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CHAPITRE VI

JACQUES COOK sr CHARLES CLERKE, 1776.à 1979.

Récompense promise d tout vaisseau qui

. trouverait un passage au nord, ou avancerait jusqu’à un degré du pôle. — Départ de Cook.—Cap du Prince de Galles.

—Tschoutskis.— Cap Mulgrave. — Cap Glacé.— Mort de Cook.—Eforts inutiles de Clerke pour pénétrer plus avant.au aord, —Retour en Angleterre.

Lu peu de succès du voyage de Phipps 5

fit pas renoncer à l’espoir de trouver par lé

* nord un-passage navigable entre les océans

Pacifique et Atlantique. On résolut en con-

séquence de faire une nouvelle tentative, et

le capitaine Cook , qui avait fait deux fois le

tour du monde, fut nommé commandant de 9°

cette expédition. On s’écarla cette fois du plän qu’on avait suivi jusqu'alors pour les découvertes; et, au lieu de chercher à passer de l'Océan atlantique dans le grand Océan, on résolut de suivre une marche toute opposée, et d'essayer de passer du grand Océan dans l'Océan atlantique. Les deux vaisseaux armés pour cette expédition furent la Résolution et la Découverte; le premier commandé par Cook, l’autre par le capitaine Cierke.

On a déjà vu que, par un acte du règne de George IT, une récompense de 20,000 liv.

sterling avait été promise à tout bâtiment appartenant à un sujet du roi de la Grande- Bretagne qui effectuerait le passage; mais cet acte ne s’appliquait pas aux vaisseaux du roi; de plus, pour avoir droit à la récompeuse, il fallait découvrir le passage par la baie d'Hudson. On fit à cette occasion subir plusieurs modifications à cet acte, qui fut conçu de manière à étendre la récompense aux vaisseaux du roi, et à la découverte d’un passage quelconque par mer effectuée entre les océans Atlantique et pou bé Le mème

(255) acte accorda aussi unesommede 5000 livres sterling à tout vaisseau qui approcherait du pôle arctique jusqu'à la distance d’un degré. | Le 12 juillet 1776, la Résolution partit de Plymouth, la Découverte la rejoignit au cap de Bonne-Espérance. Après avoir fait - différentes découvertes dans l'hémisphère méridional , dans la mer Pacifique et sur les côtes du nord de l’Asie et de: l'Amérique, découvertes qui sont connues de toute FEuropé , les deux vaisseaux entrèrent dans le détroit de Bebring le gaoût 1779, et mouillèrent près d’une pointe à laquelle Cook.

donna le nom de cap du Prince de Galles. Il reconnut ensuite que c'était l'extrémité occidentale du continent del’Amérique. Elle est située par 65° 46’ de latitudé nord, et 19° 45’ de longitude, Il vit , ‘sur cette partie de la côte, quelques élévations qui. semblaient être des cabanes , et crut aussi apercevoir des habitans.

.. De là, Cook fitroute à l’ouest, et entra dans une baie situéé sùr la côte orientale de l'Asie, et à l'entrée de laquelle il y avait un

(134 ) village et quelques habitans. En débarquant on les vit, au nombre de trente ou qua- fante, rangé sur une éminence , et armés de lances, d’arcs et de flèches. On s’approcha d’eux; alorsil y en eut trois qui descendirent sur le rivage, ôtèrent leurs bounets et firent de profonds saluts : on sut qu’ils s’appelaient Tsehoutskis. Il se fit un échange de présens. Cook recut deux peaux de renard et deux dents de morse. Ces hommes montraient néanmoins de la crainte et de la défiance, se tenant toujours en posture de faire usage de‘leurs lances. Ils échangèrent leurs flèches contre des bagatelles; mais rien ne put les, engager à céder une lance ou un art. Toutes leurs armes étaient faites avec beaucoup d’adrésse, et leurs carquois étaient surtout fort beaux. Ils étaient de peau rouge, couverts de jolies broderies ét d’autres ornemens. Les Tschoutskis différaient entièrement, par les traits et la taille, des habitans de la côte nord-ouest de:l’Amérique, ceuxci étant très-petits, ayant la figure ronde et ‘la pommette des joues extrémement sail- Jante, tandis que les Tschoutskis ‘ont la

quant | quaarmés pproescenonnets

qu’ils hange de re- )mmes t de la ure de gérent mais lance

figure ovale, sont forts et bien faits. Ils avaient les oreilles percées ; plusieurs y portaient des pendans en grains de verre; mais aucun n'avait la bouche percée , comme les Américains, pour y admettre des ornemens, Ils, avaient un grand nombre de chiens qu’ils employaient sans doute pourtirer leurs traîneaux , car on vit quelques-unes de ces voitures dans une huttej mais Cook présuma que ces animaux servaient aussi à la nourriture des Ttchoutskis, parce qu'il y en avait plusieurs étendus qui avaient été tués le matin même.

De cette baie, Cook se dirigea au nordest, et il rencontra de nouveau la côte occidentale de l'Amérique. La largeur du dé-troit, dans la partie la plus étroite, était d'environ quatorze lieues. IL aperçut, au nord du cap: du Prince de Galles, un autre cap par 67° 45’ de latitude et 194° 51’ de longitude. Il le nomma cap Mulgrave. IL n’y avait point de glace le long de la côte, mais elle paraissait entièrement dépourvue de bois. .

Le 17 août, par 70° 41’ de latitude , Cook

se trouva arrêté par la glace qui s’étendait de l’est-quart-est nord à l’ouest-quart-sudouest et à travers laquelle il était impossible de se frayer un passage; la glace était aussi solide qu'un mur, et avait au moins dix à douze pieds de hauteur; au nord, elle paraissait être ‘encore beaucoup plus haute. Le temps s'étant éclairci, il reconnut que l’extrémité de la terre à l'est, ou l'Amérique, formait une pointe que la glace cernait de tous côtés ; il la nomma, pour cette raison, Tey-Cape (le cap Glace); elle était située par 70° 29’ de latitude et 198° 20’ de longitude.

Comme les glaces semblaient dériver vers les bâtimens, qui auraient pu se trouver pris entre elle et la côte américaine, Cook vira de’bord au sud jusqu'à ce qu'il eût retrouvé la mer libre, et ensuite fit route au nord; il trouva , de ce côté-là, la glace moins compacte; elle était couverte de troupeaux de morses; on en tua plusieurs, et on en trouva la chair assez bonne. Le temps devepant brumeux , Cook jugea qu'il était prudent de retourner au sud; et le 21 étant

\dait sudsible aussi dix à arais- + Le l’exque ; it de ison , située > lon-

(137) | par 69° 32’ de latitude, il vit, à * eu de distance, la grande masse de glace; ainsi elle couvrait alors une partie de la mer qui, quelques jours auparavant, étaitencorelibre, et elle s'étendait plus loin au sud que lorsqu’il l'avait vue la premièré fois; mais il ne présuma pas qu'aucune partie fût fixe, et regarda, au contraire, la masse entière comme mobile.

Il se dirigea vers la côte d'Amérique qui s'étendait du sud-ouest à l’est’et dont la partie la plus proche était à quatre ou cinq lieues de distance. Il nomma cap Lisburne l'extrémité méridionale située par 68° 5” de latitude et 194°42/ de longitude. Voyant qu'il ne pouvait avancer au nord en rangeant la côte de près à cause de la glace, il s’en éloigna. En allant à l’ouest, il trouva que la profondeur de la mer augmenta graduellement jusqu'à vingt - huit brasses, et ne fut jamais plus considérable. Le 26, il vit de nouveau la masse de glace qui paraissait être épaisse et compacte ,’et s’étendait du nord-ouest à l’est-quart-nord-est. La la- ”

titudé était alors 69 36’ et la longitude 2040. L

Le 27, se trouvant tout contre cette masse de glace, Cook se mit dans une chaloupe pour l'examiner, Elle consistait en glagons détachés, si rapprochés les uns des autres, que la chaloupe pouvait à peine passer au travers. La glace était pure et transparente, à l'exception de la surface qui étoit un peü poreuse ; elle paraissait composée de neige gelée, et s’être formée eutièrement en mer.

Les glaçons avaient depuis douze et quinze pieds jusqu’à cent vingt à cent trente pieds d'étendue; les plus gros semblaient s’enfoncer de trente pieds et plus sous la surface de l’eau. Cook ne regarda pas comme probable que tant de glace pôts’être formée dass le cours de l’hiver précédent, et jugea aussi qu'il n’était pas possible que le reste de l’été vint à bout de détruire la dixième

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