I. Ce trait est un de ceux riue Cyrano s'est appropriés
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iiiiinillaiit avec du W'iui, le IravailleiiL coiiiinr de la laine.
Quant à leurs yeux, en vérité, je n'ose dire eoninient ils sont faits, la chose est si incroyable que je crains de passer pour un menteur. Je hasarderai cependant de dire que leurs yeux sont amovibles ; qu'ils les ôtent à volonté et les mettent dans leur poche, jusqu'à ce qu'ils aient envie de voir. Alors ils les remettent à leur place ; et lorsque quelqu'un a perdu les siens, il peut emprunter ceux d'un autre et s'en servir. 11 y a même des gens qui en tiennent magasin ; et ceux-là passent pour très riches. Leurs oreilles sont de feuilles de platane, excepté celles des hommes nés d'un gland, qui les ont de bois.
Je vis une bien plus grande merveille dans le palais du roi. C'était un grand miroir suspendu au-dessus d'un puits assez peu profond. En descendant dans le puits, on entendait tout ce qui se disait sur la terre, et en regardant dans le miroir, on y voyait toutes les villes et tous les peuples comme si l'on était au milieu d'eux. J'y vis ma patrie et tous mes amis. Je ne sais s'ils me virent, je n'oserais l'assurer ; mais si quelqu'un refuse de me croire, il verra, quand il y aura été, que je ne suis pas un menteur.
Cependant nous primes congé du roi et de sa cour, et nous remîmes à la voile. Endymion me fit présent de deux tuniques de verre, de cinq robes de cuivre et d'une armure complète de cosses de pois chiches ; mais j'ai laissé toutes ces curiosités dans la baleine *. Il nous donna pour escorte mille Hippogypes, qui nous accompagnèrent l'espace de cinq cents stades. Nous parcourûmes beaucoup de pays sans nous arrêter nulle part: cependant la curiosité et le besoin d'eau nous
1. baloine ou poisson monstruous dont il sera queilion plus loin.
J/IUSTUIRE \EIUTAULE 281
liit'iil aborder ù l'ctoilL' du jour, où ckut la nouvelle colonie.
De là nous dirigeâmes noire route vers le Zo<liaqiie, et laissant le Soleil à gauche, nous naviguâmes presque à fleur de terre sans néanmoins pouvoir y descendre : le vent était contraire, et s'opposait à nos désirs, qu'excitait encore plus la vue d'une contrée fertile, couverte de bocages, arrosée de mille ruisseaux, et (jui semblait nous promettre uu séjour fortuné.
Les iNéphélocentaures ^, c|ue soudoyait Phaëton, nous aperçurent, et volèrent à tire d'aile sur notre vaisseau. Il y avait déjà quelque temps que nous avions renvoyé notre escorte; et nous eûmes quelque inquiétude, mais ils se retirèrent aussitôt que nous leur eûmes fait connaître le dernier traité de paix.
Nous voguâmes ensuite une nuit et un jour, et vers le soir nous commencions à nous approcher beaucoup de la Terre; enfm nous arrivâmes à la ville des Lampes.
Cette ville, située à l'extrémité du Zodiaque, est entre les Hyades et les Pléiades. A notre descente nous n'y trouvâmes point d'hommes, mais des Lampes, i[m se promenaient sur le port ou dans la place publique. 11 y en avait de petites, qui semblaient être la populace ; et un petit nombre de grandes qui jetaient au loin un éclat lumineux, et annonçaient assez les riches. Elles avaient chacune leur maison, ou plutôt leur lanterne; chacune un nom, comme les hommes. Nous les entendîmes même parler. Loin de nous faire aucun mal, elles nous offrirent l'hospitalité; mais nous ne voulûmes point l'accepter, de crainte de quelque surprise ; aucun de nous ne fut assez hardi pour souper avec elles, et y passer la nuit. Au milieu de la ville est un palais, dans lequel le chef de l'État rend la jus-