S0U6 LOUIS XIII
Les religieuses de Pôrt-Royal-des-Champs se croyaient, daas cet asile, à l'abri de nouvelles violences : mais toujours persécutées par les jésuites , parce quelles ne partageaient pas leur doctrine, elles furent, le a9 octobre 170g, enlevées de leur maison par le lieutenant de police d'Argenson-, escorté d'une troupe nombreuse , qui ne leur accorda qu'un quart-d'heure pour se disposer à se rendre dans divers couvens du royaume, où elles furent séquestrées : leur couvent fut démoli.
L'abbaye de Poft-Bxyjral de Paris , supprimée en 1790, fut, pendant la session de la Convention nationale, convertie en prison révolutionnaire. En 180 1 , ou y plaça l'institution de la Maternité^ et , en i8o4 , tHos^ fiée de 1* accouchement . ( f^ojez cet article. )
Filles de Sainte - Elisabeth , ou nu TiERs-ORURE DE Saiwt-François , aujourd'hui Saiiïte-Elisabeth , succursale , cou-vent et église situés rue du Temple , entre les n"' 107 et 109. Le père Vincent Musard, qui opéra une réforme dans les couvens du tiers-ordre de Saint-François, montra beau-
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coup de zèle pour établir les filles de Saînie- Élisabelh ; sa belle-^mére^ sa sœur et dix autres filleis ou femmes se réunirent pour former ce nouveau couvent. Ce père recrutait partout des prosélytes et des bienfaiteurs. Plusieurs donations , des lettres-patentes de i6i49 le consentement de Févêque de Paris , de i6i5 , le mirent à même de faire construire , dans la rue du Temple , un monastère dont les bâtimens , commencés en i6ti8 , furent acbevés en i63o. Marie de Médicis , conjointement avec son fils Louis XIII , vouliu en poser la première pierre , et même avoir le titre de fondatrice.
Ce couvent n'offrait rien de remarquable : il fut supprimé en 1790; et, en i8o3, Téglise fut choisie pour être la seconde succursale de la paroisse de Saint-Nicolas-des- Champs , sixième arrondissement. Elle a conservé la dénomination de Sainte-EU" sabeth.
Notre-Dame de Sion, ou Ckanoinesses régulières anglaises et réformées de Tordre de Samt'Augustm. Ce couvent était situé
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rue des Fossés-Saînt-Victor , à côté et audessus du collège des Ecossais. Ces religieuses vinrent en France en* 1 633, et obtinrent, au mois de mars de cette année ^ des lettres-patentes qui leur permettaient de s^établir à Paris ou dans ses faubourgs. Elles choisirent d^abord une demeure dans la rue Saint-Antoine , puis elles vinrent occuper , dans la rue des Fossés-Saint- Victor, une maison qui avait appartenu à Jean-Antoine Baïf , poëtc du règne de Charles IX et de Henri III, où s'assem-» hlaienl les beaux esprits du temps , et où se donnaient des concerts de musique, qui attirèrent quelquefois ces princes et leur cour.
Ce couvent fut supprimé en 1790 : dans les bàtimens on a établi un pensionnat de demoiselles. .
Filles de la Conception (i), ou religieuses du tiers-ordre, couvent situé rue
(i) Il fallait avoir ëpaisé le dictionnaire des dénominations conventuelles pour imaginer celle-ci qui se trouve composée de deux mots étonnés de se trouver réunis.
Saint-Honoré', en face de Tcglise de VAs' somption oa de ScdrUe^Madeleine. Anne Petau , veuve^ de René Régnant , conseiller au parlement , donna, en i635, 4^, ooo livres au couYent des Filles de la Conception de Toulouse, pour obtenir treize religieuses de cet ordre , qui y au mois de septembre de cette année , vinrent à Paris , .et , sufisamment autorisées , occupèrent Irt maisoB que celte fondatrice leur avait préparée , et qui appartenait à François-Théodore de Nesmond , président au j^rlement , et que ce président, en 163^, céda à ces religieuses, â condition qu^ elles recevraient sa fille dans leur ordre , ce qui fut exécuté. Malgré ces donations , les Filles de la Conception étaient fort endettées , et ae trouvaiept , comme quelques autfes couyens , dans le cas de faire faillite \ mais .le sieur d'Ar^ genson , en 1 7 1 3 , détermina le roi à établir une loterie dont les bénéfices leur appartinrent \ par ce moyen peu moral elles réhabilitèrent amplement leur fortune. D'ailleurs , on sait quel prix ce magistrat, de moeurs corrompues, mettait aux
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•servrees qu'il reinlait aux couvcns de religieuses*
L'église ne contenait de remarquable que deux tableaux : Fun , placé sur le grand autel, représentant la Conception de la Vierge, était peint par BouUoogne Tamé ; Tautre , que Ton voyait dans une chapelle à droite , avait poxir sujet saint Germaiii donnant une médaille à sainte Geneviève , par BouUongne le jeune.
Ce couvent fut supprimé en 1790 , et sur ^on emfJacement on a bâti plusieurs maisons particulières.
Filles dc l'IhmàculiêB: Congeptiozi , ou B.ÉGOLLETTES , couveut sîtué ruc du Bac , n* 75 , à l'angle septentrional de la rue de la Planche. Madame la présidente de Lamoignon fit venir de Verdun quelques religieuses récoUettes. Autorisées , le 8 septembre 162.7, par l'abbé de Saint-Germain , ces récollettes , munies de toutes les précautions exigées, n'en profitèrent pas, e% cédèrent, par acte du 12 décembre' 1 634 , aux religieuses récollettes de Saint-])ficolas de Tulle leurâ droits et priviléges4 Celles-
ci achetèrent une maison rue du Bac , qu'elles firent accommoder en monastère , et s'y établirent en lôS^,
Ces religieuses, en qualité de récollettes, étaient sous la direction des frères récollets. Ceux-ci, se trouvant trop éloignés de leurs sœurs , obtinrent facilement , dans ce temps de prospérité monastique , la permission de faire bâtir un hospice de récollets à côté de celui des récollettes. Il fut construit dans la rue de la Planche. Ce voisinage fut une source de désordres et de querelles que termina un arrêt du conseil du roi , du mois de mars 1708 , condamnant les frères récollets à se séparer de leurs sœurs de la Coneeption Immaculée,
Elles durent ce dernier titre à Marie- Thérèse - d'Autriche qui , ayant projeté d^tablir un couvent de la Conception , jeta les yeux sur les sœurs récollettes , et obtint une bulle, du 18 août i663 , qui autorisa ces filles à prendre thabit , Tinstitui , la règle et la dénomination de religieuses de r Immaculée Conception de la Vierge Marie. En 1664? ce couvent fut déclaré de fonda-
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lion royale. Louis XIV fournit aux frais de la construction de Tëglise qui, commencée le 1 3 juillet 1693 , fut bénite, et sans doute achevée le 5 décembre 1694*
Le grand autel de cette église était orné d^une Immaculée Conception , peinte par Lafosse.
Ce couvent , supprimé en 1790 , a été vendu à des particuliers.
Il fut fondé un autre couvent de la Con* ception, rue de Charenton, dont je parlerai ailleurs.
Religieuses du SAiirr-SÀCREMErfT , couvent situé près le Louvre. Sébastien Zamet, évèque de Lan grès , pensa qu^un couvent dont les individus seraient nuit et jour et sans cesse occupés à Tadoration du Sainte Sacrement , deviendrait une institution d'une haute importance pour le public.
D'abord , pour rexnpHr ses piehses intentions , il résolut d'employer des hommes absolument reclus e^ qui n'auraient nulle communication avec le dehors. Il aban^ donna celte partie de son projet, substitua des femmes aux hommes , et obtint des
bulles du pape. Une riclie dévote^ appelée Bardeau, donna 3o,ooo francs pour commencer rétablissement. Madame je Longueville mît tout en œuvre pour déterminer Parchevèque de Paris à donner son assentiment qu'il avait refusé d'abord. Le roi , après plusieurs difficultés , accorda des lettres-patentes au mois d'octobre i63o.
Une maison , dans le quartier du Louvre , fut achetée et destinée à cet établissement. Le parlement enregistra , le 3i mai i633, les lettres du roi. La mère Angélique Arnaud eut la première direction de eette comnranauté. Le fondateur avait pour objet d'attirer dans son couvent les filles des courtisans ', et pour j réussir , il fit une règle par laquelle les religieuses devaient être vêtues de robes blanches y fines et traînantes , de beaux scapulaires d'écarlate et de linge très fin. Aucune austérité ne devait en éloigner les jeunes personnes, Ij'église était ou devait être magnifiquement ornée. Tout allait au gré du fondateur et de ses auxiliaires. Le couvent fut établi^ mais, sous le règne de Louis XIV , cette mai-
sots LOtrô Tirttt 4*9?
son fut supprimée : on ne sait pourquoi.
Belle-Chasse ou Chaitoistesses du Saiitt- Sépulgre, couvent situé rue Neuve-de- Belle-Chasse , n*» 4 > quartier Saint-Germain. Une dame de Planci fit venir , en i632 , de Gharleville à Paris , cinq religieuses de cet ordre ; elles éprouvèrent pendant trois ans plusieurs difficultés pour s'établir. Le 16 juillet i635, elles firent Tacquisition d'un, vaste emplacement appelé BeUe-Chasse : elles n'occupèrent d'abord , en attendant la construction de leur maison , qu une extrémité de cet emplacement. Leur monastère étant bâti , elles y entrèrent le 21 octobre i635 ^ mais ce ne fut qu'au mois de mai 1687 qae tous les obstacles furent surmontés , et qu'elles obtinrent du roi des lettres-patentes confirma tives de cet établissement. La chapelle de cette maison fut bénite en i6^3.
Ce couvent était à peine établi que le désordre s'y manifesta. On lit dans les registres manuscrits du parlement que , le 3i juillet 164^ et les jours précédens , un sieur de Meigneux, accompagné de plu-
^S HISTOIKÉ 0£ FkUlS
sieurs personnes dont les noms sont mystérieusement omis, s^était rendu dans ce couvent et y avait commis des excès qui ne sont pas spécifiés. Le parlement fit défense au sieur deMeigneux « d'aller audit monas- . )> tèrc ^ et d'y mener.. .w ni autrement, à » peiue de la vie ^ enjoint à la prieure de » faire fermer les portes du couvent , et » d'empêclier qu'il soit usé d'aucune vio- » lence €n contravention audit arrêt ; de » garder soigneusement la dame de Né- » restau , étant en ladite maison , ni de » permettre qu'elle en sorte. »
Ce couvent fut supprimé en 1790 : on a ouvert sur son emplacement une rue nouvelle qui fait la . prolongation de celle de Belle- Chasse, et qu'on nomme rue Neuvede^Belle-Chasse.' La partie des bàtimens qui n'a point été détruite par l'effet de cette prolongation sert de magasin des fourrages du gouvei-nement.
Les Filles du Précieux-Sakg , couvent situé rue de Vaugirard , n*" 60 , quartier da Luxembourg. Des filles de l'ordre de Cltcaux j de la ville de Grenoble , après avoir
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adopté une réforme, firent solliciter^ auprès de l'abbé ' de Saint-Germain-des-Prés , la permission d^établic un couvent de leur ordre dans l'étendue de sa juridiction. Cette demande fut accordée le âo décembre i635 : elles achetèrent, en conséquence , une maison rue Pot*de-Fer, au coin de la rue Mézières. Pour la payer, elles reçurent de la duchesse d'Aiguillon la somme de 8,o5ol. , et vinrent l'habiter en i636. Ces religieuses ayant mal calculé leurs affaires , ou trop compté sur le zèle public, se trou^ vèrent tellement endettées qu'elles furent forcées d'abandonner leur maisoi> à leurs créanciers.
Alors, elles prirent à loyer une maison , située rue du Bac, où elles sç retirèrent , maison qui, depuis, a fait partie du séminaire des Missions étrangères. Enfin, des personnes charitables vinrent à leur secours , et leur fournirent une somme qui * leur permit, le 10 décembre i658, d'ache* ter une maison , rue de Yaugirard , qu'elles firent disposer suivant leurs besoins. La chapelle fut bénite, le 20 février tSSg^ sous
5oo HISTOIRE DE PAftIS
le titre de PrécjeuâoSang Jle Notre^Sei" gneur; et , le même jour , elles vinrent habiter leur nouveau monastère.
Elles furent supprimées en 1790 ^ et leur maison devint une propriété particulière.
Bénédictines i>e NoxaE-DAiis deLiesse, couvent situé rue de Sèvres , seconde série de numéros commençant au boulevard , n® 3. Ces religieuses^ établies à Rhétel, diocèse de Reims , craignant la guerre et ses dangers , vinrent , en 1636, se, réfugier à Paris : elles s^établirent , d'abord , rue du VieuK-Colombier, et, en i645, devinrent propriétaires d'une maison déjà occupée par des religieuses qui ne purent s'y maintenir. Ce lieu était nommé le JardincC OUveL Cette maison ne se soutint qu'avec peine f et éprouva plusieurs traverses. La chapelle ne fut bâtie qu'en i663. Ce couvent , presque désert, fut supprimé en 1778 ^ et madame Necker y fonda un bôpitaU qui porte spn nom ^ et dont je parlerai dans la suite.
Filles de Saij»t-Thomàs-d'Aqui» , de
gous LOUIS xuif 5or
l'ordre de Saint-Dominique , coUyeot situé raedes Filles-Saint-Thomas. Des religieuses de Sainte-Catherine de. Sienne , ayant reçu Tordre d'aller former un établissement à Pari$ , obtinrent des lettres-patentes du mois de décembre tG^g^ enrçgistf'ées le 3 juillet i63o : elles se logèrent, d abord, dans une maison de la rue des Postes, au faubourg Saintf Marcel. En 1 634 9 ayant acheté une grande maison., vieille rue du Temple , elles y firei^t construire une église et un assez vaste monastère ; elles y restèrent jusqu'au j mars 1642 , époque où elles, viprei^t habiter la maison qu'elles avaient fait construire dans la rue qui porte le m>m de leur couvent.
Ce cou vent ayant été supprimé en 1790 , ses bàtimens furent occupés , pendant plusieurs années^ par divers {^rticulieKs , jus*qu'en 1808, époque où, sur son. emplacement , l'on a commencé à élever l'édifice de la Bourse.
Filles ub la Chocs 9 couvent de reli- .gieuses de Tordre de Saint-Dominique, situé rue de Charonne , n* 86. Ce couvent
501 BUÏOIRB de PÀHiS
fut institué pour recevoir le trop plein dé celui qui est mentionné dans Tarticle pfé* cèdent* Le -j mars 1627, ces filles habitèrent Une maison située rue|Plàtrière , puis elles se transportèrent rue Matignon* Après ayoïr^ le ai juin 1639 , acheté une maison rue de Charonne , elles y firent construire un monastère qu'elles vinrent habiter au mois d'août i64i. Charlotte-Marie Coiffier d'Efiiat fournit aux frais de cet établissement , et en fut considérée comme la fondatrice. Son cœur fut déposé dans le ynctuaire d« Téglise.
Dans cette église , petite et bien ornée, on voyait un excellent tableau de Jouvenet , représentant Télévation de la croix.
Cyrano de Bergerac , écrivain original et sans goût , fut enterré dans cette église. Ce couvent, supprimé en 1790 , n'a point été rendu. En 18 15, on y a placé des religieuses qui portent le titre de Dames de la Croix.
Il existait à Paris trois autres maisons de Filles de la Croix y dont je parlerai dans la suite.
sous LOUIS XlUr 5o3
Cherghê-Miui , ou Prieuré de Notre- Dame de Consolation, situé rue du Cherche- Midi ^ n*" a5. Dfs religieuses Augustines de la CoDgrégatioB de Notre-Dame de la ville de Laon, vinrent à Paris^ en 1633, pour y former un établissement. Le i3 mai i634> elles achetèrent des sieur et dame Barbier un emplacement rue du Cherche - Midi ou Chasse-Midi ^ et ^ muni du consentement de Tabbé de Saint-Germain et de lettres-patentes du roi y de septembre de la même année , elles firent construire un monastère : mais ces religieuses , mauvaises. économes , se virent dans la suite poursuivies par leurs créanciers. Un arrêt du 3 mars i663 ordonna la vente de leur maison.
Dans cette fâcheuse cqnjoncture , elles s^adressèrent à Marie - Eléonore de Rohaa , abbesse de Malnoue , et lui offrirent de se mettre sous sa dépendance , en embrassant la règle de Saint-Benoit. Il en coûta à cette abbesse 55,ioo livres, prix de la vente de la maison , dont elle se rendit adjudicataire \ -puis , elle la céda aux religieuses du Cherche- Midi, qui reçurent, en 1669, le titre d«
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Bénédictines de Notre -Dame^ de -Conso^ lotion.
Ce couvent fut supprimé en 1790 5 et deux particuliers , acquéreurs de remplacement, y ont fait bâtir des maisons.
Religieuses de Fekvaqubs , couvent de Tordre de Cîteauy , situé au faubourg Saint- Germain , on ne sait dans quelle rue. Ces religieuses , en i636 , pendant la guerre , vinrent de Noyôn h Paris pour y chercher un asile : on leur permit d'y rester, à condition qu'elles ne placeraient point de croix à leur porte, et qu'elles n'auraient ni cloches ni tabernacle. En 164^ 5 on leur accorda la faculté d'établir un monastère en forme. Ces concessions favorables ne consolidèrent pas cet établissemetlt qui fut de peu de durée : dans la suite, on n'en trouva plus de traceS'.
Les quatre établîssemens suirans se distinguent des autres en ce quMls ont pour objet l'utilité publique.
Religieuses de la Charité-Notre-Dame, couvent et hôpital, situé rue de la Chaussée^ des'Minimes , au coin du cul-de-sac des
sous LOUIS XIII. 5o5
Hospitalières, n** 2. Cette maison , destinée pour les filles et f5emmes malades, fut définitivement établie en 162g. Une dame d'Orsai et un sieur Faure , stimulés par Françoise de La Croix , fournirent aux frais d'acquisition de cette maison et à ceux de l'ameublement. Douze lits furent d'abord fondés. Bientôt les frères de la Charité , les administrateurs de l'Hôlel-Dîeu se réunirent pour s'opposer à cet établissement utile. Le parlement, en 1628, mit fin à celte opposition scandaleuse : Françoise de La Croix *et ses compagnes furent mises en possession de cet hôpital, et elles firent des vœux en 162g. Dans la suite le nombre des lits s'accrut par des bienfaits de quelques personnes : en 1575 , il s'élevait à vingt-trois. Les malades payaient 3o livres par mois ^ et ceux qui passaient dans cette maison le reste de leur vie 4oo livres par an.
Celte maison a subi le sort de tous les établissemens religieux : elle a été supprimée'en 1792, et remplacée par une filature de coton établie en faveur des indigens.
Hospitalières de là Roquette. Ce cou-
5o6 HJ970I1LE DE PARIS
yen t et hôpital^ situé quartier de Popincoort, rue de la Roquette , n'* i o3 , fut établi par les religieuses de la Charilé doùt la maison est Vobjet de Tarticle précédent. Aidées par la duchesse de Mercœur, elles acquirent cette maison pour servir à leurs convalescens qui • avaientbesoin de respirer un air plus pur que lelui <îb la Chaussée des Minimes. On donna ce nom à ce couvent , parce qu'il fut bâti sur Templstcement d'une maison de campa^ gne , dite la Rochatte ou la Roquette. Ces religieuses en devin i^ent propriétaires par acte du 3o janvier i636. • ,
Un décret de Tarchevêque de Paris , du i % octobre 1690 , confirmé par let|jres-pa* tentes enregistrées le 12 juin 1691, sépara la maison de la Roquette d^ celle de la rue de la Chau^sée-des-Muiimes. Elle en fat entièrement indépendante , et elle avait « . avant la révolution , dix-neuf lits pour les femmes vieilles et infirmes, Cette muison , supprimée en 1792% e&t occupée aujourd'hui par la filature de poton du. sieur. DelaM*€ et compagnie.
FiLï-çs pE 1-4 Pi|ovipç|CgB PII pp Sa;i«t-
SOVS LOUIS XIU, 507
Joseph, couvent situé rue Saiut-Dorainique-^ Saint-Germain , n** 82. Marie Delpech , connue sous le nom de VÈtang , avait établi , à Bordeaux , 'une maison pour le& orphelines : elle fut appelée à Paris pour en établir une en cette ville. Elle y arriva., le 1 1 février 1689 , et logea d'abord rue du Vieux-*Colombier, dans une maison occupée par quelques religieuses venues de Cha^-leville. Le nombre des élèves quelle y fit l'obligea de prendre à loyer une maison plus VAste 5 rue du Pot-de-î^er. Celle-ci devint bientôt insuffisante. Le 3 février i64o, elle acquit , rue Saint-Dominique , une grande maison où son établissement fut fixé : elle Tagraj^dit par raçquisitîon de sept qiiartfers detCrrrain- qui Tavoisin^ient; et> miuiie de t&Mil^ les permissions et autorisations exifées , elle en prit possession dans la même année.
Cette institution avait pow objet. Tins-
tructioUv des orphelines- On. leur ensei-
.gnaix les ouvrages convenables à leur sexe,
jusqu'à ce qu^eUes fussent en ét4% de se ma^
ScfS RISTOCHE DE PAILIS
rier, ou d'embrasser uae profession quelconque.
Cette maison fut supprimée en 1792. Ses bàtimens furent, depuis, convertis en bureaux du ministère de la guerre , et de sa chapelle on en fit Un magasin.
Nouvelles Catholiques , couvent de filles, situé rue Sainte-Ânne, n* 63. Ce couvent fut établi par les mêmes fondateurs, dans le même temps , et dans les mêmes motifs que le couvent des Nouveaux Con* iferds dont j'ai parlé^ ci-dessus *, mais it eut une destinée différente. Il fut d'abord , en 1634) placé rue des Fossoyeurs, aujourd'hui de Servandoni.
En 16479 il était situé rue Pavée au Marais \ puis rue Sainte- Avoye ^ en i65i, dans la rue Neuve-Saiiit-^Eus tache \ enfin , en 167a , ce couvent obtint une demeure stable , rue Sainte-Anne , où les religieuses achetèrent un terrain , et y firent bâtir une maison et une chapelle ,. bénite sous le titre de V Exaltation de la Sainte- Croix et de Sainte^ ClotUde, Cette maison, qui jouissait
sous LOUIS xin. Sog
clu privilège des maisons da fondation royale , Tut supprimée en 1790, et vendue peu d'années après. Plusieurs maisons particulières se sont élevées sur son emplacement.
Filles ou Sœues de la CnAriiTÉ , couvent situé rue du faubourg' Saint-Denis , n^ II :& , en face .des bâtimens de Saint- Lazare. Vincent de Paule et Louise de Marîllac, veuve de M. Le Gras, commencèrent ce louable établissement, en i633, dans une maison située près de Saint-Nicola^du- Cbardonnet. De-là il fut , au mois de mai i636 , transféré à la Villette.
En 1640 , la dame Le Gras, désirant se rapprocher de Paris et de la maison de Saint-Lazare , maison à laquelle on avait soumis la sienne , vint s'établir dans la rue du faubourg Saint-Denis , en face de Saint- Lazare. Cet établissement, qui devint le cbef-lieu de toutes les maisons des soeurs de la Charité , a survécu aux ravages des temps et aux révolutions politiques, ou n^a éprouvé qu'une éclipse passagère , parce qu'il est d'une utilité évidente. Ces soei;ri
5lO HISTOIRE 1>E PAUIS
ne sont point cloîtres : elles sortent, et vont cliercher les malheureux pour les secourir. Les sœurs de la Charité , que le peuple nomma Sœurs grises à cause de la couleur de leur vêlement ^ n'avaient et n'ont rien du luxe des autres couvens de religieuses. Leurs bâtimens sont simples; mais ces religieuses ne seraient ni moins utiles ni moins respectées , si la formie de leur coiffure et de leur vêtement était un peu moins ridicule.
La maison du faubourg Saint-Denis a été supprimée en 179^ , et on y a ,. depuis , placé une caserne et une maison royale de santé ^ .ou hospice de M, Dubois^ ou l'on reçoit les malades, moyennant une rétribution journalière.
La maison , chef-lieu de cet ordre , fut dans la suite rétablie rue du Vieux-Colombier, n® i5, et, en i8i3, rue Bac, n* iSa, a Tancien hôtel de La Vallière.
Notre-Dame de la Victoire-de-Lépahte ïT DE Saint-Joseph , couvent de chanoinesses-régulières, de Tordre de Saint- Augustin , situé rue Picpus , huitième arron-
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dissement. L'archevêque de Paris, à la sollicitation du sîeur Tubeuf, surintendant des finances de la reine , demanda , le 27 janvier i64o, à Tabbesse de Saint-Etienne de Reims, des religieuses de son ordre, pour en former un établissement' à Paris. Le 2 octobre de la même année, Tabbesse vint dans cette ville , accompagnée de six religieuses. Elles furent établies ruePicpus. L'on nomma la sœur du fondateur , Suzanne Tubeuf, première prieure triennale.
. Ce couvent fut supprimé en 1790. Il est, depuis, devenu propriété particulière. Voilà quarante maisons de religieuses établies.! Paris sous le règiie de Louis XJII. Joignons-y les. vingt couvens de religietix fondés dans la même ville pendant le même règne ^ il résultera que , dans l'espace d'une trentaine d'années , Paris fut encombré ou sanctifié par soixante nouvelles maisons monacales. Quelle utilité, quel fruît ont retiré de ces nombrieux établissemens la raison , la morale publique et la prospérité de l'État ?
Si? bistoirb de pàet&<
S IV. Autres institutions religieuses et civiles.
Chàpblle SinrivJoâEPH, située rue Montmartre, 'U9 144» ^u ^^^^ ^^ I^ ^^^ ^^^ Saint-Joseph. Ce n^était , dans Torigine , qu un oratoire placé, suivant Tancien usage, au milieu d'un cimetière , celui de Saint- Eustache. Le chancelier Séguier désira posséder cet emplacement , et l'acquit des marguilliers* L'archevêque de Paris, par ses lettres du a4 ^oût lôstS , approuva cette aliénation , à condition que l'acquéreur fournirait à la paroisse de Saint-Eustache un emplacement convenable dans le faubourg Montmartre, pour y établir un autre cimetière et une autre chapelle.
Le i4 juillet 1640, le chancelier Séguier posa la première pierre de la chapelle "de Saint-Jose]ph qu'il fit construire, à ses frais.
Cette chapelle fut illustrée par les tombeaux de deux hommes célèbres : c'est là que furent enterrés Molière en 1678, et La Fontaine en 1695. Cette chapelle ,
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devenne propriété pRi<ticulière , ayant été démolie pendant la révolution , les. tombeaux de ces honmies illustres furent transférés au Musée des monumens français , et en 1818 au cimetière du père Lachaise, ou on les voit réunis.
L'archevêque de Paris refusait d'accorder la sépulture à Molière. Sa veuve dit : On refuse un tombeau à Thomme à qui la Grèce eût élesfé des autels^ Les comédiens français étaient alors, excommuniés , et le furent jusqu'à la révolution.
On a établi un marché sur l'emplacement de cette chapelle..
Saikt-Roch, église paroissiale du a* arrondissement , située rue Saint-Honoré , entre les n'*' 296 et 298.
Il existait dans le faubourg Saint-Honoré (car l'emplacement actuel de Saint-Roch était situé dans ce faubourg) une grande maison, appelée l'^dteZ de Gaîllon , où se trouvaient deux petites chapelles, l'une dé* diée k sainte Suzanne , et l'autre aux Cinq* Plaies. On ignore l'origine de celle de Saintû-Suzanne^de-GaUlon : on sait que
St4 HisromB DB niits
eelle des Cinq-PIaies avait été GOnStrnîte , en i52i, par Jacques Moyoa, Espagnol, domiciKé à Paris , qui obtint la permission d^établir7 dans ThôEel de Gaillon ou dans un des faubourgs de Paris , un hôpital pour les Français et pour les étrangers affligés des écrouelies.
D'autre part , les habitans de ce faubourg désiraient avoir une église, et leur désit était secondé par Etienne Dinocheau, neteu du fondateur de la chapelle des Cinq^ Plaies : celui-ci , ayant renoncé aux droits qu'il pouvait avoir sur cette' chapelle , le i3 décembre iS^^, donna à ces habitans une place et un grand jardin qui en dépendaient. En outre , ToASdal de Paris leur permit, le 18 août iS^S, de faire bâtir une chapelle qui serait succursale de Saint- Germain-FAuxerrois.
Le projet de cet hôpital était en opposition avec celui de cette cbapelle ^ et le curé de Saint-Grermain-l'Auxerrois', qui perdait quelques revenus par Térection d'une succursale, se trouvait en opposition atec Toffioial : grands débats qui furent terminés en
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1 58a .Jacques Moyon avait clioisi pour son hôpital un autre emplacement, et Tofficial et le curé de- Saint-Germain^rAuxerroi»
s'étaient en6n accoi-dés -, mais une autre querelle s'élev« entre le curé , le chapitre et les marguilliers de cette dernière égliscr Il était question du partage des produits de la succursale et d'intérêts pécuniaires. Le procès j à la honto des parties , dura près de trente années.
En t587 , à la place des deux chapelles de Gaillon , on fit construire une église ou chapelle succursale. Le chapelain engagea ses paroissiens à faire Tacquisition de Thô* tel de Gaillon \ ils Tacquîrent en 1622. Ensuite, ils voulurent que leur chapelle * devînt indépendante de Saint-Germainl'Auxerrois, et qu'elle fût érigée en église paroissiale. L'exécution de ce projet rencontra de grandes difficultés qu'éleva le curé de Saint-Germain : mais ils en triomphèrent 5 et, le 3o juin .ï633, 1 érection d© leur chapelle en église paroissiale fut autorisée.
La population croissante de ce quartier
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fit bientôt sentir Tinsaffisance de la eha-' pelle bâtîe en iSSy. On s'occupa de la construction d'un édifice pkis vaste. Le roi et Anne d'Autriclie , sa mère , en posèrent solennellement la première pierre le 2d mars i653. Sa construction s'exécutait avec lenteur ou était suspendue , lorsqu'on 1 7^0 le fameux Law, converti par l'abbé de Tencin, ayant abjuré le protestantisme , afin d'être nommé contrôleur général des finances, et ayant entendu la messe et communié dans l'église de Saint-Roch, sa paroisse, donna à cette égHse roojooo livres pour acbever son bâtiment. Ces 100,000 livres, consistant en billets de banque , servirent peu à la construction de cet édifice qui ne fut entièrement achevé qu'en 1740-
Cette église , d'abord élevjée sur les dessins de Mercier , fut continuée sur ceux de Robert de «Cotte qui notamment a fourni le dessin du portail que son fils Jules Robert de Cotte fit exécuter , et dont la première pierre fut posée le i" mars lySô. Ce portail, élevé au-dessus d'un grand nom*^ bre de marches , reçoit de cette élévatioiiL
*SO€JS LOUIS XIII. SlJ
un caractère de majesté qui convient à un temple. Il se compose de deux ordonnances y Tune dorique , Tautre corinthienne : cette dernière est couronnée par un fronton. Il règne dans cette composition beaucoup d-harmonie ; mais les architectes , par ces ordonnances superposées , ont sacrifié au mauvais goût du temps, en donnant à un édifice dont la hauteur n*est point divisée par des étages un frontispice qui semble en indiquer deux.
On ajouta à l'architecture de ce portail des ornemens de sx^ulpture : aux deux côtés de la croix qui lui sert d'amortissement , on av^ait placé des anges adorateurs, et audessus de Fordonnance dorique, deux groupes représentant quatre pères de Téglise latine. Ces sculptures étaient Fouvrage de Francin , et les trophées , candélabres et autres ornemens , celui de Monteaù. Tous ces accessoires ont disparu.
. L'intérieur de cette église se divise en cinq parties distinctes : la nefj le chœur, la chapelle de la f^ierge, celle de la Comma^ nion qui vient ensuite, enfin la chapelle. du
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Calibre : ces parties ont chacune un caractère différent des autres. En les parcourant, on éprouve le sentiment que donne nn changement de scène et de décoration : cVst un effet théâtral qui n'a point d'exemple dans les autres édifires religieux de Paris. On aperçoit, dans ces diverses constructions, Tintention de frapper rimagiuatioa par le sens de la vue.
L'ordre dorique règne dans la nef et le chc3eur qui n'ont rien de remarquable ; aux extrémités de la croisée sont deux autels , l'un en face de l'autre , décorés sur les dessins de Êoullée. On y voit des statues de saint Augustin, de saint François de Sales, etc. Cette dernière est de M, Pajon. On j remarcpie aussi deux ^^ands tableaux de !12 pieds de hauteur : celui qui est sur l'autel à gauche représente saint Deiûs prêchant la ibi \ il est de M. Vien : celui qu'on voit sur l'autel à droite a pour sujet la Maladie des Ardens \ il est peint par Doyen.
La chapelle de la Vierge, située derrière le chœur, fut bâtie en 1709 : s'a fosHEM ctr>culaire est couronnée par nue t>ou|K)le ifù