‹ Histoire chronologique des voyages vers le pôle arctique [microforme]Chapitre 29 sur 43 · JOURNAL · texte numérisé non relu

JOURNAL

Samedi 12 janvier 1811. — J'avais terminé tous mes arrangemens là veille’, et fait tous mes préparatifs pour tâcher de parvenir à avoir une entrevue avec les naturels de:

Terre - Neuve. J'employai comme guides , pour'ceservice , Guillaume Cull'et Mathieu Hughster; je pris vingt - trois hommes et un mousse de l'é équipage de la goëlette que je commandais, et j'y joiguis Thomas Taylor, homme au service de M. Miller, qui connaissait parfaitement cette partie du pays.

Les provisions , lès armes et tout ee qui nous était nécessaire, en y comprenant des :

présens pour les Indiens, furent plicés sur douze iraîneaux, et consistaient dans les:

Ir. 16

Gags) | objets suivans : huit cent cinquante livres de pain, cent livres de sucre, trente-quatre livres de cacao, six cent soixante livres de porc et trente de bœufsalé , soixante gallons d’eau-de-vie , trente livres de riz, six livres de thé, sept fusils de marine, trois fusils de chasse , six pistolets, six coutelas, des cartouches et des munitions, dix hachés, et des instrumens de cuisine , trente couvertures de Jaine, dix - huit chemises de flanelle, vingt-six petites haches, dix pots d’étain, du fil, des aiguilles, des coutéaux et d’autres bagatelles destinées aux Indiens; une voile et des prélarts pour couvrir les tratneaux; des souliers de rechange , des bottines et vingt-huit havresacs. Le tout formait ‘un poids de trois mille six cent vingt livres, indépendamment d’une petite quantité de bagage pour chaque personne.

15.— Grand vent du nord - ouest. A sept heures du matin, nous quittämes la goëlette et traversâmes le bras de la rivière des Exploits , qui nous séparait de la pointe du Petit-Piérre. Le temps était très-froid , et la neige si glissante, qu’il était diflicile de tirer

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es de xatre es de llons livres ils de y Caret des rtures nelle , étain,

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les traineaux. Après avoir tourné cette

pointe, nous fümes à l'abri du vent jusqu'à

la pointe Wigwam, qui est à deux milles plus loin au nord. A trois heures après midi, nous arrivâmes près des restes d’une maison que William Cull avait occupée l'hiver précédent: nous y passâmes la nuit, n’ayant fait qu'environ huit milles en huit heures de temps. Il tomba de la neige à plusieurs reprises pendant la nuit , qui fut si froide que pas un de nous ne put fermer l'œil.

14. — Vent de nord-ouest; froid âpre et perçant. Nous nous rémimes en route dès l'aurore, sans regret de quitter un lieu où nous avions passé une si mauvaise nuit.

Après avoir fait deux milles, nous vimes les îles de Nutt, qui sont au nombre de quatre, situées au milieu de la rivière. Un mille plus loin se trouve la première chute d’eau, ou petite cataracte. Aussi loin que l'œil pouvait s'étendre sur la rivière , on n’apercevait que. de la glace, mais une glace si raboteuse, qu'il paraissait impossible d’y faire passer les traîneaux. Déterminé à ne céder qu’à des obstacles insurmontables, j’allaïen avant

” aveo les: guides, et: nous; choistmes: le:passge. qui. nous parut: le plus praticable. ‘A; trois. heures après midi, nous.arrivämes à la rive. du Nord, et nous rângeâmes.nos traf+ meaux. autour. du: feu, pour nous: faire un:

abri. Cette journée fht très-fatigante, quoi+. qu'elle. n’éût étéique de sept milles. L’excès

° de la fatigue et: une nuit: un peu moins froide procurèrent quelques heures de sommeil à, l'équipage. Nous laissimes en cet; endroit un tonneau.contenant du pain, du; porc, du cacao et-du sucre pour deux jours, ‘afin de le reprendre à notre retour. :

15. — Vent frais, variant de l’ouest-nordouest au nord-nord-ouest , avec de la-neige de temps en temps, La: rivière: formait des détours, de l’ouest au nordiotest. À trois.

heures après midi, nous fimes halte sur la rive septentrionale; pour::y ‘passer la nuit, un. peu. au-dessus d’un ruisseau qui s’y jette. Au sud, nous découvrimesun-canot; je le :

reconnus: pour appartenir à un habitant: du Ganada qui avait demeuré à la pointe Wigwam, Cette journée nous offrit les niêmes difficultés que la précédente, étant souvent

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jours,

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obligés d'envoyer un détachement 'en avant

pour aplanir et couper .en quelque sorte les éminences de glace pour faire passer lés traîneaux d'un,golfe à un autre et pour rémplirles creux dans lesquels ils -seseraient btisés,par da violence de la chute. Malgré tous nos soins, ils souffrirent beaucoup dé frottement eontinuel, et, dans la soirée, la plupart eurent besoin de réparations. Nous nous barricadämes de notre mieux autour d’un bon feu ; l'équipage parut plein d’ardeur pendant le souper; la nuit fut assez douce , et, grâce à la fatigue, on dormnit assez bien. Nous avions fait environ sept milles.

16. — Grand vent du nord-ouest avec une gelée très-vive. Nous nous mimes eñ mdrche avec le jour. Plusieurs traîneaux se rompirent, ce qui nous fit perdre beaucoup de temps. À onze heures du. matin, nous découvrimes deux vieilles cabanes sur la rive septentrionale de la rivière; elles nè parafssaient pas avoir été habitées depuis longtemps, mais c'était une indication que des paturels y avaient été. À deux heures et demie après midi, ‘étant arrivés à la grande

chute d’eau , nous gagnâmes la rive septentrionale. Tandis que l’équipage préparait le feu et l'abri dont nous l’entourions toujours, j'allai en avant avec Cull et Taylor pour chercher un sentier par où passent les Indiens pour transporter leurs canots de l’autre côté de la cataracte. Taylor n’étant pas venu en cet endroit depuis plusieurs années, ne savait plus où le trouver. Nous le découvrimes enfin après une ennuyeuse recherche.

Nous y vimes des marques prouvant que des Indiens y avaient passé depuis peu, mais en petit nombre, à ce qu’il paraissait. La soirée avançant, nous revinmes sur nos pas et nous rejoignimes l'équipage. La nuit fut la plus douce que nous eussions encore eue, et nous n’en reposâmes que mieux. Je laissai du pain, du porc, du cacao et du sucre pour deux jours, et quatre gallons de rhum.

17. — Vent de sud-est, temps froid , verglas. Nous commencâmes cette journée par faire faire à nos traîneaux des circuits au milieu de rocs escarpés, qui forment la partie inférieure de la chute d'eau. Mais nous n'avions pas fait plus d’un mille, que nous

ptenrait le ours, pour ss Inautre venu ss, ne lécouerche.

ue des , Mais it. La

Cs4) nous trouvâmes obligés de les décharger, et de transporter toute leur charge à bras, audessus d’une pointe de terre qui, s’avançant perpendiculairement dans la cataracte , ne permettait pas à la glace de s'attacher à ses bords. Après avoir rechargé les traîneaux de l’autre côté, et avoir fait un tiers de mille, nous arrivâmes près d’une colline escarpée ; où commençait le sentier des Indiens; il fallut encore décharger nos traîneaux. Laissant lé équipage s'occuper de cette opération, j'avançai avec Cull et Taylor pour reconnaître l’autre extrémité du sentier: Arrivés à un marais, ce fut avec peine que nous pümes le retrouver ; nous y parvinmes pourtant, et nous rejoignimes la rivière audessus de la cataracte. Ce sentier parcouroit un mille et un quart de terrain. Nous avancâmes encore deux milles plus loin; après quoi, nous revinmeés sur nos pas. À midi, le vent tourna au sud-est, et il tomba une forte pluie. J’envoyai une division en avant pour préparer du feu au bout du sentier.

À trois heures après midi, tout le bagage léger s'y trouvait transporté, ainsi que

(248 ) nos armes, et nous laissämes les traineaux à. mi-chemin daus le sentier; de sorte qu'après huit heures de fatigues , nous n'ayions guère fait qu'un mille et demi. El con-

tinua à pleuvoir assez fort jusqu’à neuf heures du soir ; alors le vent ayant tourné à l’ouest, l'atmosphère s’éclaircit, et l'équipage, après ayoir fait sécher ses vêtemens , s’endormit.

18.— Vent de l’ouest-nord-ouest, temps froid. Laissant à l'équipage le soin de recharger les traîneaux , je.marchai en avant avec les guides ; nous reconndmes la nécessité de praliquer un sentier d'environ cinquante toises pour passer sur, une pointe que les traîneaux ne pouvaient tourner, parce que Ja glace n’était pas assez forte à l'entoyr. À dix heures et demie, nous iournâmes une baie , laissant à notre gauche plusieurs petites îles. Le chemin était bon, excepté daus cer:

tains endroits où la glace avait peu. d'épaisseur et élait souvent couverte d’eau, de sorle que nous eûmes la plupartles pieds mouillés. À deux heures et demie, nous.arrivimes dans une anse, sur la rive nord.

Nous nous yarrêlâmes, parce que nous n’au-

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l'hiv deux de marc part étenc seau:

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froid.

( 249 ) rions pu arriver avant la nuit dans un autre endroit, où il y aurait eu du boisà brûler.

La rivière forme là une baie de chaque côté, laissant entre elles un espace d'environ un mille et demi, dans lequel sont plusieurs îles.

Ayant donné ordre de préparer uu bon feu, bien abrité, et de !l'üre aux traîneaux les réparations nécessaires, j’allai, avec Cull, à deux milles plus loin, jusqu’à vn endroit nommé Rushy Pond Marsh, où il avait ‘té l'hiver précédent ; nous n’y trouvâmes plus deux cabanes qu’il y avait vues. 5: arbres, depuis cet endroit jusqu’à la rivière, étaient marqués, et, en quelques endroits, joints par une sorte de haie; dans une assez longue étendue de marais, les branches des arbris+ seaux étaient attachées ensemble dans une direction particulière , de manière à guider naturellement les orignals vers la rivière, Nous tuâmes deux perdrix, et nous allâmes rejoindre nos gens, eu passant par l’intérieur du pays.

19. — Vent d'ouest, modéré, mais trèsfroid. Nous voyageâmes toute la journée sur

une neige qui n’était point batlue; ce qui rendait le tirage des traîneaux fort pénible. ‘Nous fimes deux milles sur une glace raboteuse pour gagner un bois qui était sur la rive du sud, tout le bois du côté du nord ayant été brûlé. Nous nous arrêtames à quatre heures après midi sur le bord d’un ruisseau, où nous laissämes du pain , du porc, du sucre et du cacao pour deux jours. Pendant toute cette journée, nous trouvâmes la rivière complétement couverte de glace partout. Nous passèmes près de plusieurs îles ; nous vîmes un renard , et nous tuäâmes une perdrix. Nous fimes environ dix milles, et nous eûmes une nuit passable.

20. — Vent d'ouest nord-ouest, temps froid. Nous nous remimes en route au lever de l'aurore. Deux de nos traîneaux se brisèrent en passant sur une glace inégale. A midi, le soleil brilla , le temps devint chaud et serein. À quatre heures après midi, nous nous arrêlâmes sur une île , à deux milles audelà de Badger bay Brook (du ruisseau de la baie du Blaireau }, qui se jette dans la rivière des Exploits , du côté du nord. Nous

e qui nible.

rabosur la | nord quatre . ruis-

| porc , . Penmes la

glace usieurs tuâmes milles,

y vimes des débris d’une chaumière. En remontant ce ruisseau, de même que de l’autre côté de la rivière, on voit des haies pendant plusieurs milles ; il y en a une qui s'étend dans la direction de l’ouest, dans l'ile où nous nous arrêtâmes. Nous calculâmes que nous étions à douze milles de notre dernière couchée.

. 91. — Vent d'ouest, te froid. Nous partimes à la pointe du jour. À midi, nous trouvâmes beaucoup de difficulté à traverser une glace très-unie, mais coupée par plusieurs fentes, larges et profondes, causées par une chute d’eau. Nous parvînmes pour.

taut.à y faire passer les traîneaux ; et, ayant.

remonté la chute d’eau, nous trouvâmes,

sur les bords de la rivière, assez de glace pour les porter.A trois heures et demie ,nous terminâmes notre marche , après avoir fait :

au moins onzé milles; sept, depuis l’île où nous avions couché Ja nuit précédente jusqu'à la chute d'eau, et plus de quatre depuis ce dernier endroit. Dans les endroits où les bords de la rivière n'étaient pas assez escarpés, on les avait garnis de haies, depuis

la -chute d’eau ‘en remontant , pour ‘enipéoher les orignals, «en. sortant de l’eau , de prendre terre ailleursque pardes ouvertures.

pratiquées à dessein. Nous rechargeñmes les iraîneaux, dont deux se trouvaient eniièrement hors.d’état-de servir ,'et nous laissâmes encore en ce lieu ‘des provisions pour deux jours. Nous eûmes une bonne nuit.

22. — Vent da sud-ouest ,'tentps doux et brumeux. Après avoir fait deux milles , nous. vimes une espèce de magasin sur la rive dt sud. Guillaume Gull nous dit que ce bàs- ment n’y élait pas l’année précédente; :d paraissait nouvellement construit, ‘était de forme circulaire, et couvert de peaux d’orignals , dont on voyait des squelettés à peu de dis ance : deux poteaux étaïent enfoncés dans la giace, près de la rivière, comme si des canots y eussent été depuis peu. À quatre milles de là, nous passâmes une île , et, deux milles plus loin , nous tournâmes une baie.

Nous vimes plusieurs ramures d’orignals sur un rocher saillant. Cull me dit que c'était en cet endroit qu'il avait vu, l’année précédente, les magasins dontil avait parlé, mais

d'ur dit.

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précéé, Mais

( 255 ) i n'en restait aucune trace. On: reconnaissait pourtant qu'un bâtiment tel que celui dont: il: avait: fait la description, avait pu eccuper un grand espace où le bois avait été conpé, et, à quelques centaines de: pas; nous trauvâmes. la charpente: d’une cabane.

Tout-près, une peau: d’orignal était suspenpendue.à:un arbre;.et:, plus loin , un poteau portant:le nom de Rousell, Un peu'plas bg; sur la.rive sud, on voyait aussi les: débris d'une cabane près de laquelle Cull nous dit: qu'était l'autre magasin. Un quart de!

mille plus loin, une rivière qui: paraissait assez considérable venait mêler ses eaux à:

celle des Exploits, eten face-deson embouchure était une île bien boisée.

Nous fimes encore quatre milles, et alors:

nous nous arrêtämes peur la nuit, Gullm’accompagna deux milles plas: loin, et nous reyinmes au coucher du soleil. Pendant cette journée, nous distinguâmes par:intervalles :

les. traces du pied: d’un homme qui avait:

suiyi le fleuve en: le remontant: Un dé nosteaineaux. tomba : dans: l’eau : heureusement : cétaitsur un bas fond , et rie ne fut perdu: :

(264 ) Nous avions fait environ douze milles, et à peine se trouvait-il sur les bords de la rivière, depuis la dernière chute d’eau , assez de glace poür permettre aux traîneaux d'y passer. Nous trouvâmes encore des haies ” pratiquées dans les endroits-où les naturels

veulent empêcher les orignals qui travér:

sent la rivière de prendre terre. Quelquesupes de ces haies ont deux à trois milles de longueur ; d’autres se prolongent dans ’intérieur des terres. Je divisai l'équipage en . trois pelotons, dont chacun devait tour à

… tour weiller et rester sous les armes pondane :

la nuit.

25.— Vent d'ouest, temps froid et désagréable. Nous nous mimes en route au point du jour. La rivière était libre, et coulait avec rapidité. J'aurais voulu la traverser à gué, présumant . que les Indiens habitaient l’autre rive; mais ce fut impossible. À dix

heures du matin, ayant fait six milles , ei

voyant que nous ne pouvions conduire les traineaux plus loin, je laissai la moitie de l'équipage pour les garder ; et, me faisant accompagner de l'autre moitié, nous primes

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