SOUS LOUIS XIII
Le 1 5 septembre 1783, ce couvfnt étant supprimé, les capucins qui Thabitaient furent transférés avec cérémonie dans la capucinière de la Chaussée ^d^ An tin , riie Sainte^C^oix, dont je parlerai en son lieu.
Les bàtimens et jardin des Capucins du faubourg Saint-Jacques ont, en 1784/ été consacrés à Vhôpital des vénériens* ( Vuyez cet article.)
CAPUGiiis BU Màkàis , couvent situé rues du Perche et d'Orléans , quartier du Mont^ de-Piété, dont Téglise est aujourd'hui sous le vocable de Saint-François-d'Âssise.
Le P. Athanase Mole , syndic des capucins, appuyé sur le crédit de son parent Mathieu Mole, entreprit, en lôatï, de fonder à Paris un troisième couvent de ces moines mendians. Il acheta remplacement du jeu de paume de la rue d'Orléans, et y fit construire une capucinière. L'église était dé-'' Corée de deux tableaux de La Hire, dont l'un, placé sur le ^and autel, représentait TAdoration des Bergers.
Ce couvent étant supprimé en 1790, les bàtimens et les jardins devinrent propriétés T. v. ^7
f34 HlStOIRB DE PARIS
partictQ^re» : mais Féglise a , par Teffet da concordat de Tan iSoa, été érigée en seconde succursale de la paroisse Saint-Merry, 7* arrondissement.
CoSGRÉGlflOIf DES PRÊTRES DB LÀ DoG-
TÉiHE GHRÉTiBKNE, située ruc dcs t^ossés- Sàînt-Victor , n* 87. César de Bus avait, en i562, institué cette congrégation^ et plusieurs établîssemens de cette règle existaient déjà dans les provinces, lorsque Jean- François de Gondy, premier archevêque de Paris, reçut en i6at8, dans cette capitale, quelques membre.s de cette congrégation, sans doute envoyés par ordres supérieors. Antoine Vigier , chef de ces prêtres , ayante le 16 décembre 1627, acheté de Julien Joly une vieille et spacieuse maison, appelée Vhôtel de T^erberie, y fit construire le bâtiment qui existe encore aujourd'hui , qu'on nomme là maison de Saint-Charles, et qui devint chef-lieu de la congrégation* Cette congrégation avait pour objet de former des séminaires pour l'instruction des jeunes gens quiise destinaient au sacerdoce.
L'église de cette congrégation était dé-
sotrs toum xnt» 4^5
diée à saint Charles-Borroiïwêe. Stir le graïid autel , on voyait un beau tableau peint par Vouet, représentant ce saint offrant sa vie à Dieu pour le salut des pestiférés.
La bibliotb^ue, léguée par Jean Mîron, docteur de la maison de Navarre?', était belle, et ouverte au public les màtdis et vendredis.
Cette maison, supprimée le 5 avril 179:2?, devint propriété particulière.
Les pitÊoTRES DE LA MissioiT, établis diànft la maison de Seînt ^ Lazare , rue du Fau« bourg-Sainl-Demà. Le projet dé confier à des prêtres Pinstruction du peuple fut conçu en 1617 par le comte de Joigny, qui, d-ac* cord avec son frère de Gondy , évêqne de Paris, en commença l'exécution. On destina le bâtiment du collège des Bons-Enfans de la rue Saint-Victor, dont j'ai parlé; au premier établissement de ces prêtres , et Vinôent de Paule en fut nommé principal et chapelain. Le 6 mars 16249 ces prêtres y forent installés : mais les bâtimens se trouvaient en très-mauvais état. Pour éviter les frais de plusieurs réparations , l'archevêque
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de Paris, eu i63:i^ transféra ces prêtres dans Ja maison de Saint- Lazare, où ils restèrent jusqu^au temps de leur suppres* sion.
Ces prêtres furent cliar^s de recevoir dans leur maison de Saint-Lazare, conformëmentMâ Tancienne institution de cette maison , les lépreux de la ville et des faubourgs : ils étaient de plus tenus de faire des missions dans les villages du diocèse , d'instruire les enfans, et de préparer les jeunes ecclésiastiques à Fordination. .
Cette maison fut chef-lieu de la congrégation. Les ecclésiastiques et les séculiers venaient y faire des retraites, et l'on y renferiftait les jeunes gens débauchés , à la demande de leurs parens. Insensiblement on donna.de l'extension à cette dernière destination : les prêtres et . les séculiers d'un âge mûr y furent emprisonnés en vertu d'ordres arbitraires. Ainsi cet établissement avait diverses destinations : il était à la fois hôpital , école , prison et retraite. Chacun de ces établissemens avait ses bâtimens par-» ticnlierç.
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A Textrémité de rendes de Saint-Lazare et sur la rue du Faubourg-Saînt-Denîs , est un bâtiment appelé le séminaire ^Samt- Charles : il était destiné aux prêtres eonvalescens , ou à quelques ecclésiastiques en retraite (i).
Collège des Jésuïtes, dit Collège de Clerssont , situé rue Saint- Jacques. J^ai déjà parlé plusieurs fois de ce collège et de la conduite des jésuites; j'ai exposé les motifs infamans de leur expulsion de Paris et de la France au 29 décembre i594; les motifs non moins infamans de leur rappel, qui fut ordonné le a janvier x6o4, et auquel Henri lY se détermina uniquement pour détourner de son sein les poignards de ces pères, qu'il redoutait (a). Mais, en les rappelant , ce roi ne leur permit ni de rouvrir leur collège , ni d'enseigner la jeunesse. Ce ne fut qu'en 161 8 , sous le règne de Louis XIII, règne si favorable aux ins-
(i) Voyez Tarticle Saint^Lazare , tom. II, pag. 78.
(a) Voyez Collège de Cltrmont, tom. lY, pag. 370; Pyramide élevée contre les jésuites, tom. V, pag. i58.
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t3tuti(«is,tiiQiiacal4&, que cetle fiermisÂon leur fut apcordée.
Délivrés de toutes entraves, les jésuites s'occupèrent de la reconstruction de leur collège de Clermont. La première pierre de cet édifice fut posée le i** août i6a8 : ce vaste V mais peu oonunode bâtiment fat élevé ;sur les dessins d'Augustin GuiUain ; architecte de la ville. Les jésuites aug*^ mentèrent, en 1G82, Tétendue des bàti^ mens et de leur enclos, en faisant Tacqui* sition d'une ruelle et des collèges de Mar-^ moutier et du Mans.
Loui3 XI¥ , qui croyait plus qu'il ne sa^ vait , et qw eut toujours des. jésuite pour confesseurs, exerça sa munificence envers cette maison , et renrichit de ses dons. Alors , en habiles courtisans , ces pères firent éclater leur reconnaissance pour leur bienfaiteur présent et leur ingratitude poui^ leur bienfaiteur passé : ils donnèrent à ce collège le nom du roi qui les enrichissait , et lui. ôtèrent celui du prélat qui les avait fondés.
Ce collège ^ depuis son origine , avait tou-
savs hOviB XIII. 4^9
jours porté le, nom de Clermont, qui lui rappelait Guillaume Duprat, ^véque de cette ville, leur fondateur : en conséquence , sur le portail de cette maison , on lisait Tinscription suivante :
COLLEGIUM GLAROMONTANUM SOCIETATIS JBSU.
En 1674 5 Louis XIV, invité par ces pères à venir assister à une tragédie représentée par leurs élèves , s'y rendit , fut satisfaft de la pièce qui contenait plusieurs 4raits à sa louange , et dit à un seigneur qui lui parlait du succès de cette représentatîoin : Faut-ril s'en étonner ? cest mon collège* Le recteur, attentif à toutes les pa-;rolé« du roi , saisit celle-ci. Après le départ du monarque, il fit enlever l'ancienne inscriptioli, et, pendant toute la nuit, des ouvriers furent employés à graver sur une table de marbre noir ces mots en grandes lettres d'or :
COLLEGIXJM LUDOVICI MAGNI.
Le lendemain matin, cette inscription nouyçlle remplaça l'ancienne. Depuis cette épot-
440 HISTOIRE DE ^ÀRIS
que jusqu^en i ^ga , ce collège porta le nom de Loms^le-Grand,
- Cet acte d^ingratitude et dVdulation fut , dans le" temps , vivement relevé par le distique suivant :
SuêtuUt hînc Jesum posuitque insignia régis Impiagêns, alium nescit haàere deum (i)..
Les jésuites, furent supprimés eu 1762, et chassés pour la seconde fois de Paris et de la France en 1^63 (a) : alors on trans-
(i) Voici la traduction en prose : « Tu ôtes le nom de » Jésus pour y substituer les armes et le nom de Louis , » tu ne connais , ô race impie J d'autre divinité que ce » roi. » Voici une autre traduction en vers :
La croix fait place aux lis ,, et Jcans-Cfartst an roi ; Louis ) ô race impie , est le seul Dieu ehex toi.
Un élève de ce collège, âgé d'environ seize ans, conbposa ce distique latin ; il fut mis à la Bastille , puis à la citadelle de l'île Sainte-Marguerite , ensuite réintégré h la Bastille. Il fut prisonnier pendant trente et un ans.
(3] Après cette expulsion des jésuities , des écoliers qui avaient entendu parler des cachots de ce collège, firent, pour les découvrir, des recherches qui les menèrent au-dessous de Tescalier du bâtiment destiné » VitH
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iera dans leur collège celui de Lisieux , ainsi que TUniversité qui y tint ses assem" blées.
En 1792 9 organisé sous une forme nou*
fii'merie. Us trouvèrent ane porte qai menait à un caveau yoùté, éclairé et servant d'atelier au menuisier de la maison. Un jour de fête où le menuisier était absent et la surveillance des maîtres en défaut, ces écoliers, armés de bâtons et de flambeaux, pénètrent. dans le caveau, £>appent le sol et reconnaissent qu'en un certain endroit il résonne sous leurs coups. Ils remuent la terre, découvrent une trappe en bois , la lèvent avec peine , aperçoivent un bel escalier, le descendent et se trouvent dan# une vaste salle voûtée. Elle était bordée d'environ dix caveaux aussi voûtés, de sept à huit pieds de longueur, garnis chacun d'un fort anneau de fer scellé dans le mur.
I La voûte de la salle était soutenue , au milieu , par un gros pilier dont les quatre faces présentaient autant d'anneaiîx de fer.
A la voûte ils virent une ouverture étroite , fermée par une grille en fer. Par cette ouverture, la seule qu'ils aient aperçue dans ce souterrain , on descendait évidemment la nourriture destinée aux malheureuses victimes. Ce souterrain, privé de toute lumière, était les oubUeU te» ou le vade in pace , en usage autrefois dans les prf" sons illégales et religieuses. Les jésuites, juges, parlies et exécuteurs, y plongeaient leurs confrères jugés coupables ou dangereux.
^^'i HISTOIRE OE PA1US
vellc , il reçut le noiu de Collège de VÈgOr- Uté^ en 1800, celui de Prytanée; en 1802, on Vappela Ljcée impérial. On lui rendit , en 18 14» le vieux nom que les jésuites lui avaient donné ; et il porte aujourd'hui la dénomination de collège de Louis-lo'Grrand.
AtTGUSTIKS f)ÉCHATJSSÉS OU PeTITS - PÈRÉS ,
couvent et église situés à Tangle du passage des Petits-Pères et de la rue Notre-Damedes-Vicloires , aujourd'hui église succursale dite de Notke-Dame-des- Victoires.
Marguerite de Valois , première femme de Henri IV, avait fondé dans rendes de s«i hôtel, au faubourg Saint-Germain, un Souvent daugustius déchaussés : elle s'en dégoûta, les renvoya en iGia, et les remplaça par des augustins chaussés (1). Cei moines expulsés, après avoir erré en divers lieux , s'associèrent quelques autres moines du m:ème ordre, et obtinrent, le 19 juin 1620, de l'archevêque de Paris, la permission de fonder un couvent d'augustins déchaussés. Ils s'établirent d'abord hors ik
(i) Foyez ci-dessus l'art. Petits^Au§ustins , pag;. 190.
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la porte Montmartre, près la chapelle de Saint- Joseph : s'y trouvant peu commodément, ils acquirent .en jl6%8 un terrain de près de huit arpens , joignant le Mail; et , le 9 décembre i6*:tg , le roi posa la première pierre de leur église , et voulut qu'elle portât le titre de Notre^Damedes^J^ictoifes ^ en mémoire des tristes victoires qu'il avait remportées sur des Français protestans.
Dahs la suite ces Âugustins , tout déchaussés qu'ils étaient, ne trouvèrent pas leur église assez belle. En i656 , ils entreprirent d'en construire une nouvelle , plus vaste et plus somptueuse. Mais ils avaient trop présumé de leurs ressources. Cet édifice restÀ long-temps imparfait faute de finances : les travaux n'en furent repris qu'en 1787 ,, et terminés en 174^ : la précédente église servit de sacristie à la nouvelle.
Cet édifice fut élevé sur les dessins de Cartaud. L'intérieur est d'une belle simplicité. On y voyait des tableaux de Bon Boulogne , de Galloche , de Carie VanJoo , de Là Grenée jeune , etc. 5 une statue de
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saint Augustin , par Pigalle \ les tombeaux ' du marquis et de la marquise dé L^Hôpital. Frère Fiacre , moine de cette maison et considéré comme un saint , fut inbumé dans cette église. Ce frère fut si révéré après* sa mort que la gravure de son portrait était coUée sur toutes les voitures de place comme un préservatif de malheur. C'est de celte superstition qu'est venu le nom de fiacre , que portent encore les voitures de place à quatre roues. Ce saint Fiacre prédit, diton , à Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, qu'elle aurait un fils : en considération de cette prophétie qui ne tarda pas à s'accom* plir, cette reine fit vœu de faire construire dans cette église une chapelle à Notre- Dame-de-S avorte. Elle ne tint pas sa promesse \ mais son fils Louis XIY , sous le ministère de Colbert, accomplit ce vœu.
Ainsi , la statue de Notre-Dame-de-Sâvone, qui devait son culte aux visions d'un paysan des États de Gènes , dut sa chapelle , dans l'église des Petits-Pères , à la prophétie de frère Fiacre.
La bibliothèque , composée de bons livres
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et d'une collection presque complète de tous les journaux, était, ainsi que le réfectoire et la grande galerie , ornée de tableaux de Lafosse , de Louis BouUongne , de Galloche et de Rigaud.
A c6té de la bibliothèque , se trouvait le cabinet d'antiquité , composé d'objets pré»cieux, d'une collection de médailles et de médaillons, et orné de tableaux des plus grands maîtres , tels qu'un tableau repré-^ sentant Bélisaire par le Guercbin , une Saint&rFamille par André del Sarte , deux tableaux de Wouvermans , deux de Panini > une Vierge de Stella , Diogène et Heraclite, par le "Valentin , etc.
Les Augustins , dont le couvent , par Faccrgissement de Paris , se troiiva bientôt, placé au. centre d'un quartier riche et popu-^ leux , commencèrent à rougir de Içur longue barbe qui n'était plus à la mode ; en outre, il leur parut indécent de se montrer en public les jambes nues et les pieds garnis de sandales , tandis que leurs voisins étaient élégammeht chaussés. , Dans cette situation pénible , ils s'a^lr^s^èrent au pape , et dé-m
péchèrent auprès de lui le père Eustâêhe , qui s'acquitta de cette mission importante avec l'intelligence d'un habile négociateur. Il t^tint de Benoit XIII un bref, du a^ janvier 1726, qui permettait aux Âuguslins de se conformer au chant grégorien, de porter un capuce rond et de se faire la barbe. Les Augustins , voulant éterniser im aussi grand service , firent placer dans leur galerie le portrait du père Eustache , peint par le- célèbre Rigaud.
Ces Augustins , alléchés par cette per^ mission , en désirèrent une autre : celle de porter des bas et des souliers. Us envoyèrent une seconde ambassade à Rome , qui parvint à obtenir de Benoît XIV un bref, du premier février 1746, approuvé paar lettres^patentes du: roi du 7 avril suivant , qui accorde aux Augustins dîe Notre-Damedes-Yictoires la faculté de' porter des bas et des souliers.
Ces^^ moîneisi^ devinrent rieheâ.: ils Vendaient jusqu'à mille francs la toise carrée des parties de leur enclos , sur lesquelles on éleva des maisons. Les richesses corrom-