ^^t i

pélléfra alors par Tentrée de Chesteriield , ^^yfyipt à GbqrxîkiU i^erA la^Or d^août ^ paçce

jonmàly-a^élâit innlnfé, ài'inlsl^àHoîi de soi

premier officier , employé de la compagnie de la baie d'Hudsoo; Le cbagrio^qu'il^res?

( ifiâ )

^cnlit du mauvais snccès de son voyage, .la xiouleur et la mortification que lui caosâ la révolte de l'équipage , produisirent un tel effet sur son esprit, qu'il fut attaqué d'une fièvre violente, et le but de rexpéditlon fut .manqué sous tous les rapports (i).

Ainsi^e termina la dernière expédition, et Ton peut ajouter le mojns satisfaisant de tous les voyages, excepté peut-être celui de -Gibbons , qui ait été entrepris pour décou- "yrir un passage au nord-ouest, ..,

.. . . , . . ^ (i) Journal manmcrlt de M. Duncan. ' ^

*V CHAPITRE Xn. V

Décomertes faites par les Eusses sut' la côte septentrionale de la Sibérie pendant le dix-huitième siècle.

Behring en 1728^ — Morovief en 1 734. ~.

' Offzln et KosKELEF CD 1754- — Feodor Mejnin , id, — pRONTscHisTSCHEF en j 755,\

^ DESCHNEFFCn j64.8. — SCHALAUROFF eU

1761 et années suivantes. — Incerlilude^i sur le sort de ce navigateur.

Il serait diflicile de classer dislinclement et par ordre chronologique les différons voyages et les découvertes partielles des Russes le long des côtes de leur vaste empire , s'ils n'eussent été réunis et 'disposés avec autant de talent que de précision par M. W. Gox, dans son intéressant ouvrage, intitulé : Relation des déco wertes des Husses

entre rAsie ' et 'VÀniérique (i).' La seuîe partie de ces voyages dont nous avons à nous occupet est celle qui a rapport aui différentes tentatives faites pour ouvrir une navi«"alion entre la raer Blanche et la mer Pacifique à travers k mer du Nord ou de .Tartarie. La déoôu^erte ét la possession du Kainlschalka rendit cette comnHinication encore plus désirable, et engagea l'empereur Pierre-le-Grand à former un plan de découvertes, dont le principal objet était dé déterminer si TAsie et l'Amérique étaient séparées ou conliguës. Dans ce dessein, c6 monarque écrivit de sa propre main des instructions qui , aussitôt après sa mort , furent suivies par l'impératrice Catherine.

Elle fît partir, en J728, Behring, du KanUschaika , sur le bâtiment la Fortune , ayant quarante hommes d'équipage. Le 10* août, il vit l'île de Saint - Laurent ; et j continuant à faire route au nord jusqu'au i5, il se trouva par 67® 18' delatilude. Ne voyant

Troisième partie; édition de Londres, .1787, un vol. in-8«. avec cartes. ; * • •

la terre ni au nord ni à Vçst , et le continent de l'Asie se prolongeant à 1 ouejit , il pensa qu'il avait pleinement décidé que l'Asie était séparée de l'Amérique , et que par cônséquent il avait rempli l'objet de ses inslructious. La saison était, très-avancée , il retourna donc au Kamtschalka.

^ Le premier point à déterminer ensuite clait de savoir s'il existait une communicar tion navigable entre la mer Blanche et la mer du Kamlschîitka. Plusieurs expéditions furent entreprises à ceteflPet, mais dans aucune on ne réussit à effectuer le voyage enr lier, soit en une seule fois, soit à plusieurs reprises; il n'est même pas évident qu'il ait jamais été fait en entier* par différens navigateurs , à différentes époques, quoique » toute la côte ail été-indubitablement reçônnue, à l'exception du promontoire sa- ;;cré^ entre VVenisei et laLéna, appelé cap Severo Fostokhnoif on cap Nord-Est.

La première expédition , partie d'Arkbangcl , eut lieu en j 734. Le lieutenant Morovief fit route vers l'Obi ; mais , le premier été, il n'alla pas au-delà de l'em-

■ (^89) bouchure de la Pelchora: L*été suivant > il passa le détroit de Waigatz, entra dans le golfe de Kara el en suivit la côte occidenlalç jusqu'à 72® 5o' de latitude, mais il ne put doubler le cap Olenei qui sépare le^ golfe de Kara de celui d'Obi. Dans la même année, deux bâlimens, commandés parles lieutenans OITzin et Koskelef, doublèrent le cap Mat^ol, depuis le golfe d'Obi jusqu'à Tcmboucbure de ITenisei , ce qui avait été plusieurs fois tenté sans succès. Vers la même époque , le pilote Féodore Menia alla de lembouchure de l'Yenisei à laLéna; mais, arrêté par les glaces à l'embouchure de la Piasida ou Piacini, sans pouvoir se frajer un passage^ il fut obligé de retourner au lieu d'où il était parti.

Le lieutenant Pronlschislschef a vaitcssavé.

en 1735, d'aller , au contraire, de la Léna à l'Yenisei. lies 'glaces lui firent éprouver beaucoup de difficultés à traverser l'archipel d'jîes qui sont à l'embouchure delà Léna. Ënavan- ^nt au nord-est, il vil un gfand nombre d'îles de glace qui avaient depuis vingtquatre jusqu'à soixante pieds de hauteur. Il

passa par des canaux étroit» entré des plainei de g'iace, et son bâtiment éprouva tant d'à-* varies que, le a septembre, il fut obligé de sfè réfugier dans l'embouchure de l'Olenek ou Olensk, où il- passa l'hiver. Il mit de nouveau à la voile le i.^^-août lySG, et eu trois jours arriva à l-emboucliure de l'Anabara , par 73*» degrés de latitude* Il conûnua son voyage le 10, passa ao milieu de beaucoup de glaçons , et fut forcé ^e se >nettreùrabri.'daus l'euiboucbure de la.Katangà , près de 76° de latitude. Continuant à rantrer la côle au fiord , il entra dans la Taïniouca le 18 ; une chaîne d'îles qui s'éleudait au nord', J'empécba d aller plus loin , et ii eut beaucoup de peine à, regagner FOle* net , où il arriva le 29 août:

Si cette relation , donnée par Gmeliu., était exacte, le promontoire «ilué entre k Katanoa et la Ti»ïino«ra aurait été doublé, tous les- obstacles auraient été surmontés.

Muller, suivant Coxe, dit que Prohlschitschef ne pénétra pas tou^-à^/ait jusqu'à l'euu- Louchure de la Taïmoura , qu'il fut arrêté par une chaîne d'îles qui s'étendait du co'nr

• • ( ) ^ linenl Irès-loin au nof d et .0ntre lesquelles ;les canaux qui les séparaiei^t étaieni fermés î.j>ar les .places. Il ajoute qu'ayant été jusqu'à 77« î25' cle.lutilude> sans pouvoir trouver ua .passage , il reg-agna l'Olenek.

• Les Russes expédient, tous les ans, d'Arkbangel et d'autres ports^, des navires à la côte occidentale de. la Npuvelle - Zemble, pour prendre des morses , des ours et des phoques; mais il paraît que le vaisseau du hollandais Barenlz est le seul qui ait doublé l'extrémité septentrionale de cette île pour gagner sa côte orientale.

Le passage de la Léna à la, Kovyma , qui €st à l'est, est moins difllcile, et a été souy

^ :Tent entrepris avec succès ; on essaya aussi, à plusieurs reprises, de doubler le Tschoukflskoi-Noss, en partant de la Kovytna ; mais cette entreprise paraît n^avorr été exéeutéq qa uiie fois ; ce fut en i648 , par le cosaque

I DeschnelF. La relation de ce curieux voyage ;fut découverte, dans les annales d'Iakoutsk,

• en i jSG , ainsi que celle de plusiem's autres " Voyages dans la mer Glaciale. Ils ont été

publiés par Muller. Leur authenticité paraît

atmr été établie par Behring et par Gook qui reconnurent que la côte nord-est de rAsie,les îles qui sont vis-à-vis, enfin les habitansj étaient exactement tels que Desr clinefl' les décrit dans sa relation. î|?

II est très-remarquable que , de toutes les tentatives faites pour doubler le Tschoukstkoi Noss , pointe qui forme rexlrémitjé nord-est de l'Asie, aucune n*ait réussi depuis le voyage de Deschneff. Schalauroff, négociant d'Iakoutsk, tenta cette entreprise avec un zèle et. une persévérance incroyables. Après avoir fait construire un bâtiment à ses frais il descendit la Léna ea 1761 ; mais, au mois de juillet, il trouva tant de giaces à lemboucbure de ce fleuve, qu'il fut obligé de se réfugier dans TYana , où il fut retenu par là glace Jusqu'au 29 août. De là il rangea la côte en allant à l'est, doubla lé Svailoi-Noss ou le promontoire sacré le 6 septembre , et découvrit la terre au nord , dans la mer Glaciale. Cette terre fut ensuife examinée par quelques officiers russes. Elle est composée de cinq îles inhabitées ,. qu'ils appelèrent îles des Ours. Après avoir, passé

• ■• ^ f »9S ) • . . «ntre ces îles et le continent , comme la saî* son était très-avancée, Schalaurof fit entrer son bâtiment dans Tune des embouchures de la Ko V y ma : il y passa l'hiver, et y trouva en abondance des rennes, des saumons et des^ irui tes.

> L'embouchure de la Kovyma ne fut libre de glaces que le 21 juillet 1762. Schalaurof remit alors en mer, et fit route à Test. Il vit bientôt qu'il avait non seulement à traverser beaucoup déglaces, mais encore à surmonter un fort cousant qui portait à Touest. Le 19 août , il était près de la côte, enfermé par des îles de glace. Il s'eflPorça , pendant plusieurs jours, de regagner le large, où la mer paraissait plus libre; mais de grandes . masses flottantes le repoussaient toujours vers la cote. Il réussit pourtant à la fip à sortir de cette situation , et se dirigea de nouveau au nord-est, afin de doubler le Schelatskoi Noss, dont la latitude est enviroa !jï^) mais les vents contraires èl la saisoa avancée l'obligèrent de chercher un endroit où il pût hivernen II fit donc route au sud, et entra dans une baie profonde^ à l'ouest du n. r i5

fitebelàtakoi N<m» près de THe de Sabedei.^ où il vit quelcines buttes de Tschoiitskis^ maift

les hahitans s'enfuirent à son approclie.

t N'j' trouvant pas un eodroit convenable à son projet , il remit en mer le 8 septembre f et , ayant attaché son bâtiment à une grande masse de glace , elle Fen traîna dans l'ouestfud-obeSt, en iiii Eadsant faire cinq wer^tes par faenre. Le . is » il arriva à ses ^nartiers d'hiver de l'année précédente, dans la Ko- Vjma> . comptant faive , Tannée suivante»

vfte antre tentative pour doubler leScbelata» koi Noss; mais le manque de provisions et la nnutinerie de son équipage le forcèrent de letonrner vers la Leùàk * . * • ' ^ • GependanI les obstacles qu'il avait ëprou* Tes ne l'empêchèrent pa^ de renouveler une tentative qu'il ne regardait en auc;une <manière «omme inexécutable* Il «jmita donc la Lena en 1764 > sur le même >bâttment; mais on ne le revit jamais, non plus que « personne de son équipage. On suppose qn'iis furent tués par lies Ttscbontskis , prea . de TAnaclyr, la troisième, année après leur

déport de la L^Sk-i mais on o a jamais su.st

Schalaurof était parvenu à doubler le cap nord-est, et à passer du détroit de Behring dans TAnadjr, ou s'il avait traversé la langue de terre qui sépare l'Anadvr de la Kovyma,tout ce qu'on sait, c'est qu'il fFcenainement péri dans ces parages. Sauer, secrétaire iillaché à l'expédition du Commodore Billings,qui, par ordre de Timpératrice Catherine II, parcourut de 17^5 à 1794 la Sibérie, la mer Glaciale et la mer d'Anadjr, apprit d'an interprète tstchoutski que le bâtiment de Schalaurof avait été vu flottant au gré des vagues , près de l'embouchure de la Kovjma , et que lui et ses gens avaient été gelés dans une tente; mais Sauer doute de la vérité de celle histoire.

• Dans toutes les lenlalives faites par les Russes pour passer d'Arkhangel et des ports situés plus à l'est dans la mer Pacifique, lecteur remarque sans doute que partout, le long de celte cote basse et de celle mer peu profonde, les bMimens eurent continuellement à lutter contre la glace , et que, dans leurs efforts pour doubler les pointes de terre avancées, ils côtoyèrent conslam-

. Hieùl^e rtVige , au Heu de prendre le îârg^,

: -î-^^ii^^.. .^-vc:^i

CaNQUIÏME PARUE

yjoyages dfi découvertes dans Je Iford^daHs Je^ premières années , du dix-^wième siècle^ ' \

Page 1