‹ HIstoire Chromologiue Des VoyagesChapitre 5 sur 30 · CHAPITRE I-r · texte numérisé non relu

CHAPITRE I-r

JACQUES KNIGHT, GEORGE BARLOW^ DAVID VAUGHAN ST J£AJ2î SGROGG&

'Dépcart des iroiê prénUen pour dêatuvri^ un passage ét des mines au nord de la ' haie d^Hudaon.'-- On n*en reçoit aueum nouvetle» — Sbro^gs fait un voyage âUur recheirche.—Il paratt s^en être peu oç- ^ ow^é.'^DétaiU appris en 1767 mr leur naufrage ei leur mort dans une Ûe 'dé^ eertem

Oiï n'a jamais eo <pie ires-peu de.détailssi^ le JDillieQreùspi; yo jage enirepris par ^

Barlow et Vaughan ; car les deux Lalîmens employés à celte expédition firent naufrage, et tout leqoipage périt misérablement.

Knight était depuis long-temps au service de la compagnie de la baie d'Hudson , et avait fini par être nommé gouverneur de la* factorerie établie sur la rivière de Nelson.

Dans ses relations avec les indigènes , il avait appris qu a quelque distance vers le nord, et sur les bords d'une rivière navigable dans laquelle les bâiimens pouvaient remonter depuis la baie , il y avait une mine abondante de cuivre natif. Après ces renseignemens positifs, il vint en Angleterre demander à la compagnie d'équiper deux bâtimens, et de les envoyer, soûs son commandedément, à la découverte de cette mine précieuse ; mais la compagnie , par des raisons, qui parurent ne pas faire beaucoup d'honneur aux vues libérales des directeurs , re* fusa d'accéder à la proposition de Knight.

Cependant il n'abandonna pas son projet.

Il leur dit nettement que leur charte les obligeait à faire des découvertes aussi bien qti'à étendre leur commerce; qu'ils s'étaient

^ particulièrement engagés à chercher un passage au nord-ouest, par le détroit d'Anian, dans la mer du sud , et que s'ils refusaient de renvoyer avec Barlow entreprendre un vojage de découvertes, il soumettrait sa demande au ministère. La compagnie le vojànt aussi fermement déterminé à mettre son projet à exécution et craignant d'ailleurs que son zèje importun ne donnât lieu à une enquête sévère sur la légitimité deleurcharle, crut de la prudence de se rendre à ses désirs. Elle équipa donc un vaisseau et ui>sloup nommés VAlbany et la Découverte , le premier commandé par le capitaine George Barlow, et l'autre par le capitaine David Vaughan ; mais la direction générale de l'expédition fut confiée à Knight. Peut-être .firent-ils d'autant moins de difficulté d'envoyer Knight, qu'il devait avoir près de quatre-vingts ans lorsqu'il entreprit ce voyage, du succès duquel il doutait si peu y qu'il fit construire des coffres-forts doublés en fer, pour contenir l'or et le cuivre qu'il s'attendait à trouver. C'était sans doute le seul objet qui occupât l'esprit de Knight; le

passage au nord-ouest et le détroit d'Anian ' furent' mis en avant pour décider la compagnie à lui accorder sa demande y-en lui faî- * sant voir la nécessité de tenter quelque en*trèprise qui semblât du moins remplir lesf conditions imposées par la charte (t). i ' .^

Knififht reçut donc Tinstruclion de reconnaître le détroit d'Anian, et de découvrir des minés d'or et autres dans le nord. 'Gomme aucun des bâtimens ne revint , et qu'on n'eu reçut jamais de nouvelles , on en conclut qu'ils avaient fait naufrage au milieu des glaces, ou qu'ils avaient été enfermés dâns une crique ou dans un détroit d'où il leur avait été impossible de sortir. Comme c'était la compagnie de labaie d'Hudàon quîavait fait expédier ces deux batimens , elle ne pouvait se dispenser d'en équiper un troisième qui cherch^t'à découvrir ce qu'étaient devenus les malheureux qui étaient à bord des deux premiers. Elle arma donc le TVhalebone ) qui fut commandé par Jean Scroggs. On iî-'a d'autre relation de ce voyage, qu'un

(i) Relation d^un séjour de six ans dans la baie d'Hudson , par Joseph Uobson. Appendice,

extrait fort court, publié par Arthur Dobbs, Scroggs partit de la rivière de Churchill le aa juio 17^2/ Arrivé à 62® de latitude^ il vit les indigènes , et fit plusieurs échanges avec eux,* il mouilla par 64® 56^, à trois lieues de la CQte septenlriouide, dont le promontoire le plus saillant reçut le nom de Wha^ lebone Point, Il vit plusieurs baleines noires dans la mer , et quelques orignals sur le rivage; il avait avec lui deux Indiens du nord qui avaient passé l'hiver à Churchill. Ils lui parlèrent d'une belle mine de cuivre, qui était (juelque part dans ce pays, près du ri-* vage, et presque à fleur de terre; ils disaient que le bâtiment pourrait en approcher tellement, que ses côlés toucheraient à 1^ mine.

Ces Indiens avaient apporté à Churchill quelques morceaux de cuivre qui prouvaient l'existejace de la mine dont ils parlaient.

Avant de quitter Churchill, ils avaient tracé une esquisse du pays ^ avec du charbon sur un parchemin , et jusque - .là leur dessia était exact (1),, ; \ . .

(1) Description des pa}'s cootigus à la baie d'Hud- * 90D A par Arthur Dohbs.

Pûr 6^<* S' de latitude, étant alors dnns le Welcome, Scroggs vit beaucoup de ba-

•Jeines , et ne rencontra pas déglace. Depuis la pointe de Whalebone , la terre courait au sud-ouest. Les matelots qui allèrent à tei*re, rapportèrent qu'ils n'aperçurent rien qui pût empêcher de pénétrer plus avant.

La profondeur de l'eau était de quarante à soixante brasses. Le capitaine Norton , qui a été gouverneur de Churchill, et qui était alors avec Scroggs , a confirmé tous les récits, de celui-ci. Il dit que l'élévation de la marée était de trente pieds ; qu'étant à terre ^ au haut d'une montagne, il vit la côte se diriger au sud-ouest, et rien ^ui pût empêcher d'aller plus loin.

On ne trouve pas dans cette relation un seul mot qui laisse entrevoir que l'on ait fait la moindre recherche concernant les infortunés qui étaient partis l'année précédente, et dont on n'avoit pas eu de nouvelles j il 'paraît même que Ton ne chercha pas à s'io- * former s'ils étaient encore vivans, s'ils avaient été massacrés par les indigènes, ou s'ils

' étaient morts de froid ou.de faim. Plusieurs

personnes , il est vrai , s'abusaient au point (Je se flatter de Tespoir que Kniglh et Bar- Jovv avaient découvert le passage au nordouest, et avaient passé dans la mer du sud pour revenir par le cap Horn; mais, deux années s*étanl écoulées dans une vaine attente , il ne fut plus possible de se bercer de cette espérance trompeuse. Enfin , en 1767, Ton acquit la preuve la plus certaine de l'horrible catastrophe qui avait terminé cette funeste entreprise.

En 1767, des embarcations employées par la compagnie à la pêche de la baleine , près de Tîle de Marbre, découvrirent, en côtoyant le rivage , un havre vaste et commode , près de l'extrémité orientale de l'île; ensuite ils trouvèrent, à l'enlréé, des canons, des ancres, des câbles, des briques, une enclume de forgeron, et plusieurs autres ustensiles que leur pesanteur ou Içur peu d'utilité pour les indigènes avaient empêché ceux-ci d'emporter; ils aperçurent aussi sous l'eau les restes d'une maison, et le corps, ou plutôt le fond . dé deux bâtimens. Les canons, ainsi que la figure de Tun des navires , furent

envoyés au fort, puis en Angleterre. Celte découverte éveilla uaturellenfient l'attention.-

Héarne rapporte que , dans Tété de 176g, la pêche l'ayant conduit sur l'ile de Martre, il renconlrfi plusieurs Esquimaux dans le havre, où les traces du séjour des Anglais avaient été découvertes. «Nous remarquâmes, dit- il, que deux de ces Esquimaux paraissaient plus âgés que les autres , et nous ne pûmes résister à l'envie de les questionner sur les bâlimens qui avaient du périr dans ces parages. Il nous. était d'autant plus facile de satisfaire notre,euriosité,que nous avions avec nous un Esquimau attaché au* service de la compagnie, comme interprète, et qui , tous les ans , s'embarquait en cette qualité. Voiçi la substatice des renseigne-^ mens clairs et précis que ces vieillards nous * donnèrent:

« Lorsque les bâlimens arrivèrent à Tîle de Marbre , le jour était tombé ; le plus grand des navires fut très-en dommagé en entrant dans le havre ; une fois mouillé, les Anglais commencèrent à construire la maison : ils pouvaient être alors environ cin-

quante/L'été suivant, eo 1720 , aussitôt que ^ la glace le permit, les Esquimaux leur rendirent une seconde visite ; le nombre des Anglais était alors considérablement diminué , et ceux qui restaient paraissaient Ibrl malades. » Suivant le rapport des vieillards, ils étaient occupés à un ouvrage que les iîsquimaux eurent de la peine à désigner; sans doute ils aîongeaient la chaloupe , car, à peu de distance de la maison , je vis encore une grande quantité de copeaux de chêne qui ne pouvaient provenir que du travail deâ charpentiers. * • • .

La maladie et la famine firent de tels ravages parmi les Anglais , qu'au commenrceinent du second hiver, ils n'étaient plus que .vingt. Dans l'hiver de 1730, plusieurs Esquimaux s'établirent aussi à l'entrée du havre, du côté oppt»sé à celui où l^s Anglais avaient construit leurs maisons; ils leur fournissaient souvent des provisions , qui consistaient principalement en huile de baleine et en chair de phoque. A l'approche du printemps , les Esquimaux repassèrent sur le continent ; et, lorsqu'ils revinrent à l'ile de Marbre, dans

Tété de 1721, ils ne trouvèrent plus que cincf Anglais qut avaient survécu à leurs malheu-^ reux compagnons; et telle était rexlrémité>- Q laquelle ils se trouvaient réduits, tel était* l'excès de leur misère , qu'ils dévorèrent avidement la chair de phoque et de baleine toute crue, que les Esquimaux leur appor-taient. Une pareille nourriture eut bientôt des résultats funestes : trois en moururent au bout de quelques jours , et les deux au- »tres, quoique très-faibles, creusèrent une fosse pour les enterrer : ces deux-là vécurent encore assez long-temps. Ils montaient fréquemment sur la pointe d'un rocher voisin , regardant fixement au sud et à l'est, pour voir si quelque vaisseau ne venait pas à leur secours. Après être restés long-temps sur le rocher sans rien apercevoir , ils s'asseyaient Tun contre l'autre , ^t pleuraient amèrement. ^ Bientôt l'un des deux mourut, et les forces de l'autre étaient si complètement épuisées, qu'il expira en essayant de creuser une fosse pour son compagnon : on voit encore près de la maison les crânes et les os de ces deux hommes. Celui qui vécut le plus long-temps

. élait,, ail rapport des Esquimaux, toujours occupé à convertir le fer en difiPéreBS outils et ustensiles ; c'était sans doute Tarmurier ou le forgeron (i).

Voyage depuis le forrda prince de Galles dan» la baie d'Hiiudaon jusqu'à l'Océa^'nord, par jBa* mael Héame» Iniroduetion.

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