‹ Histoire civile et militaire de Neufchâtel-en-Bray suivie de remarques: additions et cartulaireChapitre 4 sur 38 · VILLE DE NËUFCHATEL-EN-BRAY · texte numérisé non relu

VILLE DE NËUFCHATEL-EN-BRAY

Neufchàtel est une ville du pais de Bray 'situéeà huit ou neuf lieues de Rouen.

Cette ville est au Nord, dans une vallée riche et abondante en fruits, en grains et pâturages.

Un géographe moderne) a repris Thomas Corneille et Baudran4 de ce que Tun et Tautre placent cette ville,

' Le copiste de 1782 a complété ce titre en ajoutant : a Composée par Dom Robert Bodin, religieux Bernardin et procureur de la communauté deBeaubec,en lySS.» — L'orthographe de son texte n'est pas non plus celle de notre copie. Elle est plus vieille. Cela s'explique, parce que le premier copiste a suivi lé ms. de rySS, et que le nôtre a reproduit les changements introduits, plus tard, par Dom Bodin lui-même, dans son ms. — Notre texte ofire quelques légères modifications d'orthographe, d'accentuation et de ponctuation, au profit de la clarté.

a Voir Rbmarq.ues et Additions, I, p. 121.

? « Piganiol de la Force, Nouvelle description de la France, tome V, pages 112 et ii3 » (Edit. de 171 5.) — Addition marginale sur le manuscrit, où sont d'autres Notes, que nous mettrons partout entre guillemets, pour les distinguer des nôtres, avec l'indication de la provenance.

4 Le premier a fait le Dictionnaire universel, géographique et historique, etc., 3 vol. in-f», 1708, et l'abbé Michel- Antoine Baudrand, prieur de Rouvres et de Neufmarché, la Geographia ordine litterarum dispos ita, 1681-1G82, 2 vol. in-folio.

tantôt dans le païsde Caux^ tantôt dans le paîsde Bray. « Ce sont des fautes qui échappent souvent, dît-il, dans un ouvrage d^une aussy longue étendue que les leurs; » mais dans un ouvrage aussy peu étendu que le sien *, puisqu'il n'^entreprenoit que la description de la France seulle, devoîtil luy échapper de mettre une si grande différence entre le païs de Bray, et le pais de Caux ? L^^n est renfermé dans Tautre, comme la partie dans le tout; une ville du pays de Bray est donc une ville du pais de Caux, et il n'y a point de faute ny dans Baudran, ny dans Thomas Corneille >.

L^ancien nom de cette ville étoit Drincouri en latin Driencuria, ou Drincuria, quoiqu'on trouve aussy quelquefois, mais abusivement, Nicourt ou Lincourt, ou Druigourt ; Philippes Le Breton l'a nommée Driencuria ^ et je ne vois pas pourquoy M. de Vallois s'esi avisé de la mettre sur la Bresle ^, à cinq lieues de la ville d'Eu, à moins qu'au lieu de Driencuria il n'ait lu dans le poète Demtcuria. On trouve en effet sur la Bresle, à une lieuê d'Aumale, et dans le diocèse d'Amiens, le village de Demicouri.

Quoi qu'il en soit, le Neufchâtel étoit encore appelé, en i2o5, Le Neufchâtel de Drincourt î, mais alors le nom de Drincourt commençoit aussy à se perdre, et on disoit souvent le Neufchâtel tout simplement 6. On prétend que ce

I La Nouvelle Description de la France a cinq volumes in-12, dans Tédition de Paris, 171 5, et six volumes in-12, dans celle d'Amsterdam, 1719.

> Tout ce passage est textuellement emprunté à Dom Toussaint Duplessis. Description de la Haute-Normandie ^ I, 146 (1740).

î « Philippide, 1. VI, 98. n Note de T. Duplessis, ibid,

4 « Notitia Galliarum. Driancuria. » IJ., Jbid.

5 « Archives de l'Abbaye de Foucavmont. » Id., Ibid. — « Et iSçS, suivant les actes aux Archives de l'Abbaye de Beaubec, » — Addition marginale sur le ms. de D. Bodin.

6 « Archives de l'Abbaye de Fontaine-Guérard. »» Note de D.-T. Du-

n'*étoit, dans son origine, qu'une maison de bois à trois étages ». Henry l^\ Roy d'Angleterre, luy substitua, au commencement du douzième siècle', le nouveau château dont insensiblement la ville a tiré son nom, lequel a été rasé par ordre du Roy Henry IV en iSgS K

Cette ville ne forma d*abord qu'un simple bourg, auquel on donna le nom de Saint-Pierre, qui éioit la seuÙe église du lieu, et qui s'étendoit aussy dans la campagne : le prieuré de Sainte Radegonde, au hameau du Mesnil, y est encore compris aujourd'hui. Dans la suite il s'y est formé deux autres parroisses, sans compter celle de Thôpital Royal dont nous parlerons bientôt; Tune, sous le nom de Notre- Dame^ et Tautre, sous celuy de Saint-Jacques. Son enceinte s'est encore étendue jusque sur les deux parroisses voisines, savoir Quievrecourt et Saint-Vincent de Nogent-en-Bray. L'église de Saint-Pierre, qui fut dédiée le 6 aoust 1248. Odo Rigaut, archevesque de Rouen 4, avoit, dit-on î, anciennement haute, moyenne et basse justice, avec un bailliage vicomtal, dont les officiers étoient nommés et institués par

plessis. — En ^r un exemple dans une charte de iiSg citée plus loin : Drincourt ou Neufchatel, VI, p. 127.

1 « Ceci ne doit s*entendre que du château après la ruine des fortifications en xSgS. » Addition marginale du ms. — Voir, plus loin, dans les Remarques et Additions, V. 126.

a « Thomas Walsingh. Ypodigm. Neustr., ad. an. 11 35. » Note de T. Duplessis, ibid, T. I, 146.

î « Mém, de Neuf-Chat, » Id., Ibid. — Nous pensons que cette indication de D. Toussaint Duplessis S3 rapporte au Mémoire de Mitott, que le Bénédictin eut à sa disposition.

4 Ce petit détail est ajouté au texte de Duplessis, ainsi que ceci : , ce Nota que Eudes Rigaut fut celui qui donna la cloche de la cathédrale

de Rouen que Ton appelle Id Rigaut et fonda du vin à boire par les sonneurs, d*où vient le proverbe dans le pays : Boire à tire la Rigaut^ pour dire : « Boire à son plaisir. » — Addition marginale.

5 « Mémoires de Neuf-Chat. » Note de T. Duplessis, Ibid, 147.

k cnré : cda ne sabsiste plus et Ton ignore ce qui t donné liea à ce cbangement. Li puroissc de Notre-Dame est derenoé la première de la TÎUe; c'est là qae Ton chante les Te Dewm^ et qae se tiennent loattes les cérémonies paniques; la nef de cène église n*a été construite que vers le milien du seizième siècle, en i558 '.

Celle de Saint-Jacques fut ruinée en iSgi, par le gouverneur de la ville nommé Palcheul, ou, selon d^autres, Porcheux, huguenot, par la seule raison qu^elle commandoitau château ^.

Neuichâtel a eu des seigneurs particuliers de la première et de la plus haute noblesse, avant que de rentrer dans le domaine de la couronne ^ Hugues de Neufchâtel étoit beaufrère de Valeran, comte de Meulan, il entraîna avec luy ses autres beaux-fireres Hugues de Montfort et Guillaume Loovel et plusieurs autres seigneurs dans la Ligue que fit, en 1 123, Amaury de Montfort, comte d^'Evreuz, pour rétablir Guillaume, hls du duc Robert Courteheuse, c'^est-à-dire courte botte, dans la possession de la Normandie injustement usurpée par Henry I*% Roy d'Angleterre 4. Depuis que cène ville est retournée au domaine, elle a été donnée en douaire, en i35i, à la reine Blanche de Navarre, seconde femme de Philippe VI le Valois, et Catherine de France, femme de Henry V, roi d'Angleterre k Philippe-Aiiguste l'avoit annexée à la vicomte d'Arqués; la mesure d^ Arques y est encore aujourd'huy en usage : mais elle en a enfin été

1 Voir la fin de la V* Remarque, aux Remarques et Additions, p. 1 27.

2 Voir plus loin, Remarques et Additions, XIV, p. iSg.

? « Mémoires de Neuf-Chat. » T. Duplessis, Ibid, t. 1, 147.

4 « En 1 124, il est dit : Note, page 14 de Y Histoire de r Abbaye de

Sainte-^atherine près Rouen : Isembert, abbé Ur, en io3o, acquit vers le Neufchâtel la moitié de Nogent et Drincourt qu*il achète d'un gentilhomme lîommé Hilton. » Addition marginale. J Voyez Remarques et Additions, VIII, p. i3o.

détachée, et nos Rois y ont érigé un bailliage > subordonné au grand baillif de Caux, une vicomte > et un siège de police, une Election sous la généralité de Rouen, un grenier à sel de vente volontaire, et une Maîtrise des eaux et forêts, qui luy est commune avec la ville d^ Arques; cette Maîtrise se panage en deux gruieries. Tune dittedeNeufchâtel, laquelle se tient aujourd'huy à Bel-Encombre, après s'estre tenue au bourg de Saint-Saën; Tautre ditte d'Arqués, qui se tient alternativement à Bel-Encombre et à Dieppe.

Pour ce qui est du gouvernement ecclésiastique, Neufchâtel donne son nom à un doyenné rural de Tarchidiaconné d'Eu.

Il y a dans cette ville un hôpital royal, dont la chapelle fut fondée, avant la fin du douzième siècle, par un particulier nommé Robert le Bourguignon et qui étoit desservie, vers ce temps là même, par une communauté de Chanoines réguliers ). En 1 191, le pape Célestin III accorda à cette maison le droit d'avoir une chapelle, où les frères, les malades et tous ceux du dedans pou rroient entendre la messe, le service divin et recevoir les sacrements de TÉglise, avec une cloche pour appeller à Toffice ceux d'entre eux qui dévoient ou avoient dévotion d'y assister, et un cimetière pour leur usage. En conséquence de ce privilège, l'hôpital de Neufchâtel, qui avoit même des fonts baptismaux, a joui depuis des droits parroissiaux sur le peuple de son enceinte; mais les fonts ont été portés à la chapelle de Saint-Antoine, à un quart de lieuë de la ville.

» Voyez, plus loin. Vie Remarque, p. 127.

2 Voyez, Ibid.f VIIc Remarque, p. 129.— a Le Roy ayant érigé vn siège presidial de bailliage et vn de maréchaussée à Dieppe, pour cet effet, a distrait les vicomtes d'Arqués et de Neufchâtel du presidial de Caudebec, » en 1642. Histoire de la Réformation à Dieppe, parles Daval, 11, 119.

i u Archives de l'Hôpital royal de NeufchdteL » Note de Duplessis, Ibidj t. I, 148;

Cétoit anciennement < la chapelle d'une ferme nommée le Manoir de la Montagne, dépendante de rhôpital. Là les religieux exerçoient les fonctions de curé sur leurs fermiers et sur tous ceux qui étoient de leur territoire; aujourd'huy encore ceux-cy sont obligés de faire leurs pâques à Thôpital: on leur y dit la messe, les festcset dimanches; on y fait Teau bénite et Texhortation au peuple; cependant celuy qui est chargé de ces fonctions est amovible et ne les exerce que par commission. Les relligieuses qui ont succédé aux chanoines réguliers, le présentent à Tarchevéque, qui lui donne des pouvoirs. Le curéde la paroissede Saint-Jacques, dans retendue de laquelle Thôpital est situé, a souvent inquiété les chanoines et les relligieuses à ce sujet, mais inutilement; la bulle du pape Célestin 111 avoit été confirmée par d^autres bulles, et par lettres patentes du mois de juin en iSjg. Enfin il a renoncé à toutes ses prétentions, et reconnu le droit des relligieuses par acte du 23 février 1738.

Ces relligieuses, qui étoient une colonie de l'abbaye de Bival, sonty quoy qu'en dise Tauteur dont le présent extrait est tiré *, de Tordre de Citeaux. 11 est vray qu'elles n'en ont point retenu les usages, si ce n'est peut-être l'habit blanc, quoy que cette couleur ait été portée indifféremment comme le noir, dans plusieurs monastères purement bénédictins ', ainsy qu'à l'abbaye du Bec, et ailleurs; ce ne sont donc point des bénédictines habillées de blanc, puisqu'outre qu'elles se réclament de l'ordre de Citeaux^ elles interrompent le bréviaire bénédictin, dont elles se sejrvent, pour faire l'office des

» « Cest aujourd'huy un ermitage. »» Addition marginale.

2 D. Toussaint Duplessis, dont tout ce qui préccdc est extrait textuellement, à quelques mots près, Description de la Haute- Normandie, I, 14G-148. Il avait dit : « Ces religieuses... devroient, ce semble, être de Tordre de Citeaux... Jbid., p. 148.

i « Saint Benoît, dans sa Règle, dit : Non causentur de coloribus monachi, » Addition marginale.

saints de Tordre de Gteaux. Le sujet de cène yariation nous est inconnu < ; d^ailleurs elles reconnoissent en tout la jaridiction de Fordinaire, comme les relligieases de Bival d^oii elles sont sonies.

L'archevesque de Rouen leur ayant donné la permission, le 1 6 novembre 1641, de s'établir à Neufchâtel, elles se logèrent d*abord dans une maison de la grande rue» prés de la fausse porte, où pend aujourd'huy * pour enseigne la fleur de lys; mais par transaaion, passée le 12 mars i652, entre elles et les chanoines réguliers, et confirmée par brevet du Roy le 3o du même mois, ceux-cy leur abandonnèrent nonseulement rtiôpital, mais encore leur propre monastère. Il est vray qu'on usa contre eux de voyes de feit, et qu'ils furent plustôt expulsés, qu'ilsne se retirèrentde bonne grâce; cependant ils ne furent pas totalement dépouillés; ils étoient cinq et Ton fit à chacun d'eux une pension honneste i. D'un autre côté l'abbé de Sainte-Geneviève de Paris, qui s'étoit opposé à l'exécution du brevet, transigea aussi avec les relligieuses. Il obtint huit cents livres de pension annuelle, tant pour indemniser la congrégation que pour l'entretien de deuxrelligieux dans son abbaye, et le conseil privé ratifia ce nouveau concordat par arrest du 20 août de la même année, sans déroger au brevet. Les relligieuses n'ayant pu emporter la place qu'à cette condition y entrèrent en effet en 1 664 4. L'archevêque de Rouen ( unit ensuite l'hôpital à leur communauté par décret du 25 septembre i655; le Roy confirma cette union par lettres patentes du mois de mars i656, enregistrées au

1 Ce passage a été introduit, par Dom Bodin, dans le texte de D. T. Duplessis.

2 « Où a pendu longtemps. » En interligne.— T. Duplessis a indiqué comme source : « Archives de V Hôpital roialde Neuf-^hdtel. » I, 14g.

î « Archives du Parlement de Rouen, » Note du même. Ibid. 4 « Archives de VHâpit. roial de Neuf-chdtel. » Id., !bid, { François 111 de Harlay de Chanvallon.

Pariement, le 3o aoust suivant ^ après que les relligieuses eurent déclaré qu'elles ne prétendoient aucuD droit à la cure de BuUy^ dont le patronnage avoit appartenu aux chanoines.

Ces relligieuses n'ont été gouvernées, pendant 84 ans *, que par des prieures perpétuelles, à la présentation du Roy; mais Madame Marie*Anne Le Normand, qui précédoit Madame Le Veneur qui gouverne aujourd^huy 1, a été nommée abesse par brevet du Roy du 25 avril 1 725, et par bulle du pape du 28 mars 4 suivant; leur église porte le nom de Saint-Thomas, archevêque de Cantorbéry. Il y a, dans Tbôpital, dix lits pour les pauvres malades s.

Les autres établissements de piété, qui se sont formés à Neufchâtel, sont un couvent de Pénitens, un couvent de Cordelières, et un second hôpital gouverné par des filles séculières.

Les Pénitens sont redevables de leur fondation aux seigneurs de Nogent en Bray, qui les établirent, le 12 septembre 1 389, aux portes de la ville, sur un terrain de la paroisse de Quievrecourt, qui relevoit d'eux et que l'on appeloit Bcrnesault ^. Le Roy Louis XII confirma leur établissement, au mois de février 1 5 1 1 . Leur église fut dédiée sous le nom

' « Archives du Parlement de Rouen. » T. Duplessis, Ibid^ 149.

> Au lieu de « pendant quelque temps » chez T. Ouplessis.

I Ce membre de phrase est une addition au texte de D. T. Duplessis, «|iil parle seulement de « Marie-Anne Le Normand. » — « Aujourd*huy »• «in rapporte à lySS, pour Dom Bodin, et à 1740, pour Dom T. Du-

■1 M Mais, • dans T. Duplessis.

t I .«• ftfdKcnt a été changé en passé : porta et avoit, — L'auteur a dû litiMiHltn correction après la Révolution de 1789, qui avait changé UirtI .Ml lit ici.

" » ItMih-Mnrlc de Vcrnon, Histoire du Tiers Ordre de Saint-Franr'*M» ». tu, p. K'n. » Note de T. Duplessis, Ibid, i5o.

de Saint- François, le 8 juillet i526, par Nicolas, évéque tfi partibus >. Après une réforme qui y fut établie en 1614, les réformés prirent la place des anciens et obtinrent des lettres patentes, au mois de novembre 16 16. Vers ce même temp«, le Roy leur donna les démolitions du château dont ils se sont servis pAir renouveler tous leurs b|ltiments qui tomboient en ruine '.

Les G>rdelières sont ) aussy relligieuses du tiers ordre, et distinguées des Urbanistes; elles étoient venues de la ville d^Hédin en Artois, au nombre de sept; elles furent reçues à Neufchâtel, en iSoj, où elles se consacrèrent d'abord à assister les malades, et à ensevelir les morts 4. Deux filles de la ville, dont le nom n'est point venu à notre connoissance, leur donnèrent la maison qu'elles occupent, sur la paroisse de Notre-Dame (; le pape Jules II confirma leur établissement, la même année : Louis XII le ratifia Tannée suivante. Elles s'y sont bâti une église, sous le nom de T Annonciation de la Sainte-Vierge : enfin, en 1648, elles ont embrassé la clôture, à laquelle elles n'avoient point été assujetties jusqu'alors.

II y avoit près de la ville, au faux bourg de la porte des Fontaines, anciennement ditte la porte de la Chaussée ^ une

t « Mémoire des Pénit, de Neufchdt. n Note de T. Duplessis, Jbid, 1 5o.

3 Voir le Mémoire de Miton, p. i32, et le Poème de P. de Grouchy, p. ao6.

? Le présent a été remplacé par : « étaient, sur le ms. » Il en est de même pour tous les verbes au présent qui vont suivre.

4 « Archives des Cordelières de NeufchdteL » Note de T. Duplessis, Ibid.

s «c Qui était leur véritable église, où elles assistoient à Tofficc, se confessoient, communioient et faisoicnt tous leurs exercices de piété. » Addition marginale.

6 0*après le plan de M. Brasseur, la porte des Fontaines et la porte de la Chaussée étaient deux portes distinctes, toutes les deux sur le côté Sud de la ville, la première plus à TEst, la seconde plus à TOuest. — « « Cette porte de la Chaussée, conduisant au Hamcl ou faubourg du

Maiadrerie sous le nom de Saint-Jean-Baptiste ', laquelle, après avoir été desservie, sur la fin du 1 3« siècle, par un maître, par des frères et par des sœurs, et avoir ensuite acquis le droit de paroisse, n^étoit plus, vers Tan 1 55o, qu'un bénéfice simple, à la présentation des habitans >. Le Roy Charles IX le donna aux Cordelières, à la prière de Monsieur Groulard, premier président au Parlement de Rouen, par lettres patentes du 1 3 aoust 1 563 ). En vain les habitants s^ opposèrent; les relligieuses obtinrent contre eux, au mois de juillet 1 582, un arrêt du Parlement 4, et ces lettres patentes furent ensuite confirmées par les Rois Henry III, Henry IV et Louis XIII. Cependant, en 1639, au mois d'^aoust, le mesme Louis XIII y nomma une relligieuse du prieuré de Saint- Aubin, près de Gournay; mais, au mois d^octobre suivant, la provision fut accordée aux Cordelières : celles-cy obtinrent encore en leur faveur de nouvelles lettres patentes confirmation des premières, en i653. Le Parlement, avant que de les enregistrer, leur en donna la provision seulement par arrest du 19 de may de la mesme année, et les enregistra enfin le 1 3 de juin suivant. Malgré tant de titres, ces relli-

Ménil, est ainsi appelée, parce que cette chaussée élevée servait à retenir les eaux stagnantes du vivier du petit moulin appartenant à Tabbaye de Royaumont, lequel vivier était plus bas de dix-huit pieds que le ruisseau actuel. Le moulin tournait (?) en dessous anciennement. » Addition marginale. — Probablement « Le moulin du ruisseau du Coisel, M nom donné à un ruisseau formé par Teau des Fontaines, et qui traverse la partie S. S.-O. de Neufchâtel, avant de se jeter dans la Béthune.

I La carte de Cassini place « la Maiadrerie de Saint-Jean, » à i kilomètre environ au S.-E. de Neufchâtel, sur la route de Forges. — Voir Additions et Rbmar(^ues, III, p. i23.

a « Archives des Abbayes de Saint^Ouen et d'Aumale, Archives de V Archevêché de Rouen. >• Note de T. Duplessis, Ibidy I, i5o.

% « Mémoires de NeufchdteU » Note de T. Duplessis, Ibid,

4 « Archives du Parlement de Rouen. *• Id., Ibid.

gieuses ont perdu la jouissance de cette Maladrerie; le Roy la leur retira en 1 674, pour la donner aux chevaliers deSaint- Lazare, à condition cependant que ceux-cy leur en feroient 3oo liv. de rente >• Nous allons voir qu'elle devoit encore susciter un plus grand procès entre les trois communautés de filles de la ville.

Celle d^entre elles, dont il nous reste à parler, porte > le nom de la Miséricorde; ce sont des filles séculières, qui font cependant des vœux simples. Adrien Le Bon, prieur titulaire de Saint-Lazare de Paris ', les fonda en 1634, avec la permission de Parchevesque, et Tagrément des habitans, pour avoir soin des pauvres malades de la ville; (car on ne recevoit alors, et on ne reçoit encore aujourd'huy 4 que des gens de guerre à l'hôpital royal;) et pour faire l'école aux petites filles (. Saint Vincent de Paul ^, son résignataire, se

1 ce Archives des Cordelières de Neuf<hdteL » Note de T. Duplessis, Ibid, l, i5i. *

2 Le ms. de Dom Bodin donnait le pluriel (celles) et Timparfait. Nous avons conservé le teite primitif, littéralement emprunté à Toujssaint Ouplessis, comme le reste, depuis le début de cette Histoire de Neu/chdtel.

? « Natif de NeufchAtel. » Addition marginale.

4 Membre de phrase biffé dans le ms., et qui se trouve chez T. Duplessis. U a dû Têtre après la Révolution de 1789, quand le texte a été modifié, d'après les faits accomplis.

$ « Archives de V Hôpital de la Miséricorde de Neufchdtel, » Note de T. Duplessis, Ibid.

6 « Saint Vincent de Paul mourut à Paris le 27 septembre 1660, âgé de 85 ans. » Addition marginale. — Une autre addition, qui n'est pas de la main de Dom Bodin, mais de la personne qui a changé les temps des verbes, dit : « Mort à Paris le 25 novembre 1660, âgé de 55 ans. » Cest une double erreur; car saint Vincent de Paul, né le 24 avril 1576, et mort à Paris le 27 septembre 1660, était bien dans sa 85* année, quand il mourut.

transporta exprès à Neufchâtel pour &ire cet établissement avec luy ».

Ce nouvel hôpital fut destiné pour huit sœurs et pour dix lits de malades. Depuis les sœurs ont été en plus grand nombre, et leur abolissement, que Farchevéque avoit entrepris en leur deffendant de recevoir des sujets, n^ayant point eu lieu, par les moyens qu'elles opposèrent, elles et les habitants, on leur a adjoint des sœurs de charité qui doivent après elles les remplacer. Ces dernières voies d^accommodement plurent d'autant plus aux Bernardines, à qui on vouloit les réunir, qu'elles se fussent trouvées surchargées de œ second hôpital, outre les écoles qu^elles eussent eu à tenir >.

Le nombre des lits y a aussy été augmenté, et aujourd'huy il y en a douze, distribués également en deux salles. Tune pour les hommes, et l'autre pour les femmes ^ Les salles avec la chapelle du dehors sont sur la paroisse de Saint-Pierre, mais le chœur 4 et le bâtiment des sœurs sont

1 « La confrérie de Neufchâtel fut fondée en 1634, deux ans apris celle d'Aumale, et dotée par Adrien Lebon, de Londînières. » Histoire d'Aumale, par M. Semichon, II, 172. — « Monsieur Vincent, » comme on disait alors, conserva des rapports avec Neufchâtel. Il adressa au moins deux lettres à des habitants de cette ville, et nous publions celle qu'il envoyait de : « Paris, ce 28 juin i65o, à Monsieur Hercholle, curé de Neufchâtel. » — Voir Appendices, II, p. 167.

2 Le passage : « Depuis les sœurs, etc., » jusqu'ici, n'est pas chez T. Duplessis. Il appartient à Dom Bodin, qui va continuer immédiatement ses emprunts textuels.

i M En 1782, les Bâtiments neufs, sur la nouvelle chaussée et dans l'intérieur, entre cour et jardin, ont été faits à l'aide d'un don de 3,000 fr. fait, à son cours de visite diocésaint, en 1778, par Mg* Domi* nique de la Rochefoucauld, cardinal, archevêque. » — Addition marginale par l'auteur et postérieure à la composition de l'ouvrage (1753).

4 Une autre copie de la Bibliothèque de Rouen, porte : « La cour. » Dom Duplessis donne bien : m le chœur. » — Cette copie a été faite en 1782.

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