‹ Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. Dulaure (volume 2)Chapitre 12 sur 21 · PÉRIODE PREMIERE · texte numérisé non relu

PÉRIODE PREMIERE

ORIGIlïiE DE 1S.A. NITIOS PARISIENKE.

De l'étendue de son. territoire ^ de l'étymologie de son nom , et de la nature de son culte avant la domination romaine.

Lorsqu'au seizième siècle on comm«tiça en France à écrire, sur l'origine des nations et des villes , ceux qui traitèrent ces sujets se montrèrent peu dignes du caractère d'historien. Aveugles admirateurs du passé par défaut de lumières, de critique ou de sincérité , ils prodiguèrent sans mesure les ^ges , l'illustration ; adoptèrent ^ns hésiter les fictions des temps barbares , et semèrent dans le champ de l'histoire des erreurs difficiles à déraciner. Ce n'est qu'à force d'étude , de pénibles investigations , que des écrivains plus récens sont parvenus à séparer l'ivraie du bon grain , les mensonges de la vérité»

La nation parisienne eut un sort com-

ORiaUNE DE LÀ KÀTIOK PÀRISIEKSE. ^j'i

mun â plusieurs autres. Son origine était inconnue ^ on lui en composa une des plus illustres ^ on substitua un mensonge flat* teur à une vérité ignorée. Si Rome a été fondée par un fils du dieu Mars , et par le nourrisson d'une louve, la ville de Paris le fut par un prince échappé au sac de Troie, par Froncus , fils à^ Hector , qui , devenu roi de la Gaule , après avoir bâti la ville de Troyes en Champagne , vint fonder celle des Parisiens , et lui donna le nom du beau Paris ^ son oncle.

Ces intrépides fabrieateurs d'origine ne se sont pas bornés là ^ ils ont établi la généalogie , raconté les faits et gestes des princes trojens qui ont régné sur la Gaule, fait connaître les institutions qui appartenaient à chacun de leur règne , et , pour répandre un plus grand lustre sur cette dynastie troyenue ^ ils .e^ ont généreusement fait remonter la spur<;e jiisqii'a Samothès , ffls de Japhet et petit-fils de Noé (i). Suivant

(i) Quelques éeiiviLi]i»4cles donaèrae et treinèine m-* des, forthaMtmÂs aux kupqfâlftqes, ont fourni la matière au moine Annius de F'iter6e'^'>qià F» bfodée at ajaplt-

^4 HISTOIRE DE PÀKIS.

ropinion de ces écrivains ignorans ou insensés , la plus honorable des origines était la plus ancienne.

Ji' histoire , grave et sévère , repousse ces chimères , et donne à Paris une origine plus simple , plus vraie et moins héroïque.

Il parait que la nation des Parisii , ou Parisiens ,* se composait d'étrangers peutêtre originaires de la Belgique , abondante en petits peuples \ que cette nation , échap-^ pée au fer de ses ennemis y vint occuper un territoire sur les bords de la Seine et sur les frontières des Senones,

Les fastes de la Gaule offrent plusieurs exemples de peuplades fugitives , sollicitant auprès des nations puissante^ la permission, à des conditions plus ou moins onéreuses ^

fiée à sa manière. Des écrivains plus modernes, peu ' instroits en histoire , charmés de Péclat d'une telle origine, en ont reproduit fidèlement toutes les fables. MM. Legrand et Landon y dans un ouvrage très-recommandable sons le rapport de Part architectural, ont eu en i8oS l'imprudence de les imiter dans leur ouvrage intitulé Description de Paris et de ses Edifices. Ces auteurs auraient dû se borner à parler des productions des arts qu'ils connaissent très-bien.

ORIGINE DE LA NATION PARISIENNE. «jS

de s'établir sur une portion de leurs frontières , alors larges et inhabitées.

Les Parisii , ou Parisiens , étaient sans doute dans cette rigoureuse nécessité , lorsque la puissante nation des Senones leur permit de s'établir sur une partie de ses frontières et sur les bords de la Seine. Un demi -siècle s'était à peine écoulé depuis cet établissement , lorsque César vint dans les Gaules. Les vieillards de la nation parisienne , dit ce conquérant , en conseryaient encore la mémoire, ainsi que celle des conditions qui les liaient aux Senones (i).

(i) Confines erant hi [Parisii) Senonihus, civitatemque, patrum memoriâ, conjunxerant, (G^sab, de Bello gallico , lib. 6, cap. 3.) Cette phrase si^ifie textuellement que les Parisiens s'établirent sur les frontières du territoire, et se rangèrent sous les lois des Senones ; que les vieillards se rappelaient encore Fépoque de cet établissement.

On pourrait me reprocher d'avoir à mon gré inter* prêté , étendu ce passage ; je dois prévenir ce reproche par quelques explications.

L'exiguité du territoire des Parisiens , le rôle passif et subordonné qu'ils jouèrent dans Fhistoire de la co!iquête de la Gaule \ le très - modique contingent de

Voilà tout ce que l'histoire nous fournit sur le premier état connu des Parisiens. On n'a débité qu^ des fables en prêtant une

troupes qu'ils fournirent aux ^taulois^ confédérés contre César assiégeant Alesia , les mettent au rang dtes plus faibles nations de la Gaule. Les Senones , au contraire , avec lesquels ils s'unirent, en étaieut une des plus puissantes. Une nation faible, surtout dans des temps barbares , ne contractait avec une nation très^éminente^n force qu'en qualité de suppliante, qu'en achetant une protection aux dépens de sa liberté , au prix de quelque^ servitudes : tel était évidemment le caractère du traK'é qui unissait les ParUÙBns aux Senones, Ces derniers firent la loi.

La faiblesse de la nation parisienne me fait aussi conjecturer, avec beaucoup de raison^ que l'époque où les Parisiens traitèrent avec les Senones fut aussi Tépoque «ù cette première nation vint s'établir sur les frontières de la seconde. Le motif du traité était évidemment pour les Parisiens la permission de s'établir ,( et l'engag^eotest de se soumettre aux Senones.

Mes conjectures sjDut encore appuyées par lexemple des principales nations de la Gaule, par celui de$£dui, des Ar verni, etc- , dont les frontières se. trouvaient Qcciipées par de petites nations qui leur étaient soumises. ♦

Elles sont encore appuyées par une conviction que donne la connaissance de l'état politique des Gaulois à cette époque , conviction plus facile à sentir qu'à fairo pfisser dans l'esprit des lecteurs.

ORIGINE DE LA NATIOJT PAîaSIEÏINE. 77

plus haute antiquité à cett« nation ^ qui n'est mentionnée par aucun écrivain antérieur à César.

Le territoire concédé «ux Parisiens ne devait pas avoir , dans sa plus grande dimension , plus de dix à douze lieues. Au nord , il était borné par celui des SïlvcmeC'tes , dont le chef-lieu est représenté par la ville de Senlis ; à l'est, par celui des Meldi ( Meaux ) ; à l'est et au sud , par le territoire des Senones ,• au sud et à l'ouest , les Parisiens avaient pour voisins les courageux Camutes.

On ignore si la position de Corbeil dépendait des Parisiens •, mais on a la certi-tade que Melun n'en dépendait pas , et appartenait au territoire des Senones. Ou est' certain aussi que les positions de Jouare {Dwodurwn), de S€dnt''Grermain'en-Laye et de Pantoise , étaient hors du territoire parisien.

La Semé , traversant ce territoire , formait, au point où se trouve aujourd'hui Paris , cinq îles , dont la plus étendue fut , par les nouveaux habitatis , choisie pour

leur place de guerre : c'est celle qui reçut le nom de Lutèce ou de Lucotèce , ensuite celui de la Cité, La surface de cette île était alors moina grande d'un cinquième environ qu'elle n'est aujourd'hui. Elle s'étendait en longueur depuis le chevet de l'église de Notre-Dame jusqu'aux environs , de la rue de Harlay.

Cette île nommée Lutèce ou Lucotèce y dénuée de murs d'enceinte , n'avait de for* tification que le cours de la Seine. Elle n'était point une ville ] les Gaulois , à cette époque, n'en avaient point ,' ils habitaient des chaumières éparses dans les campagnes , et lorsqu'ils craignaient une attaque , ils se retiraient avec leurs denrées , leur famille et leurs bestiaux , dans leurs forteresses , et y construisaient à la hâte des cabanes où ils abritaient leurs personnes et leurs provisions (i).

(ly Cette opinion a para étrange ; mais elle est solidement établie par des autorités irrécusables que l'auteur de cet ouvrage a réunies dans une dissertation imprimée dans lé tome II des Mémoires de la Société royale des antiquaires de France.

ORIGIIÎE DE LA IfATION PÀRISIEHKE. 'JQ

Telles furent l'humble origine de la nation Parisienne , l'étendue de son territoire, et la destination de sa forteresse. Combien d'autres peuples de la' terre , qui figurent honorablement dans les fastes de l'histoire , ont eu des commencemens aussi faibles, aussi obscurs !

/ Où rhistoire est en défaut peuvent se placer des conjectures : je vais en hasarder nue sur l'étymologie du nom Parisii.

n est vraisemblable que ce nom n'était point originairement celui de la nation i laquelle les Senones concédèrent un territoire , et qu'il provenait plutôt de la situation de ce territoire sur la large frontière qai séparait la Celtique de la Belgique.

Il existait dans la Gaule et dans la Grande-Bretagne plusietirs autres positions géographiques, appelées Parisîî^ Barisii.

Les radicaux Par et, Bar sont identiques , les lettres P et B étant prises très-souvent Tune pour l'autre (i). Les habitans du Barrois sont nommés Barisienses , comme ceux

(i) Dans les lang^ues tadesques Paris est toujours prononcé Boris, .

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de Paris Paristenses, Or, le Banms était la frontière qui séparait la Lorraine de la Champagne. Le territoire des Parisiens était aussi une frontière qui séparait les Senones et les Carnutes des Silvanectes , la Gaule celtique de la Gaule belgique. Il est certain que toutes les positions géographiques dont les noms se composent du radical Bar ou Par sont situées sur des frontières. Il faudrait donc en conclure que Parisii et BarisU signifient habitans de frontières, et que la' peuplade admise chez les Senones ne dut son nom de Parisii qu^à son établissement sur la frontière de cette nation.

1 Cette conjecture est plus vraisemblable que celle qui fait dériver le mot Paris du nom du prince troyen qui décerna la pomme fatale à Vénus ^ et de celui d'un certain roi ^pelé IsUs , ou de la déesse Isis , qui lun et l'antre sont , avec Francus , signalés comme les fondateurs de Paris. C'est en conséquence de l'une de ces prétendues origines, qu'on a long -^ temps soutenu qu'/fi5 était une divinité des Parisiens.

Jamais ce peuple n'a rendu un culte à

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cette déesse : on n'en trouve aucun indice. L'autel dédié à Jupiter , découvert sous te diœur de Notre-Dame , contient tous les nams des divinités romaines et gauloises adorées par les Parisiens : on n'y voit point celui d^Isis.

César , qui écrivait cinquante-quatre ans environ avant notre ère vulgaire/, est le premier écrivain qui ait fait mention des Parisiens* Si le nom Isis eut servi à former celui de Parisii, il faudrait conclure que le culte de cette déesse égyptienne aurait été étabH dans la Gaule avant que César y portât la guerre^ Or , Tintroduction de ce culte avant cette époque doit, au jugement de tous ceux qui ont quelques connaissances de rhistcMre de la propagation des sectes religieuses , paraître insoutenable et absurde.

Une statue, placée près de l'église de Saint - Gennain - des - Prés , devant laquelle quelcpes femmes venaient s'agenouiller et faire brûler des cierges, était, suivant nos anciens savans, l'idole à' Isis* Les faibles détails qu'on a donnés sur cette statue et

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sur sa forme ne caractérisent nullement cette divinité (i)- -

Ceux qui Fou vue n'étaient pas ^ il faut le dire , assez instruits sur ces matières pour que leur jugement fasse autorité. En supposant que cette statue fût celle d'une Isis j il n'en résulterait pas qUe les Parisiens l'eussent adorée, eux qui, comme les autres Gaulois , ne rendaient aucun culte aux idoles à figure humaine. On pourrait seulement en induire que les Romains ont, dans la suite , introduit ce culte à Paris \ mais lea Romains n'ayant adopté authentiquement le culte à'Jsts que long-temps après la conquête de la Gaule par César, il est impossible que le nom de cette déesse, alors inconnue dans cette région , ait servi à composer celui de Parisii qui existait avant cette conquête.

(i) Je ne connais que Corrozet qui «it décrit cette figure : « Elle est , dît-il , maigre , haute , droite , noire 9 pour son antiquité , et nue sinon avec quelques figures » de linge enlacé en tous ses membres. » Dom Bouillart, dans son Histoire de VAhbaye Saint "Germain (pag. 179), dit que cette statue n'était que de plâtre.

origuïe de la hàtioh pakisienhe. 83 On a dit que le village d'Issj , près de Paris, devait aussi son nom à un temple dédié à Isis, C'est encore , de la part des illustrateixrs du passé , une fiction qui n'est {ondée que sur la ressemblance des noms. D existe en •France un grand nombre d'ap« peUations géographiques qui sont compo-sées du radical is , tels que les noms latins SIssoire et $Avxerre , les noms français XIs^siir-Thil , d'Isseure, à'Isigni, Hissé , etc. Il existe même plusieurs lieux nommés Issj. Ces noms ne doivent rien à celui de la déesse Isis.

On découvrit , dans des fondemens près de l'église Saint-Eustacbe , une tète colossale en bronze. Aussitôt certains savans y virent la tète d'une Jsis. M. de Caylus, en décrivant et publiant la gravure de cette tête, a proiïvé qu'elle est celle dWe Cybèle. Toutes les prétendues traces du culte àHsis à Paris ont disparu.

H vaut mieux ignorer que mal savoir.

Nous n'avons rien de bien positif siu* l'étymologie du mot Paris H; mais nous sommes certains que ce nom ne dérive point de ceux

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du Troyen Paris , du roi Isus , ni de la déesse Isis.

Après avoir prouvé que cette divinité ?i'a point donné son nom aux Parisiens, n^a point chez eux reçu de culte , il conviez^drait de recherclier quels obJAs y étaient adorés avant* la domination romaine. Nous n'avons que peu de notions sur ce sujet. .

Les Gaulois ne représentaient point leurs divinités sous des formes humaines \ ils n'adoptèrent cet usage que lorsque leur religion fut confondue avec celle des Romains , leurs vainqueurs.

Les bas-reliefs et inscriptions qui furent découverts eu 17 ii sous Féglise de Notre- Dame , et que je décrirai dans la période suivante , offrent des divinités gauloises mêlées aux divinités du Capitole. Tel est Esus , dieu généralement adoré par les Gaidois ^ ici , il est représenté armé d'un instrument tranchant ^ devant un arbre , dans Tattitude d'un homme qui en abat les branches.

On y voit aussi une divinité nommée Cev" nuimos j peu connue dans la mythologie celtique , et qui parait avoir été la divinilé

ORIGINE DE hJL HÀTIQJX PAmiSIENNE. 85

topique des Parisiens. Son large front est armé de cornes, auxquelles sont appendus des anneaux. J'en parlerai avec plus de détails dans la suite.

Les monumens du culte |;aulois consistaient ordinairement, non en figures humaines, Fart du statuaire leur étant inconnu , mais en pi erres brutes, en obélisques grossiers plantés en terre ^ qu'on a nommés pwrre fixe , pierre file , etc.^Le village de Pierrefite, situé au-delà de Saint-Denis, doit évidemment son nom à un pareil monument ; un lieu situé rue de Ménilmontant , appelé Haulebome^ a pu devoir son nom à un monument de la même espèce.

Une autre sorte.de monument religieux des Gaulois consistait en un groupe de plusieurs pierres de forte dimension , dont Tune , plus large , était élevée sur deux autres qui lui servaient de soutien, et dont rcnsemble formait un autel rustique. On les nomme le plus ordinairement pierres levées. Une rue de Paris, autrefois située dans le quartier du Temple , et qui n'existe plus , a porté long-temps le nom de Pierre

86 HISTOIRE DE PlEIS.

levée:; ce nom indique certainement un monument de Teepèce que je viens de décrire.

On pourrait ajouter que les noms de Pierre jiulardy Pierre Olet , que portent des rues de Paris , ont une pareille origine ; mais ce n'est là qu'une conjecture fondée sur la ressemblance de ces noms avec ceux de quelques monumens celtiques connus.

Il faut savoir que la partie septentrionale de cette ville, où se trouvaient cçs rues, était, avant la domination romaine, couverte d'une épaisse forêt ^ que le temps, la population , les événemens politiques , ont efiacé du sol Parisien presque toutes les traces du cuke de ses antiques habitans.

Le plateau de Sainte^enevîève, nommé du temps des Romains Mons Locutitius j dont une partie est depuis long-temps consacrée au culte chrétien , parait l'avoir été antérieurement au cidte gaulois. J'appliquerais la même conjecture aux éminences dites Montmartre et Monh-Valérien ^ les points les plus élevés de ceux qui bornent l'horizon de Paris. Je présume que leurs

ORIGIIIE DE LÀ zrATIOK PARISIENNE. 87

cimes étaient autrefois, comme elles sont aujourd'hui , des lieux consacrés , des hauts lieux* C'est une vérité constatée que les cultes se sont succédés, ont changé d'objet, mais n'ont point changé de place. Sur l'esprit du vulgaire la routine a plus d'empire que les dogmes religieux.

Les chrétiens, lorsqu'ils eurent, à l'instar des païens, adopté des cérémonies et l'usage des temples , pour assurer le succès de leurs prédications, établirent les objets de leur culte dans le lieu même où le paganisme célébrait ou avait célébré le sien. Saint Grégoire (i), évèque de Rome , recommande

(i) « Les chrétiens ne doivent point détruire les tem- » pies des idolâtres , » écrivait ce prélat de Rome à Augustin, qui lui demandait des avis sur la conduits qu^U devait tenir en convertissant les Anglais ; « mais » ils doivent se borner à détruire les idoles qui s'y B trouvent , à y faire des aspersions avec de Peau bé^ 9 Dite , à y construire des autels où seront placées les 9 reliques des saints. Si ces temples sont solidement » bâtis , il ne faut qu'y changer l'objet du culte , et » substituer celui du vrai Dieu à celui du démon , afin » quelepeujde, voyant qu'on ne détruit point les tenir B plef, entminé par ses habitudes , s'y rende volontiers , P et ajdoine le yrai P$eu dans les lieux mêmes où il ador

expressément Tobservation de cette règle , dopt plus d'aine fois j'aurai ToccasicHi de faire Tapplication. Cette adroite condescendance ou fraude pieuse obtint plus de succès que les exagérations du fanatisme.

M rait de^fausses divinités. » Ut, dùm gens ipsa eadem fana sua non videt destrui , de corde errorem deponat, et, Deum verum cognoscens ac adorans, ad ioea quai consue»fitJamiliariù$ occumU,

Saint Grégoire pousse même la complaisance jusqu'à autoriser, dans les temples chrétiens, la continuation des sacrifices des bœufs nombreux qu'on y égorgeait. Il ordonne seulement que Ton change les époques et Fob» îet de ces immolations. « Les jours de la dédicace ou » de la naissance des saints dont les reliques reposent » dans ces temples convertis en églises , dit il , ornez-en » le tabernacle de branches d'arbres ; cëlébrez-y avec i> pompe un^iestin sacré; que les animaux n*y soient y> point immolés au diable , mais qu'on les tue pour les » manger en l'honneur de Dieu. » (JScdeakuêictB Hi»^ toriœgentis Anglorum, venerabilis Bedm presbjteri, pag. 4', verso, edit. i5G6.)

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