CHAPITRE Ie
JACQUES KNIGHT, GEORGE BARLOW , DAVID VAUGHAN sr JEAN SCROGGS.
De 1719 à 1722.
Départ des trois premiers pour découvrir un passage et des mines au nord de la Baie d'Hudson.—On n’en reçoit aucune nouvelle.—Scroggs fait un voyage à leur recherche.—Il paraît s’en étre peu occupé.— Détails appris en 1967 sur leur naufrage et leur mort dans une le déserte.
Où n’a jamais eu que très-peu de détails sur le malheureux voyage entrepris par Kuight,
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Barlow et Vaughan; car les deux bâtimens employés à cette expédition frent naufrage, et tout l'équipage pétit misérablement.
Knight était depuis long-temps au service de la compagaie de la baie d'Hudson, et avait fini par être nommé gouverneur de la factorerie établie sur la rivière de Nelson.
Dans ses relations avec:les indigènes, il avait appris qu’à quelque distance vers le nord, et sur les bords d’une rivière navigable dans laquelle les bâtimens pouvaient remonter depuis la baie , il y avait une mine abondante de cuivre natif. Après ‘ces renseignemens positifs, il yinten Angleterre demander à la compagnie d’équiper deux bâtimens, et de les envoyer, sous son commandedement, à la découverte de cette mine précieuse ; mais la compagnie , par &es raisons qui parurent ne pas faire beageoup d'honneur aux vues libérales des directeurs, refusa d'accéder à la proposition de Knight.
Cependant il n’abandonna pas son projet.
J1 leur dit nettement que leur charte les @bligeait à faire des decouvertes aussi bien qu'à étendre leur commerce; qu'ils s'étaient
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(70) particulièrement engagés à chercher un passage au nord-ouest, par le détroit d’Anian, dans la mer du sud , et que s'ils refusaient dé Penvoyer avec Barlow entreprendre un
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mande au ministère. La compagnie le voyant aussi fermement déterminé à mettre son pro-
. jetà exécution et craignant d'ailleurs que
son zèle importun ne donnât lieu à une enquétesévèresur la légitimité deleurcharte, crut de la prudence de se rendre à ses désirs. Elles}; donc un vaisseau et un sloup nommés { «‘/Lanr et la Découverte , le premier comm" par Île capitaine George Barlow, et l’autre par le capitaine David Vaughan; mais la direction générale de l'expédition fut confiée à Knight. Peut-être firent-ils d'autant moins de difficulté: d’envoyer Knight, qu’il devait avoir près de quatre-vingts ans lorsqu'il entreprit ce voyage, du succès duquel il doutait si peu , qu'il fit construire des coffres-forts doublés en fer, pour contenir l'or et le cuivre qu'il s’attendait à trouver. C'était sans doute le seul objet qui occupât l'esprit de Knight; le
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(7) passage au nord-ouest et le détroit d’Arian furent mis en avant pour décider la compagnie à lui accorder sa demande, en lui faisant voir la nécessité de tenter quelque entreprise qui semblât du moins remplir les conditions imposées par la charte (1).
Kaight reçut donc l'instruction de reconnaître le détroit d’Anian, et de découvrir des mines d’or et autres dans le nord. Comme
aucun des bâtimens ne revint, .et qu'on n’en
recut jamais de nouvelles, onen conclut qu'ils avaient fait naufrage’ au milieu des glaces ; ou qu’ilsavaient été enfermés dans une crique où dans un détroit d’où il leur avait été impossible de sortir. Comme c'était la compagnie dela baie d'Hudson qui avait fait expédier ces deux bâtimens, elle ne pouvait se dispenser d’en équiper un troisième qui cherehât à découvrir ce qu’étaient devenus :
les malheureux qui étaient à bord des deux premiers. Elle arma doncle #halebon:,
qui fut commandé par Jean Scroggs. On
n’a d'autre relation de ce voyage, qu'un
(1) Relation d’un séjour de six ans dans la baie d'Hudson ; par Joseph Robson, Æpvendice,
extrait fort court, publié. par Arthur Dobbs. Seroggs partit de la rivière de Churchill le 23 juin 1723. Arrivé à 62° de latitude, il vit les indigenes , et fit plusieurs échanges avec eux; il mouilla par 64° 56, à trois lieues de la côte septentrionale, dont le proraontoire le plus.saillant reçut le nom de #halebone Point: X] si plusieurs baleines noires ‘dans la mer, et quelques orignals sur le ri- ‘ vage; il avait avec lui deux Indions du nord qui avaient passé hiver à Churchill. Ils lui parlèrent d’une belle mine de cuivre, qüi était quelque part dans ce pays, près du rivage; et presque à fleur de terre; ils disaient que le bâtiment pourrait en approcher tellement, que ses côlés toucheraient à ia mine.
‘CesIndiensavaient apporté à Churchill quelques morceaux de cuivre qui prouvaient l'existence de la mine dont ils parlaient.
Avant de quitter Churchill, ilsavaient tracé une esquisse du pays, avec du charbon sur un parchemin, et jusque - là leur dessin était exact (1).
(2) Description des ps; s contiqus à la baie d'Hudson, par Arthur Dobbs
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Par 64° 8’ de latitude, étant alors dans le Welcome, Scroggs vit beaucoup de baleines , et ue rencontra pas de glace. Depuis la pointe de Whalebane, la terre. courait au sud-ouest. Les matelots qui allèrent à térre , rapportèrent qu'ils n’aperçurent rien qui pôût empêcher de pénétrer plus avant. La profondeur de l’eau était de quarante à soixante brasses. Le capitaine Norton, qui a été gouverneur de Churchill, et qui était alors avec Scroggs, a confirmé tous les ré-.
cits de celui-ci. Il dit que l'élévation de la marée était detrente pieds ; qu’étant à terre au haut d’une montagne, il vit la côte se diriger au sud-ouest, et rien qui pût empécher d'aller plus loin.
On'ne trouve pas dans cette relation un seul mot qui laisse entrevoir que l'on ait fait la moindre recherche concernant les infortunés qui étaient partis l’année précédente, et dont on n’avoit pas eu de nouvelles; il paraît même que l’on ne chercha pas. à s’informer s'ils étaient encore vivans, s'ils avaient été massacrés par les indigènes, où sils étaient morts de froid ou de faim. Plusieurs
(74) personnes , ilest vrai, s’abusaient au point de se flatter de l'espoir que Knigth et Barlow avaient découvert le passage au nordouest, et avaient passé dans la mer du sud pour revenir par le cap Horn; mais, deux années s'étant écoulées dans une vaine at- - tente , il ne fut plus possible de se bercer de cette espérance trompeuse. Enfin, en 1767, l’on acquit la preuve la plus certaine de l’horrible catastrophe qui avait terminé cette funeste entreprise.
En 1767, des embarcations employées par lacompagnie à la pêche de la baleine, près de l’île de Marbre, découvrirent, en côtoyant le rivage , un havre vaste et commode , près de l’extrémité orientale de l’île; ensuiteils trouvèrent, à l'entrée, des'canons, des ancres, des câbles, des briques, une
“enclume de forgeron, et plusieurs autres ustensiles que leur pesanteur ou leur peu d'utilité pour les indigènes avaient empêché ceux-ci d'emporter; ils aperçurent aussi sous l’eau les restes d’une maison, et le corps, ou plutôt le fond de deux bâtimens. Lescanons, ainsi que la figure de l’un des navires, furent
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(75) envoyés an fort, puis en Angleterre. Cette découverte éveilla naturellement l'attention.
Héarne rapporte que , dans l'été de 1769, la péche l'ayant conduit sur l’île de Marbre, il rencontra plusieurs Esquimaux dans le havre, où les traces du séjour des Anglais avaient été découvertes. « Nous remarquâmes, dit-il, que deux de cès Esquimaux paraissaient plus âgés que les autres , et nous ne pûmes résister à l’envie de les questionner sur les bâtimens qui avaient dû périr ” dans ces parages. Il nous était d’autant plus facile de satisfaire notre curiosité, que nous avions avec nous un Esquimau attaché au service de la compagnie, comme interprète, et qui , tous les ans, s’'embarquait en cette qualité. Voici la substance des renseignemens clairs et précis que ces vieillards nous donnèrent :
« Lorsque les bâtimens arrivèrent à l'île de Marbre, le jour était tombé; le plus grand des navires. fut très-endommagé en entrant dans le havre ; une fois mouillé, les Anglais commencèrent à construire la maison : ils pouvaient être alors environ cin-
(76) quante. L'été suivant, en 1730 , aussitôt que la glace le permit, les Esquimaux leur rendirent une seconde visite ; le nombre des Anglais était alors considérablement diminué , et ceux qui restaient paraissaient fort malades. » Suivant le rapport des vieillards, ils étaient occupés à un ouvrage que les Fsquimaux eurent de la peine à désigner; sans doute ils alongeaient la chaloupe;, car, à peu de distance de la maison, je vis encore une grande quantité de copeaux de chêne qui ne pouvaient provenir que du travail des charpentiers.
La maladie et la famine firent de tels ravages parmi les Anglais, qu ‘au commencement du second'hiver, ils n’étaient plus que vingt. Dans l'hiver de 1720, plusieurs Esquimauxs ’établirent aussi à l’entréedu havre, du côté oppusé à celui où les Anglais avaient construit leurs maisons; ils leur fournissaient souvent des provisions, qui consistaient principalement en huile de baleine et en chair de phoque. À l’apprache du printemps , les ÆEsquimaux repassèrent sur le continent ; et, lorsqu'ils reviorent à l’île de Marbre, dans
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l'été de 1721, ils ne trouvèrent plus que cinq
Anglais qui avaient survécu à leurs malheu-.
reux compagnons; et telle était l'extrémité à laquelle ils se trouvaient réduits, tel était: l'excès de leur misère , qu'ils dévorèrent avidement la chair de phoque et de baleine toute crue, que les Esquimaux leur apportaient. Une pareille nourriture eut bientôt des résultats funestes : trois en moururent au bout de quelques jours , et les deux au-
| tres, quoique très-faibles, creusèrent une
fosse pour les enterrer : ces deux-là vécurent encore assez long-temps. Ils montaient fréquemment sur la pointe d’un rocher voisin, .
| regardant fixement au sud et à l’est, pour
voir si quelque vaisseau ne venait pas à leur secours. Après être restés long-temps sur le rocher sans rien apercevoir, ils s’asseyaient Jun contre l’autre , et pleuraiént amèrement. Bientôt l’un des deux mourut, et les forces de l’autre étaient st complétement épuisées, qu’il expira en essayant de creuser une fosse pour son compagnon : on voit encore près de la maison les crânes et les os de ces deux hommes. Celui qui vécut le plus long-temps
était » au rapport des Esquimaux , toujours à occupé à convertir le fer en différens outils et ustensiles ; c'était sans doute l’armurier ou
le forgeron (1).
(1) Voyage depuis le fort du prince de Galles dans la baie d'Hudson jusqu’à l'Océan nord, par Samuel Héarne. Introduction.
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Barlos avaien leur r:
ÿ avai mer, diens nomr l'exis gran licita
toujours À
Ds oulils \urier ou
de Galles }, par Sa-