‹ Histoire civile, physique et morale de Paris. Par J.- A. DulaureChapitre 22 sur 27 · DUS LOUIS XIII · texte numérisé non relu

DUS LOUIS XIII

molîs , et, sur une partie de leur emplacement, on a ouvert la rue des Ursulines, qui commence rue' Saint- Jacques, et finit rue d'Ulm.

. Uesuliiïes de la rue SAmTtt - Ayoye , situées dans cette rue , n^ 4?' Madeleine Lhuillier, qui avait fondé les ursulines de la rue Saint'^Jacques , voulut aussi être fondatrice d'uu second couvent de cet ordre. Il existait dans la rue Saiute->Avoje une commtmauié de femmes veuves^ fon-^ dée , en 1288 , par Jean Séquence, chevé^ cser de Saint^Merry, et dont la chapelle '**i^?tait dédiée à sainte Avoye. Madeleine Lhtiillier proposa aux femmes de cette communauté d'embrasser la règle et les constitutions des ursulines , et promit , si elles s'y déterminaient , de leur céder une rente annuelle de mille livres. La pro* position fut acceptée par acte du tù dé^ cembre 1621 , et confirmée par lettrespatentes 'de février t6a3« La chapelle de ces ursulines était petite et placée au premier étage. Ce couvent a été supprimé en 1 790 , et la syii*gogii« de» Juifs Êil éta]t>li« , T. V. 39

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en 1802 , sur une partie de son empla^ cernent.

Bénédictines de là Ville - l'Evêque , couvent situé rue de la Madeleine, au^oin nord-est de celle de Surenne , faubourg Saint-Honoré. Deux princesses , Catherine d'Orléans de Longueville et Marguerite d'Estouteville ^a sœur , se conformant au goût du temps , voulurent aussi fonder leur monastère , et , après avoir , en i6ia , obtenu les autorisations nécessaires , elles introduisirent, au mois d'avril*! 61 3, dans les maisons qu'elles avaient achetées à ta Ville-rÉvéque , et qu'elles avaient disposées^ pour un couvent, dix religieuses que Marie de Beauvillîers , abbesse de Montmartre , consentit à tirer de son abbaye pour peupler le nouveau monastère. Lés fondatrices auraient pu puiser dans une source plus pure : la conduite déréglée de la précédente abbesse et des religieuses de Montmartre ne devait pas alors être oubliée (i).

(I) En 1590, lorsque Henri IV assiégeait Paris, Tabbaye de Montmartre , ainsi que la plupart des autres com^

sors LOUIS XIII. 4^9

Lorsque ces religieuses furent rassemblées,' le lîX avril i6i3, dans le couvent dé la VîlleJ'Evéque , on Térigea en prieuré dépendant de l'abbaye de Montmartre.

munautés de filles des environs de cette ville, devint à peu près un lieu de prostitution. L'abbesse elle-même, Claudine de Beauvilliers , alors jeune et belle , ne put échapper aux galanteries du roi ; elle le suivit à Senlis lorS' qu'il s'y retira , et ce fut dans cette ville qu'elle eut le chagrin de se voir supplantée par Gabriellc d'Estrées. (Voyez les Amours du grand Alcandre ; la Confession de Sancy^ les Nou\>eaux Mémoires de Bassompierre , etc.) •

Voici ce que dit Sauvai sur Pétat de cette abbaye , et sur la conduite des religieuses : «La communauté n'avoit }> (en 1598) que a, 000 livres de rente, et en devoit » 10,000 ; le jardin étoit en friche et les murs par terre , » le réfectoire converti en bûcher, le cloître, le dortoir » et le chœur en promenades. Â l'égard des religieuses , 9 peu chantoient l'office ; les moins déréglées travail- » loient pour vivre , et mouroient presque de faim ; les » jeunes faisoient les coquettes , les vieilles alloient gar- » der les vaches et servoient de confidentes aux jeunes , » etc. » Lorsque l'abbesse , Marie de Beauvilliers , voulut soumettre ses religieuses à la règle , celles-ci devinrent furieuses contre elle et l'empoisonnèrent. L'abbesse prit des antidotes qui lui sauvèrent la vie, mais les effets du poison lui laissèrent une grande difficulté de respirer et de parler." {Antiquités de Paris, par Sauvai, liv. 6, pag. 354.)

46o HISTOtllE DE PAKia

Marguerite de Veiny d'Arbouse y introduîùt la réforme et tes auatérîtés de U règle de saint Benoît. En 1647 , après quelques contestations, le prieuré de la Ville-rÉvéque fut soustrait de la dépendance de l'abbaye de Montmartre.

L'église de ce couvent était orn^ avec soin : sur ]^ gr^iod. autel ou voyait ane Annonciation attriboéè i Lesueur ; et parmi plusieurs autres taLleàux , on distinguait une Adora^OD des Mages et Jésus au Désert , peint par Boulogme l'aîné.

Ce couvent fat supprimé en 17^' L'emplacement fut yeiiâu à divers particuliers qui y ont fait oonstruired*

Ll' VlStrlTKHI DB Sâir vent de religieuses, situé ruj entre lesu" ai4 et ai6. Ji de Frémiot , veuve du bai conduisit de Bourges , par ordre de saint François de Sales, trois retigteoses ds &: Visitation, qui, leâavril tGtpj.arrivàrBiu à Paris : elles fUrent d'abord logées dUM' le ' faubourg Saint-Marcel. En i6ai on tes transféra dans une maison plus eommode ,

ILAVÏÏSITAT:I0S BiR ^VBTAIRIIIE.

sovs LOUIS xin. 4^1

située rue du Petit-Muse et de la Cerisaie , maisou appelée Hôtel du Petit-Bourbon.

Le nombre des prosélytes s^accroissant tou-* jours, ces religieuses fureut encore obligées de déloger. La supérieure, Hélèhe- Angéli€[ue LhuîUier, acheta, en 1628, rhôtel de G}ssé , rue Saint-Antoine , qu'elle destina à sa communauté.

On y fit bâtir, en 168^, une église, sur le modèle de No tre-Dame-de-la-Ro tonde à Rome, let sur les dessins du célèbre François Mansard : elle fut achevée en 1634, et no€L\méé Notre-Dame-deS" Anges.

Cet édifice est digue de son auteur -, il offre une rotonde décorée avec goût , et dans les plus belles proportions (i). Le dôme ou lanterne qui s'élève au-dessus du principal autel offre à l'intérieur une pein^ ture dont le sujet est l'Assomption de la Vierge. Plusieurs tableaux de Perrier et Lepautre orifaient le sanctuaire. Dans la nef étaient les tombeaux d'André Frémiot , archevêque de Bourges , frère de la baronne

(i) Voyez planche t^.

«dé Chantai, fondatrice de Tordre , mort en i64i ; de Nicolas Fouquet , mort , en 1680 , dans la forteresse de Pigneroi , où il était détenu pour avoir abusé des finances dé l'État.

Ce couvent fut supprimé en 1790. Ses bàtimens furent vendus à divers particuliers , et l'église conservée , a été, en 1802, cédée au culte calviniste dit de la Confession de Genève.

Visitation de Sainte Marie , autre couvent du même ordre, situé rue Saint- Jacques, entre les n*** 198 et igS. Le premier couvent de la Visitation ne suffit bientôt plus à la ferveur des jeunes filles , sur lesquelles l'exemple a tant de pouvoir. On bâtit, en 1628, dans le faubourg Saint- Jacques , un second couvent de la Visitation \ on en bâtit un troisième à Chaillot , dont je parlerai en son lieu , et un quatrième dans la rue du Bac. *

En 1^80', l'église était entièrement reconstruite. Les bàtimens claustraux furent réparés et augmentés.

L'église fai*me une petite rotonde à Tins-

sous LOUIS XIII* 4^3

tar de celle de la rue Saint-Antoine. Sur Tautel on yoyait un tableau de Lebrun, représentant saint François de Sales , et à droite une Visitation par Suvée, Cette église et les bàtimens sont maintenant occupés par des religieuses de SainuMichel.

Filles de la Màdeleiiïe , ou Mâdelon- SETTES, maison religieuse située quartier Saint-Martiu-des-Champs ^ rue des Fontaines , entre les n*** i4 et i6.

En 1618, Robert de Montry, marchand de Paris , ayant rencontré deux filles publiques qui lui témoignèrent le désir de mener une vie régulière , les retira dans sa maison , près de la Croix -Rouge, faubourg Saint-Germain. Quelques autres fiUes^ de la même espèce suivirent l'exemple des deux premières. Robert de Montry pourvut à leur, nourriture , jusqu'à ce que la marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondy, acheta, en juillet i6ao, pour les y placer , une maison rue des Fontaines , et leur légua 101,600 livres. Le roi. ajouta à ce don , et, le 20 juillet 1629, on tira quatre religieuses de la Yisitation de Saint-

464 HISTOIRE DE TÂKIS

Amtoinê pour goavertier cette maison qui , ilans ht stiite, se divisa «n trois classes de filles. La première , la plas nombreuse , était celle des filles mises en rëclnsionpottr j faire pénitence : elles gardaient Thabit séculier ; la seconde classe se composait de filles éprouvées par la pénitence , et qn^on nommait la Congrégation^ elles portaient un habit gris : la troisième classe comprenait les filles qui avaient donné des preuves de leur sincère conversion : elles étaient admises à faire des vœuic.

L'église fut bâtie en 1680 : on y voyait une chapelle construite sur le modèle de celle de Notre •Dame-dc-Loretie.

La maison des Ms^lelonnettes était , dès son origine, une maison de réclusion pour les filles débauchées. Les parens y faisaient renfermer leurs filles enclines au libertinage.

En 1793? ce couvent devînt une prison publique. En 1796 , il fut destiné à renfermer les femmes prévenues de délits : il conserve encore cette destination.

Bénédictines anglaises , couvent de reli*

SOtJS .LOUIS XIII. '4^

gieuses situé au faubourg Saint-Marcel, rue du Ckamp-de-rAIouette. II fut fondé eu i6ig. L'église portait, le titre de Notre- Dcune-de-'Bonne'Espérance. Cet établissement fut confirmé en 1681 9 et supprimé en 1790 : il est devenu propriété nationale. Filles du Galvâirb, couvent situé rue de Vaugirard , n® 28 , et fpndé par les soins ou plutôt par les intrigues de ce capucin fameux, pendant le ministère du cardinal de Richelieu , sous le nom de P. Joseph , et par les libéralités de la reine Marie de Médiciset delà veuve d'un conseiller au parlement appelé Lauzon. Ce capucin fit venir, en 1620, du couvent de Notre-Dame -du- Calvaire de Poitiers six religieuses qui furent logées d'abord rue des Francs-Bourgeois-Saint'Micbel , et ensuite dans l'enclos dujardin du Luxembourg, dont la reine leur avait accordé cinq arpens ; mais leur établissement dans ce jardin parut inconvenant. Ces religieuses furent obligées, en 1622 , d'acheter dans la rue de Vaugirard une maison dite de Montherbu ou V Hôtel lies Trois'Roù. Elles y firent construire des

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cellules et une petite chapelle qu'elles occupèrent dans la même année. En lôsS , Marie de Médicis leur fit élever une chapelle plus yaste. Sur la porte de cette chapelle on voyait un bas-relief estimé , représentant une dame de pitié. L'intérieur était décoré de quatre tableaux peints par Philippe de Champagne*

Ces religieuses furent supprimées en IJ90, et leur chapelle a été convertie en remises dépendantes du palais de la Chambre des Pairs.

Filles du Calvaire, couvent situé rue des Filles-du-Calvaire ^ il eut aussi pour fondateur le même Père Joseph. Cette fondation est de Tan i633 ; la première pierre de Téglise fut posée en i635 ^ douze religieuses , tirées du couvent du Calvaire, situé près du«.Luxembourg , y furent transférées le 10 avril 163^ : Téglise devait porter le vocable de la Crucifixion '^ mais, après de mûres délibérations , ori jugea nécessaire de lui donner celui de la Transjiguration.

Ce couvent fut supprimé en 1790. Il oc-

sors LOUIS XIII. 467

cupait un vaste emplacement sur lequel on a, vers Tan i8o4, ouvert deux rues : la rue Neuve-de-Bretagnè et la rue Neuve-de- Ménil-Montant.

AnjNOKGIADES GÉLESl^S OU FiLLES BLEUES.

Ce couvent de religieuses, situé rue Culture-Saînte-Catherine , n" 29, fut fondé par la marquise de F^erneuil , ancienne maîtresse de Henri IV ^ qui tourmenta ce roi , non par ses rigueurs, mais par ses intrigues avec FEspagne, par la hauteur de son caractère et la bassesse de ses actions , et qui crut expier ses fautes passées par la fondation de ce couvent. Dès le 16 juillet 1621, elle avait conclu , pour cet établissement -, Tin contrat par lequel elle s'engageait à le doter de deux mille livres de rente : Tévêque de Paris l'approuva en 1622; et le roi l'autorisa par des lettres-patentes enregistrées le 3i août 1623.

La marquise de Vemeuït fit venir du couvent des Ânnonciades de Nancy neuf religieuses : pour les loger, elle loua dans la rue Culture-Sainte-Catherine un hôtel assez vaste , appelé hôtel de Damyille , qui avait

468 HISTOIBE DE »AEIS

appartenu à la maison de Montmoreiicy . Ces nouvelles relieuses, en i6'ji6, acquirent cet hàtel.

On allait à Téglise des Annonciades pour y admirer le tableau du principal autel, représentant une Annonciation peinte par h Poussin,

Ce couyent, supprimé em^go , est devenu propriété particulière : il est aujourd'hui remplacé par une maison de roulage.

Il y eut à Paris plusieurs autres couvens de r Annonciade dont je vais parler.

La. Conorégàtiov de Notre-Dàke de L'AiïNQNGiiLDE, située rue Cassette. Elle fat transférée de Troye&à Paris, en i6!i8>, par Marie d'jibra de Raconis ; elle n'y a pas subsisté, long-temps.

Les Aniïonciàdes Dtr Saikt-Sàgremest de Saint-Nicolas de Lorraine. Les religieuses qui composaient ce couvent, fuyant la guerre et ses dangers, vinrent , en i636 , se réfugier à Paris-, elles s'établirent d'abord me du Colombier , et furent autorisées , par Tarchevêque de Paris, à célébrer l'office. Ensuite on les transféra rue du Bac , dans

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tme maison qu'elles quittèrent encore pour en habiter une autre rue de Vaugirard.

Elles furent remplacées , dans la maison de la rue du Bac , par les religieuses de la Con- 4T&ption on Jtécollettes^ et -dans celle de là rue de Vaugirard par quelques religieuses -de Y Assomption. Voilà tout ce que j'ai pu recueillir sur ces religieuses.

Aknohciades des dix Vertus , couvent de religieuses, situé d'abor«t rue des Saints- Pères où elles s'établirent en 1636, puis, en 1640, rue de Sèvres, près les Petites- Maisons. Ce couvent ne subsista que jusqtt'eti 1654 9 époque où les religieuses furent forcées de l'abandonner à leurs créanciers.

AwNONCiADEs DU Saint-Esprit , aujourd'hui Église de Saint - Ambroise , situées rues de Popincourt et de Saint-Ambroise. Une colonie d'annonciades , venue de Saint- Mandë près Vincennes , acquit une grande maison et un jardin , rue de Popincourt , que, le la août i636, elle vint occuper: elles se servirent d'abord dWé ck^^Ue dédiée à sainte Marthe , établie dans cette marisou; mais dans la suite, devenues plus

470 BISTOIRE DE PÀKIS

riches , elles firent bâtir une église qui fiit achevée en i6Sg.

Ce couvent fut supprimé vers Tan 1780; Téglise , assez vaste et solidement construite , fut , en 1 Çio2 , choisie pour la seconde succursale de la paroisse de Sainte Marguerite, huitième arrondissement.

Religieuses de Noïïie-Dame-des-Prés, couvent situé rue de Vaugirard. Cette communauté fut fondée, en 163^9 > ^ Mouzon, petite ville de Champagne , par Henriette de La , Vieuville , veiive à! Antoine i& Joyeuse, En 1687 , la guerre ^chassa ces religieuses de leur couvent ; elles se réfugièrent à Paris : le roi et l'archevêque les autorisèrent à s'établir à Picpus. Peu d'années après 5 les motifs de leur déplacement ayant cessé , elles retournèrent à Mouzon \ elles y restèrent jusqu'en 1675, époque où , le. roi ayant ordonné, la démolition des fortifications de.cette petite ville? lesbâtimens de leur monastère furent. compris dans cette ordonnance. Elles obtinrent, le 3 décembre , la permission de revenir a Paris y elles se logèrent d'abord rue du Ba€ j

sous LOUIS xiu. 47^

bientôt après , elles firent racquisition d'une maison rue de Vaugirard, où ellçs s^ établirent. Accablées de dettes- et ne pouvant satisfaire à leurs engagemens , elles demandèrent à M. d!Argenson , lieutenant de police , grand protecteur des couvens de religieuses , la permission d'établir une loterie dont les produits devaient être employés à payer leurs créanciers : pour faire réussir cette demande^ elles employèrent une dame ffusson, pensionnaire dans la communauté , et qui avait été la maîtresse et l'entremetteuse de ce magistrat , et lui promirent une gratification de quinze à vingt mille livres , si elle réussissait \ mais d' Argenson , dégoûté de cette femme , refusa aux religieuses de Nptre-Dame-des-Prés une ^veur qu'il avait accordée à plusieurs autres.

L'archevêque de Paris, en avril 1741?

supprima ce couvent ^ et les dix religieuses qui le composaient furent dispersées dans d'autres maisons monastiques.

Assomption, couvent de religieuses, aujourd'hui église paroissiale de la Madeleine^

roc Saînt-Honoré, entre les n*** 369 et 371. Lçs Haudriettes, chargées dans leur origine de servir un hôpital de pauTre» femmes, ayant envahi le bien de ces paavres , viraient inutiles et conslitùées eu communauté religieuse (i). Leur conduite n^ëtait pus trés-régulière ; on tenta plusieurs fois d'établir la réforme dans leur maison ^ enfin, le cardinal de La Rochefoucauld, que la prétendue possession de Marthe Brosswr avait rendu ridicule, entreprit de les soumettre à la régie , et de les transférer àxÊS un hôtel qu'il avait possédé au faubourg Saint-Honoré , qu'eu i6o5 il avail veudu aux jésuites, et que ceux-ci, par contrat du 3 février i6a3, revendirent aux religieuses Haudriettes. Elles y étaiettt déjà établies depuis six mois , et en avaient fait disposer l'intérieur d'une manière convenable 4 leur état , lorsque le titre des Haudriettiis fut supprimé, et les revenus réunis au nouveau monastère du faubourg Saint-

(i) Ployez Part. Hâpital et chapelle des Haudriettes, tom. m, psg. 97i

sovs Louts xm. 4?^

Honoré 9 auquièl on donna le nmn dUAssomption*

Plusieurs de ces reUgieuses réclamèrent contre ce nouvel ordre de choses \ quelquesunes même, refusant de se rendre dans le nouveau monastère , obtinrent en 16^4 ^^ arrêt du grand^conseil «n leur faveur *, les autres , qui s'y étaient rendues au nombre de six, élevèrent plusieurs contestations, dont Tintérèt était îe seul motif, et qui furent enfin assoupies.

La chapelle de cette maison ne fut pas suffisante à ces religieuses; elles achetèrent rhètel du sieur Desnoyers , et firent com* mencer en- 1670 la construction, de leur «i^se , qui fut terminée six ans €iprès.

Cette église , construite sur les dessins d^Errard, peintre du roi, et dont la fejtme n'est pas heureuse, représente une tour couverte d'un vaste dôme de 6a pieds de diamètre, a Cet édifice a surtout le défaut, » dit M. Legrand, d'être trop élevé pour » son diamètre ', ce qui donne à son inté- » rieur Tapparence d'un puits profond plu- » tôt que la grâce d'une coupole bien pro*

4;4 HISTOIEE DE PÂftiS

» portiowiée. Cette élévation intérieure, » qui sans doute n^eût pas été trop forte , » si la coupole eut été soutenae sur des » arcades et pendentifs, au milieu d'une » nef, d'un chœur et des bras d'une croix » grecque ou latine, devient excessive lors- » qu'elle se trouve bornée de toutes parts » par un mur circulaire ^ et le spectateur , » ne pouvant avoir une reculée suffisante, » ne parvient à considérer la voûte qu'avec » une très-grande gêne (i). »

Ce mur circulaire est orné de pilastres corinthiens supportant une corniche qui règue au pourtour de cette église ; cette composition fourmille de défauts de goût et de convenance. La calotte oflFre des casons et des peintures de Charles Lafosse.

Le plafond du chœur, qui a 60 pieds de longueur, a aussi été peint par Lafosse; il représente lassomptron de la Vierge. L'église était ornée de plusieurs ouvrages des maîtres de Fécole française. On y distinguait

(1) Description de Paris et de ses édifices, 6m. I^ pag. 82. ,

sous. LOUIS xin. 4? 5

sut'tout une Nativité ,• peinte par Houasse, et placée sur le grand autel.

Ce couvent fut réformé en 1 790. En 1 802 , son église fut choisie pour être , sous le nom de Sainte-Madeleine y l'église paroissiale du premier arrondissement de Paris. Elle remplaça Féglise de Sainte-Madeleine , située à la Ville-rÉvèque , dont le bâtiment avait, au commencement de la révolution , été démoli.

Parmi quelques tableaux qu'on y a placés , depuis qu'elle est devenue paroissiale , on remarque celui de M. Gautherot, représentant saint Louis donnant la sépulture à un soldat de son armée.

Petites-Cordelières, couvent situé rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, à l'hôtel de Beauvais. En 1628, il se détacha du couvent des Cordelières , établi au faubourg Saint - Marcel , un essaim de religieuses qui, favorisées par les donations de Catherine d'Abra de Raconis , vinrent s'établir dans une maison et un jardiu situés au cloître de Saint-Marcel. Bientôt ce lieu leur parut peu convenable. Pierre Poncher,

47^ tflfilt>lR1È DE PA&IS

auditeur des comptes, et sa sœur, leur donnèrent en iGiii, une maison située me des Francs» Bourgeois au Marais; elles s'y établirent sous le titre de Religieuses de Sidnte-'Claire et de la N^ads^ité^ mais elles ne purent s'y maintenir long^temps. Le i3 mai 16S7, elles acquirent Thôtel de Beauvais , situé rue de Grenelle-Saint- Germain, où, deux années avant, le doge et quatre sénateurs de la république de Gènes avaient logé , lorsqu'ils vinrent faire satisfaction à Louis XIV.

Etablies dans ce fastueux bôtel , ces relipeuses convertirent la salle de bal en église \ sans doute que les salles de jeu , les boudoirs furent aussi convertis en cellules.

L'arcbevèque de Paris, par décret du 4 juin 17499 confirmé par lettres-patentes, supprima, on ne sait pourquoi, ce couvent de religieuses. Leur maison et leur jardiii furent vendus à divers particuliers qui y ont fait bâtir des hôtels.

CÀRMéLrrES^ maison religieuse située ruSe Chapon, entre les n" 17 et 25. Les carmélites de la rue Saint-Jacquet dont j'jii

50US LOUIS XlII. 477

parlé, autorisées à faire nn second établissement de lênrcHrdredâm^ Paris, .réunirent en l'Gi^ cpie}cpiés*ttnes de lenrs sœurs dans une îmisoii àî& la^rnedhapon : cette nouvelle <ài[^tenie 's^j 'iriowva bientôt trop resserrée-, 'eile aequjt un kôtel voisin qui appartenait à révécjue ^t «tu. cWpître de Châ- )onà> etVoccupa^A tBîj^.^Gès .rêllgreuses, aidées par les libéFalxté^'^de la ^duchesse d'CfcléaBls-^LdhgtfevfHê et du duc son fils,* y firent coûst^nireuii^'O^Tjdiyt,' et une église ijui'^fut'^actievéè et dédiée èri 16^5 . Dans la suite, eHes âgriàndi^ënt encore leur propriété pair de ii(>uveH4ès acquisitions.

Cette maison étant supprimée en 1790, les Bàtimens et jardins furent vendus à divers particuliers'.- -

VAL-nE-GiULcE , abbaye royale de bénédictincfs, :^tuéé réé dû faubourg Saint*-Jacquès^^, entre le» n** ^77 et 27g. Dans une vallée-, près de Bièvre-lê-Châtel, existait, depuis le neuvième siècle , une abbaye de religieuses appelée V al-de-Grâcé. Aucom^ me'ncement du dix-septième siècle, le site de cette maison parut fort triste aux reli-

47 B HISTOIRE DE PÂRlS

gieuses qui Thabitaient. Les bàtimens tombaieut en ruines , et se trouvaient menacés par de fréquentes inondations. Elles résolurent de transférer leur abbaye à Paris. Elles achetèrent à cet effet, au mois de mai 1621, un vaste emplacement au faubourg Saint-Jacques , avec une maison appelée le Fief'de-FaloU ou l'Hôtel-du'Petit' Bourbon. La reine Anne d'Autriche paya 36,000 livres, prix de cette acquisition, et se fit déclRrer fondatrice. Le 20 septembre 1621, les religieuses de l'abbaye du ' Val-de-Grâce vinrent occuper leur nouveau monastère, qui reçut bientôt après plusieurs embellissemens. Anne d'Autriche y fit construire quelques bàtimens 5 et , le 3 juillet 1624, elle posa la première pierre du cloître.

Cette reine, long-temps stérile, et, après vingt-deux ans de mariage , inquiète de ne pouvoir donner un héritier à la couronne , avait adressé des vœux à toutes les chapelles , à toutes les églises où se trouvaient des saints ou des saintes en réputation de rendre la fécondité-, elle fit vœu d'élever

sous LOUIS XIII. 479

tin temple au Seigneur si ses désirs se réalisaient. Enfin , à force de prières payées ^ et de promesses magnifiques faites à Dieu et aux saints, le 5 septembre i638, elle eut le bonheur inespéré de mettre au jour un fils qui régna dans la suite sous le nom de XiOuis XIV- Après la mort de Richelieu et da roi son époux, parfaitement libre de ses volontés, cetj^ reine entreprit de s'acquit>ter des engagemens qu'elle avait contractés envers les habitans des cieux. Elle fit reconstruire entièrement , et avec une somptuosité digne de sa reconnaissance, Téglise et le couvent du Val-de-Grâce. Le 1" avriî 1645, la reine et le jeune roi, son fils, vinrent en grande cérémonie , et avec tout le faste des cours , poser solennellement }a première pierre de cet édifice. Les travaux commencés furent bientôt suspendus par les troubles de la minorité de Louis XIV ^ onles reprit en i655 : continués avec aotii^ité, les bàtimens claustraux furent achevés en 1662 , et -ceux de l'église en i665*

Le célèbre François Mansard , un des plus habiles archîtectes^que la France ait

48o HISTOIEE DE PJL1US

produits, fournit les dessins de Téglise, et la fit exécuter jusqu'au rez-de-chaussée^ mais, par Teffet des intrigues et des commérages de cour, Mausard se yit forcé dV bandonner la direction de cet édifice. On lui substitua Mercier et autres arclmectes bien inférieurs , et qui , voulant renchérir sur les dessins de ce grand maître , en altérèrent les beautés , et placèj^nt leurs conceptions mesquines à la place des conceptions du génie. Mansard, piqué de se yoir si sottement corrigé, entreprit au château de Fresnes , à sept lieues de Paris , la construction d'une chapelle qui , en petite proportion , était l'exacte exécution de so& dessin du Val-de-Grâce , et fit un chefd'œuvre en voulant prouver la préférence qu'il méritait.

L'édifice de l'église du Val-de-Grâce n'est point digne de l'importance qu'Anne d'Au« triche voulait y mettre. Il ofire plus de travail, plus de richesses que de blutés, et plusieurs défauts que je n'entrepreiulrai pas de signaler.

François Anguier, sculpteur, prodigua

sous LOUIS XIII. J^Sl

son talent aux nombreux brnemens de cette église. Les statues en marbre de saint Benoit et de sainte Scolastique, qu^on avait placées dans des nicbes de la façade, étaient son ouTrage.

Cette façade est composée d'une ordonnance corinthienne couronnée d'un fronton, puis d'une seconde ordonnance du même ordre pareillement couronnée d'un fronton (i). Sur la frise de la première , on lisait cette inscription qui fait allusion aux motifs qui ont déterminé la fondation de cette église : Jesu nàseenti VirgirUque matri.

Le fronton de Tordonnance snpérteure était orné d'un bas-4*elief où, pendant la ré- Tolution, on avait placé les symboles de la liberté et de l'égalité 5 symboles que, par une négligence rare , on n'a fait disparaître qu'en 1817 pour y placer le cadran dWe horloge. ^

L'inférieur de l'égl^, qui ne parait pas avoir éprouvé de dégradation , ofire^une nef qui , comme k Tordinaire , est séparée des

(i) f^o/ez planche 47-

bas-côtés par des arcades et des pilastres corinthiens cannelés : on ne savait guère au dix-*sepiième siècle donner d'autres formes à Tarcliitecture des temples. La voûte de la nef est chargée de bas-reliefs et d'ornemens avec une telle profusion, que F œil n'y trouve pas un espace lisse pour s'y reposer. Le même défaut est reproduit dans les autres parties de l'église. Toutes ces sculptures sont de François Anguier.

Le dôme qui , après ceux du Panthéon et des Invalides , est le plus élevé de tous les dômes de Paris , a été intérieurement peint par Mignard. Cette vaste composition représente le séjour des bienheureux divisé eu plusieurs hiérarchies : c'est le plus bel ouvrage de ce peintre. Molière, pour en exalter la gloire, a composé un poëme qui n'est pas digne de sa plume. On voit avec peine que cette peinture a beaucoup perdu de son effet en perdant la vivacité de ses couleurs.

Dans les années 1818 et 1819, la couverture en plomb de ce dôme a été entière-» rn^nt renouvelée.

sous Loris xm. - 4^3

Le principal autel est couronné par un baldaquin magnifique, supporté par six co-^ lonnes torses, de marbre noir, d'ordre composite , et dont les bases et les cliapiteaax sont de bronze doré*

Sur cet autel fastueux on exposait, dans les jours solennels, un ostensoir ou soleil tout en or, émaillé de couleur de feu, tout brillant de diamans , et soutenu par la figure d^un ange tout entière de ce riche métal , «t dont la robe , car elle en avait une , était encore bordée de diamans. Ainsi aveuglé par de fausses idées sur les principes du christianisme , on donnait aux objets les plus' sacré& du culte un mérite métallique , un mérite dont se parent ceux qui n'en ont point de réel.

La reine fondatrice accorda plusieurs pri-* viléges à ce monastère , le droit de porter les armoiries de France , celui d'inhumer dans son église les cœui^s des princes ou princesses de la famille royale décédéa. Ces cœurs étaient déposés dans une chapelle qui est à gauche^ on en comptait avant la révolution , jusqu'à vingt-six, au nombre desquels figu-

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rait celui d'Anne d'Autriche : ce n^était pas un bon cœur. Enfin , ce monastère avait le droit inestimable de réclamer la première chaussure de chaque fils et fille de la famille royale , chaussure précieusement conseryée. Les frais de cet édifice se sont montés à 370,288 liy.

Cette église a été convertie en magasin central des hôpitaux militaires* Les autres bfttimeas du monastère furent , pendant le régime impérial , et sont encore consacrés à un hôpital militaire.

Feuillantines, couvent de religieuses^ situé cul-de-sac des Feuillantines, n^ 12. Les fondations de couvens étaient la manie du temps. Anne Gobelin , veuve d'Estourmel, en fut atteinte : elle fit venir de Toulouse à Paris six religieuses feuillantines, qui, le 28 novembre 1622 , se logèrent dans la maison des Carmélites. Les feuillans de Paris, qui d^abord avaient résisté à rétablissement de leurs sœurs, vinrent les accueillir , et , au nombre.de trente , les (escortèrent processionnellement dans leur trans-^ lation du couvent des Carmélites à celui

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qu'ion leur avait destine. La fondatrice et plusieurs dames voulurent assister à cette cérémonie. Marguerite de Clausse de Marchaumont, veuve à vingt-deux ans, après avoir été mariée deux fois , fut la première supérieure de ce couvent.

L'église, qui fut bâtie et dédiée en 17 19 y ne coQtenait rien de remarquable qu'une copie de la Sainte-Famille de Rapbaël. Ce couvent, supprimé en 1790, est devenu propriété particulière.

. PoRnvRoYAL , couvent de religieuses , situé rue de La Bourbe. Une ancienne abbaye de Tordre de Citeaux, fondée en 12049 située près de Chevreuse , et nommée Porrois ou Porrais , dont , par corruption , on a fait

J^ort'du-Roi et Port^Royal^ fut réformée en. 1609 par Jacqueline- Marie- Angélique Arnaud qui en était abbesse.

L'insalubrité du lieu de cette abbaye fut cause de sa translation à Paris : les religieuses s'y établirent, le 28 mai 1625, dans un emplacement acquis par l'abbesse , composé de bâtimens et de jardins , et nommé lei Maison de Clugnj. Madame Arnaud

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montra son désintéressement et la pureté de ses principes religieux, en demandant elle-même, en 162^, que les abbesses de ce couvent . fussent triennales : en conséquence, elle se démit de son titre en i63o, et une nouvelle administratrice de ce monastère fut élue. Les exemples d'un pareil désintéressement sont rares dans notre histoire ecclésiastique.

On commença , en 1 648 , sur les dessins de Lepaulré., la construction de l'église de ce monastère ; elle fut achevée en 1648. L'architecte voulut en faire un chef-d'œuvre \ s'il n'atteignît pas entièrement son but , il en approcha beaucoup.

Dans le chœur des religieuses était une Cène peinte par Champagne , un des meilleurs tableaux de cet artiste qui , pour dédommager les curieux privés de le voir , en fit lui-même la copie. Cette copie figurait sur le grand autel.

A la demande de madame Arnaud, le pape permit que, dans ce monastère, fût établie V adoration perpétuelle du saint-^sa" crement. On conservait dans cette église

sous LOUIS xin. 4^7

une épine de la sainte couronne , et une autre relique plus rare et tout aussi authentique , la cruche qui ^vait servi aux noces de Cana.

Le lieu champêtre d'où étaient venues les religieuses de ce monastère fut réparé et assaini par des canaux qui procurèrent ^'écoulement des eaux stagnantes : il fut peuplé de religieuses , et reçut son ancien titre d'abbaye, avec la. dénomination distinclive de Port-Rojal-^s-Champs.

Ce fut dans ce désert.qu'un grand nombre d'hommes illustres par leur savoir , leurs talens et leurs vertus , vinrent se réfugier pour se soustraire aux persécutions des jésuites dont Louis XIV éuit l'aveugle instrument.

En août 16649 l'archevêque de Paris, suivi du lieutenant de police, d'exempts et de deux cents gardes , se rendit au couvent de Port-Royal de Paris. Cette troupe assiégea les religieuses sans défense ; douze d'entre elles furent enlevées, réparties dans dilïerentes communautés de cette ville, et traitées comme des prisonnières. Quelques mois

après, Qu enleya ^t Ton traita de mèine quatre autres religieuses. Celles qui restaient dans cette rujiiisoa, séduites par des discours ou intimidées par les menaces , cédèrent à la puissance.

£q i665 , ces malheureuses filles , arrachées de leur couvent, furent renvoyées dans le monastère de Port -Royal -des- Champs^ monastère où Ton plaça en même temps une garnison de soldats chargée de les empêcher de communiquer au dehors, et même d'aller dans leur jardin : ces soldats y séjournèrent jusqu'en 1669, et s'y conduisirent comme dans un corps-degarde (ï).

Les religieuses qui les avaient remplacées au couvent de Port-Royal de Paris , presque toutes dissidentes, se mirent dans les rangs des ennemis de leurs soeurs séparées , leur causèrent beaucoup de chagrin, et leur intentèrent, en 1707 , un procès qui eut beaucoup d'éclat et peu de succès.

(i) L'archevêque de Paris j avait placé une tourière et un chapelain, qui vécurent si familièrement ensemble qu'il résulta de cette familiarité le scandale ordinaire. .

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