‹ Histoire civile et religieuse de la Colombe depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 7 sur 16 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gine de la doineslicilé du pigeon.

J'ai dit ailleurs que rbistoire de notre oiseau remoQte à la formation des sociétés : elle va même au-delà de cette époque, car elle se rattache aussi au déluge. On sait qu'après avoir flotté pendant plusieurs mois sur l'immense abîme qui venait d'engloutir toute la race humaine, moins une seule famille, Varche se reposa enfin sur la cime d'une montagne de l'Arménie , TArarat, à ce que Ton présume. Quarante jours s'étant écoulés depuis ce

moment, Noé, impatient de savoir à quel point les eaux couvraient encore la terre, ouvrit la fenêtre de Farche et lâcha un corbeau *. Celui-ci, séduit par l'appât des horribles festins qui s'offraient partout à sa hideuse gloutonnerie, oublia aussitôt l'asile paisible où il avait trouvé abondance et sécurité, au milieu de la destruction universelle des êtres vivants. Noé l'attendit vainement pendant sept jours, et désespérant alors de le revoir jamais, il donna la volée à une colombe.

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(Tiré d'an MiMALB SoHAKOK, imprimé à Veniae en UM.)

L'aimable messagère, n'ayant pu trouver où poser le pied, parce que la terre était encore toute couverte d'eau et d'une boue immonde dont elle craignait de souiller son joli plumage, retourna vers Noé, qui étendit la main , la prit et la remit dans l'arche.

* Voyez la Genèse, ch. VIH.

Mais, dit, dans sa Semaine, Du Bartas, le prince des poètes français ^,

Mais sept fois par le ciel Phœbus n'a fait la ronde , Qu'elle reprend le vol pour espier le monde , Et rapporte à la fin en son bec un rameau D'olivier pasie-gris, encor mi-couvert d*eau.

A cet heureux présage, Noé reconnut que les eaux s'étaient enfin retirées : cependant, voulant agir avec toute la prudence que commandaient les circonstances , il attendit sept jours encore , au bout desquels il fit partir une troisième fois sa fidèle exploratrice; mais elle ne retourna plus à Farche, et Noé comprit ainsi que tout danger avait enfin disparu.

Aux yeux d'un pieux écrivain du moyen âge, dont j'ai oublié le nom, le récit de Moïse ne contient pas seulement un fait historique, mais encore une allégorie touchante. — Voyez , dit-il , ce vilain oiseau au noir plumage : à peine sorti de Farche, il ne se

< Du Bartas naquit en 1544 et mourut en 1590. Le plus connu de ses ouvrages est La Semaine de la création. La vogue de ce poème, oublie et devenu fort rare aujourd'hui, fut extraordinaire; il en parut plus de 30 éditions en 6 ans. C'est dans le titre de celle de 1632, Imprimée à Genève , qu'on V appelle le prince des poètes françois. — Le Cid parut en 1636. Qu'on juge, en rapprochant ces deux dates, des progrès, vraiment merveilleux , que Corneille fit faire à la poésie française.

souvient déjà plos, ni de rhospitalité qu'il y reçut, ni des soins affectueux que Noé lui a prodigués : il s'abandonne sans la moindre retenue à toutes les impulsions de sa dégoûtante voracité. Ce malheureux corbeau est l'image du pécheur ingrat qui chasse de son cœur le souvenir des bienfaits dont Dieu l'a comblé» pour se livrer au débordement des passions les plus grossières. La colombe» au contraire, nous représente le chrétien fidèlement attaché à la loi du Seigneur» loi sainte, pure» éternelle» qui lui ouvre un refuge assuré au milieu des grandes eaux des vices de ce monde ^ et dont l'arche était le frappant symbole.

Quoiqu'il en soit» il est certain que dans tous les temps» le corbeau et la colombe ont été regardés» Fun» comme l'emblème de l'ingratitude» de la trahison ; l'autre» comme celui de la fidélité. Témoin ce comte de Yermandois qui figura dans la première croisade. Ce prince avait été envoyé en ambassade à Constantinople» par les chefs de l'armée chrétienne. Arrivé dans cette ville» non-seulement il oublia les soldats du Christ» mais il ne daigna pas même leur rendre compte de sa mission : bien plus» lâche autant que perfide» il prit la honteuse résolution de retourner en Occident; mais là sa désertion trouva

sa juste récompense : on ne l'appela plas dans la suite que du surnom flétrissant de corbeau de Varche \

Venons maintenant à l'origine de la domesticité du pigeon.

M. de Buffon pense que les oiseaux pesants» tels que les coqs, les dindons et les paons, ont été réduits sans peine à l'état domestique ; mais que ceux qui sont légers et dont le vol est rapide, — le pigeon par conséquent, — ont demandé plus d'art pour être subjugués ^. Je demande pardon d'oser émettre une opinion contraire à celle de l'illustre naturaliste ; mais je crois, au contraire, que c'est au pigeon que l'homme a construit tout d'abord un abri tutélaire auprès de son habitation. — Voyons en effet, ce qui a dû se passer entre les descendants de Noé et ceux des animaux qui avaient été renfermés dans l'arche, pendant le déluge, lorsque les uns et les autres, repeuplant peu à peu la terre, les premiers se virent forcés d'engager une rude et périlleuse lutte avec ces mille espèces différentes de quadrupèdes et d'oiseaux, dangereux ou incommodes , qui remplissaient le ciel , les plaines , les forêts et les montagnes.

« MiGHAUD, Hist, des Crois,, liv. IH.

« Hist INat.y art. Pigeon.

An point de vue de cette latte y on peut ^ me semble-t-il, diviser les animaux en trois classes.

La première comprend ceux à qui un instinct indomptable de férocité, un besoin incessant de car* nage 9 fera toujours repousser toute alliance paisible avec rhomme. Doués de forces terribles, et que Taudace et la faim décuplent encore; armés de griffes ou de serres puissantes, de dents ou d'un bec acérés, ils ne respirent que le combat. Pas un seul jour de leur existence ne s'écoule , qu'ils ne souillent de sang leur fourrure ou leur plumage. A défaut de meurtres faciles, c'est à un duel à mort qu'ils provoquent le premier ennemi venu, quelque redoutable qu'il soit : pour vivre, en un mot, il faut qu'ils tuent.

A mesure que le genre humain s'étendit sur la surface du globe, il refoula, il est vrai, devant lui, ces despotes des airs et de la terre; mais ce fut là le seul succès qu'il obtint sur eux. Le lion, le tigre, la panthère, l'ours, le loup, le chacal, l'hyène, l'aigle, le vautour, virent peu à peu se rétrécir leur domaine, mais ils n'en conservèrent pas moins toute leur fierté et toute leur indépendance primitives.

A ces éternels antagonistes de la vie sociale, on peut comparer les tribus anthropophages que renferment

quelques lies de TOcéanie, celles de la Nouvelle- CalédoDÎe et de la Nouvelle-Zélande, par exemple.

Comme au tigre et au vautour, il faut à ces malheureuses peuplades le combat de chaque jour, au fond de leurs sombres forêts. — Parlez-leur des sources fécondes de prospérité et de bonheur dont jouissent les états civilisés de l'Europe; elles vous prendront en pitié : que peuvent à leurs yeux valoir ces avantages paisibles, comparés à la joie qu'elles éprouvent à scalper un ennemi, à faire expirer un prisonnier de guerre dans les supplices les plus atroces, et à dévorer ses chairs toutes palpitantes encore ?

Mais éloignons-nous promptement de ces êtres qu'une inexplicable dégradation a réduits à l'état des brutes, et passons à la seconde de nos trois classes. — C'est celle des animaux qui, après avoir résisté quelque temps aux attaques et aux efforts intelligents de rhomme, reconnurent enfin sa supériorité, et se résignèrent à la soumission. Ces animaux furent vaincus, mais non pas domptés à tout jamais : ils devinrent les serviteurs de l'homme, non ses esclaves. Ils ne lui reconnaissent d'autres droits que ceux d'un maître juste et humain. Une preuve incontestable de ce sentiment de dignité que leur inspire

encore aujourd'hui» le souvenir de leur libre origine c'est rindignation et la fureur qui éclatent en eux, lorsqu'on leur fait éprouver une cruelle dureté. Vassaux révoltés, ils se vengent sur un suzerain tyrannique, dût cette vengeance leur coûter la vie.

Que de fois n'a*t-on pas vu des exemples terribles du ressentiment que les mauvais traitements excitent dans les chevaux et dans les chiens?

Voici une anecdote rapportée, il y a quelque temps, par les journaux. Le cheval d'un meunier nommé Flamin, près Saint-Âmour (Jura), était souvent battu rudement par son maître et se montrait mal disposé pour lui ; il était au contraire assez docile envers le domestique qui se comportait avec plus de douceur. Il y a quelques jours ce cheval, qui avait encore été maltraité le matin et qui avait l'habitude de mordre, fut repris par le maître qui voulut Fatteler. Le cheval résista longtemps ; le maître s'acharna à le frapper ; enfin le cheval s'élance sur lui, le soulève par le bras, le porte dans une écurie, le froisse et lui enlève à belles dents une partie des chairs ; Flamin parvint à retirer son bras déchiré; mais l'autre fut aussitôt mordu et littéralement broyé. Sa femme veut le défendre ; elle est renversée ; un charpentier, père de sept enfants , accourt ; le cheval le mord

et lui enlève le pouce. On parvint cependant à l'atteler, et le jour même il continua son service. Mais par mesure de prudence, il fut abattu le lendemain de cette vengeance.

Moi-même, j'ai vu un jour un chien que son maître, emporté par la boisson, s'était mis à frapper sans motif fondé , se jetter avec tant de fureur sur son bourreau, qu'il l'eût infailliblement mis en pièces, sans l'intervention de plusieurs personnes. Ce chien avait pourtant été jusqu'à ce jour, un modèle accompli de douceur, de patience et de dévouement.

Un abus de pouvoir de notre part n'exaspère pas seulement ceux des animaux de cette classe, dont les forces peuvent se mesurer avec celles de l'homme ; il produit encore le même effet sur ceux qui n'ont, pour ainsi dire, aucune défense à nous opposer. Si ces malheureux ne se livrent point, lorsqu'on les maltraite, aux accès d'une colère qu'ils savent être impuissante, ils n'en conçoivent et n'en gardent pas moins pour leur maître barbare, un dégoût et une haine que rien ne peut plus dissiper dans la suite.

Qu'on me permette de raconter ici, à l'appui de cette assertion, un fait dont j'ai été témoin oculaire. J'ai connu pendant tout un an, un charmant épagneul que, dans un moment de vivacité «, sa maîtresse avait

frappé avec une riguear d'autant moins excasable que le châtiment n'était point mérité. Le pauvre petit animal montra , en apparence, une résignation stoïque; mais depuis ce moment il s'opéra en lui un changement presqu'incroyable. Jusqu'alors il avait été d'une gaieté incessante , sautillant du matin au soir, caressant tout le monde. La fatale punition le rendit tout à coup morose, languissant, indifférent à tout : il était facile de voir que le souvenir de l'injustice dont il avait été victime, le poursuivait, le torturait sans cesse.

Désirant à tout prix réparer le tort qu'elle avait eu envers lui, sa maltresse l'accablait de bontés, le prenait à chaque instant sur ses genoux, lui présentait toutes sortes de friandises. Prévenances inutiles! Il recevait les caresses sans y faire attention ; il cherchait même à s'y dérober, comme si elles lui étaient pénibles. Quant aux friandises, dont pourtant il avait été si avide autrefois , il ne daignait pas même les regarder. Toujours chagrin et taciturne en présence de celle qu'il ne pouvait plus aimer, il se ranimait quelquefois quand elle n'était pas là; mais il était évident que ces élans momentanés ne venaient pas du cœur. La vie n'avait plus aucun charme pour lui : il ne prenait un peu de

nonrritore que quand une irrésistible faim l'y forçait : aussi y la pauvre bête était-elle devenue d'une maigreur effrayante. Le cbagrin l'emporta enfin au bout d'un an, après dix jours de souffrances aiguës, pendant lesquelles il persista à repousser jusqu'au dernier moment, les soins assidus que sa maîtresse lui prodiguait.

Ainsi donc les animaux de cette seconde classe, à laquelle, outre le cheval et le chien, appartiennent encore l'éléphant *, le bœuf, Tâne, la renne, l'autruche, etc., n'ont pas, en se soumettant à l'homme, accepté une lâche servitude, mais stipulé, en quelque sorte , une capitulation en vertu de laquelle ils seraient gouvernés avec cette douceur et cette équité qu'un conquérant généreux doit au vaincu.

Leur condition sociale parmi nous, est tout-à-fait semblable à celle que les habitants de la ville de Priverne réclamèrent auprès des Romains. — Après avoir lutté longtemps contre le peuple-roi, ils furent enfin défaits et subjugués par le consul Plautius. — Si nous vous pardonnons, demanda celui-ci aux prisonniers tombés en son pouvoir, comment votre

^ Qui de nous ne connait pas les traits nombreux de vengeance exercés par des éléphants sur les maîtres dont ils avaient à se plaindre ?

nation se conduira-t-^lle ? — Notre conduite , lai répliqua coarageusement l'un de ces malheureux, dépendra entièremait de la vôtre. Si vous nous traitez avec justice, nous demeurerons fidèles; que si vous nous imposez des conditions dures et injurieuses, notre fidélité ne sera pas de longue durée. — Cette fière et noble réponse plût si fort aux vainqueurs, qu'ils jugèrent les Privernates dignes de devenir Romains, et leur accordèrent le droit de bourgeoisie.

La troisième classe, enfin, est celle des oiseaux et quadrupèdes que Dieu a créés tout exprès pour vivre au milieu de nous : tels sont, les brebis, les chèvres, les oies^ les canards, les poules et les pigeons. Sans moyen de défense contre leurs formidables ennemis, ils rappellent ces peuples qui, trop faibles pour repousser Taggression toujours menaçante de puissants voisins, se mettaient volontairement sous la protection des Romains, et jouissaient ainsi d'une sécurité achetée au prix d'une partie de leur indépendance.

De tous les oiseaux de cette classe, le pigeon, je le repète, est, bien probablement, le premier qui soit devenu l'hôte de l'homme, avantage dont M. de Bufibn, — nous le savons déjà, — accorde la priorité aux oiseaux pesants.

La difficulté de réduire les pigeons à Fétat domestique, parait au célèbre naturaliste avoir du être d'autant plus grande, que ce ne sont, d'après lui, que des captifs volontaires, des hôtes fugitifs^ qui ne tiennent dans le logement qu'on leur offre, qu'autant qu'ils s'y plaisent, autant qu'ils y trouvent la nourriture abondante, le gite agréable et toutes les commodités, toutes les aisances nécessaires à la vie K

Certes, le portrait n'est pas flatté; mais heureusement pour la colombe, ce portrait n'est pas le sien. Il n'y a pas d'oiseau moins parasite, moins exigeant, moins égoïste : tout le monde sait de quel dévouement sublime le rend capable rattachement qu'il a pour son gite, attachement qu'il ne perd jamais.

Cette affection du pigeon pour son colombier est un effet providentiel. Il est dans la nature des êtres faibles de chercher , de se construire les retraites les plus cachées, pour se dérober aux poursuites incessantes de leurs ennemis : c'est au fond des forêts, c'est dans des demeures souteraines que le lièvre, le lapin et la taupe se réfugient. Mais la malheureuse colombe, où pourrait-elle trouver un asile,

* Histoire NatureUcy art. Pigeon.

si rbomme ne lui en ouvrait un? C'est une pauvre proscrite sur la terre et dans le ciel ; la liberté, pour elle, est un don funeste : loin d*un toit protecteur, sa vie entière se passe en de continuels dangers, en d'éternelles angoisses. Rien n'est timide comme la colombe, dit Yarron >, et on le conçoit sans peine, quand on songe que l'aigle, Tépervier, le vautour, le corbeau, la fouine, le serpent, le rat, le lézard, sont autant d'ennemis qui la guettent nuit et jour, elle et sa jeune famille.

Quand donc les premiers habitants de la terre chassèrent loin de leurs cabanes et de leurs champs cultivés, les animaux nuisibles dont j'ai parlé plus haut , ils procurèrent ainsi , au milieu d'eux , à la colombe, une sécurité qu'elle n'avait point connue y^ jus^iu' alors , et qu'elle eût en vain cherchée partout

ailleiurs. Eh! n'est-il pas évident qu'elle a dû s'em- " presser de venir jouir de cet inappréciable bienfait, et que loin de se montrer volontaire, exigeante, capricieuse, toujours prête à fuir, elle a dû, bien plutôt prendre tout de suite en affection et son gîte et l'homme lui-même devenu son sauveur ? — C'est un fait connu que les pigeons aiment le séjour

< De re rwlica» lib. lU, c. 7.

des villes. Dans les lieux solitaires ou peu fréquentés, dit Élien 1, les colombes s'enfuient à l'approche des hommes, parce qu'elles ne s'y altendent pas. Dans les endroits très-peuplés, elles sont plus hardies, plus confiantes : elles savent bien qu'elles n'y ont rien à craindre. — Dans les villes, dit encore cet écrivain 2 les colombes vivent en foule avec les hommes, et c'est avec la plus grande douceur et la plus grande familiarité qu'elles viennent jouer ça et là à leurs pieds.

Cet abandon spontané que notre oiseau fait partie de sa liberté, lui est donc inspi»-' cessité impérieuse : l'instinct de sf ainsi que l'extrême tendresse qet„nj«iLSfiï.ppUJ»*^'Vwfœ^,- puissants mobiles qu'on doit attribue, la promptitude et la fidélité merveilleuses, ir,^ quelles il revient toujours à son colombier. L'aflect.on qu'il voue à sa famille, a excité l'admiration ^ de tous les naturalistes, et non sans raison, car ce sentiment va chez lui jusqu'à l'héroïsme.

Deux cents lieues le séparent des objets de son amour : eh bien ! d'un vol rapide il traverse l'immense

* De Jnimal. naU, lib. III, c. 25.

« Ibid. III, i3.

espace, bratant les oiseau de proie, qu'il esl presque eertaio de reoeoiitrer sur sa route; braYsmt la raioi, la soir, les froids les plus rigonfecx, les chaleurs les plus ?iolentes, les Tents, la plaie, la foodre ; rieo ne peat Farréter, ni dangers, ni fatigoes. On a va des pigeons, exlénnës de lassitude et de faim, mourir en rentrant dans leur colombier. — Et cependant, durant ces longues et périllenses courses, le fidèle oiseau rencontre une multitude de refuges ^j' règne l'abondance, et où il serait le bien-venu. Qiiaggn, il songe à sa famille affligée de son abchassèrent loîn'ÇP^^^^"^ ^^ '^ rassurer, de la rendre cultivés, les animaux'^' " affronte le vautour et la haut, ils procurèrent'^^^^ " ^ait résister aux séducla colombe, une sécoi)Ourlaiïiir-5«i^v^-Pïése^ par-

jusqu'alors, ^^

ailleur'^aintenant, je le demande à tout lecteur im-

,--^artial, peut-on appeler Mtes fugitifs, captifs volontaires,

des oiseaux qu'anime un si noble dévouement ? Je

ne m'arrêterai pas d'avantage sur ce point : dans un

autre chapitre de ce volume, je rapporterai plusieurs

faits historiques qui prouveront bien mieux que les

plus longs raisonnements, combien sont injustes les

qualifications déshonorables données au pigeon par

le Pline français.

Si la colombe est venae d'elle-même chercher un refuge aa miliea des hommes» comme on n*en saurait douter, il n'y a pas de doute, non plus, que ceux-ci ne lui aient fait aussitôt un accueil empressé et amical. Elle a toujours été chère, et Test encore à tous les peuples ; comment aurait-elle pu ne Fétre pas aux premiers habitants de la terre?

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