Peuple du cap Finistère
source intarissable de récits fabuleux qu'il fait à son tour à l'Arcadien Cymbas.
On voit ensuite que Dercyliis et Mantinias, en quittant le pays des Léontins, pour se rendre à Rhégium, enlèvent à Paapis une petite besace qui contenait quelques livres et une petite boite pleine de racines. De Rhégium, ils passent à Métaponte, où Astrœus les rejoint, et les avertit que Paapis est à leur poursuite. Ils suivent Astrœus chez les Thraces et les Massagètes, auprès de Zamolxis, disciple comme lui de Pythagore.
Les aventures du voyage trouvent ici leur place ainsi que l'entrevue d'Aslraîus et de Zamolxis, qui était déjà considéré comme un dieu parmi les Gètes, et les grâces que Dercyliis et Mantinias demandèrent à Zamolxis, par l'entremise d'Astra3US. Un oracle leur apprend que le Destin les appelle à Thulé, et qu'ils ne reverront leur patrie qu'après une longue suite d'infortunes ; après avoir expié le crime, quoique involontaire, qu'ils ont commis envers leurs parents, et après être morts et ressuscites alternativement, morts pendant le jour, et rendus à la vie pendant la nuit.
Pour se conformer à l'oracle, ils partent, laissant auprès de Zamolxis Astrœus, qui jouissait déjà d'une grande considération chez les Gètes. Dans le pays dominé par Borée, ils sont témohis de beaucoup de prodiges, et en apprennent beaucoup d'autres. Dinias à qui Dercyliis a raconté toutes ces choses, pendant son séjour à Thulé, en rend compte à Cymbas. Il lui dit comment Paapis, s'étant mis à la poursuite de Dercyliis et de son frère, les rejoignit dans cette île; comment, par une opération magique, en leur crachant au milieu du visage, il leur ôlait la vie chaque matin, pour la leur rendre à l'entrée de la nuit ; comment un habitant de l'ile, nommé Thruscanus, qui aimait Dercyliis, la voyant tomber morte par reiïet de l'enchantement.
AU DELA DE LILE DE THULE Jbo
en conçut une vive douleur, fondit sur Paapis, le tua, et mit ainsi un terme aux longues souffrances de nos Tvriens ; comment enfm Thruscanus, persuadé que Dercyllis était réellement morte, se tua sur le corps de celle-ci. Dinias, pendant son st^our dans l'île de Tliulé, avait entendu raconter tout cela k Dercyllis, ainsi que beaucoup d'autres aventures semblables, telles que les circonstances qui avaient accompagné et suivi leurs funérailles ; les amours de Mantinias et les événements auxquels elles donnèrent lieu. Il les raconte à son toîTr à Cvmbas.
Li linitle vingt-troisième livre des Choses incroyables que l'on voit au delà de Thulé. Ce qui concerne cette île occupe fort peu d'espace, on en dit seulement quelques mots vers le commencement de l'ouvrage.
Dans le vingt-quatrième livre Dinias redit à Cvmbas ce qu'il a entendu conter à Azulis. Ce dernier trouve dans la besace que les deux Tvriens avaient enlevée à Paapis, et qu'ils avaient emportée avec eux, le mode qu'avait suivi ce prêtre scélérat pour les faire passer alternativement de la vie à la mort, de la mort à la vie, et le moyen qu'il fallait employer pour détruire cet encbantement. Il y découvre encore la marche que doivent suivre Dercyllis et Mantinias, pour retirer leurs parents de ce long sommeil de mort dans lequel ils les avaient plongés depuis si longtemps, à l'instigation de Paapis, et dans la ferme persuasion où ils étaient qu'il en résulterait pour eux un grand bien.
Dercyllis et Mantinias, délivrés par les soins d'Azulis, se hâtent de regagner leur patrie, pour rendre à la vie les auteurs de leurs jours. Après le départ d'Azulis, Dinias, Carmanès et Méniscus continuent leurs courses au delà de Thulé ; ce qui fournit à Dinias l'occasion de raconter à Cymbas tout ce qu'il a vu d'extraordinaire dans ce nouveau voyage. Il prétend avoir vérifié, de
ses propres yeux, plusieurs faits avancés par les astronomes ; par exemple, que certains peuples peuvent habiter sous l'Ourse ^ et l'avoir au-dessus de leur tête ; qu'il y a des nuits d'un mois, de six mois, plus ou moins, et enfin d'un an, que la durée des jours correspond à celle des nuits, ef plusieurs autres fails semblables.
Il raconte ensuite des choses si étonnantes sur les hommes qu'il a vus et sur les prodiges dont il prétend avoir été témoin, que non seulement personne ne s'est jamais vanté d'en avoir tant vu, mais que même l'imagination n'en a jamais forgé de pareilles. Mais la chose la plus incroyable dans ces récits, c'est qu'il assure qu'en avançant vers le Nord, ils s'approchèrent de la Lune, qui leur parut une terre absolument nue, et qu'ils y virent tout ce que devait naturellement y voir un homme qui a déjà fabriqué tant de mensonges. On voit ensuite que la Sibylle apprit de Carmanès l'art de la divination ; qu'après cela chacun fit des vœux particuliers qui furent tous exaucés ; que Dinias, après s'être endormi profondément, se vit, à son réveil, transporté à Tyr, dans le temple d'Hercule, et qu'il y retrouva Dercyllis et Mantinias, (jui avaient déjà délivré leurs parents du sommeil, ou plutôt de la mort. Les uns et les autres jouissaient d'une boniic sanlé et d'un sort prospère.
Dinias, ayant terminé ces récifs, présente à Cymbas des tablettes de cyprès, et l'invite à faire mettre par écrit tout ce qu'il vient de lui raconter, par l'Athénien Erasinidès, qui était à sa suite et qui avait les talents nécessaires pour remplir dignement cet office ; en même temps il leur montre Dercyllis qui avait apporté elle-même les tablettes ; il ordonne ensuite que