CHAPITRE I
,Iéê e^mie Momamsojf^éguipe un napire^d ses frais pour-pherchêr le - -passage, --^ Impart du lieutenant Kotzehue^ — Z>^« - pôpùmHe dl^éme grande bam^^HàbOansy — Enormé roàier de 'gktee», — Dents . d'élépkans ^ ies premières trouvées en jtmérigue.'T^JUtenr €n»4lét Smdwick^ ifakuUe du îUûtenmt KoU^bue. ^ ' Retour en Bussie. • :
L^ioogoegaem d^ns Javelle ftiutes ltti
difFérentes reprises depuis la fin du dixhuilième siècle jusqu'en iSi4 > suspendit toute tentative de découvertes dans le nord ; mais aussitôt que l'on eut commencé à jouir des douceurs de la paix , l'esprit de découvertes se ranima , et des expéditions furent envoyées dans toutes les parties du monde ; l'on doit dire, à Thonneur d'un particulier , le comte de RomanzolT, qu'il fit équiper à ses propres frais un bâtiment pour reconnaître si la mer, sur la côte septentrionale de l'Amérique , offrait un passage navigable entre les océans Pacifique et Atlantique.
Le Rourick^ bâtiment de cent tonneaux et dp vingt-deux hommes d'équipage, y compris les officiers, un chirurgien et un botaniste, fut mis sous le commandement du lieutenant Kotzebue \ il devait doubler le cap de Horn , et aVriver le plus prompteïnenl possible à la côte nord-ouest de l'Amérique, passer le détroit de Behring , lâcher de trouver sur la côte de l'Amérique une baie ou une anse où il pût laisser son bâtiment en sûreté, et, avec une partie de son équipage, s'avancer par terre dans le
continent, d'abord au nord, pour reconnaître si le Cap-Glacé (/c/ cape) esi une ile, comme on le suppose, et ensuite à Test, en laissant à sa gauche la mer hj'perborcenne.
*On Tavait muni de canots légrers en cuir, <)u baïdarsf pour passer les lacs et les rivières qui pourraient se trouver sur soa .chemin.
^ Dans une des îles aléoutiennes , il remarqua une grande quantité de bois jeté par les vagues sur le rivage, et il y ramassa, entre Autres , le tronc d'un camphrier.
'■ Au' milieu du détroit de Behring , entre les caps de l'Est et du Prince de Galles ^ il trouva le courant qui , portant au nordest avec beaucoup de force, à raison, comme il le jugea, de deux milles et demi par heure, ce qui est une vitesse au moins double de celle qui avait été observée par Cook.
La profondeur de l'eau étaitaussi beaucoup plu5 considérable en cet endroit que celle qui est notée dans le vojage du même navigateur^ ... r.
- Ayant doublé le cap du Prince de Galles au commencement d'août^ sans que les
gîaces y missent aucun obstacle, et, à ce qull paraît, sans en apercevoir aucune , il remarqua une ouverture à la côte d'Amérique > entre 67^ 3o' et 68^ de latitude. Le liourich entra dans cette baie. Il y avait à l'entrée une petite île, dont le rivage était couvert de bois que la mer y avait jeté ; ou y remarqua des arbres d'une grosseur énorme. Le
•*'flux et le reflux passaient régulièrement dans les canaux , de chaque côté de Tîle : la baie s'étendait du nord au sud , et offrait •plusieurs anses : on n'en détermina pas l'étendue à l'est. Le Rourick avança dans celte direction jusqu^à i6o« de longitude, méridien qui correspond avec celui du fond de la baie de Norton. < , , - ^ ^ - Les bords de celle grande baie, surtout
^ ^u côlédunord, élaient peuplés d'Indiens d'une grande taille, armés d'arcs, deflècbe& et de lances : ils portaient des vêlemens de peau , et des bolles de cuir assez bien faites et ornées ; leurs cabanes étaient commodes et creusées profondément en terre; leurs meubles et leurs outils élaient faits avec délicatesse 3 ils avaient des traîneaux auxquels
,ils oltelaîcnt des chiens, quoique des têtes *et des peaux de reooes annonçassent que ce quadrupède se trouve dans cette contrée.
La description de ce peuple , par le lieutenant Kotzebue, répond assez exactement à celle des Tlsclioulskis, trouvés par Cook sur Je continent opposé, et avec lesquels les premiers tantôt commercent, tantôt sont en -guerre. C'est la même race qu'on trouve • plus bas sur le continent de l'Amérique et dans les environs de rétablissement russe ^de Kodiack , comme on l'apprit d'un ba- .bitant de ce lieu, qui comprenait leur lan«,''ue.
Le lieutenant Kolzebue apprit de ces Lidiens qu'au fond de ce\ie baie il existait un déttvoitqui contluisâit dans la grande mer, et qu'il fallait neuf jours à un de leurs canots poqr arriver à cette mer en ramant.
M. Kolzebue pense que ce doil être legrand Océan du nord , et que le pays au nord de la baie doit ùt,ve une lie ou^ un arphipel d lies. . 4, , j., ^ »• î * ; • ^ ■! i . %!
î> Au fond d'une anse , sur la côte scptert-. IrioQale de la buié, s'élevait; à six cents pieds
( 2oa ) ^ de hauteur perpendiculaire un rocher qui, de loin , paraissait calcaire ; sa cime offrait une belle végétation. Enlre le pied de ce rocher et le rivage, s étendait une langue de terre large d'environ deux cent cinquante à trois cents toises, et couverte de plantes , que Ton reconnut ensuite pour être les mêmes que celles qui garnissaient le haut du rocher. Mais que l'on se figure la surprise des Russes , lorsqu'en approchant de cette montagne énorme, ils découvrirent que c'était une masse de glace. De ses deux côtés coulaient des torrens d'eau produits par la fonte de quelques-unes de ses parties. Au pied de ce rocher on trouva plusieurs dents d'éléphans, sembliibles à celles qu'on a rencontrées en si grande quantité dans la Sibérie et dans les^îles de la mer de Tartarie (i). On en conclut que ces dents
(i) Le lieutenant Kolzrbue les nomma dents de Mammouth ( Masiodonles ) ; mais H est évident, d'après un dessin fait par le naturaliste , que c'étaient des dents d'élépharts , ce qui est d'autant plus extraordinaire que c'est la première fois qu'on découvre dans le I^ouveau-Mondc des restes de cci animaux.
-setaient détachées de la masse de glaee à mesure que la surface s en était fondue ; on n'aperçut aucun autre débris de ces animaux; mais on sentait une odeur désaj^réable de matière animale, à peu près semblable à celle d'os brûlés, et il était impossiiîle de rester près des endroits de la montagne d'où l'eau découlait. On grimpa sur cet énorme rocher de glace par le côté qui faisait face à l'intérieur du pays, et?on fît une collection des piailles qui croissaient sur le sommet. La couche de terre qui le couvrait n'était pas profonde , et M. Kotzebue la décrit comme étant de nature calcaire. On put supposer que la langue de terre au pied de la montagne s'était pcobablemenl formée de la terre et des plantes que la fonte des glaces avait entraînées , car Ton en vit tomber diverses portions.
A l'exception de cette montagne de glace, on ne voyait, dans toute cette partie de l'Amérique , ni glace ni neige , soit sur terre , soît sur l'eau. Le ciel était pur, le. temps doux et même chaud ; mais sur la côte d'Asie^ en face , le temps était froid , el l'atmosphère
jpfeqno tonjOTirs chargée de trouillards. Il y avait une si grande différence entre la température des deux conlinens, de chaque côté du détroit , qu'en le traversant on passait à l'instant de l'été à l'hiver. On était à la fin d'août, et, à cette époque, un passage libre et superbe paraissait ouvert du côté de l'Amérique, aussi loin que la vue pouvait s'étendre au nof'd; au lieu que, du côté de l'Asie, la côte était bordée d'une plaine de glace , dont le bord extérieur se prolongeait dans la direction du nord-est, qui était précisément celle du courant. r - La saison était trop avancée^ soit pour essayer de doubler le Cap-Glacésurle Rourik, ce que le lieutenant. Kotzebue croit pourtant qu'il aurait pu effectuer sans obstacle, soit pour faire le vo)' âge par terre en s'avançant à l'est. Craignant que, s'il restait plus long -temps dans la gtJmde baie, l'entrée n'en fut lerraée parles glaces, M. Kotzebue pensa quece qu'il avait de-plus prudent à faire, était d'aljer passer l'hiver .en Californie , de s'y radouber, et d'essayer une nouvelle tentative, dès le commence-
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inenl du printemps suivant , pour |>énêtrer dans l'intérieur de F Amérique. Ce projet .s'exécuta , et , dès le mois de mars 1817 # M. Kotzebne quitta la Californie, toucha aux îles Sandwich, etarriva en juin aux iles aléoutiennes , oii le Rourick soufTrit beaucoup d'un violent coup de vent. M. Kotzebue eul malheureusement la clavicule cassée ; cet accident altéra tellement sa santé , cju'arrivé à Eivoughiena, ou l'ile de Clerke, à Tentrée du détroit de Behring", le chirurgien déclara}, qu'un climat plus chaud pouvait seul lui sauver la vie. Les glaces venaient de quitter la côte méridionale de cette île, et se retiraient graduellement au nord, mouvement qu'elles paraissent exécuter tous les ans, mais plus tôt ou plus lard , et plus ou moins vile , suivant les vents qui régnent , et la force avec laquelle ils soufflent. Etant donc arrivé uq mois trop tôt pour pouvoir entrer sur-lechamp dans la baie qui est au nord du cap du Prince de Galles, et sa santé devenant chaque jour plus mauvaise , M. Kotzebue fut obligé, bien à regret,, de renoncer à son projet, et de retourner dans sa patrie, en
doublant le cap de Bonne - Espérance* Dans le cours de sa navigation , M. Kol-»
zebue a découvert plusieurs nouveaux groupes d'îles dans la mer Pacifique; et il a fait une chose dont on ne s'était pas occupé auparavant : tous les jours , à une heure fixe, on prenait la température de feau de la mer à la surface et à une certaine profondeur. ^ Un fait honorable pour lui, c'est qu'après un voyage de trois ans, sous les climats les plus opposés, il a ramené en Russie tout son petib équipage, à l'exception d'un seul homme , qui était mal portant au moment du départ (i). .
(i) J'ai appris ce fait dans une conversation aroc le lieutenant Kotiebue.