LUC FOX
Départ de Fox.—Ile WF elcome.— Sépulture des naturels.—Retour en Angleterre.
Lx dernier voyage dans lequel Baffin et” Bylot, en1616, s'étaientavancés au nordsans obstacles , devait naturellement ranimer les espérances , et faire penser qu'on allait réussir à trouver le passage tant de fois tenté ;
même ceux qui paraïssaient auparavant le plusintimementconvainçus de son existence.
A l'exception d’une seule'tentative faite sous la direction d’un nommé Hawkridge, qui avait navigué avec Button, le projet paraît avôir été entièrement abandonné, On sait à\ peine par quel ordre , sur quel bâtiment , et | même en quelle année le capitaine Hawk-
ridge entreprit ce voyage. D'après le frag-
an ns Tant ee ddl émise te ge tits re + + 07 E Mine is = DT TS A ITIQUE LIENS LME 0 re Ce se Sd HT EE ss
ment imparfait qu’en donne Fox (1),etqu'il
se procura, dit-il, en manuscrit, ilest du
moins évident qu’il n’a rien ajouté anx découvertes déjà faites dans le nord-ouest.
. Sil'on tenta un nouvel essai pour décou-
__vrirun passage nord-ouest, nous en sommes
assurément redevables au capitaine Luc Fox qui, comme il nous le dit lui-même , n'avait pas cessé de solliciter l’envoi d’une nouvelle
expédition dans les mers arctiques , depuis
l’année 1606, où ileût voulu accompagner Knight en qualité de maître d'équipage.
A force de zèle et.de persévérance, il par-
vint à décider Henri Briggs et sir John Brooke à présenter une pétition à Charles I”, pour demander à ce monarque de Jeur prêter un de ses vaisseaux, et de leur accorder sa protection pour entreprendre ce voyage. Le roi approuva le. projet, et accorda gracieusement l’une et l’autre de-
mande. Fox dit qu’on lui permit de choisir
lui-même uu bâtiment, et qu'il prit une pinasse de quatre-vingts tonneaux, qu’il nom-
. (1) Nord-ouest, p. 166.
La
1), etqu'il ilest du é anx déouest.
ir découn sommes Luc Fox e, n'avait nouvelle
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sir John
à Chararque de et de leur eprendre projet, et autre dele choisie it une piqu’il nom-
(11) | | | ma le Charles, Elle avait vingt hommes d’équipages et deux mousses , fut approvisionnée pour dix-huitmois, et bien équipée.
Sir Thomas Roe et sir John Wolstenholme furent chargés de surveiller l'armement ; le maître et les administrateurs de l'établissement de la Trinité reçurent l’ordre de prêter
--leur assistance.
La relation du voyage est écrite par Fox lui-même, qui prend avec emphase le nom de Fox du Nord-ouest. {1 était du comté d’York; c'était un homme fin et de beaücoup de talent, mais-d’une vauité démesurée.
La tournure de son journal est si bizarre, et le jargon en est si obscur et si comique, que dans beaucoup d’endroits il est presque inintelligible. « Ami lecteur;-dit-il en commenant, n’attendez pas de moi des phrases pompeuses et des termes éloqnens, car ce n’est pas de la plume d’un homme né sous le climat glacial du nord-ouest, où les savans ne sont pas des plantes indigènes, que peut découler le doux miel de la rhétorique , elc. »
Fox quitta l'Angleterre , charmé de lui-
(13) même et de l'équipèment de son vaisseau, « J'avais des provisions, dit-il, pour dix+ huit mois. Le boulanger, le brasseur, le boucher et autres, étaient-ils passés maitres dansleurart ou profession ? Je n’en sais rien ;
. mais, ce dont je suis certain, c’est que j'avais d’excellent bœufbien gras, de la bière forte, du bon pain de froment, de la bonne morue sèche d'Islande, du beurre et du fromage de la première qualité, du vin d’Espagne
délicieux, de l’eau-de-vie parfaite, des pois, du blé, de l'avoine, de huile, des épices,
Q du sucre, des fruits et du riz ; sans parler de de différentes drogues , telles que dessirops, | quels des juleps, dei conserves, des antidotes, à Pare des baumes, des gommes, des onguens, des & 1 emplâtres, hes huiles, des potions, des | Le pilules purgatives, etc. » Et, en prenant & ]; éÿ; congé de la cour: « Je reçus, dit-il, du roi À dHu
| une carte de toutes les découvertes faites par Æ détn mes prédécesseurs, les instructions de sa glac
majesté , ainsi qu ‘une ‘ne pour l empereur espè
du Japon. » on
Les négocians de Bristol, déterminés à quel
ne pas le céder à ceux de Londres, équi- !
vaisseau, Jour dix+ sséur , le D A s maîtres sais rien ; que j'avais ère forte,
ne morue
fromage l'Espagne des pois, S épices, parler de >s SirOPS ; ntidotes, uens, des ons, des
prenant 1, du rai faites par ns de sa empereur
rminés à es, équir ‘À
(15) pérent, la même année, et pour le même ob. | jet, un vaisseau appelé la Marie, dont le commandement fut confié au capibainie Thomas James.
Fox quitta Deptford le 5 mai, doubla le cap Farewell.le 13 juin au milieu d’épais brouillards ; le tempss’étant éclairci, il aperçut un banc de gros poissons de l'espèce de la baleine, qui suivaient leur chef, Le 20, : il découvrit la terre au nord de la baie de Lumley, dont le nom lui rappelle le souvenie du lord Lumley. Fox paraît se plaire beauconp dans ces souvenirs, à propos desquels il rapporte des anecdotes, et il s'en trouve presque à chaque page de son jours nal.
Le 20, il arrive à la hauteur du cap Chid-
%ey, et se hâte de traverser. le détroit
d'Hudson. Vers l'extrémité occidentale du détroit, il fut souveñt tourmenté par la glace; il remarqua qu'il y en avait-de deux espèces; la première, qu'il appelle glace montagneuse, flottait par grandes masses quelqüefois plus grosses qu’une grande église; et l’autre , qu'il nomme glace hachée,
(14) flottait par morceaux qui avaient depuis on ou deux pieds jusqu’à deux acres de lon
. Bueur, et un ou deux pieds de hauteur .
au-dessus de la surface de l’eau. L'une des ,
montagnes de glace, plus grandes que les autres, avait sûr son sommet un rocher pesant au-moins cent quinlaux avec pige autres pierres plus petites:
Le 10 juillet, il n’était encore qu’à la hauteur de l'ile de Salisbury; où il remarqua que la boussole: avait perdu sa vertu eV ce qu'il attribue à l’âpreté de
Yair qui s’insinue entre l'aiguille etson point attractif, ou bien peut-être y a-t-il quelques montagnes de lun ou deY’autre côté, dont le fer peut arrêter l'agilité des aiguilles qui se dirigent vers leurs points respectifs ; mais c'est une discussion qu’il ni à la philosophie.
Le 20 juillet, près de Carey”’s Swan's-Nest, |
la chaleur fut aussi grande qu’elle l'est j jamaisen Angleterre ; et, à minuit, il y avait dans l'air beaucoup de petits-danseurs (c’est ainsi qu’il appelle l'aurore boréale). En suivant la côte orientale de l'Amérique, il
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(15) trouva une ‘ile dans laquelle il ÿ avait plusieurs sépultures des naturels; il la nom ma Sér Thomas Rowe’s Welcome (la bienvenue de sir Thomas Rowe ); il donna à une autre Île le nom de Brooke Cobham, et à un petit groupe celui de Briggs his matheniatickes ( les mathématiques de Briggs ). Dans les tombeaux de l'ile #e/come, il vit beaucoup de corps envéloppés dans des peaux d’orignals, et placés sous des pierres, la tête tournée vers l’ouest; le plus grand de ces corps n’avait pas plus de quatre pieds de longueur; ils étaient entourés de planches de neuf à dix pieds de long et de quatre pouces d'épaisseur; on en remplit la chaloupe pour les brûler à bord du: vaisseau. Auprès des corps étaient déposés des arcs, dflèches, des ‘dards, des lances, et d’autres armes en bois. Un grañd nombre de dards avaient des pointes de fer, mais il y én avait un avec une pointe de -cuivre; d'où Fox conclut que des chrétiens étaient sans doute venus dans cette île avant lui.
re 16)
Le g.août ,Foxentra dans le port: Nebon; ÿ .trouva une croix qui avait été. érigée par Button, et sur laquelle on lisait encore son pom. De la rivière de Nelson » Fox se diri> gea au sud-ouest; et. le 29 août, il, rencon tra le capitaine James. 11 alla à bord.de son bâtiment, où il fut fêté et bien accueilli ; mais.il ne s’en montre pas reconnaissant, car voici comme. il s'exprime sur le compte du capitaine James : « Le capitaine parlaitassez bien syr l’art de la navigation, les obserations; les calculs, etc. , et il me:fit: voir plusieurs instrumens ; je vis.qu'il était versé dans les mathématiques : mais, lorsque je découvyris qu’il n’était pas homme de mer, je biâmai beaucoup ceux qui lui avaient:conseillé de prendre un pareil bâtiment pour ua voyage d’une si grande importance ;‘lorsqu'il aurait peut-être deux hivers à passer à bord avant. d’être de retour en Angleterre.
Notre conversation eût été peu intéressante, si nous ne nous fussions entretenus des fantes de nos prédécesseurs, »
‘pense
Après avoir côtoyé PAUSANS très-long- |
temps jnutiler vers le dernier Uliim dit-il,
recont dela t Nest.E sous le montoi lieues appell proma monto polair cap D Fox :
igée par ore son se diri> rencon+ dde son cueilli ; ant, car mpie du aitassez s obserfit: voir ait versé e je démer, je ht:con- Dour un > sdors-
Jasser à ‘
leterre.
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s fautes
long- À
(27) temps le fond de la baie d'Hudson, mais inutilement, Fox se dirigea de nouveau vers le nord, le 4 septembre, nommant le dernier cap qu’il doubla, #olsienholme’s Ultiimum Vale; « car je crois fermemagnt, dit-il, que sir John Wolstenholme ne dé-
‘pensera pas davantage d'argent pour faire
reconnaître cette baie. » Le 8, il était près de la terre sur laquelle est Garey’s Swan's- Nest. Plus loin, au nord, il donne à un cap, sous le 64° 46” de latitude, le nom de promontoire du roi Charles, et à un autre, huit lieues plus au nord, celui de cap Marie. I appelle trois Îles situées au nord-ouest du promontoire, les fles de la Trinité; un promontoire situé à quelques minutes du cercle polaire , Lord W'eston’s Portland; un autre, cap Dorchester, et la terre qui était au-delà, Fox His Farthest (le nec-plus-ulra de Æox),
‘ Le 25 septembre, Fox songe qu'il n’a fait qu’un pauyre voyage, ét que le mieux qu'il lui reste à faire est de retourner en Angleterre. Il quitta donc le détroit d'Hud-
Il. 2
âon; et arriva aux Dunes le 3: octobre; Pr ou perdu personne de son équipage.
: Fox se plaint de n'avoir reçt aucuue récompense: Dans le fait, le résultat du voyage ne æépondit pas à l'espoir de ceux qui l'a vaient fait entreprendre. Cependant il soutient avec force qu'il existe troprobele ment ‘un passage nord-ouest, et qu'on le 2 trouvera dans le Æ#eicom de sir Thoma:
Roë (1), où il remarqua que la marée ve- , nait du nord, et s'élevait plus haut que dans aucune autre partie de la baie d'Hudson; il vitaussi un grand nombre de baleines vers cet endroit , ce qu’il regarde comme une preuve désa proximité avec la grande mer.
Il'est assez surprenant que Fox, qui avait évidemment beaucoup de sagacité, n'ait pas persisté , dès qu'il arriva sur la côte de | l'Amérique , à remonter le courant au nord
: {1)'Le nom de -J#/elcome fut d’abord donné. par Fox à uneîle; mais depuis il a été appliqué indistinctement à la côte nord-est de l’Amérique et au détroit situé éntre cette côte et l’île Southampton , Mais plus généralement au détrui:.
octobre; ipage.
cuve ré 1 voyage
qui l'a
til sou- ‘obable-
qu'on le À
Thoma; arée veque dans
dson:; il
nes vers me une de mer.
vait évin'ait pas
côte de |
au nord
onné par qué indisque et au ampton,
(19) d'où il avait remarqué qu'il arrivait, au lieu de le suivre au midi, Lorsqu'il arriva pour la seconde fois dans le Welcome, la saison était trop avancée pour qu'il pôt continuer à faire route au nord. '