‹ Histoire civile et religieuse de la Colombe depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 11 sur 16 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Emblèmes el allégories de la colombe.

J'ai parlé déjà, dans un chapitre précédent, de quelques emblèmes dont la colombe était autrefois le sujet ; en voici plusieurs autres encore, qu'il est intéressant de connaître.

Tout le monde sait que pendant le baptême du Sauveur, TEsprit de Dieu descendit visiblement sur lui, sous la forme .d'une colombe ^, et que c'est par

* Cette vignette , ainsi que celle qui suit, sont tirées du Missale Romanum, mentionné à la page 70.

^ Et descendit corporali specie sicut columba in ipsum ; St.-Luc. cap. m, Y. 22.

cette image gracieuse, que la troisième personne de la Trinité a toujours été représentée , depuis lors , dans le christianisme.

fa ^

Anciennement on plaçait cette image, dans les baptistères, sur les tombeaux des saints, et au-dessus des autels. Cet usage remonte aux premiers jours du christianisme , comme on le voit par un fait qui se passa au concile de Constantinople , tenu en 336. Dans ce concile, les moines d'Antioche accusèrent Sévère de s'être approprié les colombes suspendues au-dessus des autels et des fonds baptismaux : c'est que ces colombes étaient d'or et d'argent. Les premières étaient creuses, et servaient, comme aujourd'hui les ciboires, à renfermer le pain de la Sainte Eucharistie. On ne peut douter que ce ne soit à ces colombes que Saint Chrysostôme fait allusion quand il dit, dans sa 31^ homélie, que le corps du Seigneur repose au-dessus de l'autel, revêtu, entouré,

du Saint-Esprit , Sjriritu Sancto eonveêtUwn. — Le dais oa pavillon qui surmontait l'autel , recevait son nom de la colombe qui y était attachée : on Tap* pelait peristerium, du grec périsiera, colombe : on le désignait encore des noms de turris et d'otnbracuUum ^. — Un temple chrétien est appelé domu$ columbœ, maison de la colombe^ par Tertulien, dans le 3^ chapitre de son livre contre les Valentiniens. Ces hérétiques entouraient de mystères leur doctrine religieuse. Leur temple, dit Tertulien, est garni de portes et de voiles, pour qu'on ne puisse pénétrer dans l'intérieur, qu'après une longue initiation; tandis que la maison de la colombe, bien plus simple, se trouve toujours dans des lieux élevés et exposés au grand jour ^.

L'église elle-même a été figurée par une colombe. Dans le manuscrit d'Herrade, dit M. Didron, on la voit représentée sous la forme d'une colombe, comme on figure la troisième personne divine, mais avec certaines particularités. L'avant du corps est argenté; l'arrière est doré. Cette colombe a des ailes à la

^ Voyez le savant ouvrage : AntiquUatum ChrUtianatum insHtiUiones , auctore Jul. Laur. Salvaggio ; Mayence 1788 ; Li?. II» cap. 1, et liv. III, cap. 10.

* Salvaggio.

tête, des ailes aux épaules , des ailes aux pieds ; ces trois paires d*ailes la mènent, aussi vite que la parole, d'une extrémité de la terre à Fautre. Tout cela est emblématique, et le texte qui explique cette minia* ture, dit : « Celte colombe signifie l'église, qui est, par son éloquence divine, sonore comme de l'argent; elle est ornée d'instruction et de sagesse pour qu'elle instruise les autres. Cette colombe est d'or, parce qu'elle est éclatante de charité; l'or pâle ou rouge, qui couvre l'arrière de son dos, signifie l'amour des fidèles K

Ce n'est pas seulement au baptême du Sauveur que l'Esprit-Saint se manifesta en colombe : dans un grand nombre de légendes, il se montre également sous cette forme. — Le Saint-Esprit, comme un oiseau familier, dit encore M. Didron, vient se poser sur l'épaule droite du pape Grégoire-le-Grand ; la colombe cause avec le pape et lui inspire ses divers ouvrages. — Les œuvres de St.-Jérôme furent inspirées à ce grand saint par l'Esprit de Dieu. Ainsi l'on voit dans une très-belle miniature, une colombe soufflant dans l'oreille de St.-Jérôme, des rayons d'intelligence , et le saint écrit sous cette inspiration ^.

' Histoire de Dieu, pag. 443.

* Ibid. pag. 434.

Le sairaol aaleor de rflisloire de Dîeo, faîl remarqaer qae TliODDeor d'être inspiré direttenieot el miUeoieot par le Saint-Esprit, caché so«s f image d^one ccriombe, fot accordé «icore à rincomparaUe Gr^oire ¥11, et que SL-E^rem, de Syrie, déclarait aToir vu one colombe éclatante se poser sur rqnole de Saint Basile-le-Grand, et dicter à ce père les beaox écrits qoe noos connaissons. — Tout cela, ajoute M. Didron, n'est qn'one imitation , comme on doit ^e soitir, de la descente do Saint-Esprit, en forme de colombe, sor les apôtres réonis dans le cénade. Mahomet loi-même, qui sentait tout le crédit qa*an pareil phénomène pouvait donner à ses doctrines, avait dressé nn pigeon à venir se poser sor son épanle, et Foiseao y restait des heores entières. Le prophète arabe faisait passer cette colombe familière ponr on messager céleste, chargé de loi révéler les ordres de dieo. — On sait qoe le terrible Odin avait deox corbeaox qoi, placés sor ses épaoles, loi racontaient toot ce qo*ils avaient vo et enteudo de nouveau. Le Dieu les lâchait tous les jours, et après qu'ils avaient parcouru le monde, ils revenaient le soir vers rheure du repos ^.

' ScHATES , Le9 Pays-Bas avant et pendant la dominât, rom. tom. I, cap. 9.

Empruntons encore à M. Didron, le récit d'une charmante petite légende qui nous a été conservée par Grégoire de Tours. Tandis que les élèves chantaient des psaumes dans la cathédrale de Trêves, une colombe descendit de la voûte, voltigeant légèrement autour du jeune Ârédius, que Tévéque Nicet élevait et instruisait. La colombe se reposa sur sa tête» pour indiquer qu'il était déjà rempli du Saint-Esprit ;^ puis elle descendit sur son épaule. Quand Ârédius rentra dans la cellule de Tévéque, elle y entra avec lui et ne voulut pas le quitter de plusieurs jours. Il retourna dans son pays de Limoges pour consoler sa mère, qui n'avait plus que lui ^.

Dans un autre endroit de ce volume, j'ai fait mention du sens emblématique attaché à la couleur blanche des colombes qui poétisent les relations de la mort de quelques martyrs; elle signifiait la pureté et l'innocence de l'âme de ces saints personnages. Il va sans dire que la colombe divine devait éclipser toutes les autres par sa blancheur. Cette blancheur» comme le remarque M. Didron, surpassait en éclat la neige même, ainsi que les textes le déclarent positivement. Cette colombe , ajoute-t-il , symbole d'un

1 HistdeDieu, p. '(46.

Dien, devait arborer la coaleor où yiennent se réunir symboliquement toutes les vertns. Le bec et les pattes sont rouges ordinairement ; c'est la couleur naturelle des colombes blanches ^.

La couleur blanche est, du reste, celle qu'affectionnent les colombes , à ce qu'assure Columelle ^ ; aussi conseille-t-il de revêtir tout le colombier , et les nids mêmes des pigeons, d'un enduit de blanc. C'est évidemment en songeant à ce passage de l'écrivain agronome latin, qu'un poète du XVII'' siècle ^ a écrit ces quatre vers :

Pneuma sacrum nîveae quod piogitur ore columbae Non est de nihilo, crédite ; caussa subest :

nie Deos pacis, volucres h» pacis ; amantque Candida tecta illae, candida corda Deus.

Venons maintenant aux allégories morales dans lesquelles on retrouve notre oiseau ; là encore il s'est acquis une bien légitime illustration.

Nous savons déjà qu'il a toujours été regardé comme le symbole de la Paix, de la Clémence et de la Douceur. Il possède à un si haut degré cette dernière

* Ibid., p. 449.

« De re rutt., Uv. VU!, c. 8.

' Le jésuite Bern. Bauhusius; Epigr, lib.I; Ant?. 1634.

qualité précieuse, qu'on a cru, pendant des siècles, qu'il n'avait point de ûeL

Non contente d'élre rembléme de Tamour qui sacrifie sur Tautel de Vénus la chaste, elle est encore celui de Y Amour conjugal et paternel J'ai parlé ailleurs de Textréme tendresse que le pigeon prodigue à sa compagne et à sa jeune famille, ainsi que le témoignent Arislote, Varron, Pline, Columelle, Buffon, tous les naturalistes, en un mot.

J'ajouterai ici que la fécondité de cet oiseau étant extrême ^, sa vie presque tout entière s'écoule en douces afiections. C'est ce que Florian a si bien exprimé dans sa charmante fable intitulée : le Hibou et le Pigeon ^. Le lecteur, je pense, ne reverra pas sans plaisir, cette petite pièce, dans laquelle le caractère aimant de la colombe est dépeint de la manière la plus touchante.

Que mon sort est affreux ! s'écriait un hibou ; Vieux, infirme, souffrant, accablé de misère.

Je suis isolé sur la terre, Et jamais un oiseau n'est venu dans mon tr«u, Consoler un moment ma douleur solitaire.

Un pigeon entendit ces mots,

* Il produit neuf à dix couvées par an. « yv. IV, fab. 4.

Et coanit auprès do malade :

Hélas ! mon paayre camarade ,

Lui dit-il, je plains bien tos maux.

Hais je ne comprends pas qa*an hîboa de YOtre âge.

Soit sans épouse» sans parents.

Sans enfants on petits-enfants.

N^avez-Yous point serré les nœuds du mariage.

Pendant le cours de vos beaux ans?

Le hibou répondit : Non, yraiment, mon cher frère.

Me marier ! et pourquoi faire ?

J'en connaissais trop le danger.

Vouliez-Yous que je prisse une jeune chouette.

Bien étourdie et bien coquette.

Qui me trahit sans cesse ou me fit enrager. Qui me donnât des fils d*un méchant caractère.

Ingrats, menteurs, mauvais sujets.

Désirant en secret le trépas de leur père?

Car c'est ainsi qu'ils sont tous faits.

Pour des parents, je n'en ai guère.

Et ne les yis jamais : ils sont durs, exigeants.

Pour le moindre sujet s'irritent.

N'aiment que ceux dont ils héritent ; Encor ne faut-il pas qu'ils attendent longtemps. Tout frère ou tout cousin nous déteste et nous pille.

— Je ne suis pas de votre avis.

Répondit le pigeon. Mais parlons des amis;

Des orphelins c'est la famille:

Vous avez dû près d'eux trouver quelques douceurs.

— Les amis, ils sont tous trompeurs.

J'ai connu deux hibous qui tendrement s'aimèrent Pendant quinze ans, et certain jour.

Pour une souris s'égorgèrent.

Je crois à l'amitié moins encor qu'à l'amour.

— Mais ainsi. Dieu me le pardonne!

Voifê n*avez donc aimé personne?

— Ma foi, non, soit dit entre nous.

— En ce cas-là , mon cher , de quoi vous plaignez-vous?

Qui croirait que, clouée de tant de qualités estimables, notre colombe ait pu encourir le reproche de se laisser dominer par une si sotte et stupide vanité, qu'elle oublie, au moment du danger, le soin de sa propre conservation? Cest pourtant ce reprocbe-là que Pline lui adresse. Les colombes, dit-il, ' paraissent avoir une idée de la gloire. Il semble qu'elles connaissent Téclat et les nuances de leurs couleurs, et qu'en volant au haut des cieux, elles cherchent même à s'applaudir de leurs ailes, à varier leurs évolutions. Cette vaine ostentation les livre comme enchaînées à Tépervier, car ce bruit qu'elles font n'étant produit que par le choc des ailes, le désordre des pennes les arrête. Leur vol sans entraves est beaucoup plus prompt que celui de l'épervier. Le brigand les épie, caché dans un feuillage, et les saisit au sein même de leur gloire, et gaudentem in ipsâ gloriâ rapil. >

Ce passage de Pline et dix mille autres qui embdlissent son Histoire naturelle, ne laissent aucun doute

* Hist. nat., lib. X, cap. 52.

sur les succès brillants que cet écrivain aurait pu acquérir comme romancier.

Élien ^ parle aussi de ce vol désordonné, auquel les pigeons se livrent quelquefois, et il Taltribue à une tout autre cause : selon lui c'est une ruse de guerre que ces oiseaux employent pour dérouter Fennemi qui les poursuit. Le stratagème dont ils se servent contre Tépervier, dit-il, mérite d'être connu. Quand ils sont pourchassés par cet oiseau, qui se tient habituellement dans les hautes régions , ils descendent aussitôt. Si Tépervier se trouve dans les régions inférieures , ils s'élèvent au dessus de lui , et sont alors pleins d'espoir et de confiance, parce qu'ils savent que leur persécuteur a de la peine à se porter rapidement au hâut des airs.

Élien se trompe, lui aussi. — Voici comment les choses se passent. On sait que quand un épervier poursuit des pigeons, ceux-ci s'élèvent, en efTet, fort haut dans les airs; mais cette ascension ne doit point être attribuée à la connaissance qu'ils ont de la difficulté avec laquelle l'épervier atteint les régions supérieures : c'est l'oiseau de proie lui-même, au contraire qui, dans son intérêt, force ses victimes à monter toujours, en décrivant sous elles, des orbes

4 De Anim, nat, lib. HI , cap. 45.

immenses. DeuK motifs le font agir ainsi; celui, d'abord, d'éloigner le plus qu'il peut les pigeons de la terre, et surtout des toits des maisons, où ils trouveraient un refuge assuré, et celui, en second lieu, de les harasser de fatigue. Il est à remarquer que l'épervier ne pénètre jamais, ou du moins très-rarement, dans la troupe de pigeons auquel il fait la chasse. C'est ce que les pigeons savent; aussi, ont-ils le plus grand soin de se tenir ensemble, aussi longtemps que Tennemi est là. Mais à la fin , le moment arrive où la lassitude oblige l'un ou l'autre de ces oiseaux, soit à se détacher de la troupe dont il ne peut plus suivre les évolutions rapides , soit à se laisser tomber, épuisé, éperdu. C'est de ce moment que l'épervier profite avec une fatale intelligence; prompt comme la foudre, il se lance sur sa proie, la saisit, la tue et l'emporte au loin.

Les ruses mises en œuvre par cet oiseau contre la pauvre race colombine, o^t plus d'une fois été décrites par les poètes : le père Vanière surtout les ^ dépeintes d'une manière très-pittoresque, dans le deuxième livre de sa Maison rustique ^.

< Prœdium rusticum , auctore P. Jac. Vanierio, è Soc. Jesu. —

La traduction de ce passage est tirée du Journal des Savants , tom. 66, année 1719 : j'ignore qui en est l'auteur.

Loin de ton colombier chasse enfin le Milan, Le plus fin des oiseaox, leur plus cruel tyran. A tromper les pigeons il s'occupe sans cesse : Qui compterait les tours quMnvente son adresse? Tantôt, il se suspend élevé dans les airs. Tantôt, fait en volant mille cercles divers. Pour cacher aux pigeons son dessein exécrable, Ou pour les attaquer dans un temps favorable; Souvent, pour préparer dans un plus grand loisir Les funestes moyens d'assouvir son désir. Cet ennemi rusé sur un arbre se perche : Il attend là sa proie, et des yeux il la cherche: Alors si par malheur un pigeon imprudent S'en retourne au logis d'un vol un peu trop lent. Le traître qui le voit tout seul et sans défense , Après lui dans les airs impétueux s'élance. Le saisit, et soudain lui déchirant le flanc. Se nourrit de sa chair, s'abreuve de son sang.

Cest par la colombe encore qu'on symbolise la chasteté et la fidélité conjugale, et c'est bien là une preuve manifeste, comme je Fai dit déjà, que Tamour qui emprunte cet emblème, ne saurait être qu'un amour pur. Il va sans dire qu'en faisant mention de ces deux qualités qui distinguent si éminemment ifotre oiseau, les naturalistes anciens n'ont pas laissé échapper une si belle occasion de raconter encore des merveilles. — La première de leurs qualités est la chasteté , et l'adultère est inconnu chez eux , dit

Pline ^ Fidèle au lien conjugal, chaque couple habile une maison commune. Nul ne quitte son nid s'il n'est veuf ou célibataire. La femelle trouve dans son mâle un maître quelquefois injuste, car il la soupçonne d'infidélité, contre son naturel: alors sa gorge s'enfie, il gronde et donne des coups de bec; mais bientôt il répare ses torts par des baisers, etc. Les détails qu'Élien nous donne à ce sujet sont bien autrement curieux ^ ; écoutons-le : — Les ramiers sont regardés comme les plus chastes des oiseaux. Le mâle et la femelle semblent être unis par le lien du mariage, et leur attachement réciproque est tel qu'aucun des deux ne touche à un autre nid. S'ils jettent des yaux de convoitise sur des nids étrangers, et deviennent infidèles, les autres ramiers les entourent et les déchirent, les mâles, les mâles, et les femelles, les femelles. Cette loi de chasteté est observée avec la même rigueur par les tourterelles; elle l'est également par les colombes blanches, avec cette différence, toutefois, qu'elles ne font pas périr les deux coupables : elles ne tuent que le mâle ; quant à la femelle, touchées de compassion , elles ne la punissent

* Hist. Nat, lib. X, cap. 52. Voyez aussi âristote, liv. IX, cap. 2.

* De jénimal. nat^ lib. III. cap. 44.

et l'on comprendra sans peine cette peor qoi la remplit sans cesse; peur salutaire , do reste, qoi, par one prévision tonte providentielle, la porte k s'éloigner avec une extrême prudence de toos les dangers où elle trooverait one mort certaine.

La timidité et l'innocence sont compagnes : c'est dans ce sens qoe Jovenal a écrit ce vers, passé en proverbe :

Quae pareil conris, vexât censura columbis * ; et que Racine a dit dans le prologue d'Estlier:

Cest lui qui rassembla ces colombes timides, Éparses eu cent lieux, sans secours et sans guides.

Le Sauveur recommande à ses disciples d'être prudents comme les serpents, et simples, — c'est-à-dire, innocents, — comme les colombes^.

Enfin , nous lisons dans le chroniqueur Jacques de Guyse 3, cette phrase charmante appliquée à l'enfance de Saint Piat, l'un des premiers et glorieux apôtres de la Belgique : c Comme la rose au milieu des épines, ou comme la colombe au milieu des corbeaux, le saint enfant s'élevait dans Yinnocence et la pureté. »

* La censure épargne les corbeaux et tourmente les colombes.

*' Évangile de S, Mathieu, X, i6.

» HUt, de Haimut, Hv. Vil ; Paris, 1829.

Les autears des livres saints, semblent en quelques endroits attribuer à la colombe , de la réflexion et de la méditation : meditabor in columba ^ ;.... et qtiasi colunibœ méditantes^. Mais, dit dom Calmet, on Tentend ordinairement de ses gémissements: gementes ut columbm ^. L'épouse du cantique, ajoute cet écrivain, est souvent comparée à la colombe, à cause de son innocence, de sa douceur, de sa candeur et de sa fidélité^.

On sait qu'au XVI% XVII« et XVIII« siècles, Fallégorie remplissait dans les arts et dans les lettres un rôle de la plus haute importance. Chaque vertu, chaque vice était personnifié alors d'une manière plus ou moins ingénieuse, mais toujours propre à inspirer de Thorreur pour Tun, et de l'amour pour l'autre. — Il est à regretter, me semble-t-il, que ce goût de l'allégorie ait presqu'entièrement disparu parmi nous ; car il est certain qu'il donnait à l'art un caractère grandiose et une portée philosophique qu'il ne connaît plus aujourd'hui. L'esprit et le savoir venaient en aide à l'imagination du peintre, et l'histoire

^ Je méditerai comme la colombe ; Isaïe, XXXVIII. \A, et LIX. H.

* Et comme des colombes méditantes ; Nabdm, II, 7. ' Diction, de la Bible, art. Colombe,

* C'est aassi par gémir , que Silvestre de Sacy traduit le verbe meditari, dans les textes des deux prophètes.

se montrait toujours à ses regards sous les brilbotes et laides formes de l'épopée. Voyez, par exemple, les trésors que Rabens a tirés de cette mioe féconde, inépuisable , dans les tableaux qu'il peignit pour Marie de Médicis, et dans les décorations des ares de triomphe dont il embellit Anvers, lors de- l'entrée triomphale de Ferdinand d'Autriche dans cette ville, en 1636. — Hélas ! depuis ce temps, tes dieux $e smU m ailés, et de tous leurs riches vêtements d'or et d'argent, que l'allégorie elleHoaême avait brodés de sa main, à peine nous reste-t-il encore aujourd'hui quelques rares lambeaux. Nous avons proscrit ia poésie et la philosophie morale ; mais.... nous sommes devenus posMfs !

Dans la multitude, presqu'infinie, des emblèmes que l'art et la morale avait imaginés dans les siècles derniers, la colombe est de tous les oiseaux celui qu'on rencontre le plus fréquemment, et toujours de h manière la plus honorable. Voici quelques-unes de ces compositions auxquelles elle avait part : dies sont tirées d'un livre intitulé Science kiérogfyphiqut i, titre qui prouve qu'on oubliait quelquefois, très-souvent même, que l'allégorie doit habiter un pakns diaphane.

Parmi les figures emblématiques dont Fouvrage

* Se. Hiéng. on expUeatùm des figures symboiiqw:s des aneietis, diféremies devises hisioriques, etc., Ia Haje, ITlfi.

que je viens de citer, donne Texplication , il en est un grand nombre, en effet, qui pour être comprises, ne pouvaient se passer d'un teicte explicatif; tout au moins était-il indispensable d'écrire dessous, le nom de la vertu ou du vice qu'elles représentaient. Celles qui étaient accompagnées d'une colombe , appartenaient surtout à cette catégorie, comme il est facile de s'en convaincre par ces quelques exemples. |

Une jeune fille vêtue de blanc, tenant de la main !

droite une colombe et de la gauche un faisan...

C'était le symbole de la Simplicité. — C'était probablement pour mieux faire ressortir le sens figuré delà colombe, qu'on lui opposait le faisan, comme le représentant de l'orgueil.

Une jeune fille vêtue de gaze d'or, tenant un cœur de la main droite, et une colombe de la main gauche.... Cela voulait dire la Sincérité.

La Justice divine était représentée sous l'image d'une femme d'une beauté sévère , la tête ornée d'une couronne, marque de sa puissance, et surmontée d'une colombe, symbole de l'Esprit-Saint.

Deux colombes perchées chacune sur une branche, signifiaient.... je vous le donne en mille,... V Amour des ennemis! Comme ces oiseaux n'ont pas de fiel, ajoute l'auteur de la Science hiéroglyphiqm , le vrai

chrétien doit aimer son prochain bien que celai-cî Tait offensé.

Une jeune fille, la tête surmontée d'un cœur enflammé, se laisse percer le cœur par une colombe, — C'était. . . . vous ne devinez pas ?.. . c'était le Tourment d'amour! Pour donner plus de force au sens moral exprimé par cette pauvre jeune fille, dont le sort n'est pas moins à plaindre que celui de Promélhée, noire savant gratifie ses lecteurs de ces cinq vers qui feraient croire qu'il était quelque peu confiseur de son métier :

On a dit depuis fort longtemps, Que si Tamour a des tourments.

C'est la faute de ceux que cet enfant enchante. Quoiqu'il en soit Tamour tourmente ,

C'est donc un sot métier que celui des amants.

On ne s'est pas contenté seulement d'exploiter au profit de la science emblématique toutes les qualités morales et physiques de la colombe; on a encore lire avantage de sa manière de boire. Nous devons, dit un ancien écrivain allemand, ^ nous devons, boire à la source des choses périssables de ce monde, à

* Wir sollen von dem Weltwasser dieser vergân$çliciien sacben trincken, wie die dauben, das ist, das haupt, sobald wir von selben gekostet , wiederum eiupor gen himmel heben, und das Ewige achten, das Zeitliche verachten. Voy. Besoldus, Thésaurus practicusj etc.

Finstar des colombes» c'est-à-dire, que dès que nous en avons goûté, nous devons lever la tête vers le ciel, nous attacher à ce qui est éternel, et mépriser ce qui n'a qu'un temps. Cette comparaison est jolie, mais, malheureusement, elle n'est pas juste, car le pigeon boit d'un trait. Un des caractères des colombes, ainsi que des tourterelles, dit Pline ^, c'est de boire largement et sans renverser la tête, comme font les bêtes de somme, largeque bibere jumentorum modo; et, cette fois, Pline a raison.

Une chose digne de remarque, c'est que la colombe ne figure point parmi les oiseaux symboliques du blason. Cette absence s'explique du reste sans peine. Les qualités distinctives de la noblesse, non seulement à l'époque où les armoiries furent inventées, mais encore durant tout le moyen âge, étaient la générosité, la franchise» la loyauté» et surtout le courage. Un preux chevalier consacrait sa vie entière à la défense du pays, du trône et de son castel. Son devoir le faisait marcher au devant du péril, sans en jamais mesurer l'étendue; et plusses exploits étaient brillants, plus aussi étaient flatteurs les témoignages d'admiration qu'il obtenait de son roi» de sa dame

* Hiit Nat.y liv. X, ch. 5^

et de ses aobles compagnons d'armes. Il va donc sans dire qu'en symbolisant leurs noms, illustrés par des hauts-faits d'armes, ces bataillantes familles dédaignèrent tout autre attribut que ceux qui pouvaient donner une idée du mérite par lequel elles tenaient à honneur de se signaler. C'est ce qui fait qu'un grand nombre d'elles placèrent dans leurs armoiries , l'aigle et le lion, parce que ces deux animaux étaient regardés comme l'expression du courage loyal.

On comprend que la colombe, dont la nature craintive était si bien connue, ne pouvait prétendre à aucune distinction flatteuse en cette circonstance : son image eut présenté un contre-sens sur les écus et sur les gonfanons de ces infatigables barons toujours bardés de fer, et qui ne connaissaient d'autre plaisir que celui de guerroyer, d'autre droit que celui de leur épée, d'autre sûreté que celle qu'assuraient l'audace et la force. Elle ne se rencontre donc qu'exceptionnellement dans les insignes héraldiques. Parmi tous les blasons belges, il n'y en a qu'un seul, si je ne me trompe, dans lequel on la retrouve; c'est celui de la famille de Kerckhove qui existe encore en Flandre. Celte famille porte échiqueté dargent et d*azur, au chef d*or, chargé d'une colombe

volante d'azur, tenant en son bec un rameau d'olivier de sinople ^

Un autre blason dans lequel on voit encore figurer une colombe portant également une branche d'olivier, est celui du célèbre directeur de l'Académie de Dusseldorf, ennobli, il y quelques années par son souverain , le roi de Prusse. En adoptant ces armes , M. Shadow n'aurait-il pas voulu exprimer que la paix, c'est-à-dire, une cordiale fraternité, doit unir tous les artistes, cet irritabile genus, comme Horace appelle les poètes de son temps ? — Si telle a été, comme je me permets de le croire, Tintention de M. Shadow, il serait à désirer vivement que son éloquent symbole fut reproduit dans les cachets de tous nos peintres, à la place de cette éternelle lampe antique qui n'a plus de sens aujourd'hui, à la place de cette palette et de ces pinceaux, attributs usés de la partie matérielle de Tart. Qui sait si la vue continuelle de cette touchante allégorie, ne ferait pas cesser enfin quelque jour, ces mesquines jalousies qui tourmentent les maîtres de notre école; jalousies fatales qui, de tout temps, ont été un obstacle

* Pour mieux faire comprendre que la colombe avec la branche d'olivier, signifie la Paix ou le retour de la Paix, on la représente ordinairement dirigeant son vol vers Tarcbe de Noé.

aux succès de Tart et aux progrès de ceux qui le cultivent? — Que nos disciples de Rubens» jettent encore les yeux sur la belle devise de notre blason national; quMIs la méditent, qu'ils s*en pénètrent bien; qu'ils la mettent ensuite en pratique, et ils ne tarderont pas à se convaincre que dans les arts et les lettres, comme en toute autre chose, (Union fait la force. — Je poursuis.

Si la colombe, comme je viens de le dire, n*a pas été admise à orner les armoiries des nobles seigneurs du moyen âge, elle a obtenu, en revanche, réclatant honneur de voir deux ordres de chevalerie adopter son nom, et trois autres placer son image dans leurs insignes. Disons quelque chose de ces institutions dont une , celle du Saint-Esprit, a joui , pendant deux siècles, de la plus grande célébrité.

V Ordre de la sainte Ampoule de St.-Remy de Reims. Cet ordre , au dire de quelques-uns, fut institué par Clovis lui-même. Ses chevaliers portaient au coa un ruban de soie noire, auquel était suspendue une croix d*or anglée et coupée, émaillée de blanc, et chargée d'une colombe, tenant avec le bec Fampoule sacrée, reçue par une main ^.

* Voy. le Théâtre d Honneur et de Chevalerie y etc., par André Favyn: Paris, i6f0; vol. r, liv. 2.

En parlant, dans le chapitre précédent, du vase céleste dans lequel on conservait le saint chrême destiné à sacrer les successeurs de Clovis, j'ai dit que Tarchevêque de Reims, Hiucmar, mort en 882, assure que ce vase fut apporté à St.-Remy, par une colombe. A ce témoignage j'ajouterai ici , puisque Toccasion s'en présente, ceux de St.-Grégoire de Tours, et du chroniqueur Flodoard ^. Voici comment ce dernier raconte le miracle : Le prêtre qui portait le saint chrême ne put parvenir jusqu'aux fonts, tant était grande et compacte la multitude des assistants. Déjà les fonts étaient bénis, et Fhuile sacrée n'arrivait pas ; Dieu le permettait ainsi. St.-Remy, tout étonné , se mit alors à prier , élevant au ciel ses yeux remplis de larmes , et voilà que tout à coup parait une colombe aussi blanche que la neige, apportant et tenant dans son bec une petite fiole pleine d'un heaume, dont l'admirable parfum ravit tous les assistants en extase. Le saint évêque, rendant grâce à Dieu, tendil la main, reçut ce don sacré du ciel, et en oignit le front de Clovis , après quoi , la

* St.-Grégoire de Tours, fut élu évêque de cette ville en 544; il mourut en S9S. Nous avons de lui une Histoire des Francs. — Flodoard , mort en 966 , fut chanoine de la cathédrale de Reims ; il a écrit une Histoire de l'Église de Rheims , et une Chronique de France.

colombe disparot. — Et ecce sobito colamba ceo nh ad^olat candîda rostro deferens ampollam, cœlesUs doni chrismate replelam... Accepta itaque sanctos praesul ampolla, postqnam chrismate frontem couspersit, species mox colombse disparaît.

L'autear da Tkéàire dhonnmr et de chefMdtriej Tait remarqua ^ qoe ce récit de Flodoard est confirmé par le grand-sceau de farehi-monastère de SL-Remy de Rheims. En effet, dans ce sceau, Fillustre éyêqae est représenté, reyètu de ses habits pontificaox et entouré de son clergé. CIoyîs, à genoux dans les fonts baptismaux, attend Fonction sacrée; un pigeon parait au-dessus des personnages, apportant la sainte ampoule, que St-Remy reçoit de la main droite.

L'Ordre de la colombe. — Ce fut Jean T , roi de Castille et de Léon, cet excellent prince que sa justice et sa libéralité firent surnommer père de la patrie j qui le fonda en 1379; mais cet ordre ne subsista pas longtemps; il fut aboli après la mort de Jean.

VOrdre 'de la colambe et de la raison^ qui pourrait bien être la continuation de celui dont je viens de parler. Il parait que vers 1399, Henri III, dit

« Ut. U, pag. 501.

rinfirme, fils de Jean V^ distribua le collier de cet ordre à ses courtisans , et les engagea à être fidèles à leurs épouses, à défendre la religion, les vierges, les veuves, les orphelins, et à protéger les frontières du royaume contre les barbares. Pour être admis dans cet ordre, il fallait faire preuve de haute noblesse, avoir été à la guerre , ou avoir rendu de grands services au roi. Les insignes étaient un grand médaillon d'or échancré à une colombe d'azur renversée; ce médaillon se portait au cou, attaché à une chaîne d'or ^.

V Ordre du Saint-Esprit de Montpellier. — Il eut pour fondateur un comte Guy» et reçut pour insignes, une croix bleue à six branches ou douze pointes, au centre de laquelle était placé un grand médaillon d'azur, portant une colombe blanche renversée. — Cette institution fut consacrée au soulagement des malades et des pauvres. Innocent III forma à l'hôpital de Ste.-Marie, à Rome, un établissement de même genre, sous la direction de ce même comte Guy K Il est à regretter qu'un pareil ordre' de charité n'existe pas aujourd'hui en Belgique.

* Voy. Perrot, Collection hist. des Ordres de la chevalerie civile et milit,i Paris, 1820.

* Voy. Perrot, ibid.

Enfin 5 (Ordre du Saint-Esprit. — li fui créé, en 1578, par Henri III, en mémoire de ce que ce Prince avait été élu roi de Pologne, et qu'il était parvenu au trône de France, le jour de la Pentecôte, jour où le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. — Les marques distinctives de cet ordre fameux, consistaient en une croix portant une colombe, et suspendue à un large ruban bleu. Pour être admis au nombre des chevaliers, il fallait être catholique, et avoir obtenu déjà la croix de St-Michel. — Supprimé en 1789, cet ordre fut rétabli par Louis XVIII, et supprimé de nouveau en 1850.

Terminons la série des emblèmes de notre oiseau par celui dont il était le mystérieux sujet dans l'art hermétique, cet art plus que merveilleux, que ses adeptes appelaient fastueusement l'ouvrage de la pierre philosophale , le magistère des sages, la philosophie hermétique, le grand œuvre, enfin. Au dire des croyants, cette science était la clé de toutes les autres, et on le croira volontiers en jeltant les yeux sur le programme des initiés.

Elle consiste, disaient-ils, à apprendre la manière de faire un remède propre à guérir tous les maux qui affligent l'humanité, à conserver les hommes en vigueur et dans une santé parfaite, aussi longtemps

que la consiitation du corps hamaîn peut le per*mettre; à faire une poudre appelée poudre de pro* jeciion, qui, jetée en quantité proportionnée sur Ie9 métaux en fusion, les transmue en or ou en argent, selon le degré de perfection qu'on lui a donoé ^. Tout le monde sait que cette science, qui , pendant des siècles, a si activement occupé les esprits, ne s'exprimait qu'en termes barbares, en métaphores, allégories et énigmes. Elle prétendait , sans doute , se rendre par là, plus respectable aux yeux de U foule mystifiée. Voici de quelle maniée il y était parlé de la colombe adoptée comme symbole. Ce passage de Pernety peut donner une idée du pitoyable galimathias qu'on avait l'impudence de décorer du titre de science. — D'Espagnet et Pbilar lèlhe (deux chimistes hermétiques célèbres), ont employé Tallégorie de la colombe, dit le religieux de St.*Mattr, pour désigner la partie volatile de la mBr iière de l'œuvre des sages. Le premier a emprunté de Virgile (Enéid. liv. VI) ^ ce qu'il dit de celle

* Didionn, Myth. henmétùpu , «ce.; par Dov. Ant. Jos. Perrety , âe (a Congrégation de St.-Maur. Paris , I787« — Art. Scieiue Hermétique,

s Voici le passage de Virgile:

Vix ea fisitns erat, gemin» q«iùm forte colambir. Ipsa stib ora viri cœlo venere volant««,

— aoo —

de Vénas, poair le lemps de la génération du fils dn soleil, on règne de Vénus philosophique. Le seeond a dit que les colombes de Diane sont les seules qui soient capables d'adoucir la férocité du dragon ; c'est pour le temps de la volatilisation, où les matières sont dans un grand mouvement, qui cesse à mesure que la couleur blanche, ou la Diane hermétique, se perfectionne. Les souffleurs doivent bien faire attention à cela, s'ils ne veulent pas perdre leur argent à faire des mélanges fous d'argent vulgaire avec d'autres matières, pour parvenir au magistère des Philosophes *.

L'auteur de l'ouvrage dont j'extrais ces lignes, croyait sincèrement avoir trouvé la pierre philosophale : en 1786, il publia un livre singulièrement curieux ^ dans lequel il s'efforce de démontrer que les fables de la mythologie des anciens ne sont autre chose que des emblèmes hermétiques. Vers la même époque, il fonda dans la ville d'Avignon, une secte

Et Tiridi ledere solo. Tara maximus héros Materna* agnotcit a^es.

Gomme il disait ces mots , deux colombes fendant les airs , passent sous ses yeux , et vont s'abattre sur le sol verdoyant. Alors le héros reconnaît les oiseaux aimés de sa mère.

^ DicUonn. Myth, Herm,; art. colombe.

* Les fables égyptiennes et grecques dévoilées et réduites au même principe, etc. Paris, t7S6.

qui compta une centaine d'affiliés. — L'exemple de Pernety et de ses disciples, est une preuve de plus de cette triste vérité : qu'il n'est pas de sottise qui ne trouve , dans tous les temps , ses crédules et ses bénévoles enthousiastes.

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