I. Selpvant pour retomber ensuite
lia niSTOlUE COMIOl'E
ne me peniietlrail pas do premlro mon irril de plus loin. »
Ayant ainsi parlé, il saiila de dessus mon épaule à lerre ; ensuite, il donna la main à tout son petit peuple, et se mit à danser, avec eux, d'une sorte demouvemeni que je ne saurais représenter, parce qu'il ne s'en esl jamais vu de semblable.
Mais, écoulez, peuples de la Terre, ce que je ne vous oblige pas de croire, puisque, au monde où vos miracles ne sont que des effets naturels, celui-ci a passé poui un miracle! Aussitôt que ces petits hommes se furent mis à danser, il me sembla sentir leur agilalion dans moi et mon agitation dans eux. Je ne pouvais regarder cette danse, que je ne fusse entraîné sensiljlement de ma place, comme par un vortice (tourbillon) qui lemuait, de son même branle et de l'agitation particulière d'un chacun, toutes les parties de mon corps ; et je sentais épanouir sur mon visage la môme joie qu'un mouvement pareil avait étendue sur le leur.
A mesure que la danse se serra, les danseurs se brouillèrent d'un trépignement beaucoup plus prompt et plus imperceptible ; il semblait que le dessein du ballet fût de représenter un énorme géant ; car, à force de s'approcher et de redoubler la vitesse de leurs mouvements, ils se mêlèrent de si près, que je ne discernai plus qu'un grand colosse à jour et quasi transparent. Mes yeux toutefois les virent rentrer l'un dans l'autre.
Ce fut en ce temps-là que je commençai à ne pouvoir davantage distinguer la diversité des mouvements de chacun, à cause de leur extrême volubilité; et parce que, aussi, celte volubilité s'étrécissant toujours ta mesure qu'elle s'approchait du centre, chaque vortice occupa enfin si peu d'espace, qu'il échappait à ma vue. Je crois pourtant que les parties s'approchèrent encore ; car cette masse humaine, auparavant déinesin'ée, seré-
DES ETATS ET H.M PIRES DU SOLEIL In
(luisit peu à peu à former un jeune homme de taille médiocre, dont tous les membres étaient proportionnés avec une symétrie où la perfection, dans sa plus forte idée, n'a jamais pu voler. Il était beau au delà de ce que les peintres ont élevé leur fantaisie ; mais ce que je trouvai de bien merveilleux, c'est que la liaison de toutes les parties qui achevèrent ce parfait microscome (petit monde) se fit en un clin d'œil.
Tels d'entre les plus agiles de nos petits danseurs s'élancèrent par une cabriole à la hauteur et dans la posture essentielle à former une tète ; tels, plus chauds et moins déliés, formèrent le cœur, et tels, beaucoup plus pesants, ne fournirent que les os, la chair et l'embonpoint.
Quand ce beau grand jeune homme fut entièrement fini, quoique sa prompte construction ne m'eût quasi pas laissé de temps pour remarquer aucun intervalle dans son progrès, je vis entrer, par la bouche, le roi de tous les peuples dont il était le chaos. Encore, il me semble qu'il fut attiré dans ce corps par la respiration du corps même. Tout cet amas de petits hommes n'avait point encore, avant cela, donné aucune marque de vie ; mais, sitôt qu'il eut avalé son petit roi, il ne se sentit plus êtr^ qu'un. Il demeura quelque temps à me considérer ; et, s'étant comme apprivoisé par ses regards, il s'approcha de moi, me caressa, et, me donnant la main:
<( C'est maintenant que, sans endommager la délicatesse de mes poumons, je pourrai t'entretenir des choses que tu passionnais de savoir, me dit-il ; mais il est bien raisonnable de te découvrir auparavant les secrets cachés de notre origine. Sache donc que nous sommes des animaux natifs du Soleil dans les régions éclairées. La plus ordinaire, comme la plus utile de nos occupations, c'est de voyager par les vastes contrées de ce grand
\'R HISTOIRE COMIQrE
monde. Aous remarquons curieusemenl les mœurs des peuples, le génie des climats et la nature de toutes les choses qui peuvent méiiter notre attention ; par le moyen de quoi nous nous foimons une science certaine de ce qui est.
(( Or, lu sauras que mes vassaux voyageaient sous ma conduite, et que, afin d'avoir le loisir d'observer les choses plus curieusement, nous n'avions pas gardé cette conformation particulière à notre corps, qui ne peut tomber sous les sens, dont la subtilité nous eût fait cheminer trop vite. Mais nous nous étions faits oiseaux ; tous mes sujets, par mon ordre, étaient devenus aigles; et quant à moi, de peur qu'ils ne s'ennuyassent, je m'étais métamorphosé en rossignol, pour adoucir leur travail par les cliarmes de la musique. Je suivais, sans voler, la rapide volée de mon peuple, car je m'étais perché sur la tête d'un de mes vassaux, et nous suivions toujours notre chemin, quand un rossignol, habitant d'une province du pays opaque ^ que nous traversions alors, étonné de me voir en la puissance d'un aigle (car il ne nous pouvait prendre que pour tels qu'il nous voyait), se mit à plaindre mon malheur ; je fis faire halte à mes gens, et nous descendîmes au sommet de quelques arbres où soupirait ce' charitable oiseau. Je pris tant de plaisir à la douceur de ses tristes chansons, que, afin d'en jouii- plus longtemps et plus à mon aise, je ne le voulus pas détromper. Je feignis surle-champ une histoire dans laquelle je lui contai les malheurs imaginaires qui m'avaient fait tomber aux mains de cet aigle. J'y mêlai des aventures si surprenantes, où les passions étaient si adroitement soulevées et le clianl si bien choisi pour la lellre, que le rossignol
I. D'.ipr.'s 1(^ ii'cit ilii vovapoiir. le glo'jp sulniit' spr;iit d'un rôti", (•«'lui i|iii nous l'iH ['nro. Iimiinonx et traiisiiun'iit. de l'autre <-nté. opa- (|iic fi onibreii\.
en était tout hors de lui-même. Nous gazouillions l'un après l'autre, réciproquement, l'histoire en musique de nos mutuelles aventures. Je chantais, dans mes airs, que non seulement je me consolais, mais que je me réjouissais encore de mon désastre, puisqu'il m'avait procuré la gloire d'être plaint par de si belles chansons ; et ce petit inconsolable me répondait, dans les siens, qu'il accepterait avec joie toute l'estime que je faisais de lui, s'il savait qu'elle lui pût faire mériter l'honneur de mourir à ma place ; mais que , la fortune n'ayant pas réservé tant de gloire à un malheureux comme lui, il accepterait de cette estime seulement ce qu'il en fallait pour- m'empêcher de rougir de mon amitié.
(( A la vérité, je mêlais tant d'adresse à, la douceur de ma voix, et je surprenais son oreille par des traits si savants et des routes si peu fréquentées à ceux de son espèce, que j'emportais sa belle âme à toutes les passions dont je la voulais maîtriser. Le péril où il crut que j'étais au milieu de tant d'aigles lui persuada que je l'appelais à mon aide. Il vola aussitôt à mon secours ; et, me voulant donner un glorieux témoignage qu'il savait pour un ami braver la mort jusque dans son trône, il se vint asseoir fièrement sur le grand bec crochu de l'aigle où j'étais perché. Certes, un courage si fort dans un si faible animal me toucha de quelque vénération ; car, encore que je l'eusse réclamé comme il se le figurait, et qu'entre les animaux de semblable espèce aider au malheureux soit une loi, l'instinct pourtant de sa timide nature le devait faire balancer ; et, toutefois, il ne balança point; au contraire, il partit avec tant de hâte, que je ne sais qui vola le premier, du signal ou du rossignol. Glorieux de voir sous ses pieds la tête de son tyran, et ravi de songer qu'il allait être, pour l'amour de moi, sacrifié presque entre mes ailes, et que de- son sang peut-être quelques gouttes bienheureuses rejailli-
isn IIISTOIIIE COMIQUE
raient sur mes plumes, il louina doucement la vue de mon côté, et, m'ayant comme dit adieu d'un regard par lequel il semblait demander permission de mourir, il précipita si brusquement son petit bec dans les yeux de l'aigle, que je les vis plus tôt crevés que frappés.
« Quand mon oiseau se sentit aveugle, il se forma derechef une vue toute neuve. Je réprimandai doucement le rossignol de son action précipitée ; et, jugeant qu'il serait dangereux de lui cacher plus longtemps notre véritable être, je me découvris à lui ; je lui contai qui nous étions. Mais le pauvre petit, prévenu que ces barbares dont j'étais le prisonnier me contraignaient à feindre cette fable, n'ajouta nulle foi à tout ce que je lui pus dire.
u Quand je connus que toutes les raisons par lesquelles je prétendais le convaincre s'en allaient au vent, je donnai tout bas quelques ordres à douze mille de mes sujets, et incontinent le rossignol aperçut à ses pieds une rivière couler sous un bateau, et le bateau flotter dessus ; il n'était grand que ce qu'il devait l'être, pour me contenir deux fois. Au premier signal que je leur Ils paraître, mes aigles s'envolèrent, et je me jetai dans l'esquif, d'où je criai au rossignol que, s'il ne pouvait encore se résoudre à m'abandonner sitôt, qu'il s'embarquât avec moi.
« Dès qu'il fut entré dans le bateau, je commandai à la rivière de prendre son llux vers la région où mon peuple volait. Mais la fluidité de l'onde étant moindre que celle de l'air, et par conséquent la rapidité de leur vol plus grande que celle de notre navigation, nous demeurâmes un peu derrière. Durant tout le chemin, je m'etforçai de démontrer à mon petit hôte que nous n'étions pas de même espèce ; qu'il pouvait bien l'avoir reconnu, quand l'aigle, à qui il avait crevé les yeux, s'en était forgé de nouveaux en sa présence, et lorsque,
DES ÉTATS ET EMPIRES DU SOLEIL ISl
par mon commandement, douze mille de mes vassaux s'étaient métamorphosés en cette rivière et ce bateau sur lequel nous voguions. Mes remontrances n'eurent point de succès ; il me répondit que, pour l'aigle que je voulais faire accroire qui s'était forgé des yeux, il n'en avait pas eu besoin, n'ayant point été aveugle, à cause qu'il n'avait pas bien adressé du bec dans ses prunelles ; et, pour la rivière et le bateau que je disais n'avoir été f-'ngendrés que d'une métamorphose de mon peuple, ils étaient dans le bois dès la création du monde, mais qu'on n'y avait pas pris garde.
u Le voyant si fort ingénieux à se tromper, je convins avec lui que mes vassaux et moi, nous nous métamorphoserions, à sa vue, en ce qu'il voudrait, à la charge qu'après cela il s'en retournerait en sa patrie. Tantôt il demanda que ce fût en arbre, tantôt il souhaita que ce fût en tleur, tantôt en fruit, tantôt en métal , tantôt en pierre. Enfin, pour satisfaire tout à la fois à toute son envie, quand nous eûmes atteint ma cour, au lieu où je lui avais commandé de m'attendre, nous nous métamorphosâmes, aux yeux du rossignol, en ce précieux arbre que tu as rencontré sur ton chemin, duquel nous venons d'abandonner la forme. Au reste, maintenant que je vois ce petit oiseau résolu à s'en retourner en son pays, nous allons, mes sujets et moi, reprendre notre figure et la route de notre voyage. Mais il est raisonnable de te découvrir auparavant que nous sommes des animaux natifs du Soleil dans la partie éclairée , car il y a une différence bien remarquable entre les peuples que produit la région lumineuse et les peuples du pays opaque. C'est nous qu'au monde de la Terre vous appelez des esprits, et votre présomptueuse stupidité nous a donné ce nom, à cause que, n'imaginant point d'animaux plus parfaits que l'homme, et voyant faire à de certaines créatures des choses au-dessus du
182 HISTOIRE GOMIQLi:
pouvoir humain, vous avez cru ces auiiiiaux-ià des esprits. Vous vous trompez toutefois : nous sommes des animaux comme vous : car, encore que, quand il nous plaît, nous donnions à notre matière, comme tu viens de voir, la figure et la forme essentielle des choses auxquelles nous voulons nous métamorphoser, cela ne conclut pas que nous soyons des esprits.
« Mais, écoule; et je te découvrirai comment toutes ces métamorphoses, qui te semblent autant de miracles, ne sont rien que de purs effets naturels. Il faut que tu saches qu'étant nés habitants de la partie claire de ce grand monde, oii le principe de la matière est d'être en action, nous devons avoir l'imagination beaucoup plus active que ceux des régions opaques ; et la substance du corps aussi beaucoup plus déliée. Or, cela supposé, il est infaillible que notre imagination ne rencontrant aucun obstacle dans la matière qui nous compose, elle l'arrange comme elle veut, et, devenue maîtresse de toute notre masse, elle la fait passer, en remuant toutes ses particules, dans l'ordre nécessaire à constituer en grand cette chose qu'elle avait formée en petit. Ainsi, chacun de nous s'étant imaginé l'endroit et la partie de ce précieux arbre auquel il se voulait changei-; et ayant, par cet effort d'imagination, excité notre matière aux mouvements nécessaires à les produire, nous nous y sommes métamorphosés. Ainsi, mon aigle, ayant les yeux crevés, n'a eu, pour se les rétablir, qu'à s'imaginer un aigle clairvoyant; car toutes nos transformations arrivent parle mouvement. C'est pourquoi, quand de feuilles, de Heurs et de fruits que nous étions, nous avo ns été transmués en hommes, tu nous as vus danser encore quelque temps après, parce que nous n'étions pas encore remis du branle qu'il avait fallu donner à notre matière pour nous faire hommes : à l'exemple des cloches, (|iii, (|iioiqu'elles soient arrêtées,
ïiE> ETAT^ ET KMPIRES DL >t»LKli. is.i
briiisscnl encore quelque temps après et suivent sourdement le même son que le battant causait en les frappant. Aussi, est-ce pourquoi tu nous a vus danser avant (ie faire ce grand homme , parce qu'il a fallu, pour le produire, nous donner tous les mouvements généraux ('[ particuliers qui sont nécessaires à le constituer, alin que cette agitation, serrant nos corps peu à peu et les absorbant en un chacun de nous par son mouvement, iréàt en chaque partie le mouvement spécifique qu'elle doit avoir. Vous autres hommes, ne pouvez pas les mêmes choses, à cause de la pesanteur de votre masse et de la froideur de votre imagination. »
Il lontinua sa preuve, et l'appuya d'exemples si familiers et si palpables, qu'enfin je me désabusai d'un grand nombre d'opinions mal prouvées, dont nos docteurs aheurtés préviennent l'entendement des faibles. Alors je commençai de comprendre qu'en effet Timagination de ces peuples solaires, laquelle à cause du climat doit être plus chaude, leurs corps, pour la môme raison, plus légers, et leurs individus plus mobiles (n'y ayant point, en ce monde-là, comme au nôtre, d'activité du centre, qui puisse détourner la matière du mouvement que cette imagination lui imprime), je conçus, dis-je, que celte imagination pouvait produire sans miracle tous les miracles qu'elle venait de faire.
Mille exemples d'événements quasi pareils, dont les peuples de notre globe font foi, achevèrent de me persuader : Cippus, roi d'Italie, qui, pour avoir assisté à un combat de taureaux, et avoir eu toute la nuit son imagination occupée à des cornes, trouva son front cornu le lendemain; Gallus Vilius, qui banda son âme et l'excita si vigoureusement à concevoir l'essence de la folie, qu'ayant donné à sa matière, par un effort d'imagination , les mêmes mouvements que cette matière doit avoir pour constituer la folie, devint fou. Le
18t HISTOIRE COMIOLI^
roi Codrus, poulmoniquo, qui, fixant ses yeux et sa pensée sur la fraîcheur d'un jeune visa^'e, et cette ilorissante allégresse, qui regorgeait jusqu'à lui de l'adolescence du garçon , prenant dans son corps le mouvement par lequel il se figurait la santé d'un jeune homme, se remit en convalescence. Je me persuadai même que, si, quand un fameux liypocondre de l'antiquité s'imaginair être cruche, sa matière, trop compacte et trop pesante, avait pu suivre l'émotion de sa fantaisie, elle aurait formé de tout son corps une cruche parfaite; et il aurait paru à tout le monde véritablement cruche, comme il se le paraissait à lui seul.
Tant d'autres exemples, dont je me satisfis, me convainquirent en telle sorte, que je ne doutai plus d'aucune des merveilles que l'homme-esprit m'avait racontées. Il me demanda si je ne souhaitais plus rien de lui; je le remerciai de tout mon cœur. Et ensuite il eut encore la bonté de me conseiller que, puisque j'étais habitant de la Terre, je suivisse le rossii^iiol aux régions opaques du Soleil, parce qu'elles étaient plus conformes au plaisir qu'apprête la nature humaine.
A peine eut-il achevé ce discours que, ayant ouvert la bouche fort grande, je vis sortir du fond de son gosier le roi de ces petits animaux en forme de rossignol. Le grand homme tomba aussitôt, et en même temps tous ses membres par morceaux s'envolèrent sous la figure d'aigles.
Ce rossignol , créateur de soi-même, se percha sur le plus beau d'entre eux, d'où il entonna un air admirable, avec lequel je pense qu'il me disait adieu. Le véritable rossignol prit aussi sa volée, mais non pas de leur côté, ni ne monta pas si haut. Aussi, je ne le perdis point de vue. Nous marchions à peu près de même force; car, comme je n'avais pas dessein d'aborder plutôt uiieteire (pie l'autre, je fus bien aise de l'accom-
DES ÉTATS ET EMPIRES DU SOLEIL 18;j
l)agner, outre que les régions opaques des oiseaux étant plus conformes à mon tempérament, j'espérais y rencontrer aussi des aventures plus correspondantes à mon humeur.
Je voyageai, sur cette espérance, pour le moins trois semaines, avec toute sorte de contentement, si je n'eusse eu que mes oreilles à satisfaire; car le rossignol ne me laissait point manquer de musique; quand il élail las, il venait se reposer sur mon épaule, et quand Je m'arrêtais, il m'attendait. A. la fm, j'arrivai dans une contrée du royaume de ce petit chantre, qui alors ne se soucia plus de m'accompagner.
L'ayant perdu de vue, je le cherchai, je l'appelai; mais enfin je restai si las d'avoir couru après lui vainement, que je résolus de me reposer. Pour cet effet, je m'étendis sur un gazon d'herbe molle, qui tapissait les racines d'un superbe rocher. Ce rocher était couvert de plusieurs jeunes arbres verts et touffus, dont l'ombre charma mes sens fatigués le plus agréablement du monde, et m'obligea de les abandonner au sommeil, pour réparer avec sûreté mes forces dans un lieu si tranquille et si frais.