ÉTAT PHYSIQUE
)) éloit à denai-eouvert d^herbes •, quaiU au » dehors , les maisons des faubourgs toutes » rasées. Il n'y avoît quasi un seul village » pierre sur pierre , et les campagnes toutes » désertes et en friche (i). »
Trois ans après l'entrée de ce roi, cet état de dégradation , à plusieurs égards , subsistait encore.
Le 1 5 mars i Sg'j , dans le temps où l'on s'occupait de la reprise d'Amiens dont les Espagnols s'étaient emparés, le prévôt des marchands dit dans l'assemblée de l'Hôtelde-Ville, « que Paris est dénué de toutes » choses 5 que les boulevards sont tombés , » les fossés pleins et remplis en plusieurs » endroits , l'artillerie de l'Arsenal enlevée^ » et celle qui étoit à la ville baillée aux villes » voisines.... Pour pourvoir auxquels in- » convéhiens , faudroit des sommes im- » menses ^ mais n^y a seulement moyen de » fournir ce qui est de plus pressé , la ville )) ayant perdu la plupart de son revenu par
(i) Libre et Mahucàre Dkcowt de* i^airti de France au roiy pag. i5.
» la démoli tioD des maisons qui étoient air£ )> portes d'icelle. D^autres incommodités » pourroient survenir si les ennemis ap- M prochoient , etc. (i) »
Cependant, à cette époque, Paris avait éprouvé de grandes restaurations. Lorsque , quelques mois après , les ambassadeurs d'Kspagne vinrent* en cette ville signer le traité de la paix de Vervins , ils la trouvèrent bien différente de ce qu'elle était pendant la guerre. Ils dirent au roi : Sire, voici une ville qui a bien changé de face depuis que nous l'aidons vue, Henri IV leur répondit (a) : Quand le maître nest point en sa maison , tout y est en désordre ,• mais , quand il est revenu, sa présence y sert d^ ornement ^ et toutes choses y profitent.
François Miron , élu prévôt des marcliands, en i6o4, seconda le goût de Henri IV pour Tembellissement de Paris. Le quai de TArsenal et quelques autres ^ des abreu^
(i) Begistre manuscrit du Parlement, au i5 mars
(2) Actions et paroles de' Henri IV. — Journal de Henri III, tom. IV, pag. 557.
Voîrs 5 des ëgoùts , quelques rues élargies fît pavées, la façade de rHôtel-de-Ville et autres édifices et réparations dont j'ai parlé, sont dus aux soins et à la sollicitude éclairée de ce magistrat , qui contribua à changer un peu la physionomie barbare que cette ville conservait «ncore.
s Vn. État dvll àe Paris.
Dans le tableau des événemens qui se sont passés pendant la domination de la Ligue , on a vu paraître quelques établlssemens nouveaux, commandés par la nouveauté des circonstances*, ils di'sparurent dès que Henri IV fut maître de cette capitale. Ce roi y rétablit l'ancien ordre des choses ; et tout le changement qu'il y apporta fut , après la mort du sieur d'O , gouverneur de Paris, de ne point le remplacer, et de se déclarer lui-même gouverneur. Le 25 octobre i 594 ? il écrivît au prévôt des marchands et échevins qu'il voulait ffiire cet honneur à sa bonne ville de Paris, d'en être lui-*mème gouverneur. « Laquelle ré^
268 HISTOIKE DE PARIS.
» solution , . dit TEstoile , fut estimée et » trouvée bonne de tout le monde (i). » . Ce roi fit publier un règlement de police , dont je vais donner quelques notions propres à faire connaître certaines parties du régime intérieur.
Peu de temps après que Henri IV eut fait son entrée à Paris , il voulut y être en sûreté : en conséquence, il publia, le 8 mai 1594 ) une ordonnance dontl'objet était de sHnstruire sur le nombre des habitans de cette ville, leurs armes, la qualité, et les motifs de ceux qui venaient s'y établir : il établit un ordre plus sévère pour la garde des. portes ; il prescrivit aux colonels, capitaines, lieutenans, enseignes de s'y rendre en ^personne avec les bourgeois , et de ne s'y faire remplacer que lorsque leurs fonctions les appelaient ailleurs, a La garde des » portes , y est-il dit , commencera à six » heures du matin , en été , et à sept heures » en hiver. Avant d'en abattre les ponts- » levis^ et d'ouvrir les barrières, on fera
(i) Journal de Henri If^, tom. II, pag. laS.
)) sortir par les guichets et planchettes un » servent avec quelques bourgeois pour faire » la découverte au dehors , de peur de sur- » prise....*, on ne recevra personne sans » passe - port , etc. » Cette ordonnance contient plusieurs autres mesures de sûreté commandées par les circonstances , mais toujours négligemment exécutées.
En 1609, ce roi rendit une autre ordonnance relative à la propreté et salubrité^ de Paris. Cette partie de la police, ttop négligée , resta long-temps encore dans un état de désordre. Un capitaine , nommé Lafleur, entreprit de nettoyer gratuitement pendant un an et demi toutes les rues : mais il employait un moyen adroit pour obtenir ^entreprise lucrative de ce nettoiement ^ en effet, il se fit bientôt après autoriser à percevoir une taxe sur les propriétaires des maisons : il les imposa arbitrairement \ et cette taxe était prélevée avec une violence et une iniquité qui firent naître de nombreuses réclamations. Avant renireprise de Lafleur, les propriétaires ne payaient pour le nettoiement des rues , chaque année ,
qu'un écu; celui-ci exigeait trois écus , et même plus. Henri IV, instruit de cette exaction , fit restituer les sommes surimposées , et rétablit la taxe suivant Tancien état : les rues n'en furent pas plus propres.
La plupart n'étaient pavées que d'un côté , ou ne l'étaient pas du tout : on j> rencontrait , de loin en loin , des cloaques puan» , des amas de gravois et d'immondices. Cette partie de la police ne fut pas mieux administrée sous le règiie suivant : on construisait de vastes et magnifiques édifices ] et on ne pouvait les aborder qu'à, travers les dangers et les souillures.
La ville était infestée de voleurs, d'assassins, et surtout de ces filoux que l'Estoile nomme coupes - bourses , tireurs de laine : ils coupaient, même en plein jour, la bourse aux passans , qui , suivant une vieille habitude d'ostentation , portaient leurs bourses pendues à leur ceinture : les tireurs de laine étaient ceux qui arrachaient les manteaux. « Ce jour ( 24 janvier i6o4), M dit l'Estoile , un de ces tireurs de laine a de Paris , dont la ville était remplie , fut
J:tat civil. 2^1
>r pendu au bout du pont Saint-Michel (i). » Cet écrivain cîte un grand nombre d'exemples pareils : on en punissait quelques-uns^ mais ces exemples ne pouvaient contenir dans le bon ordre sept à huit mille bandits , qui ne vivaient que de vols et de meurtres , et avaient une inBnité de moyens pour échapper aux archers , lesquels , mal payés , devenaient souvent leurs complices. Les bourgeois n'étaient en sûreté que dans leurs maisons , parce qu'ils y avaient des armes : encore ne Tétaient-ils pas toujours. En décembre i665, des voleurs qu'on nommait barbets^ entraient en plein jour dans les maisons sous prétexte d'affaires *, puis , mettant le poignard sous la gorge des maîtres , ils les contraignaient à leur livrer sur-lechamp diverses sommes : plusieurs magistrats de Paris furent ainsi dépouillés de leur argent. L'Estoile , qui rapporte ces faits , s'écrie : « Chose étrange ! de dire que » dans une ville de Paris se commettent » avec impunité des voleries et brigandages
(i) Journal de Henri ly, au 34 janvier i6o4-
y> tout ainsi que dans une pleine forêt (i). » Les Parisiens ne trouvaient nulle sûreté dans les rues , surtout pendant la nuit ^ aussi n'osaient-ils pas s'y hasarder : l'ordonnance de police que j'ai citée, qui prescrit aux comédiens de finir leurs spectacles en hiver à quatre heures et demie du soir » en est une preuve (2)*
En outre , les pages et laquais, les écoliers , tous armés et privilégiés , se battaient souvent entre eux , insultaient , maltraitaient et quelquefois tuaient les habitans. Les monumeus historiques et le journal de l'Estoile offrent des preuves nombreuses dé cet état continuel de trouble et de danger. Je parlerai en détail , sous les règnes suivans , de ces perturbateurs incorrigibles, qui , depuis les temps barbares jusque vers la fin du dix-septième siècle, ont fait de Paris un théâtre de brigandage et de àieurtre,
La peste , les chiens enragés, les famines,
(i) Journal de Henri IV, au q4 décembre i6o5. (2) Voyez ci -dessus, article "théâtres de Paris, pag. 248.
désolèrent plusieurs fois cette ville pendant celte période; et les mesures que les magistrats opposaient à ces fléaux étaient plus propres à en accrt)ître les ravages qu'à les faire cesser. La routine et l'intérêt personnel dirigeaient seuls les hommes chargés du gouvernement de la ville (i). On trouve dans le journal de TEstoile des preuves trop fréquentes de leur impéri tie ou de leur négligence crimineHe.-
Etat civil dés protestaks. Au mois de mars iSgS, Henri IV, par son^dit de Nantes, fixa le sort des protestans, et leur accorda, sous certaines conditions, le libre exercice de leur veligion : ceux de Paris furent autocisés à construire un temple et à célébrer leur culte dans Ablon , village situé sur le bord de la Seine , à quatre lieues de cette
(i) Presque à chaque année de ce règne il se mani^ Testait une maladie contagieuse qu^on appelait la peste. Pendant quatre ou cinq ans , en 1602, i6o3, 1604, i6o5/ 1606, des ehiens enragés mordirent les habitans et causèrent leur mort. On laissait faire la peste et la rage. Le IQ août 1 595, un loup s'introduisit dans Paris, par la rivière, et mangea un enfant à la place de Grève. {Journal de Henri IP^, par l'Estoik.)
2t^4 HISTOIRE DE PiiRlS.
ville : chaque dimanche , les protestans s^y' rendaient.
Ce village parut à une trop grande distance de Paris 5 les protestans, en hiver, ne pouvaient y aller et revenir dans le même jour : Henri IV, par lettres du i«'août 1606, leur permît d'établir leur culte à Charenton- Saint -Maurice , situé à deux lieues de Paris.
Le dimanche 27 août de cette année, on commença à y célébrer le cuhe protestant 5 le roi y envoya des archers et uit exempt des gardes pour contenir le peuple , qtii , toujours excité par les prêtres catholiques , ne cessait, par des attaques et des insultes, de troubler les protestans dans l'exercice de leur religion. Ce ne fut pas sans peine, dit TEstoile , qui ajoute que, dans ce jour, l'assemblée des protestans était composée d'environ trois mille personnes.
Les protestans , en se rendant au village d' Ablon comme à celui de Charenton , pour remplir leur devoir religieux , étaient k leur départ de Paris , comme à leur retour dans cette ville, insultés, frappés par La
ÉTAT CIVIL. a^S
populace ou par des écoliers apostés vers la porte Saint- Antoine. Des plaintes réitérées sur ces fréquentes attaques^ déterminèrent enfin le gouvernement à les réprimer. Ecoutons à ce sujet un écrivain du temps.
« Pendant ce mois (octobre 1606) les rur- » meurs populaires , insolences , inj^ures et » outrages aboutissantes à sédition, furent » glandes à Paris contre ceux qui alloient » et venoient au presche à Charenton, si » quil ne se passoit dimanche ni fête qu^il » n'y eut quelque nouveau remuement » et folie; pour à quoi donner ordre, du » commandement même dd sa mAJeslé, » fut advisé de dresser, à la porte Saint- » Antoine, une potence pour y attacher le » premier , tant d'une religion que de » l'autre, qui seroit si osé d'attenter au- » cune chose contre le repos public, sur » quoi s'émeut une grosse querelle entre » les lieutenans civils et criminels , sur la. » potence qu'on y devoit dresser, à savoir » auquel des deux il appartenoit de la faire ft planter^ mais, comme ils entroient là-
TtjS HISTOIRE DE PARIS.
)i dessus en grand argus et contestations , » le chevalier du guet les appointa fort I) judicieusement et plaisamment.... leur » disant, pour les mettre hors d'intérêt, » qu'il falloît en planter deux , qu il y en » auroit une pour l'un , et l'autre pour » l'autre (i). »
Cet épouvantail ne produisît quNin effet momentané : les protestans , à leur retour de Charenton , furent encore exposés aux attaques d'une vile populace-, et ces mouvemens , payés par des perturbateurs intéressés , prirent sous le règne suivant le caractère d'une véritable sédition.
Les protestans avaient deux cimetières à Paris : l'un était le cimetière appelé Saint- Père^ derrière Saint-Sulpice , comme dit TEsloile •, et l'autre le cimetière de l'hôpital de la Trinité. Claude Arnauld, secrétaire du roi, trésorier général de France en la généralité de Paris , Inort en i6o4 , fut enterré dans le cimetière de Saint-Père ; son tombeau , en marbre noir , chargé d'ius-
(i) Journal de Henri IF, au 14 mars 1604.
crîplions en lettres d'or, fut endommagé par des hommes soudoyés. Pour le préserver d'une ^entière destruction , on' fut obligé de le revêtir de plâtre (i).
Le peuple ne se portait pas de lui-même à de pareilles violences -, ce n'était pas le zèle ni un sentiment de haine contre une religion di0erente de la sienne qui le dirigeait dans ses insultes contre les protestans revenant de Charenton et contre leurs tombeaux : ce n'était pas même le fanatisme ; mais il était stimulé et payé sans doute par des hommes plus intéressés que lui à la destruction du protestantisme. Voici des exemples qui le prouvent.
Un gentilhomme protestant, condamné pour vol à être décapité , fut assisté à son supplice par un ministre de sa religion : le peuple de Paris , loin de s'en irriter, participa à cet acte religieux, en récitant les piières que prononçait le ministre* « La » plupart, dit l'Ëstoile, se mit à genoux 9 n écoutant attentivement, et les autres,
(t) Journal de Henri IF, au ^4 mars 1604.
Si ^8 HISTOIRE DE PARIS.
» élonnés , regardant tout cela sans en dire » autre chose : cas vraiment étrange (i) ! »
Catherine d' Albrel , sœur duroî Henri IV, pendant son séjour àParîs, faisait, au Louvre ou dans son hôtel , célébrer publiquement le prêche ou la cène ; les Parisiens y accouraient en foule -, quelques prêtres catho* liques en murmuraient •, mais le peuple , qu'on n'osait pas exciter contre des assemblées autorisées par cette princesse , restait paisible (a).
Si j'entieprenais de recueillir ici tous les témoignages du vicieux gouvernement des magistrats de Paris , de leur indifférence pour la sûreté et la salubrité des habitans , je ne tarirais pas sur cette matière. Il est certain que la routine , fort respectée alors , avait maintenu dans les administrations tous les vices delà barbarie.
P0PULA.T10N DE Paris. Dans l'espace de temps écoulé depuis le règne de Charles VII jusqu'à celui de Henri IV, la population ne
{i) Journal de Henri IV, tom. II, pag. 35a. (a) Idem, tom. tl, pag. 188.
ÉTAT crviL. ajg
parait pas avoîr éprouvé beaucoup d'augmentation.
Sous le premier de ces règnes, elle s'élevait à peu près à cent cinquante ou cent soixante mille âmes : voici les notions insuffisantes que j'ai pu recueillir sur le second.
Le prévôt des marchands , d après un recensement fait en mai iSgo , porte le Doinbre des habitans de Paris à deux cent mille (i). Ce compte rond fait soupçonner des inexactitudes.
On a des données plus certaines sur le nombre des pauvres de cette ville.
Un recensement fait en juin iSgo , pendant le siège de Paris, offre pour résultat douze mille trois cents pauvres qui n'avaient ni pain ni argent, eLsept mille trois cents habitans qui avaient de l'argent sans avoir du pain.
En mars iSgô, on compta dans le cimetière des Innocens sept mille sept cent soixante-neuf pauvres (2).
(i) Brrf discours et véritable sur le siège de Paris, paç. 33. — Journal de Henri IF", toni. I, pag. 47. (a) Journal de Henri IV^ tom. II , pag. 365.
â8o HISTOIKE DE PARIS.
Le nombre des pauvres formait à peu prèsJa vingt-sixième partie du nombre des habitans.
Sans parler de l'horrible famine qu'en iSgo, pendant le siège de Pari», souffrirent les Parisiens, il y en eut sous ce règne uae autre qui fut presque aussi cruelle.
Durant Thiver de iSgG, la disette se fit sentir dès le mois de janvier. Le pain fut d'une cbertési élevée que le pauvre peuple , dit TEstoile , ne mangeoit pas la moitié de son saoul. Dans les rues une foule de pauvres crioît à la faim. L'Hôtel-Dieu enétoit rempli , et ceux qu'on y apportoit , maigres , exténués, mouroient aussitôt. Une mère n'ayant pas de quoi nourrir ses deux enfans, les tua : elle fut condamnée à être brûlée au mois de mars de cette année.
Le nombre des pauvres s'élevait à plus de douze mille ; on doubla la tax^ établie pour les pauvres.
Cette famine fut suivie d'une maladie contagieuse qui enleva beaucoup d'habitans. Dans un jour, le 4 T^^^y il mourut dix-sept personnes dans la seule parvokse de
TÀBLÈAÙ MÔÉÀt. a$I
Saint- Eus tache , et, dans un mois, il en périt plus de six cents à FHôtel-Dieu (i).
J Yin. Tableaa moral de Paris.
Dans la composition de ce tableau, je suivrai ma méthode ordinaire : je commencerai paf tracer les mœurs des hommes placés au rang le plus élevé , parce qu'elles servent toujours de modèle aux personnes des rangs inférieurs. Cette méthode , justifiée par l'exemple du passé et du présent, la plus sûre , la plus propre à fournir des résultats certains, est de plus nécessitée parce que les mœurs des principaux acteurs sont plus connues que celles des subalternes qui les observent et les imitent.
Cette influence des forts sur les faibles doit diminuer en raison des progrès de la civilisation •, et ces progrès, parvenus à un certain degré , affaibliront dans la suite le mérite de ma méthode ; mais , pour le temps
(i) Journal de Henri ly, par FEstoile, tom. II, paf^t a66) 276 , ^o, 290.
z82 HISTOIRE DE PARIS.
de Henri IV, où on était loin de cet état de perfectionnement , où les imitateurs des mœurs de la puissance se trouvaient encore nombreux et dociles, cette méthode doit conserver toute sa valeur.
Avant de parler de la moralité de ce roi , si supérieur à la plupart de ceux qui l'ont précédé et suivi sur le trône , jetons un coup-d'œil sur les personnages de la Ligue» On voit^ d'une part, les membres d'une famille ambitieuse , qui , pour arriver au suprême degré de la domination , sont résolus à tout sacrifier, à fouler aux pieds toutes les règles sociales , tous les devoirs , et qui dans leur envahissement ne sont arrêtés que par leur impéritie et leur inconcevable imprévoyance. Les chefs de cette famille voulaient paraître zélés pour le catholicisme , et ils étaient livrés à toutes les débauches ^ ils pillaient et profanaient les objets les plus sacrés du culte catholique : témoin la conduite scandaleuse du chevalier d'Aumale. Ils voulaieut paraître grands aux yeux des hommes , et ils ne procédaient qu'à force de dissimulation , de perfidies et