‹ Histoire comique des états et empires de la lune et du soleil. Avec appendice contenant 1. Antonin Diogène; Choses vues au dela de Thulé; 2. Lucien: Histoire véritableChapitre 4 sur 45 · Allusion au niinule de Josué · texte numérisé non relu

Allusion au niinule de Josué

comme si la frayeur les eût changés en oiseaux, un moment les vit perdre dans la forêt prochaine. J'en attrapai un toutefois, dont les jambes sans doute avaient trahi le cœur. Je lui demandai avec bien de la peine (car j'étais tout essoufflé) combien l'on comptait de là à Paris, et depuis quand en France le monde allait tout nu, et pourquoi ils me fuyaient avec tant d'épouvante.

Cet homme, à qui je parlais, était un vieillard qli:: vàtre, qui d'abord se jeta à mes genoux; et, joignant les mains en haut derrière la tête , ouvrit la bouche et ferma les yeux. 11 marmotta longtemps entre ses dents; mais je ne discernai point qu'il articulât rien : de façon que je pris son langage pour le gazouillement enroué d'un muet.

A quelque temps de là, je vis arriver une compagnie de soldats, tambour battant; et j'en remarquai deux se séparer du gros, pour me reconnaître. Quand ils furent assez proches pour être entendu, je leur demandai où l'étais. « Vous êtes en France, me répondirent-ils; mais quel diable vous a mis en cet état? et d'où vient que nous ne vous connaissons point? Est-ce que les vaisseaux sont arrivés? En allez-vous donner avis à M. le gouverneur? et pourquoi avez-vous divisé votre eau-de-vie en tant de bouteilles? »

A tout cela, je leur repartis que le diable ne m'avait point mis en cet état; qu'ils ne me connaissaient pas, à cause qu'ils ne pouvaient pas connaître tous les hommes; que je ne savais point que la Seine portât de navires à Paris; que je n'avais point d'avis à donner à M. le maréchal de l'HôpitaP, et que je n'étais point chargé d'eau-de-vie.

(' Ho ! ho ! me dirent-ils, me prenant les bras, vous

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