‹ Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. Dulaure (volume 2)Chapitre 14 sur 21 · YIBIUS HERMES EX VOTO · texte numérisé non relu

YIBIUS HERMES EX VOTO

Dans le même enclos deS: Carmélites , lorsqu'en i63o on travaillait à construire la fontaine de ce cou-vent, on déterra quelque» restes d un cercueil , et uj} bas-relief de deux pieds de haut où Ton voyait, dit encore Sauvai , un sacrificateur debout , et à ses pieds, un taureau prêt à être im~ moie.

Aucun de ceux qui ont écrit sur Paris n'a fait attention à ce passage remarquable de

sous LES ROMAINS. I91

Ssayal; et lui-même ne se doutait pas qu'il

décrirait un monument curieux et très-rare

en France , un monument du culte de Mi-'

thra, dieu-soleil des anciens Perses. Les

Romains , vers la fin de leur républicpie ,

admirent le culte de ce dieu , et le reprë->

sentèrent ordinairement sous Temblème

d'un jeune homme , coiâ^ du bonnet I^uy-

gien , armé d'un poignard, et prêt k l'enr

foncer, ou l'enfonçant dans la gorge d'uB

taureau couché à ses pieds.

Ce culte' passa avec quelques autres,- à l'époque des Antonins , de l'Italie dai|# jb Gaule , où des monumehs semblables , n^ai^ en très^etit nombre j ont été-découverts. . La figuré que Sauvai nomme un sacrifia cateur est celle de Mithra lui-même, qui triomphe du taureau équinoxial ; elle est un des emblèmes du dieù^du jour, qui,, au printemps,. sort victorieux des ténèbres de l'hiver. Ce culte avait de grands rapports avec le christianisme, ecHume l'avouse Terrtulien (i).

(1) Dans le Becueil d'Jntiqwtéê de Gayluf , t m, dans Fatlas de V Origine de tous Us Cuhew, par Di^Hi»>

igH HISTOIKE DE PARIS

Ce bas-relief, situé parmi des tombeaux , ne leur était pas plus étranger que ne le sont les signes et objets de culte placés autrefois , et qu^on place encore aujourd'hui sur les monumens sépulcraux.

Dans le même quartier , un peu plus au sud, vers remplacement de la maison de l'institution de l'Oratoire , et sur la route d^Orléans , on découvrit à 4 pîeds sous terre un cercueil de pierre , long de 6 pieds et large de plus de a. La position où se trouva ce cercueil annonçait qu'il arait .été renversé. Â un pied au-dessous fut trouvé im autre tombeau aussi en pierre , sur lequel était gravée une inscription, qui apprend qu'il fut érigé pour Lucius Gapillius , fils de Cneius Pe/peto, par ses héritiers. ,

« Je pourrais encore parler , ajoute Sau- » val , de quantité d'autres caveaux , de » coffres , de squelettes et de tètes , ayant

on Toh la gravure de divers monumens de Mithra ; ^ dans les salles des Antiques au Louvre, on a réuni deux de ieè monumens en original , dont nous avons fait gra- .ver celui qui nous a paru le plus intéressant et le mieux conservé. Voyez. ^\, 7.

sous LES' ROMAINS. jgi

n des Hfeédailles à la bouche , qui aupara- M faut et depuis ont été découverts à Noy tre Dame-des^Champs ( enclos des Car- » mélitïes ) et aux environs *, ce qui donne- » raâtjUeu de croire , vu le grand nombre » qu'on a trouvé en ce quartier-là ^ que » peut - être les Romains l'avaient choisi » exprès pour leur servir de cimetière et y » placer leurs tombeaux , parce que c'était » le grand chemin de Rome (i). »

M. l'abbé Lebeuf pense que non-seulement le champ de sépulture comprenait tout le plateau de la montagne Sainte-Geneviève et une partie de son revers oxîental , mais qu'il s'étendait au midi jusqu'à MorOsouris^ où se trouve lapiaison dite la Tombe-Isoire* Pour prouver que tout cet emplacement était <conaa43ré aux morts , il cite aussi ^ outre la Tombe-hoir^ y le fief des tombes ^ situé dans le même emplacement , ainsi que les contes populaires sur le diable de Vauvert^ les esprits, les revenans ^ qui apparaissaient en ces lieux contigus à la rue à! Enfer.

(i) Antiquités de Paris, par Sauvai, 1. 1, p. 20, et t II y p. 335 et sni^antçsr

Fabrique DE poteries. Au milieu du champ des sépultures les Romains cherché* rent et trouvèrent une terre propre à la poterie. A l'endroit même où s'élève Tédifice du Panthéon , lorsqu'en i^Sy on commença à travailler à ses fondations , il fut découvert plusieurs puits sans revètîssemens , creusés dans Tunique but d'y trouver des terres propres à la fabrication. Quelquesuns de ces puits avaient jusqu'à ^5 pieds de profondeur. On y trouva des âtres , des fours construits pour la cuisson des ouvrages , des fragmens de vases , des vases entiers et imparfaits.

On y employait deux sortes de terre ; l'une , d'un blanc-gris , éuit recouverte d'un vernis noir et fort égal , et l'autre rouge , dont le vernis avait un éclat très* brillant. Sur les vases en terre rouge , on remarquait des bas-reliefs d'un très -bon goût.

Dans ces puits on a trouvé aussi une médaille d'Auguste , les anses d'un grand vase de bronze , que M. de Caylus a jugées dignes d'être gravées 5 de plus , quelques

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fragmens de bronze peu intéressans , et une meaie de moulin à bras (i).

Arènes (a). Vers la fin de la domination romaine presque tous les chefs«lieux de la Gaule avaient un emplacement destine aux jeux , aux combats des gladiateurs et à ceux des bêtes féroces. Ces emplacemens , nommés Cirques , amphithéâtres , sirènes , étaient ordinairement construits avec plus ou moins de magnificence par des soldats légionnaires campés près du chef -lieu , comme le prouvent quelques inscriptions du Recueil de Gruter.

Sur le. revers oriental de la montagne Sainte-Geneviève , entre la maison dite autrefois de la Doctrine chrétienne et la rue Saint- Victor , était un emplacement auquel un seul titre de Tan i384 donne le nom de Chs des arènes.

Cette dénomination a fait croire qu'il avait existé là un amphithéâtre ; mais aucun reste de ce prétendu édifice n'a survécu pour témoigner son antique existence. Nous voyons

(1) Antiquités de'Caylus, tom. III, p. 40a et suiv. [^) yoye% Plao de Paris sous la domioation romaine.

enoore et nous admirons les débris iiE^posans des amphithéâtres des autres villes gauloises : Paris n'offre rien de semblable. On doit en eoncktre que ce lieu de spectacle , s'il a réellement existé, était peu solidement construit ^ et se composait de palissades et de terrasses.

A l'indication que doni^e le titre dont je tiens de parler ^ on a rattaché un passage de ^Grégoire de Tours ; ce passage porte qu en Tan 577 le rolChilpéric ordonna qu'il serait bâti des cirques à Paris et à Soissons. Suessoniù atque Parisiis circos œdificari phSËcepit. Cet ordre suppose quç Parts et Soissons étaient dépourvus d'un bâtiment destiné aux spectacles publics ; car «ce roi n'aurait pas ordonné la construction d'un édifice déjà existante On ignore si cet ordre fut exécuté y mais s'il a existé à Paris une construction appelée les Arènes , on peut assurer ) puisqu'il n'en est resté que le nom , qu'elle n'était ni magnifique ni solide.

AuTBX. A Bàcchus. L'existence de cet autçl n'est fondée que sur une conjecti^'e -, maificetteconîectureest très** vraisemblable.

sous LES ROMÂITfS» ig*J

Près des vignobles qui garnissaient, au nordet à Test , le pencham de la colUne de Saînte-*Geiieviève , à l'endroit où est au-* joirfï'liui située l'église Saînt-BencHt , on a , à ce qu'il paraît, pendant long^temps, rendu tm culte à un smnt Baechus , nommé en français saint Bacch (i).

Le nom du saint , le même que celui du

dieu Baochus ; son culte établi dans les do^

maines du dieu du A'in , au centre des Ti-

^es ^ la fête de ce^aint célébrée le 7 ocio*

hre , le jour même où, dans les environs

de Paris , on célébrait encore , il y a peu de

temps y la fête païenne des vendanges et de

Baechus ^ Torigine inconnue de saint Bac-*

cbus qui n'a point de légende particulière ,

et qui n'a été qu'un peu tard accolé à saint

Sergius^ et mis avec lui en communamé

d'événemens, parce ^jue là. fête de l'un et

de l'autre était célébrée le même jour : toutes

cescirconstances réunies ne prouvent point »

mais readeàt très-€!royable l' existence d^un

autel à Baechus, dieu auquel a succédé ,

dans ces vignes, le culte d'un saint de ce

(1) Fbyez ci-après , article Saint-B^^tt.

\gS HISTOIRE D£ fahis

nom. D'autres exemples de métamorptoses de dieux en saints , opérées par Tignorance et la force de l'habitude , rendent celle-ci très-probable (i).

Edifice du quai de la Tourwelle. Trois fragmens de marbre , représentant des figures en haut-relief 9 et un mur de 5 pieds d'épaisseur, construit de pierres de taille d'une grandeur considérable , trouvés , en 1735, à 10 pieds de profondeur, en jetant les fondemens de la maison que faisait bâtir M. Mazois , trésorier de France , indiquent un édifice antique , construit avec une sorte de magnificence. M. de Caylus conjecturé que cet édifice était une chapelle bâtie par

(i) Depuis que remperei^r Probus eut permis aux Gaulois de planter des yigoes, le culte de Baechus fut établi parmi eux. Julien, dans son Misopogon , dit que ces peuples rendaient on culte à cette divinité ; et Pabbé Lebeuf, dans deux dissertations, a décrit les cérémonies païennes des fêtes bachiques célébrées de son temps , les 7 et 9 octobre , dans quelques vignobles des environs de Paris. Un vignoble près d'Orléans , appelé Rebrechien , doit ce nom à un lieu consacré à Baechus, area Bacchi. Voyez ci-après, chapitre 4» article Saint- Benoît ^ et article Établissement du Christianisme a Paris , et la note.

sous LES ROMAIIÎS. 199

les négocians de Paris , vis-à-vîs de Tautel érigé dans la Cité par les mêmes négocians (i). Cette conjecture ne satisfait point , mais on ne peut lui opposer quWe autre conjecture.

Telle était au quatrième siècle , Ik physionomie de la partie méridionale de Paris : le palais des Thermes , ses vastes jardins , un vignoble , un camp roniain , un champ de sépulluresy en occupaient presque la totalité .

Statue de Julien. Un marbrier, de Paris possédait une statue de cet empereur ^ il par/iit qu'elle a été découverte dans cette ville, mais on ignore en quel lieu , à quelle époque. M. Denon , qui Ta acqyise du marbrier pour la céder au gouvernement, M. Visconti, qui l'a fait placer au musée des Antiques du Louvre , ont jugé que cette statue n'était point un ouvrage romain , et qu'elle avait été fabriquée dans les Gaules. Le témoignage de ces deuj: habiles antiquaires , la confiance que l'on doit à leur

(]) Recueil d'Antiquités , t. UI, p. 3^8.

!KOO BlSTOIRe DE PAUI»

tact, à leur décision, in^ont déterminé à la placer au rang des anciquités^pariflieimes. Sa tôte , chargée d'un diadème , ornée de pierreries et entrelacée avec des lauriers , comparée avec celle de ses médailles , est d'une ressemblance frappante 5 son corps est couvert du manteau grec.

La statue de cet empereur, qui a séjourné pendant quatre ou cinq hivers à Paris, qui a parlé avec intérêt de cette ville , et parait avoir opéré d'utiles changemens dans son administration , coiiime on le verra bientôt , quand même elle n'aurait point été découverte sur le sol parisien, ne serait point déplacée parmi lesantiquités parisiennes.

§ V. Etat civil des Parisiens à la fin du quatHème siècle; ëpoqae' et cause du changement du nom de Lutèce en celai de Paris.

La petite nation, des Pansii^ ou Parisiens, n'était point au rang des privilégiées , de la Gaule, aii rang des nations libres^ ah liées ^ ou amies des Romains, comme il s'en trouvait [dusieurs que Pline a dénomr

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brées. Sa forteresse ou chef-lieu, LiUèce^ ne fut jamais colonie , ni métropole de pço- TÎnce ; elle ne jouit y sous Tempire romain , d'aucune de ces prérogatives qui peuvent favoriser Taccroissement et la magnificence des villes ; si elle devint mimicipe , ce ne fut que vers la fin du quatrième siècle ^ elle devait être auparavant réduite à la pire des conditions politiques, à celle des vectigales. Zosime, Ammien Marcellih et Julien lui donnent des qualifications équivalentes à petite forteresse {casteHum^ appidulum).

A une époque inconnue , et pendant la période romaine , les Parisiens étaient avec les^e7io;ie5 , les Tricassini, les Meldi et les Edui , soumis au même régime financier , et sous la direction d'un setd adjoint au procurateur général *, un de ces adjoints est , dans une inscription , nommé AureUus De-metrius. Ces nations faisaient , comme celle des Parisiens , partie de la province Lyonnaise*

Deux préfets , vers la fin du quatrième siècle y résidaient à Paris : <:elui des navigateurs , sur la Seine , établis à Andresy ( pr4B*

302 HISTOIRE DE PiB.19

fectus classis Anderecianorum , Parisiis ) , et le préfet des Sarmates , peuples étran-* .gers Yaincus , et chargés de cultiver des terres situées entre Paris et Chora (i).

Paris et son territoire dépendaient de la province Lyonnaise, qui, vers la fin du troisième siècle , fut divisée en deux provinces ^ alors le territoire des Parisiens fut compris dans la première Lyonnaise. Vers la fin du quatrième siècle , la Lyonnaise , de nouveau divisée , le fut en quatre provinces j les Parisiens se trouvèrent dans la quatrième 9 qu'on surnommait Senonia , parce que Sens en était la métropole.

Pourquoi la forteresse des Parisiens à-telle perdu ou quitté son nom primitif de Lutèce^ pour prendre celui de PârisuP pourquoi le nom de la nation a-t-il remplacé celui du chef- lieu ? à quelle époque s'est

(i) Chora n'existe plus. Sa position, qui n'offre qae des mines, était, comme l'a prouvé M^ Pasumont, dans ses Mémoires géographiques, sur i^n tertre appelé VilU'-Auxerre , près de la rivière de Cure, à i5oo toises environ au nord de Sermicelles , entre Vermanton et ÂvaloD.

sous LES ROMAISS. ^o3

opéré un changement si extraordinaire ? Il serait trop long de résoudre complètement ces questions encore neuves : je dois me borner à des résultats , à un exposé succinct des principales causes de ce changement , et à la fixation de l'époque où il s'est opéré (i). Des barbares d'outre-Rhin avaient passé ce fleuve , et pendant cinq années consécutives , par des pillages , des incendies , des massacres , avaient presque entièrement ruiné, dépeuplé une grande partie de la Gaule y et surtout désorganisé son gouvernement. Les Parisiens durent beaucoup souffrir de ces désastres. Le césar Julien , envoyé exprès dans la Gaule pour les faire cesser^ parvint , pendant les années 356 et 35^, àla purger entièrement de ses dévastateurs. Au lieu de rétablir l'ordre ancien , ce prince 9 à ce qu'il parait , y substitua un nouveau plan d'administration plus uniforme et plus populaire. Il fit disparaître toutes les différences qui se trouvaient entre

(i) Ces résultats sont tirés d'un ouvrage inédit que j'ai composé sur VÉtat géographique et politique des Gaules pendant la domination romaine. /

2fco4 HISTOIRE DE FAftIS

les diverses nations et les diverses cités ^ on ne vit plus de villes colonies , de cités alliées , libres , amies , vectigales, etc. *, les privilèges disparurent , et furent remplacés par Tunifomiité d'administration , et l'égalité de droit.

Les chefs-lieux des nations qui ne jouis- . saient d'aucune prérogative , d'aucune distinction nationale , acquirent alors des droits égaux à ceux dont avaient joui les colonies , les métropoles , etc^ \ les institutions dé la cité , c'est-à-dire de la nation , furent concentrées dans son chef-lieu , qui reçut dèslors le titre de cité ^ et de plus le nom de la nation. Le chef-lieu des Parisiens, ainsi que tous les chefs*-lieux ilon privilégiés , perdit son nom primitif, et fut appelé Parisii , les Parisiens.

Ce changement eut Keu à la suite du désastre dont je viens de parler, pendant que séjournait dans la Gaule le césar Julien , qui , avec tant de eèle , répara les maux soufferts par les Gaulois , purgea de leurs vices , de leurs abus , la plupart des administrations 9 affranchit le peuple de charges

sous LES ROMAllfS. Uo5

arbitrairèa et d'exactions , le rétablit dans l'exercice de ses droits , in re çmli magna" nindiale correxit et liberieUe (i), dit un contemporain^ cisHbus jura resliiuit , dit un autre (a).

Ce chan^çment de condition politique , qui amena un changement dans les noms des chefs-lieux , s'opéra entre les années 358 et 36o.

Les géographes , avant ces années , donnent toujours au chef-lieu des Parisiens les noms de Lutecia , Lutetia : dans Strabon , on lit Lucototia ; dans Ptolémée , Lucotecia^ dans Julien , Leukelia, Âmmien Marcellin , en traçant le. tableau géographique de la Gauler, nomme ce chef-lieu des Parisiens Lutetia ; mais , dans le récit qu'il fait des é?énemens postérieurs à l'an 358 , il l'appelle Parisii^ Le changement commençait alors à' s'opérer. Un synode , tenu dans les mois de novembre et de décembre 36o ou 36 ï , donne à ce chef-lieu le titre de cité et le nom de Paris ^ apud Paris eam civita-

(i) jàmmian, Mttrcell., lib. i6^ cap* 5,

{2) Mamertinus , panegyr, in Mia^Wf^» c*Pf 4*

2o6 HISTOIRE DE PARIS

tem (i). Dans les mois de novembre et de décembre 365 , les empereurs Falentinien et yàlens , qui y résidaient , y publièrent trois lois rapportées au Code théodosien ; elles nomment dans chacune d'elles le cheflieu des Parisiens , ParisiL Depuis , ce nom lui a été conservé dans les histoires et dans les actes publics.

Il faut conclure que le changement de régime et de nom , et l'érection de Lutèce en cité, opérés entre les années 358 et 36o, pendant le séjour de Julien dans les Gaules, furent l'ouvrage' de cet empereur.

Ce prince , comme on doit le savoir, s'occupa beaucoup de municipalités : il rendit plusieurs lois à ce sujet. Ammien Marcellin le blâme , et Libaiiius le loue d'avoir fait , avec une sévère énergie , exécuter les lois concernant les charges municipales. ^

Lutèce , comme les autres chefs-lieux-de la Gaule , qui éprouvèrent le même chan-

(i) Le nom de cette cité est écrit, dans la lettre synodale , Fariseam ; mais il n'a jamais existé dans \t% Gaules de cité ainsi nommée , et il est évident que c'est une erreur de copiste.

sous LES ROBCAlIfS. 20^

gement , dut alors être érigée en municipe ; elle portait le litre de cité; elle dut en avoir les institutions ; elle dut, comme toutes les autres cités, avoir un corps de juges et d'administrateurs municipaux , corps ap-*pelé, au quatrième siècle , ordo munidpalis , curia , composé de decuriones et de euriales; elle dut contenir un édifice propre aux séances du corps municipal , et au dépôt de ses actes, que les monumens historiques nomment gesta municîpalia.

Cet édifice était évidemment celui qu'on a depuis désigné sous le nom de palais de la cité.

Il est certain que Tordre municipal, et les bàtimens consacrés à cette institution , étaient ordinairement, dans les villes an^ ciennes , placés dans le quartier spécialement nommé Cité, Ainsi Paris , à la fin de la domination romaine , possédait deux édifices qui pouvaient porter le titre de palais , celui de la Cité , et celui où les Césars et les Augustes passaient leurs quartiers d'hiver , lorsqu'ils se trouvaient dans la Gaule , c'està-dire celui des Thermes. *

ao8 HISTOIEE DE PAKIS

Ce ne peut être que lorsque cette ville prit le nom de Parisii oii Paris » et fut érigée en cité^ ce ne peut être que vers le milieu du quatrième siècle qu'elle devint le siège d'un évêehé \ ce n'est qu'à cette époque, en effet , que l'on cœnmence à voir un évêque de Paris dont l'existence n'est pas douteuse.

Les habitans de Paris ne jouirent pas long-temps des bienfaits de Julien. En /\o6^ une foule de peuples barbares fondirent sur la Gaule , et la ravagèrent>pendant dix années consécutives : cette ville ne dut pas échapper à cette calamité. Vers l'an 494 5 elle devint la proie des France.

Voilà ce qu'il m'a été possible de recueillir sur l'état de Paris, pendant la période romaine. Tout ce qu'on a imaginé pour donner un plus grand lustre à icette ville doit être mis au rang des fictions.

J'ajouterai ici les seules notions. qui nous restent sur les mœurs des Parisiens, pendant cette période 5 c'est l'empereur Julien qui me les fournit.

Tabli^au moral de Paris. La plupart des

sous LES KOMAmS. 309

maisons étaient , pendant rhive% chauffées par des fourneaux.

On y cultivait arec ^ueeèi la vigne, et même les oliviers , qu'on avait' smn dtr tenir couverts d'ime ^enveloppé' de 'p^lle , ^«mr les mettre à rat>ri des rigueurs^ dé^kp^N^e saison.,

'Les mœftirs simples et tmstères' de- Jiaiien plaisaietit aui Gaulois encore rustiques:

Comparant les mœfûrë dfeS )iabîtan«» d^ntioche à celles des Gaulois, Julien dit de ces derniers : « S'ils retident un cultC' à Vénus, ils considèrent cette déesse comme présidant au mariage \ s'ils adorent Bacclius , fet usent largement de ses dons , ce dieu est pour eux le père dé la joie , qui , avec Vénus , contribue à procurer une nombreuse progéniture. On ne voit cbez eux ni l'insolence, ni l'obscénité , jii les danses lascives de vos théâtres (i j.

Dans la disette de notions historiques sur Paris, il ne faut rien omettre de ce qui peut faire connaître l'état moral de cette ville \ Julien , qui cultivait les lettres avec

(1) Misopogon de Julien.

succès, y^vait amené un ' savant médecm appelé Oribasé, auteur de plusieurs ouvrages ^ et notamment d'un abrégé de ceux de Galien. La réputation littéraire de Julien , celle de son médecin, attirèrent à Paris plusieurs* savans qui, pendant les quatre ou cinq hivers que ce prince séjourna dans cette ville , y formaient une espèce d'académie, s C'est Orihase lui-même qui nous transmet cette particularité (i)«^

(x) Oribasii medicinalium coUectorum prœjàtio , lib. I , p. 2o5.

sous LA PREMIERE RACE. ail

PERIODE IIL

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