‹ Histoire civile det militaire de Neufchâtel-en-Bray suivie de remarquesChapitre 19 sur 32 · TRADUCTION DU JUGEMENT CONTRADICTOIRE CY DESSUS DU 7 AOUT · texte numérisé non relu

TRADUCTION DU JUGEMENT CONTRADICTOIRE CY DESSUS DU 7 AOUT

A tous ceux è qui ce présent écrit parviendra , Thomas, par la grâce de Dieu, archevêque de Rouen, donne le salut en notre Seigneur, et leur fait savoir qu'ayant été référée devant lui la question qui-s'étoit mue entre Fabbé et couvent de Sainte-Catherine du mont de Rouen, Roger Pèlerin, prêtre curé de Sainte^Marie ou Notre-^Dame de Neufchâtel d'une part^ et le prieur de l'hôpital dudit Neufchâtel d'autre part, touchant la demande que faisoit ledit Roger de la moitié de toutes les oblations qu'on faisoit audit hôpital, et qui de lui ou des prieurs de l'hôpital avoit le droit d'ordonner ou de permettre de sonner la cloche, ladite question fut assoupie et terminée ainsy qu'il suit, savoir que ledit prieur rendra audit Roger et à ses successeurs la moitié de toutes les oblations qui se font à l'autel, à l'exception de toutes les oblations de chandelle de suif ou luminaires que ledit prieur doit percevoir, si ce n'est dans les jours de fête de Sainte- Marie ou de Notre-Dame et de Saint-Thomas le martir, auxquels dits jours de fêtes ledit Roger Pèlerin doit donner une livre de cire pour Ip luminaire et le prieur aussi une autre livre de cire, et tout l'office, tant du matin que du soir étant fini, tout ce qui restera desdites deux livres de cire et de tout autre luminaire qui est offert et donné dans ces mêmes jours de fêtes par les fidèles sera partagé entre ledit prieur et ledit Roger par égales portions; et en outre»

lorsque quelqu'un ou quelqu'une de la paroisse dudit Roger aura choisi sa sépulture dans ledit hôpital, ledit Roger doit le premier choisir et prendre deux chandelles de suif des plus belles et deux chandelles de cire des meilleures si elles y sont, et d'après ces premiers choix, tout ce qui restera desdites chandelles, soit de suif ou de cire sera apporté avec le corps audit hôpital, et l'office étant fini, tout ce qui restera du luminaire sera partagé par égales portions entre ledit Roger et ledit prieur; et quand au droit d'ordonner ou de permettre de sonner la cloche, nous avons du consentement commun desdites parties statué et ordonné que ceux-là jouiront de ce droit à l'avenir et de même qu'ils en ont joui et jouissent encore à présent; et ledit Roger s'est engagé, dans le cas toutefois oti ledit abbé et couvent ne tiendroit ledit différent pour terminer (é), à payer dix livres (tournois) audit prieur à titre de dédommagement. Et pour que le tout demeure pour terminé et accordé du consentement des deux parties. Nous avons fait apposer au présent écrit notre sceau et celui de l'abbé. Ce qui fut fait et arrêté Pan de notre seigneur mil deux cent vingts le septième jour du mois daoust.

APPENDIŒS

Aux Remarques et Additions ^e Dom Bodin, et au Recueil de Chartes et de pièces diverses comprises sous le nom de Drincx>urt ou Neufchatel, il est à propos de joindre ici, sous le nom d'Appendicj^s, plusieurs autres documents destinés à expliquer, compléter ou rectifier des passages de P Histoire de Dom Bodin, trop somfnaires^ obscurs ou erronés,

G>MPOsiTiON DU Bailliage de Neufchatel, au zviii^ siècle*

(Se rapporte à la page 5.)

<c L'étendue et l'ancien ressort du bailliage de Neufchatel consiste en i yS paroisses, compris les villes et bourgs.

c De ces paroisses, dix-neuf seulement, compris la ville de Neufchatel, sont immédiatement justiciables, dans tous les cas, dudit bailliage; il en est même quelques-unes qui ne le sont qu'en partie.

c Les autres sont dépendantes de diverses hautes justices, tant d'ancienne que de nouvelle création.

« Les hautes justices d'ancienne création sont au nombre de dix, savoir : Aumale, Gaillefontaine, Goumay, La Ferté, La Rosière, La Prébende, Londinières, Ville-Dieu, Fourcigny et Grandpré.

c Les hautes justices de nouvelle création, au nombre de six, sont : Mortemer, Gravai, Bully, Canchy, Fresles et Dancourt.

M Le bailliage de Neufchatel connaît les cas royaux, les affaires décimales et bénéfîciales, dans toute l'étendue de ces hautes justices, tant anciennes que nouvelles.

c II connaî^ aussi par appel des jugements rendus par les baillis haut-juaticiers de Ville-Dieu, Fourcigny et Grandpré, même par

ceux des six hautes justices dernières nommées et qui sont de nouvelle création.

«( Ce bailliage est composé d'un lieutenant général qui réunit sur sa tête la charge de lieutenant général ancien et celle de lieutenant général alternati£

« D'un lieutenant général de poHce, qui est officier honoraire au bailliage et y prend séance en cette qualité, immédiatement après le lieutenant général.

« D'un lieutenant particulier qui possède en même temps l'office de commissaire-enquesteur.

€ On prétend que l'office de lieutenant particulier^ qui a été créé par édit du mois de décembre i635, est dans le cas de suppression ordonné par Tédit de décembre i663.

« D'un lieutenant criminel ayant voix délibérative au bailliage

€ De deux conseilkrs^assesseurs, dont les charges sont aux parties casuelles, et qui depuis près de 5o ans n'ont point été relevées.

« De deux avocats du Roi, dont un est en charge et l'autre aux parties casuelles, aussi depuis longtemps.

« D'un Procureur du Roi en charge.

« De trois offices de greffier : un ancien, un alternatif, et l'autre triennal.

t L'ancien et l'alternatif sont actuellement réunis sur la tête du greffier actuel, et il tient à bail le triennal.

« Et enfin de six procureurs postulants, dont cinq sont en charge.

f Par le relevé des affaires qui se sont portées aux audiences, pendant trois années consécutives, il paraît qu'on y en appelle annuellement et communément aux environs de deux cents, dont il s'en expédie et juge définitivement les deux tiers, sans préjudice d'autres expéditions, telles que : tutelles, émancipations, etc. »

Archives de la Seine- Inférieure et de l'Intendance.

LETTRE DE SAINT VINCENT DE PAUL, DONT l'oRIGINAL EST A ROUEN, RUE SAINT-NICOLAS, 24.

(Se rapporte à la page i a.)

Copie de la lettre de saint Vincent de Paul à Monsieur HorchoUe, curé de Neufchâtel (Seine-Inférieure), offerte par M. Alexandre Bance à la société de Saint-Vincent de Paul (con^ férence de Notre-Dame), le lo septembre 1876.

« De Paris le 28 juin i65o.

« Monsieur^

€ La grâce de Notre Seigneur soit auec vous pour jamais. Je suis un peu tardif en mes réponces, mais je ne Tay pas été à tâcher de vous seruir au sujet de la cure, pour laquelle vous m'auez écrit. Je me suis adressé pour cela à vne personne qui est grandement assidue à Mgr de Saint Malo et auquel elle en a parlé ; mais ce bon Prélat tient la chose irrésolue, et ce mien amy m'est venu dire qu'il croit qu'il se soit engagé à vn autre ; que néanmoins il tiendra la main a ce qu'il vous préfère, si tant est que le bénéfice vaque. Il y a bien des jours de cela, et comme vous ne m'auez point mandé la mort de M. le quré, j'estime qu'elle n'est pas arriuée et qu'il faut attendre quelqu'autre occasion. Je receuray toujours auec joye celles que j'auiay de vous seruir, étant comme je suis en lamour de Notre Seigneur de vous et de mademoiselle votre mère que je salue très humblement,

c Monteur

Très humble et très obéissant serviteur, Vincent de Paul'.

Prb. I. D. * M

Au dos : Monsieur HorchoUe curé de Neufchâtel ^ à Neufchâtel

( La signature seule est de sa main.

Un membre de la famille HorchoUe sera attaché, au xyiii® siècle, à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Normandie. On voit, en effet, dans VAlmanach de Normandie^ de 1768, parmi les procureurs de cette Cour : t HorchoUe, procureursyndic, rue du Panneret. » Il eut un fils qui prit place dans la même Cour, parmi les gens du roi, en qualité d'adjoint au secrétaire du parquet, t 1787 — M. HorchoUe fils, secrétaire de M. le procureur général et adjudant du secrétaire du par*quet, rue du Panneret n® 47. » Almanach de Normandie pour 1789, p. 144.

Le père a laissé un Journal de la Révolution à Rouen^ commençant au II mars 1786 et finissant au 26 décembre 1801, resté manuscrit, dont la Bibliothèque publique de cette ville vient d'acquérir un exemplaire, à la vente de M. Alfred Baudry, par le prix de 355 fr.

M. l'abbé Loth en possède un autre exemplaire, où nous relevons ce détail, relatif à Fauteur du Journal :

iq du dit. « Oh a ordonné un nouveau dénombrement

(octobre 1797) en conséquence, deux citoyens sont venus

. . M-^. chez moy: je leur ay déclaré mes nom, sur-

' domiciliaires * .V c ^ , .

nom, âgé de 77 ans, et veuf, logé au second

étage, et que mon fils, Marie- Antoine, célibataire, âgé de 26 ans demeure avec moy. Ils n'ont pris le nom des femmes. »

Douzième Cahier.

PRÉLÈVEMENT SUR LES IMPOSITIONS ACCORDÉ PAR PHILIPPE-AUGUSTE POUR LA RÉPARATION DES FORTIFICATIONS DE NBUFCHATEL.

(Se rapporte à la page 35.)

K Le Roi autorise les habitants de Neufchâtel à prélever sur l'imposition des 4 deniers pour livre une somme de 200 liv. p. (arisis) applicable à la réfection des fortifications de leur ville. — 4 octobre 1346.

€ Phelippe, par la grâce de Dieu Roys de France, au bailli de

Caux, ou à son lieutenant, salut. Comme nous, considérans les grands frais, mises et despens que nos amez les bourgeois et habitans de la ville de Neufchastel ont japieça fais et font de jour en jour et entendent à faire ou temps à venir pour renforcer la ditte ville de bonne muraille, guarites, arbalestres, barbacanes, portes, fossez et autres choses, nécessaires à renforcement de la ditte ville, pour résister à nos annemis efiforciément et garder notre honneur et de la couronne de France, et aussi pour eulx garder et leurs biens et de toute la chastellerie et ressort, se mestiers estoit, lesquelles forteresses sont moult deceues, lonc temps a, par le defifaut de nos officiers qui pour le temps ont esté, ne ne le pourroient refaire se ne nous leur faisions sur ce aucune aide, aus dis habitans avons donné et octroyé, donnons et octroyons par ces présentes, de grâce espécial, deux cens livres parisis à prendre et recevoir par leurs mains de et sur nos fermiers de l'imposicion de quatre deniers pour livre de la dite ville, en rabat amenuissement de ce que ils nous doivent de temps passé ; ou qu'i nous devront du temps à venir à cause de la dite imposicion : nous te mandons que les dites deux cenz livres parisis tu faces paier aus dis habitans ou à leur certain commandement par noz dis fermiers... Donné au Moncel lez (Pont Sainte Maxence), le IlIIe jour d'octobre. Tan de grâce mil CGC xLvi, sous nostre scel de secret. »

Copie du 9 octobre 1 346.

Actes Normands de la Chambre des Comptes sous Philippe le Valois (i328-i35o), publiés, pour la première fois, par Léopold Delisle, 1871, dans la collection de la Société de l'Histoir'b de Normandie, p. 345-346.

CHRONOLOGIE DES FAITS DE GUERRE, DONT NEUFCHATEL ET LES ENVIRONS FURENT LE THÉÂTRE, AVANT LA BATAILLÇ d'ARQUES,

EN i58q.

(Se rapporte aux pages 88-110.)

Au milieu de ces prises et reprises des mêmes villes par les deux partis, il est assez difficile de préciser les dates de c^s faits

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de guerre, qui varient chez les auteurs^ parce qu'ils ne distinguent pas assez nettement ceux qui sont antérieurs ou postérieurs à la bataille d'Arqués, le 21 septembre iSSg.

La chronologie suivante nous paraît la mieux établie, et la plus propre à éclairer le contenu du texte de dom Bodin.

t Henri parut le 6 septembre iSSq, sous les murs de Neufchatel et Pcmporta de vive force, en présence des milices d*Abbcville et d'Amiens, qui perdirent sept cents hommes. La ville d'Eu se rendit, fut taxée à la somme de cinq mille écus, dont M. Creton devint répondant avec quelques autres bourgeois. Le roi établit pour gouverneur M . de Senarpont, . avec quelque peu de garnison. Cependant les ligueurs reprirent le château de Rambures sur M. de Basqueville, et le i3 septembre, le duc de Mayenne, qui venait de reprendre Gamaches, se présenta avec des canons devant Eu » : les royalistes n'eurent la vie sauve qu'à condition qu'ils sortissent incontinent. Ije chef des ligueurs ayant réuni toute son armée, qui arrivait par Abbeville, partit le i5 pour aller présenter la bataille au roi. Il fut vaincu à Arques et obligé de se retirer dans la Picardie. Henri IV le poursuivit jusqu'à Gamaches où quelques pièces d'artillerie, placées fort à propos, sauvèrent Mayenne; toutefois, M. de Ne vers enleva Saint- Valéry et le roi reprit Neufchâtel, Gamaches et Eu. » La Ville d'Eu, par Désiré Le Beuf, p. 355.

MARCHES ET OPÉRATIONS MILITAIRES DE HENRI IV ET DU DUC DE PARME, APRÈS LA PRISE DE NEUFCHATEL,. EN l592.

(Se rapporte aux pages 1 08-110.)

« Durant ces jours-là (les dix jours que les chefs de la Ligue restèrent à Neufchâtel), se donnèrent de part et d'autre plusieurs assauts de réputation; pource que le Roy, depuis qu'il fut entièrement guery de sa blesseure, ne laissa jamais reposer Tennemy

I Laprinse et reddition de la ville d'Eu, située près la ville de Dieppe par le duc de Mayenne ^ avec portrait, Paris, rSSg (Bibliothèque Royale);

sans défiaRce^ ny sans danger mesme. Le succez neantmoins en estoit presque pareil, sans qu'en toutes les rencontres de la cavalerie, où le nombre de la Noblesse se trouvoit esgal de part ei d'autre, il y eut inégalité de progrez, qui se faisoient avec une courageuse resolution, suivie de plusieurs hardis efforts, et d'une prompte résistance. Ce fut alors que le Roy s^estant advancé sur une colline scituée à main droite, du costé du grand chemin, par où filoient toutes les troupes de l'armée ennemie; sur le point que Montigay s'en alloit prendre son logement, voulut que luyHsaesme, avec une compagnie dechevaux-legers, et Praslin avec une autre de cuirassiers, assaillissent à l'improviste le quartier du duc d'Aumale, qui mcnoit l'arrière-garde. Mais après une légère escarmouche, comme ils se voulurent retirer, ayant esté chargez tout a coup par le sieur de Rosne et par le comte de Chal^ny, ils se virent eagSLg^z à un rude combat, qui se donna en la plaine k plus proche. » Histoire des Guerres civiles de France, par M, C Davila, Delà traduction de L. Baudoin, lôSg, II, Hv. 12, p. 262.

Ici Davila raconte Fescarmouche qui eut lieu le 17 février 1 592, en avant de Bures, entre les troupes de Henri IV et celles de la Ligue, et qui se termina par la prise du comte de Chaligny. Mais à son récit, nous préférons celui du roi lui-même. « Je montay, dit-il, à cheval hier matin avec quinze cens chevaulx françois, et six cens harquebusiers tant à cheval que à pied, en intention d'aller lever le logis de Bure, où estoient logez le duc de Guise et La Chastre, avec onze cornettes de cavallerie et cinq regimens de gens de pied. Cette mienne deslibération cuida estre interrompue par la rencontre que soixante chevaulx que j 'a vois jectez devant moy, et quelques harquebusiers feirent de cent chevaulx enncmys, conduits par le comte de Chaligny, à un^ lieue et demie du logis du dict duc de Guise ; mais ils furent chargez si resoluement, que soixante demeurèrent morts sur la place, ou prisonniers : entre autres le dict comte de Chaligny, prisonnier et fort blessé. Le reste fut poursuivi jusqu'à leur village, auquel ils portèrent l'alarme ; et demourèrent les nostres fermes» une grande demye heure, attendans mes troupes qui ne pottvoknt encore estre arrivées. »

Après cette affaire d'avant-garde, vient Tafiaire principale, le combat de Bures^ dont Davila n'a point parlé, ni même écrit le nom dans son histoire, et que Henri IV raconte en ces termes : « Cependant ils donnèrent loisir a leur cavallerie de monter à cheval et à leurs gens de pied de se barricader et de border sur les advenues les hayes de leurs harquebusiers. Trois cens chevaulx ennemis sortirent, et combien que le nombre fust plus grand que celui des miens, et du tout inégal, toutesfois, environ les deux heures après midy, aussitost que je descouvris mes dictes troupes sur un hault, là auprès, marchans au grand trot, et le peu d'asseuraace que je reconnus aux dicts ennemys, je les feis charger sy à propos, Dieu mercy, que ce petit nombre les ramena battans, leurfcit passer leur village (Bures), et les nôtres en demeurèrent maîstres plus d'une heure. Il y fut tué près de trois à quatre cens hommes, tant de cheval que de pied, quatre cens chevaulx buttinez, leur bagage, vaisselle d'argent et habillemens, jusques k la valeur de plus de cinquante mille escuz, et la cornette du duc de Guise, qui estoit allé ce matîn-là au quartier du duc de Parme. S'ils montrèrçnt peu de courage à dépendre et garder leur logis, ils n'en eurent pas davantage ni plus d'asseurance à faire quelque chose de mieux sur notre retraicte ; car jamais ils ne sortirent pour nous suivre, combien que ce fust à la teste de leur armée, ains nous laissèrent paisibles possesseurs de leurs prisonniers et de leurs despouilles. » Lettres missives de Henri IV.

Cette lettre, 4 Escripte au camp de Buchy, ce xxiij® febvrier 1592, » se terminait par l'annonce d'un autre fait de guerre, arrivé le même jour, à peu de distance de là. c Mon cousin le duc de Nivernois, qui estoit à ma main droicte, à une lieue de Bure, donna dans un aultre village, auquel estoit logé le régiment de Barbette, dont il en fut tué soixante sur place ; et douze chevaulx qui se retiroient les derniers de la trouppe de mon dict cousin en rencontrèrent seize des ennemys qu'ils chargèrent. Quatre furent tués sur la place, le maistre de camp de Cluseaulx et quatre autres pris prisonniers, et le reste mis à vau de route. »

Le village, à la droite de Henri IV, et qu'il ne nomme pas, est.

Bully, situé dans la vallée de Bray, de l'autre côté de la Béthune, à 6 kilom. S.-E. de Bures, au pied des collines Élisant hce à celles qui le dominent lui-même. C'est là que le duc de Nevers s'était rendu, afin d'en partir pour tenter le passage de la Béthune, se placer entre Bures et Neufchâtel, et tailler en pièces les fuyards du duc de Guise, t Au grand déplaisir de Sully, le roi avait ordonné que les soixante chevaux qu'il lui avait baillés à mener pour cette exécution seraient de la troupe de M. de Nevers, lequel par sa lenteur et improvidence ne fit rien du tout, voire faillit à se perdre luy-mesme », ainsi que le dit Sully, qui entre dans de longs détails sur cette partie de l'attaque de Bures.

Voici la dernière partie de son récit, que, « suivant sa méthode, » il se fait raconter par l'un de ses secrétaires, bien qu'il eût été lui-même acteur dans cette diversion, qui devait compléter le succès de Henri IV.

c M. de Nevers donc, ayant marché toute la nuict suivant l'ordre cy-devant dit, estant dans son carrosse, un mancheron à la main, dont il se bouchoit le nez et la bouche, vous arrivastes à soleil levé sur le haut de la montagne, au pied de laquelle est situé Bully ; ses premiers coureurs marchans tousjours devant, comme nous ayons dit, se trouvèrent à l'entrée du bourg, sans avoir pris ny donné allarme, jusques à ce qu'ils furent entrez dedans, et virent près de la porte un corps de garde fort bien garny de piques, corcelets, harquebuses et mousquets, et plusieurs soldats ayans mine d'estrangers qui estoient rengés à l'entour d'un feu, de quoy les uns ne furent pas moins estonnez que les autres, tellement que ces soldats voyans ces escharpes blanches coururent aux armes et aux portes qu'ils fermèrent ; sur quoi vos gens ne pouvans ressortir par la porte qu'ils estoient entrez, traversèrent le bourg en diligence et sortirent par la porte opposée, les pistolets à la main, avant que les chefs de cette infanterie eussent pu donner aucun ordre pour les en empêcher. Pendant cet embarras, M. de Nevers et tous vous autres, messieurs, estiez arrivez sur le haut de la montagne ', croyans

I M. Fourcin croit que c'est a le Mont-Hemel. » Recueil statistique sur Bully, p. 144.

certainement que vos coureurs seroient passez sans difficulté ny rencontre, puisque vous n'en aviez autres nouvelles, et que vous feriez le semblable.

€ Aussi desjà M. de Nevers, en son carrosse, s'estoit enfourné dans le chemin de la descente qui estoit fort creux, fort estrott et fort en toumiollant pour estre rendu moins roide, lorsqu'il entendit tirer quelques mousquetades, lesquelles alloient tou&jours en augmentant, et qu'il vit revenir à luy ses seconds coureurs, espars par la montagne, lesquels cryoient qu'il eust à se retirer promptement^ d'autant qu'il y avoit grand nombre d'ennemis logez dedans ce bourg qui en sortoient à puissance et tiroient en furie ; sur lequel avis il y eut bien à crier des fois diantre^ appellant de ses gens pour le venir tirer du carrosse, desteller ses chevaux et les attacher au derrière pour le retirer à mont ; ce qui fut feit avec beaucoup de peine, et neantmoins sans aucune perte de part ny d'autre, vous estans tous retirez sur vostre piste, et allez loger à un bourg i que vous aviez passé la nuict à une lieuë de là, où vous eustes nouvelle du bel exploit que le Roy avoit fait dans le quartier de M. de Guyse, où il fut rendu peu de combat ^, la cavalerie n'ayant quasi songé qu'à fuyr, sauver le moule du pourpoint, et laisser la cornette verte, et le bagage pour les gages. > ^Economies â^ Estât y etc., ou Mé-moires de Sully, ch. XXXIV.

Davila nous donne la suite de l'afifaire de Bures, que l'armée royale dut abandonner, puisque l'armée de la Ligue marcha en avant, dans la direction de Rouen en traversant la vallée de la Béthune et la forêt d'Eawy.

« Le jour suivant, dit-il (le i8 février), sur le point que l'armée de la Ligue délogeoit, le baron de Biron assaillit dans la plaine les premières files, commandées par les sieurs de Vitry et de la Chastre. L'on commençoit desià de part et d'autre de s'échauffer bien avant dans l'escarmouche, quand le Baron voyant venir de ce mesme costé l'armée ennemie, qui marchoit en

1 « Ce bourg nous paraît être celui de Saint-Saens. » M. Fourcin, Ibid.

2 L'affaire fut, au contraire^ chaude et sanglante, d'après Henri IV. Voir plus haut, p. 172. Aurait-il exagéré les faits ?

Digiti^ed by VjOOQ IC

ordonnance de bataille, s'advisa pour le mieux de 3e tenir dans les prochaines collines, qui pour estre couvertes d'arbres donnoient moyen au Roy de fatiguer les ennemis avec son camp volant, et mesme de s'en servir au besoin, comme d'un lieu de retraite. Toutes ces escarmouches, et ces dangereux combats, qui ne cessoient ny de jour ny de nuit, étoient cause que le duc de Parme, marchant toujours avec son armée en ordre^ ne fàboit que fort peu de chemin, et qu'il ne partoit jamais qu'en plein jour, après avoir bien reconnu le pays, outre qu'en ses logements il estoit toujours soigneux d'avoir ce qu'il luy falloit de temps pour fortifier son camp, et faire de bons retranchemens. Mais il estoit desià proche de Rouen, et il luy feUoit de nécessité prendre un expédient, touchant le moyen de secourir la place, ou d'en faire lever le siège. >

Palma Cayet nous renseigne sur le point extrême de cette marche de l'armée de la Ligue, au sortir de Neufchâtel et de Bures. € Depuis ceste reddition de la ville et chasteau de Neuf* Chastel les ducs s'advancèrent jusques à sept lieues près de Rouen... Ils firent courir divers bruits, tantost d'assiéger Diepe pour faire divertir celuy (le siège) de Rouen : ils allèrent mesmes loger à Bomervilîe. >

Il n'y a point de commune de ce nom-là dans l'arrondissement de Dieppe. Gomerville^ dans l'arrondissement du Havre, est celui qui s'en rapproche le plus. Nous penchons plutôt pour Gonneville^ mal lu par l'éditeur et qui se trouve au nord de Tôtes, sur la droite de la route de Rouen à Dieppe, et à la distance dont parle Palma Cayet dans sa Chronologie novenaire,

Davila poursuit le récit de la marche de Henri IV, en ces termes :

€ Le Roy avec la pluspart de la cavalerie s'en estoit allé à my-chemin de Dieppe, sur la main droite, et vers le pays de Caux, pour faire battre l'estrade, et embarrasser le passage par où l'armée de la Ligue devoit marcher : et d'autant qu'il se trouvoit esloigné de Rouen de cinq ou six lieues, usant de sa précaution ordinaire, il avoit disposé ses quartiers en divers lieux séparez, et proches les uns des autres. Le baron de Biron estoit à Diepe, et aux environs d'Arqués, avecque le reste de la

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cavalerie, pour fermer le passage à l'armée de la Ligue, et hïre des courses, pour empescher par derrière le convoy des vivres ; sans qu'on eût laissé à Roiien que la seule in&nterie commandée par le maréchal de Biron. Les choses estant ainsi disposées, le duc de Parme se résolut de partir, aprez midy, du lieu où il avoit pris logement. Son intention estoit de prendre à main gauche le chemin du Pont de TArche ; de feire le tour de la forest de Bellancomble, puis de tourner à main droite; de marcher toute la nuit ; d'arriver au point du jour à Fimproviste à Rouen, et d'assaillir tout d'un temps les postes de l'infenterie du maréchal de Biron. »

Le duc de Parme, en quittant Gonneville, voulait donc, en traversant la partie de la forêt d'Eawy, qu'on appelait alors forêt de Bellencombre, regagner la grande route de Dieppe à Paris, qui passait par les Hayons, Forges et Gournay, longer toute la forêt d'Eawy par Ardouval, Pommerval, BuUy, et arrivé à l'extrémité de la forêt, se rabattre sur Maucomble et se rendre à Rouen par la route de Neufchâtel. Ce long détour lui était imposé par Fabsence d'une route de Bellencombre à Saint- Saens, dans la vallée de la Varenne, route qui n'existera pas encore au xvin« siècle.

c Comme il eut donc formé ^e dessein, âvorisé par le temps qui estoit assez beau pour la saison, il se mit tout à coup en campagne, le vingt-sixième de février, et prit à main gauche la route de Bellencombre... Ainsi avec le mesme ordre qu'ils avoient tenu, ils changèrent la face de l'armée, et retournèrent à leur premier logement. »

Dans cette retraite, la route qui se trouvait sur sa gauche, en partant de Gonneville, était celle du Castelier à Bellencombre, et ce départ eut lieu, le jour même où les Rouennais firent une sortie victorieuse contre la partie de l'armée de Henri IV assiégeant Rouen, depuis trois mois et demi.

« Le gouverneur envoya tout aussi tost au duc de Mayenne, à travers les bois, le sieur de Franqueville, pour Fadvertir de cette victoire ; et Fasseurer, par même moyen, qu'il ne felloit pas que pour secourir la ville il précipitât aucunement les affaires, pource qu'en Festat où il avoit réduit Fennemy, il ne croyoit pas qu'il

luy pust nuire de plusieurs jours. Cet advis estant venu le soir . du vingt-sixième, Ton fit &ire alte à l'armée, comme elle continuoit sa route ; et les capitaines tindrent conseil entre eux. »

Davila parle du € soir du vingt*sixième jour » de février 1592, parce qu'il croit que la sortie « est du vingt-cinquième. » Mais Palma Cayet dit plus justement : « Sur leur irrésolution, le 27 février, ils receurent la nouvelle de la sortie que ceux de Rouen avoient&itte,... la plus mémorable qui se soit faicte durant ces dernières guerres. » Le duc de Parme traversa donc la forêt d'Eawy, rentra dans la vallée de la Béthune, regagna Bures et Neufchâtel et les lieux circdnvoisins/et le résultat de la délibération fut celui-ci :

c Le duc de Parme voulut suivre Tadvis des François ; et après avoir envoyé à Rotien huit, cens wallons du régiment du comte de Bossu, et du sr la Berloue > gentilhomme lorrain, lesquels arrivez de nuit y entrèrent sans difficulté (le dimanche 8 mars); il partit avec le reste de l'armée ; passa la rivière de Somme, et s'esloignant le plus qu'il pust, s'en alla mettre le siège à S. Esprit de Rué, place extrêmement forte, scituée vers cette frontière là. »

Histoire des guerres civiles de France par M. C. Davila, De la traduction de J. Baudoin, 1657, t. II, passim, pages 262-267.

MEMBRES DC LA FAMILLE DES LESTEKDART, SEIGNEURS DE BULLV, ET GOUVERNEURS.de NEUFCHATEL, AUX XVII* ET XVIII® SIÈCLES.

(Se rapporte aux pages 118*119.)

« Vers le milieu du xv^ siècle, Pierre de Lestendart, chevalier^ seigneur de Hanches, étant veuf de Mad'^^ de Maintenon, épousa Jeanne Filleul, dame d'honneur de la reine ; dame de Bully, près Neufchâtel; en Normandie, qui lui apporta en dot sa seigneurie de Bully. C'est ce mariage qui fit passer cette propriété dans la famille Lestendart dans laquelle elle resta pendant près de 3oo ans...

I Celui qui était dans Bully, et que Henri IV appelle « Barbette. » Voir plus haut, 172.

« Il eut de ce dernier ];nariage plusieurs ^fants, dont l*aï^é, Jean, fat seigneur de Bi^ly*

< Jean de Lest^iuiart, chevalier^ baron d'Ouitlé, fils aine de Pierre de Lestandart et de Jeanne Filleul, devint seigneur de BuUy après la mort de sa mère. Ce fut lui qui, en 1490, obtint du Roy Tautorisation d*établir à Bully deux foires chaque année et un marché le mercredi de chaque semaine...

c Jean de L^stendart épousa d'abord Renée Le Sec de la Cres<sonnière, dont la famille portait i D'argent à un ckévton àcconï^ pagné de trois annelets de gueules^ et se remaria, le 3o juin i5i3) avec Marie de La Haie d'Hc^ot (ou d'Hectot).

m De ses alliances, Jean de Lestandart eut six enfans, qui furent Guy, etc..

€ Guy de Lestandart, fils aîné de Jean et de Marie de la Haie d'Hotot, hérita de la terre et seigneurie de Bully. Il épousa, le 3o janvier 1 540, Catherine Poiret, fille de messire Jacques Poîret, chevalier^ seigneur de TaiUebois et de Jacques de Fiennes, dont il eut plusieurs enfants, entre autres, Louis.».

€ Louis de Lestandart, écuyer, sieur et baron de Bully, fut marié en premières noces à Louise d'Humières, fille d'Adrien d'HumièreSy seigneur de Vittermont et de Jeanne d'Aillj...

€ Louis de Lestandart, devenu veuf de Louise d'Humières, se remaria en 1 Syo avec Marguerite Leroux, dame d'Angerville, fille de Guillaume Leroux et de Nicole de Vieuxpont, qui lui apporta en dot la terre d'Angerville-la-Martel...

€ De cette union naquit Anne de Lestandart, héritier de la seigneurie de Bully* ..

« En 1577, le seigneur de Bully (Loys de Lestandart) fut député par la noblesse delà vicomte de Neufchâtel à l'assemblée des Etats qui s*est tenue à Rouen, le 1 5 novembre de cette aûnée, pour la rédaction des coutumes de Normandie (Coutumes de Bérault]. Ce seigneur est le premier que nous trouvons qualifié du titré de baron de Bully... '

€ Messiré Anne de Lestandart, fils de Louis et de Marguerite Leroux d'Angerville, héritier de la terre de Bully, était qualifié de : chevalier de Tordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, gouverneur pour sa Majesté de la ville de Neufchâtel,

baron de Bully, seigneur et châtelain d'Angervillê-la-Martel, Vibeuf-en-Caux, Saint-Martin-rHortier, Romesnil et autres lieux...

€ Les seigneurs de Bully furent chargés par nos rois du gouvernement de la ville de Neufchâtel, et cette charge étant devenue comme héréditaire resta dans cette maison jusqu'à la révolution. Le premier qui en fut pourvu est Anne de Lestandart, seigneur et baron de Bully, nommé par brevet du Roi en 1620, lequel succéda à François Martel des Fontaines, ainsi nommé à cause de sa seigneurie de Fontaines ».

« Messire Anne de Lestandart était fils de Louis et de Marguerite Leroux d'Angerville, héritier de la terre de Bully.

€ Différents membres de la famille de Lestandart se sont alliés à dlllustres familles. Anne, dont nous parlons» épousa, le 18 février 1602, Catherine de Créqui, 4* enfant de Messire Claude de Créqui, dit le Jeune, chevalier, seigneur du Haimont, etc., et de dame Anne de Bourbon-Vendôme, qui tirait son origine des princes du sang. La famille de Créqui portait : lïor au aréquier de gueules.

€ Anne de Lestandart eut de Catherine de Créqui six enfants, qui furent baptisés à Bully, savoir :

€ Jean de Lestandart, né probablement vers la fin de l'année i6o5, baptisé le i^ janvier 1606...

€ Jean de Lestandart, fils aîné d'Anne de Lestandart et ^e Catherine de Créqui, héritier de la baronnie de Bully, ne dégénéra pas non plus des grandes alliances de ses ancêtres. Il épousa à Paris, le i5 mars i636, dame Anne Elisabeth Lucresse de Monceaux, fille du seigneur d'Auxi, de Villers-Hodenc, chevalier, successivement gouverneur de la ville de Beauvais et de la ville et citadelle de Dieppe, et de dame Jourdaine de Pellevé et alliée très proche de MM. les maréchaux dô Vitry et de l'Hôpital. La femille de Monceaux portait : Echiqueté S or et de gueules,,,

€ Jean de Lestandart, chevalier, baron de Bully, conseiller du

I M. Fourcin met ici, en note : « Histoire manuscrite de Neufchâtel. » Il vise le passage de Dom Bodin, qui s^est mépris sur le prénom. Voir plus haut, p. 118, et ci-après, p. 182.

Roy en tous ses conseib, maréchal de camp, gouverneur de la ville de Neufchâtely était aussi seigneur de Villers-Hodenc, Troussures et Mouchy-lès-Couleuvres, à cause de sa femme Lucresse de Monceaux, propriétaire des dites terres. Ce fut en sa feveur que le plein fief de Bully fut érigé en marquisat, pour lui et ses descendants mâles et femelles par ligne directe et collatérale, par lettres patentes accordées par le Roi au mois d'octobre

c Ils (Jean de Lestandart et Lucresse de Monceaux) eurent de leur mariage un fils baptisé à Bully, le 19 août 1640, nommé Jeaa-Louis de Lestandart, par messire Jean-Louis Davy de Monceaux et par puissante dame Louise de Torcy, épouse de M. le baron de Lannoy, gouverneur de la ville d'Eu...

c Jean-Louis de Lestandart, fils de Jean et de Lucresse de Monceaux, suivit comme son père la carrière des armes et se distingua par son courage et sa vaillance en dififérentes occasions...

« Après la mort de son père, qui arriva vers 1680, il fut pourvu du gouvernement de la ville, et se rendit digne de cette charge par la justice et Téquité qu'il mit toujours dans ses jugements...

€ Messire Jean-Louis de Lestandart, chevalier, marquis de Bully, seigneur de Villers-Hodenc, Saint-Martin-FHortier, etc., était marié à dame Charlotte Chrétienne Tardieu de Malleyssye, et eut de ce mariage deux enÊints, savoir : Jean-Louis de Lestandart, né le 26 août 1672...

c M. le Marquis mourut dans les premiers jours d'août 1694 et fut inhumé le 5 de ce mois par M' le Doyen de Neufchâtel...

€ Son fils, Jean-Louis de Lestandart, lui succéda au gouvernement de la ville de Neufchâtel...

• Jean- Louis de Lestandart, le nouveau gouverneur dont parle Foraison funèbre précitée (d'un auteur inconnu), ne se distingua pas moins que ses ancêtres dans la carrière des armes. Il servait dans Tarmée dès l'âge de 19 ans, et gagna tous ses grades par des exploits successifs. En 1691, il fut nommé cornette de la compagnie des chevau-légers du duc de Berry ; en 1699, sous-lieutenant, puis capitaine des gens d'armes du même régiment, et en

1701, il fiit promu au grade de maréchal de camp de cavalerie, pourvu du gouvernement de la ville de Neufchâtel par la mort de son père, arrivée en 1694; il obtint en 1704 celui de Menin en Flandre, vacant par la mort de M. le marquis de Polastron.

« Il fut maintenu dans la charge de gouverneur de la ville de Neufchâtel, par un brevet par lui octroyé en 17 19, qu'un autre est venu confirmer »...

« Messire Jean-Louis de Lestandart, qualifié des titres de : chevalier, seigneur, haut-justicier, marquis de BuUy, Martincamp, Saint-Martin-l'Hortier, Richard-le-Hardy et autres terres et seigneuries, gouverneur en ses villes de Caudebçc et Neufchâtel, en Normandie, maître de camp de cavalerie, ci-devant sous-lieutenant, capitaine des gendarmes de Monseigneur le duc de Berry et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, avait épousé, au mois d'avril 1698, Marguerite de Monfort, veuve de Henri-Alexandre de Fautereau, seigneur de Mesnières. Devenu veuf, il se remaria, au mois d'avril 1737, avec Marie-Geneviève- Gabrielle-Nicole de Grouches, fille de Nicolas-Antoine de Grouches, marquis de Chépy, maréchal de camp des armées du Roi et inspecteur de cavalerie et de Geneviève Bigot. Il ne laissa pas d'enfants de ces deux mariages...

c Le dernier des Lestandart s'étant ruiné par des spéculations hasardeuses, la terre de BuUy avait été décrétée, et M"" de Maupeou, qui recherchait alors M"® de Roncherolles, s'en était rendu acquéreur...

€ M. dé Maupeou, devenu marquis de BuUy, s'intitulait : Très haut et très puissant seigneur, Monseigneur René-Nicolas- Charles-Augustin de Maupeou, chevalier, seigneur, haut-justicier, marquis et patron de Bully, Martincamp, Saint-Martin-l'Hortier, Rîchard-le-Hardy, seigneur, marquis de Roncherolles, Cuverville, la Roquette et autres lieux, chancelier, garde des sceaux de France, commandeur des ordres du Roi, gouverneur pour le Roi de la ville de Neufchâtel-en-Bray et conservateur des chasses et forêts de sa Majesté dépendant de la maîtrise d'Arqués. »

. I M. Fourcin met en note : « Histoire manuscrite de Neufchâtel, par Dom Bodin. » Voir plus haut, p. 179.

Recueil statistique et historique sur la commune de Buliy^ par M. Ch. Fourcin, dont le manuscrit est déposé aux Archives de la Seine-Inférieure.

Les Extraits ci-dessus sont empruntés au chapitre VII, paragraphes 7, 8 et 9, pages 332-406, passim.

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