CHAPITRE er, Las zraurenxanr KOTZEBUE, de 1815 à
Je comte Romanzoff équipe un navire à ses frais pour chercher le passage. — Départ du lieutenant Kotrebue. — Dé- ‘eouverte d’une grande baie..—Habitans.
— Envrme rocher de glaces. — Dents d’éléphans, les premières trouvées en Amérique.—Retour aux {les Sandwich,
— Maladie du lieutenant Kotrebue. —
Retour en Russie.
La longue guerre dans daquelle toutes les nations de l'Europe furent enveloppées à
(198) différentes reprises depuis la fin :du dixhuitième siècle jusqu'en 21814, suspendit toute tentative de découvertes dansile nord ; mais aussitôt que l’on eut commencé à jonir des douceurs de la paix , l'esprit de déeouvértes se ranima, et des éxpéditions furent envoyées dans.toutes les-parties du monde ; l'on doit dire, à l'honneur d’un particulier , le comte de Romanzoff , qu’il fit équiper à ses propres frais un bâtiment pour reconnaître si la mer, sur ta côte septentrionale de l’Amérique , offrait un passage navigable entre les océans Pacifique et Atlantique.
Le Rourick, bâtiment de éent tonneaux et de vingt-deux hommes d'équipage, y compris.les officiers ; un chirurgien et un bota- miste, fut mis sous le commandement:du ‘lieutenant Kotzebue ; il devait doubler. le -Æap de: Horn , et arriver le plus prompte- ‘ment possible à la côte nord-ouest de l’'Améoique, passer le détroit de Behring, t4- «cher dé: trouver sur la:côté de l'Amérique ‘une baie ou une anse où il pôt laisser:son bâtiment en sûreté ;et, avec une partie de -Sonéquipage, s'avancér par: terré dans sle
| au commencement d'août ,: sans que les
{C°r99 ) continent, d’abord au nord, pour reconmaître si le Cap-Glacé (Zcy cape) est une île, . comme on le suppose, et ensuite à l'est ;'en ‘laissant à sa gauche la mer hyperboréenne.
On l'avait muni de canots légers en cuir, où Baïdars, pour passer les lacs et les rivières.qui pourraient se trouver sur son chemin.
Dans une des iles dléutisihiée à ilremarqua une grande quantité de bois.jeté par les vagues sur le rivage, et il y ramassa, entre autres, le trone d’un campbrier.
Au milieu du détroit de Behring, entre les caps ‘de l'Est et du Prince de Galles, il trouva le courant qui, portant au: nordest avec beaucoup de force, à raison, comme
il le jugea, de deux milles et demi par
heure, ce qui est une vitesse aû moins double
de celle qui avait été observée par Cook.
La profondeur de l’eau était aussi beaucoup plus considérable en cet endroit que celle qui est notée dans le voyage dù même pavigateur.
Ayant doublé le cap du Prince de Galles
gent armes Nat
glaces y.missent aucun obstacle, et, à ce qu'il paraît, sans en apercevoir aucune, il remarqua une. ouverture à.la. côte d'Amérique, entre 67° 50’ et.68° de latitude, Le Rourich entra dans cette baie..Il y avait à l'entrée une pelite île, dont le rivage était couvert de.bois que la mer y.avait jeté; on y remarqua des arbres d’une grosseur ésorme. Le flux, et le reflux. passaient régulièrement.
daps les canaux , de chaque côté de File : la baie s’étendait du. sord au sud ,..et. offrait plusieurs anses : on n’en: détermina, pas l’étendüe à Lest. Le Rourick avança davs cette.
direction: jusqu’à 160° de longitude, méridien qui correspond avec celui du: fond de Ja baie de Norton. .
Les bords de celte pr baie, suit du côté du nord, étaient peuplés d’'Indiens d’une grande taille, armés d’arcs, de flèches et de lances : ils portaient des.vêtemens de peau , et des bottes de euir assez bien faites et ornées ; leurs cabanes étaient eommodes et creusées profondément en terre; leurs meubles et. leurs outils étaient faits avec délicatesse ; ils avaient des traîneaux auxquels
® (:20ù ) ils attelaient des chiens, quoique des ‘têtes et des péaux de rennes aunonçassent qüe ce quadrupède se trouve dans cette côhtrée.
La description de ce peuple, par le lieutenant Kotzebue, répond assez exactement à celle des Tischoutskis, trouvés par Cook sur Je continent opposé; et avec lesquels les premiers tantôt commercent, tantôt sont en guerre. C'est la même race qu'on trouve plus bas sur le continent de l'Amérique et dans les environs de Pétablissement russe de Kodiaék;, comme: on l'apprit d'un ha-
bitant de ee lieu, qui —. leur
langue.
Le lieutenant Kotzebue apprit de ces Indiens qu’au fond dé cette baie il existait un
détroit qui conduisait dans la grande mer,
et qu'il fallait neuf jours à un dé leurs canols pour arriver.à eetle mer en ramant, M. Kotzebue pense que ce doit être legrand Océan du nord, et que le pays au nord de la baie doit être une . ou un archipel d'îles.
Au fond d’une anse , sur ta côte septentrionale de la baie, s'élevait à six cents pieds
-de hauteur perpendiculaire un rocher qui,
“de loin, paraissait calcairé; sa cime offrait une belle végétation. Entre le pied’ de ce “rocher et le rivage; s’étendait une langue de terre large d'environ deux cent cinquante ‘à trois cents toises , et couverte de plantes, que l’on reconnut ensuite pour être les mêmes que celles qui garnissaient le haut du rocher. Mais que lon se figure la: surprise des Russes, lorsqu’en approchant de cette montagne énorme; ils découvrirent que c'était une masse de glace. De ses deux ‘côtés coulaient des torrens d’eau produits par la fonte de quelques-unes de ses parties, Au pied de ce rocher on trouva plusieurs
dents d’éléphans, semblables à eelles qu’on a rencovtrées en si grande quantité dans Sibérie et dans les îles de la mer de Tartarie (1). On en conclut que ces dents
ee: (1) Le lieutenant Kotzebue les nomma dents de ‘Mammouth ( Mastodontes); mais il est évident, d’après un dessin fait par le naturaliste, que c’étaient des dents d’éléphans, ce qui est d’autant plus extraordinaire que c’ést la première fois qu’on découvre dans le Nouveau-Monde des restes de ces animaux.
"qui, offrait de ce
angue
quante |
antes ,
re les
e haut la. surant de vrirent ès deux roduits parties.
lusieurs
d'autant pis qu'on sde ces
. s'étaient détachées de la masse de glace à
mesure que la surface s’en était fondue ; on p 'aperçut aucun autre débris de coianlisth; mais! on sentait une odeur désagréable de matière animale, à peu prèssemblable àcelle d’os brûlés, et il était impossible de rester près des endroits de la montagne d’où l’eau découlait. On grimpa sur cet énorme rocher de glace par le côté qui faisait face à l’inté- ‘rieur du pays, et l’on fil une collection des plantes qui croissaient sur le sommet. La couche de terre qui le couvrait n'était pas profonde, et M. Kotzebue la décrit comme étant de nature calcaire. On put supposer que la langue de terre au pied de la mon-
tagne s'était probablement fofméé de la
terre et des plantes que la fonte des glaces avait entraînées , car l'on en vit tomber diverses portions. d
À l'exception de cette montagne de glace; on ne voyait, dans toute cette partie del’A-
. mérique, ni glace ni neige, soit sur terre,
soit sur l'eau. Le ciel était pur, le temps doux et même chaud; mais sur la côte d'Asie, en face ; le temps était froid , et l'atmosphère
4 Cao4 ) presque toujours chargée de brouillards. N ÿ avait une si grande différence entre la tèmpérature des deux continens, de chaque côté du détroit, qu’en-le traversant on passait à l'instant de l'été à l’hiver, On était à la fin d'août, et, à cette époque, un passage Libre et superbe paraissait ouvert du côté de FAmérique, aussi loin que la vue pouvait s'étendre au nord; au liea que, du côté de l'Asie, la côte était bordée d’une plaine de
glace, dont le bord extérieur se prolongeait
dans la direction du nord-est, qui était précisément celle du courant. a La saison était trop avancée , soit pour essayer de doubler le Cap-Glacé sur le Rouik, ce que le lieutenant Kotzebue croit pourtant qu'il aurait pu effectuer sans obstacle, soit pour faire le voyage par terre en s'avançant à l'est. Craignant que, s'il restait plus long - temps dans la grande baie, l’entrée n’en füt fermée parles glaces, M. Kotzebue pensa quece qu'il avait de plus prudent à faire, était d'aller passer l’hiver en Californie , de s’y radouber, et d'essayer une nouvelle tentative, dès le commence-
proje
e la
ait à
té de uvali té de ne de ngeait it pré-
pour e Roucroit
sans terre e, si ë ande places, de plus l'hiver ssayer nence-
( 208 ) ment du printemps suivant , pour pénétrer
dans l'intérieur de l'Amérique. Ce projet s'exécuta ;et, dès le mois de mars 1817; M. Kotzebue quitta la Californie, toucha aux tles Sandwich, etarriva en jüin aux les aléoutiennes , où le Rourick souffrit beaucoup d’un violentcoup de vent. M. Kotzebue eut malheureusement la clavicule cassée ; cet accident altéra tellement sa santé , qu’arrivé à Eivoughiena, ou l’île de Clerke, à l'entrée du détroit de Behring, le chirurgien « déclata, qu'un climatplus chaud pouvait seul lui sau-’ ver la vie. Les glaces venaient de quitter la côte méridionale de cette île, et se retiraient graduellement au nord, mouvement qu ’elles.
praissent exécuter tous les ans, mais plus tôt ou-plus tard, et plus ou moins vite, sui- * vant les vents qui règnent, et la force avec laquelle ils'soufflent. Etant donc arrivé un mois trop tôt pour pouvoir entrer sur-lechamp dans la baie qui est au nord du cap du Prince de Galles, et sa santé devenant chaque jour plusmauvaise, M. Kotzebue fut obligé; bien à regret, de renoncer à son.
projet, et de retourner dans sa patrie, en .
( 206 ) doublant le cap. de Bonne - Espérance, : Dans le: cours de sx navigation, M. Kotzebue a découvert plusieurs nouveaux groupes d'îles dans la mer Pacifique ; et il a fait une chose dont on ne s'était pas occupé auparavant : tous les jours , à uneheure fixe, on prenait la températuré de l'eau de is mes à la surface et à une certaine profondeur.
‘Un fait honorable pour l1: , c’est qu'après un voyage de trois ans, sous les climats les plus opposés, il a ramené en Russie-tout son petit équipage, à l'exception d’un seul homme , qui était mal portant au moment du départ (1).
(1) J'ai appris ce fait dans une conversation avec le lieutenant Kotsebue.