‹ Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. DulaureChapitre 17 sur 27 · TABLEAU* MORAL. 36 C · texte numérisé non relu

TABLEAU* MORAL. 36 C

écrivitson curieux journal plein de principes excellens , et où brillent de temps en temps des aperçus fins et des traits originaux et spirituels. Mornay s*exerçait sur la politique et la théologie \ Sully préparait les matériaux de ses Mémoires, et Michel de Montaigne imitait en se jouant la profondeur de Sénèque et la précision de Tacite , etc. *

Les arts de luxe et d'agrément se main?tinrent, mais ne firent guère de progrès.* Les arts utiles furent plus heureux : on commença sous Henri IV à cultivei: les vers à soie , à fabriquer des tapisseries de hautelice, des miroirs ou glaces, à .Tinstar de celles de Venise, etc.

Des lunettes d'approche furent , pour la première fois , introduites à Paris , en avril 1609 : le premier particulier qui en vendit était établi sur le pont Marchand. •

Usages. Pendant cette période on commença à répandre sur les cheveux de la poudre blanche, et l'Es toile nous apprend que l'on vit, en .i5g3 , trois religieuses se promener dans les rues de Paris les cheveujx frisés et poudrés.

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Uiisage des montres , qu'on appelait montres-horloges^ s'établit à Paris sous ce règne \ elles étaient volumineuses , et on les *portait sur sa poitrine , pendues au. cou. .

François*!*' avait rétabli la mode de por^ ter la barbe longue^ les parlemens et les chapitres cathédrales avaient long- temps résisté à cette mode \ mais ces corps se relâchèrent bientôt de leurs principes rigoureux. Sous Henri IV, tous les hommes , sans distinction, laissaient croître leur barbe ; on employait de la cire pour donner aux poils une direction élégante.

Le costume des hommes et des femmes de la cour, par la richesse dont il était chargé , par ses formes roides , ses lignes droites qui défiguraient entièrement le nu, conservait encore le caractère de la barbarie. Les hommes comme les femmes portaient des espèces de corp» de baleines en forme de cuirasse.

Dans le chapitre précédent, j'ai parlé de IMsage adopté par les femmes de la cour de se couvrir le visage d'un masque ; cet usage

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fut encore en vogue pendant la présente période 5 et devînt général.

Bassompierre dit que lorsqu'on août iSSa Henri III força sa sœur Marguerite de Vœ^ lois de quitter Paris , et d'aller joindre le roi son mari en Gascogne, il la fit pourstdvre par soixaiile archers de sa garde qui l'arrêtèrent et fouillèrent ses bagages à Palaiseau ; que Larchant , qui comraaûdait cette troupe , se permit plusieurs outrages , et fit même démasquer la reine j)Our la mieux recor naître (i).

L'auteur du Divorce satirique y en peignant le désordre qii| régnait lorsque cette même reine fuyait Agen pour se réfugier dans les montagnes d'Auvergne au château du Cariât, dit ce qu'à peine se put-il trouver un yf cheval de croupe pour l'emporter , ni des » chevaux de louage, ni de poste pour la )) m<9itié de ses filles , dont plusieurs la sui- » voient à la file, qui sans masque, qui sans 9 devantier , et telles sans tous les deux , » avec «un désarr^ si pitoyable, qu'elles

(i) Noui^eaux Mémoires de Bassompierre , T^%. lo.

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» ressembloient mieux à des garces de lans- » quenets à la route d'un camp , qu'à des » filles de bonne maison (i). » Ainsi , voyager sans masque était , pour une femme de qualité, une chose honteuse et extraordi-^ naire.

Ces masques étaient ordinSirement de velours noir, se ployaient fecilement, et se nommaient loups. Dans les chapitres suiivans , je parlerai encore de cet usage et de ses motifs.

Nous verrons , sous le règne suivant , ces vices, ces abus, ces mœurs, ces usages se maintenir par Thabitude , Qt marcher en sens inverse de la civilisation \ puis s'afiai-r blir^ se modifier, se restreindre oiï recevoir une direction nouvelle , lorsque le gouvernement, un peu débarrassé de Taristo^ cratie féodale, eut acquis la force redoutable du despotisme absolu.

(i^ Divorce satirique. — Journal d$ Henri III , tom. IV, pag. 598.

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