‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 10 sur 50 · FAMILLE ETHNIQUE DES HABITANTS DE LA VALLÉE DU I · texte numérisé non relu

FAMILLE ETHNIQUE DES HABITANTS DE LA VALLÉE DU I

Il semble que la vallée de Sinéar — la vallée de l'Eupl du Tigrp — ait été le premier berceau de la civilisation, où rhumanité se soit, pour la première fois, éveillée à la conscience et de réflexion. Pourtant nous ne connaisse de civilisation plus ancienne que celle des Égyptien les autres peuples de la terre, à une seule exception prt des enfants à côté de ces aînés de la grande famille hi L'histoire certaine de TÉgypte, attestée par ses monumc plus reculés, remonte à une époque où tous les peuples ( occupé la scène du monde étaient encore plongés da complète barbarie, ou franchissaient à peine les premier Ions de la vie civilisée.

S'il faut en excepter les Prôto-ChaUléens, qui, à c paraît, ont devancé les Égyptiens dans la civilisation, pie, en tout cas, n a laissé dans les fastes de Thumani de faibles traces, qui ne nous permettent pas d'écrire S( toire, ni même celle de sa religion. Ce n'est qu'après dation des empires sémitiques dans la vallée du Tign l'Euphrate que commence réellement pour ces contrée toire basée sur des monuments contemporains. Nous reconstruire la religion de ses anciens habitants par une tion tirée de celle de leurs conquérants.

Si Manéthon nous a donné des listes exactes des rois d et si les dynasties qu'il mentionne doivent être reg d'une manière générale, comme successives, l'Egypte av atteint, bien avant la date que la tradition hébraïque

à la création de rhomme, ce degré de culture dans les arts et l'industrie dont les productions devaient plus tard causer Tétonnement, Tadmiration des Perses et des Grecs. On place généralement la fondation du premier empire sémitique, ou plutôt mésopotamien, c'est-à-dire de l'empire assyro-chaldéen, au vingt-et-unième siècle avant l'ère chrétienne, et la plus ancienne dynastie des empereurs chinois ne remonte guère plus haut. UÉgypte avait alors dépassé le point culminant de sa grandeur. On ne saurait faire remonter les origines de la littérature hébraïque plus haut que Moïse, et les résultats des études critiques les plus récentes rendent très vraisemblable qu'elle n'a commencé que quelques siècles plus tard. Or nous possédons dans le papyms Prisse un manuscrit provenant de Thèbes, écrit sous la douzième dynastie et dont l'auteur doit avoir vécu un certain temps ou plutôt bien des siècles avant la naissance du législateur des Hébreux, et probablement quelques passages du Livre des morts des Égyptiens remontent à une antiquité encore plus reculée. Une évaluation très modérée, celle de Brugsch, fait commencer la succession des rois d'Egypte incontestablement historiques quarante-cinq siècles avant l'ère chrétienne, et en supputant les règnes de ces rois, comme l'a fait Manéthon, prêtre égyptien qui écrivit l'histoire de son peuple sous Ptolémée Sôter, on arrive au cinquante-et-unième siècle, et même plus haut. On a, il est vrai, prétendu que plusieurs des dynasties mentionnées par Manéthon ont régné simultanément. D'après lesdocuments les plus récemment découverts, on doit admettre, au contraire, qu'il n'a donné que les listes des rois qu'il regardait comme légitimes, à l'exclusion des compétiteurs qui ont pu régner en même temps sur telle ou telle portion du pays. En tout cas, on ne peut faire descendre les commencements de rhistoire d'Egypte plus bas que le quarantième siècle avant Jésus-Christ, et tout plaide pour une antiquité plus reculée. Mais, à ce moment, le peuple égyptien est dans sa pleine maturité ; il se produit sur la scène du monde, sortant des ténèbres des siècles tout armé, comme Minerve s'élança du cerveau de Jupiter, et il y a à frémir lorsqu'on songe aux périodes préhistoriques incalculables d'enfance et d'adolescence qui ont dû préparer un tel développement.

A quelle race, à quelle famille ethnique appartient le peuple qui a ainsi précédé tous les autres peuples de la terre da ' voies de la civilisation ? Les uns ont voulu le rattacher à aryenne, les autres à la race sémitique (mésopotamienne). sente des analogies, des caractères importants de parenti l'une et l'autre, et se distingue par d'autres caractèreî moins graves, de Tune et de Tautre. Si, comme tout pen le croire, ces deux races sont deux branches d'une rac mitive, séparées de la souche commune bien avant les historiques, les Égyptiens, dont les ancêtres sont certain venus d'Asie, soit par l'isthme de Suez, soit en passant par rouge, pourraient être des représentants de cette race rieure mêlée en Afrique avec les habitants primitifs de la du Nil, dont le caractère propre, ne différant pas de celi autres peuples les plus avancés de cette partie du moi laissé des traces profondes dans la civilisation égyptienne

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que nous ne soyoi encore fixés sur l'origine d'une nation ayant atteint de si heure un haut degré de développement. Appartient-elle à des deux races qui, quelle que soit la diversité de leurs t des et de leurs dons, ont pris place à la tête de la civilisa Est-elle aryenne ou mésopotamienne ? Ou bien le peuple lien doit-il être rattaché à une troisième race, distinci deux précédentes ? Le passage Genèse X, 6 a fait long admettre une race chamite comprenant, outre les Égyp trois autres peuples ou groupes de peuples, mentionnés ce verset. Je ne peux voir dans cette prétendue race de que le produit d'une imagination très féconde et d'une e) erronée. 11 y a longtemps qu'on a soupçonné que la divisii peuples, admise par les Hébreux, en fils de Cham, de Sere Japhet, repose sur tout autre chose que sur le fondement ( graphique, qu'il ne s'agissait nullement pour eux de trois distinctes l'une de l'autre par l'origine et la langue, mais d groupesde peuples formés en vertu de motifs différents di qui président aujourd'hui aux classilications ethnique linguistique, qui a si clairement démontré l'unité des pi aryens par celle des langues qu'ils parlent, ne peut guèr commoder d'une race sémitique, ni d'une race chamite,

line le dixième chapitre de la Genèse. Les Canant au nombre des fils de Cham. Or, il est certain juples cananéens, y compris les Phéniciens, pargue très semblable à Thébreu. Mais les Hébreux ir la Genèse parmi les fils de Sem. Il en est de [u'à un moindre degré, des fils de Pout et de également (Genèse X, 6) parmi les fils de Cham, r origine et leur langue les rapprochent bien plus s Syriens et des Hébreux, que des Égyptiens pro- )n a, il est vrai, imaginé un moyen de sauver, ide de l'historien sacré, du moins Tinterprétation hap. X de la Genèse. Je ne saurais, pour ma part, î ces expédients désespérés auxquels ont coutume ; partisans d'une cause perdue. Les Cananéens e-t-on, rencontré, lors de leur établissement dans ian, quelques tribus sémitiques, dont ils auraient is la religion et la langue. De là, bien qu'ils fusde Cham, les analogies relevées entre eux et les Ile est rinanité de cette hypothèse, qu'il suffit de pour la réfuter. Des savants plus sérieux ont vision des peuples, rapportée dans le chapitre en npruntée à la géographie. L'auteur aurait'désigné Sem, Cham et Japhet, non trois races, mais trois s climats, de telle sorte que pour lui Cham désifaphet le nord, et Sem le centre du monde, tel ssait (2). Quelque séduisante que soit cette opimpossible de m'y ranger. Pas plus que la précépothèse ne résout toutes les difficultés. Il est vrai aphet, nommés dans le chap. X, habitent pour la ons septentrionales, mais on rencontre quelqueîem plus au sud que ceux de Cham. Les Canait au nord des Arabes et des Babyloniens, et s'ils

le, déjà soutenue par Muak, a été reproduite par Lenormant, Histoire ancienne dâf Orient^ ouvrage remarquable, mais qui le valeur si Tauteur n'avait cru que son devoir de chrétien Toblinment, et bon gré mal gré, concorder l'histoire avec la tradition

Renan, Histoire générale et Système comparé des langues on, p. 240.

étaient venus du sud-est, les Hébreux et d'autres Sémites étaient partis des mêmes contrées. On est obligé de chercher Poi de Cham, plus au nord que Joktan, 111s de Sem. Cette ex lion ne saurait donc, elle non plus, nous satisfaire.

Il me semble que ce que Fauteur hébreu a voulu exp par sa division des hommes en fils de Cham, de Sem Japhet, ne saurait plus donner lieu à aucun doute. Il sufJ effet, pour s'en rendre compte, de considérer quels peuple rattachés à Cham. Il y a longtemps qu'on a reconnu dans ( — personnage mythique, comme tous les autres patria souches de peuples, — la terre noire de VEgifpte elle-r Kem, ou Kam, était le nom donné par les habitants de la du Nil à leur propre pays (1). La Genèse désigne comme 1 de Cham, d'abord Koush, c'est-à-dire le nom donné sur le numents égyptiens . aux peuples éthiopiens habitant au s l'Egypte proprement dite, et qui étaient venus dans les historiques de Torient, de l'Arabie, où leurs congénères é restés. En second lieu, Miçraïm est le nom comrauni donné par les auteurs hébreux à Tempire des Pharaons, n ment à la moyenne et à la basse Egypte. La forme duel nom s'explique d'une manière naturelle, soit qu'on le ( des deux principales parties du pays, soit qu'on y voie la fication des deux enceintes, et qu'on le rattache, avec Ki aux deux chaînes de collines entre lesquelles s'étend la ^ du Nil, ou avec Ebers au double mur qui, selon les monui égyptiens, protégeait l'Egypte contre les invasions (2). Pc Pount, comme le désignent les monuments égyptiens, e pays avec lequel les Égyptiens entretinrent des rapports lipliés, et assurément ce n'est pas la Libye que ce nom déi comme on le croyait autrefois, mais ou bien cette part l'Arabie qui était sous la dépendance des Égyptiens, ou un peuple habitant la côte de l'Afrique au sud de la Nub quatrième fils de Cham, Canaan, désigne les territoires alo

(1) Brugsch, Hieroglyphisch demotisches Wœrterhuch^ p. 1451, art. Ken

(2) Ëbers., jEgypten und die Bâcher Mosis, tome I, p. 86. Déjà, dans anciennes dynasties, les monuments font mention de deux murs, Pun au sud^ au nord, le premier consacré à Neith, le second a Ptah. Comp. de Rougé, metits des VI premières dynasties.

Liples phéniciens. Le motif qui a fait désigner ces que d'autres, sous le nom de fils de Gham, appant à quiconque est quelque peu familier avec gyptiens. Miçraïm n'est pas nommé le premier, son énumération Tauteur parait remonter du sud I n'y a nul besoin de montrer qu'il avait tous les au nom de fils de la terre noire. Koush et Pount ï l'Egypte dès les temps les plus reculés, et en lelque sorte partie intégrante. Les Cananéens longtemps sous la domination des Égyptiens, et d'eux leur civilisation, tandis que, nous l'établides Phéniciens habitaient la côte du Delta et irtier à part dans la ville de Memphis. Les fils de erre noire de la vallée du Nil, sont donc simpleiens et les peuples qu'ils ont soumis et civilisés, peuples en trois groupes n'est par conséquent, chap. X de la Genèse, ni une division ethnogralivision géogniphique, mais, -— si l'on veut me ot, — une division historico-sociale. Les Chaent la plus ancienne civilisation, odieuse aux émîtes la civilisation qui suivit, laquelle, il est nce au contact et sous l'influence de la civilisa- , mais se développa d'une manière plus indé- \ individuelle que chez les peuples directement te, et qui trouva son unité dans l'empire assyr est-il rangé parmi les fils de Sem. Sous le nom ur englobe tous les autres peuples que connais- [is Hébreux, n'importe à quelle race ils appariS ou Touraniens. Japhet est désigné comme le omme comprenant le plus grand nombre de ce que son territoire s'étendait le plus loin, soit, robable, parce qu'il conserva plus longtemps que ne primitive de société, et qu'il se trouvait à un ppement social que les Chamites et les Sémites ongtemps dépassé. Ce n'est pas ici le lieu de ntage cette thèse. Il me suffit, pour le but que d'avoir établi que le chap. X de la Genèse ne is apprendre sur les origines du peuple égyp-

tien. C'est là, il est vrai, un résultat tout négatif ; mais c'est déjà quelque chose d'avoir débarrassé le terrain d'une hypothèse erronée et incompatible avec toute recherche ayant chance d*aboutir. La question de la race à laquelle appartenaient les Égyptiens n'est donc pas résolue. C'est à la linguistique qu'il appartient de la trancher. Quelques tentatives pour la résoudre ont déjà eu lieu. Benfey s'est appliqué à démontrer que les langues habituellement appelées sémitiques ne sont qu'une branche d'une famille de langues, dont l'autre branche doit être cherchée de l'autre côté de l'isthme de Suez, et qui comprend, outre la langue égyptienne, celles de tous les peuples qui habitent le nord de l'Afrique jusqu'à l'Océan. Il a été suivi dans cette voie, notamment par Ernest Meier et Paul Bœtticher. Bunsen s'est approprié son opinion en la modifiant. Les Égyptiens, selon lui, seraient un rameau détaché de la race caucasique, à l'époque où les éléments aryens et sémitiques ne se distinguaient pas encore nettement l'un de l'autre. Ce serait ainsi qu'il faudrait expliquer les analogies que présente l'ancien égyptien avec les deux familles de langues aryennes et sémitiques (1). D'autres égyptologues ne sont pas non plus complètement étrangers à cette théorie. Outre de Rougé, qui ne s'explique sur ce point que d'une manière incidente, Brugsch et Ebers ont fortement insisté sur l'étroite parenté qui existe entre l'ancien égyptien et le mésopotamien (sémitique). Le premier tient pour certain que l'égyptien dérive du sémitique et admet comme un fait, que les études ultérieures ne peuvent que confirmer de plus en plus, que l'égyptien et toutes les langues sémitiques dérivent d'une môme langue-mère, parlée primitivement sur les bords de l'Euphrate et du Tigre (2). Le dernier dit catégoriquement que les Égyptiens sont un peuple sémitique, probablement chaldéen, qui ne diffère autant qu'il le fait de ses congénères orientaux que parce qu'il a fait de nombreux emprunts à la langue et aux mœurs des habitants

(1) Voir Renan, Langues sémitiques ^ deuxième édition p. 80 et 55. M. Renan luimême, on le sait, était alors pour une délimitation très étroite de la famille des langues sémitiques ; il ne voulait pas même admettre comme sémites les Assyriens et les Babyloniens. Les découvertes récentes faites en Mésopotamie et en Egypte et une étude plus exacte des idiomes de ces deux pays ont diminué la force de ses arg:uments. Lui-même a fait plus tard des concessions sur ce point.

(2) Brugsch p Wœrterbuch, introd. p. IX.

3ù il s'est établi (1). Tous les égyptologues paraisen plus se rapprocher du sentiment de Benfey, Bnce avec laquelle il a été dès Tabord combattu es, et quoique Ewald, dans le camp des hét, dans celui des aryologues, se soient trouvés pousser ses conclusions. La question n'est pas ' une solution. Il est certain que les Égyptiens sie et ont des liens de parenté très étroits avec aquelle appartiennent également les Aryens et s. Bien avant les temps historiques, ils doivent Egypte par Tisthme de Suez, ou en traversant s'être établis entre le Delta et les cataractes. le remarque que l'Asie occidentale garda tounom de la Terre sainte, le pays des dieux. Ta t sans doute pas un peuple purement aryen, 5S auteurs superficiels en aient exprimé l'opi- 3re un peu irréfléchie. Les concordances entre irs mœurs et ce qu'on a appelé la civilisation plus nombreuses qu'avec la civilisation des ins, la chose n'étant pas encore complètement toirement établie, je ne les rangerai pas parmi potamiens, et je ferai une place à part à l'hisigion. Je ne veux pas devancer, mais suivre ence.

lirait divers éléments dans la population de n d'Egypte, donné par les Grecs à ce pays, 3armi les Égyptiens. Brugsch le dérive de Haire de l'adoration de Ptah ; Ebers, de Aï-kapht, la côte recourbée (2). Nous avons déjà dit qu'euxit leur pays Kern, le noir, pour le distinguer ; et argileuses de la Syrie et de la Libye. Ils ment purement égyptien de la population le

3. Mos. I p. 45. Ebers affirme avoir recueilli plus de 300 mots aifustement de racines sémitiques, et annonce qu^il dëvelopiniôre plus complète dans un ou>Tage ultérieur. Toutefois^ les mquent pas non plus dans l'égyptien, et il y en a qui exprius haute importance.

?, p. 6 et ss. Ebers, ^y. u. BB, Mos. p. 133 et sa.

nom honorifique de Retou ou Routou, les hommes, à ce qu'il paraît équivalant aux Loudim de Genèse X. 13, désignés dans ce passage comme le premier fils de Miçraïm (1). Se regarder soimême comme les hommes par excellence, est si conforme à l'esprit général de l'antiquité et à ce qui se rencontre encore cliez plusieurs peuples restés à Tétat de nature (2), que cette prétention ne doit pas nous étonner. Ces Retou semblent avoir formé la classe dominante, l'aristocratie proprement dite. Mais d^autres tribus s'étaient aussi fixées sur la terre noire. Il y avait, entre autres, les Aamou ou Amou, habitant à l'est, qu'on a rapprochés des Anamim de Genèse X. 13 (3), et dans lesquels il faut probablement voir certaines tribus arabes, menant la vie pastorale, et qui s'étaient, déjà sous la douzième dynastie, établies en Egypte avec Tautorisation des rois du pays. Leurs principaux cantonnements étaient dans la presqu'île du Sinaï, sur le bras bucolique du Nil et dans l'Egypte moyenne, entre les crêtes des monts arabiques et la Mer rouge. Il ne semble pourtant pas qu'ils se soient jamais mêlés aux Égyptiens. Il faut vraisemblablement chercher un peu plus au nord les Kasluchîm, dont, d'après Genèse X. 13, sont sortis les Philistins ; ils doivent avoir habité les « monts brûlants » qui s'étendaient à l'est du Delta jusqu'aux frontières de la Palestine, et étaient sous la domination des Égyptiens. A l'ouest, on trouve les Libyens, les Lehabîm, ouLoubou (à proprement parler Rebou), des inscriptions égyptiennes. Ils formaient une branche septentrionale du peuple

(1) Ebeps, ouvrage cité, p. 91. De Rougé, Monuments des VI premières dynas» ties^ p. 6. Les Égyptiens, comme les anciens Iraniens, n*ayant pas Tl, et comme ]eD ne pouvait être exprimé dans leur langue que par une lettre composée (nt), Loud est une transcription purement hébraïque de Rout ; Vo final est la désinence du pluriel, répondant & Thébreu im,

(2j Comp. Waitz, Anthropologie der Naturvœlker^ III, p. 36 et 305.

(3) Ebers, ouvrage cité, p. 101, voit dans les Anamim les Âmou. L'hébreu aurait fait un mot composé de ce nom et de Tégyptien an signifiant nomade : an^amou^ les Arabes nomades, qu'il ne faut pas confondre avec anou-kens^ les Nubiens nomades, qui appartenaient à un autre peuple. Cette hypothèse de Ebers est plus plausible que celle de de Rougé: Monuments^ etc., p. 6 et ss., qui voit seulement dans les Ana- Htim, Anou, c'est-à-dire des nomades^ et r&ttache le nom de ces nomades à. celuides Tilles d'Héliopolis, Dendérah et Hermontis, qui toutes s'appelaient An en ancien égyptien. U pense que ces villes furent fondées par des colonies nomades. Pourtant An, dans le nom de ces villes, n'a rien de commun avec les nomades, il doit être dérivé de an, pierre ou colonne.

5S anciens Égyptiens Tehennou ou Temhou, qui 1 frontière orientale de leur pays, et firent souvent \ sur le territoire égyptien. On retrouve leurs desiS les Touaregs de nos jours, qui s'appellent eux- Jférence Imoshagh, au neutre Tema-Shight, nom 'ancien Temhou (1). La côte, entre le territoire de 3t celui des tribus sémitiques habitant plus à Test, été très anciennement occupée par les Phéniciens, ont-ce ces derniers qu'il faut voir dans les Kaphnèse X. 14, qu'on regardait autrefois comme les 3 fait est qu'à peine eurent-ils mis le pied sur le sol s'efibrcèrent de pénétrer de plus en plus avant, et ent sur la civilisation, même sur la religion du nord sans excepter Memphis, une influence prédomiette influence ne se laisse saisir que sous le nouvel 5 la domination des Hyksos, et ne saurait avoir été

Discoteries and Travels, I. p. 195 et ss. Un de leurs dieux s'appe- )ortait ainsi le même nom que le principal dieu de Thèbe et de Apparemment ils l'ont emprunté des Égyptiens, on a été traitée d'une manière très étendue par Ebers, ^g. u, SB. 33. Les preuves qu'il donne de la grande influence exercée dès les culés en Egypte par les peuples communément appelés sémitiques, éressantes. Il va de soi qu'il en tire quelques conséquences hasaris prouve trop. Il s'efforce d'établir par tous les moyens possibles fénieuse. Cette hypothèse est l'explication de l'hébreu Kaphthor par î Phénicie, littéralement grande c6te courbée, car Kapht devint plus le nom de la Phénicie. Nous lui accorderons volontiers que ce peuipidement dans le nord de l'Egypte, et nous reconnaissons qu'il a de nouvelles preuves importantes. Mais ce qu'il n'a certainement que les Phéniciens se fussent déjà établis en Egypte avant le temps qu'il en donne plusieurs fois l'assurance. Non-seulement cela n'est 5, mais il résulte du rapport d'un officier chargé, sous le règne le la douzième dynastie (celle des Hyksos est la dix-septième), 5z les Édomites, qu'il n'y avait alors en Palestine aucune trace de is). Il est vrai que si l'on fait, comme Ebers, venir Abraham en uzième dynastie, il faut bien admettre que les Cananéens habitaient Palestine. Mais ce fait aurait besoin d'abord d'être lui-même mieux i une assertion très hasardée que celle d'Ebers, p. 144, & savoir jptos, dans la haute Egypte, aurait tiré son nom des Phéniciens, té principalement peuplée de Phéniciens, à moins d'admettre qu'ils [es bords de la Mer rouge, où ils s'établirent d'abord. Quant aux ns qui se trouveraient dans la religion des Égyptiens, et auxquels i très grande importance (p. 237 et ss.), nous aurons plus loin l'ocexpliquer.

grande avant rinvasion, quand même nous admettrions qu^alors déjà des Phéniciens habitaient le nord du Delta.

Avec une population formée d'éléments si divers, il n'y a pas lieu de s'étonner que le nord et le sud du pays, bien que presque constamment placés sous le sceptre d'un seul roi, se soient très nettement distingués l'un de l'autre, et que non-seulement ils aient eu chacun son caractère prppre et fortement accentué, mais encore qu'ils se soient toujours disputé le premier rang. Ce n'est qu'en se rappelant toujours cet antagonisme que l'on pourra comprendre l'histoire de TÉgypte. La haute et la basse Egypte diffèrent essentiellement l'une de l'autre par leurs idées religieuses, leurs dialectes et leurs mœurs. L'auteur de Genèse X ne l'a pas ignoré; aussi considère-t-il les deux parties du pays comme deux fils de Miçraïm, c'est-à-dire comme deux peuplades différences, les Naphthuchîm et les Pathrusîm. Les premiers sont les Na-ptah (phtah dans le dialecte de Memphis), c'est-à-dire « ceux de Ptah », les adorateurs du dieu de Memphis, la capitale de la basse Egypte. Les autres sont les habitants du Midi, P-ta-rès, ou selon Ebers, Pathyr(Pe-hat-/iar)-rès, la province méridionale de Pathyr, le nome consacré à Hathor. L'élément purement égyptien est toujours le plus fortement représenté au sud. Le nord était inondé d'étrangers qu'on avait grand peine à empêcher d'envahir même Memphis. Toute l'histoire de l'Egypte n'est qu'une longue lutte de la nationalité égyptienne contre les envahissements croissants des Sémites ou Mésopotamiens qui pénétraient habituellement dans le pays objet de leurs convoitises, soit par l'isthme de Suez, soit par la côte septentrionale. Le sud, plus puissant et plus civilisé, établit d'abord sa prépondérance sur le nord, encore barbare. Menés, c'est-à-dire la première dynastie historique, réunit les deux régions sous son sceptre et fonda Memphis, évidemment dans le but de contenir par cette forteresse toutes les populalations septentrionales. Il y réussit. Six dynasties purement égyptiennes se succédèrent pendant une suite de siècles, et dominèrent sur toute l'Egypte, en résidant le plus souvent à Memphis. Après quoi survint une période de troubles et de désordre.

Une dynastie de la basse Egypte, originaire d'Hérakléopo-

lis (1), réussit à s'emparer du pouvoir, au moins au nord, et fut suivie par une seconde, également d'Hérakléopolis. Pendant ce temps, une famille royale, sortie des nomes thébains, fonde dans la haute Egypte une puissance indépendante, et sinon cette dynastie, du moins la suivante, qui fut la douzième, réussit à réunir le pays tout entier sous son autorité, purement égyptienne. Elle porta TÉgypte au plus haut point de culture dans les arts et la civilisation. On a donné le nom d'ancien empire à la période pendant laquelle régnèrent les premier^ rois de Thèbe, résidant à Memphis, et celui de moyen empire à la deuxième, pendant laquelle, pour la première fois, les souverains résidèrent à Thèbe.

Lorsque cette période de gloire et de puissance du sud touche à sa fm, le nord relève la tète. Il s'affranchit de la dépendance des rois de Thèbe et accepte l'autorité d'une dynastie établie à Xoi>, dans le Delta. Ce n'était là que le prélude de l'abaissement de rÉgypte. Des hordes étrangères, venues de TArabie, soumettent toute la basse ftgypte, rendent la haute Egypte tributaire, et pendant quatre siècles la domination des Hyksos, ou des rois pasteurs, pèse sur l'Egypte comme un linceul de plomb.

Cette fois encore, la délivrance vient du sud. Les rois arabes, qui avaient peu à peu adopte la civilisation de l'Egypte, semblent avoir perdu, avec leur rudesse, leur valeur guerrière. Les princes tributaires de Thèbe osent les attaquer. Après une lutte prolongée, Aahmès réussit à les chasser et à replacer toute

(1) On ne sait, au juste, de quelle Hérakléopolis il s'agit ici. Trois villes, toutes les trois situées dans la basse Egypte, portaient ce nom : Hérakléopolis magna, au sud de Memphis, eiparva Hérakléopolis, sur Tembouchure la plus orientale du Nil. dans le nome de Séthrols, et enfin une autre Hëraklëopolis, sur le bras le plus occi> dental du Nil. Lepsius et Ëbers écartent les deux premières, par la raison qu'une dynastie, établie aussi près de Memphis, n'aurait pas pu régner simultanément avec une dynastie memphite. Cet argument perd sa force, si Ton admet, avec Mariette, que les dynasties hérakléopolitaines ne régnèrent pas simultanément avec les dynasties memphites, mais après la dernière de celles-ci . L'opinion de Mariette me semblant solidement établie, j'incline & placer les neuvième et dixième dynasties à Hérakiéopolis magna. Les deux autres eurent trop peu dHmportance, et l'extrême nord avait certainement, dans ces temps reculés, trop peu d'influence pour qu'il soit vraisemblable que la suprématie d'une de ces villes frontières se soit alors étendue au pays tout entier.

l'Egypte sous son autorité. Avec lui commence le nouvel ( la troisième période de grandeur de la civilisation égyp Sous trois dynasties successives, les Thoutmès et les Ai teps, les Sétis et les Ramsès, Thèbe resta, à quelques exci près, la capitale de Tempire des Pharaons, qui recouvra ciennes frontières, et sut se faire respecter dans toute occidentale.

^ Au onzième siècle, la balance penche une dernière faveur du nord. Les grands prêtres d'Amoun, à Thèbe, pi sur leur tête la double couronne, mais plusieurs dynas Delta leur disputèrent le pouvoir et ils furent enfin oblig( retirer en Ethiopie, où ils fondèrent un royaume indépi Ces derniers représentants de l'ancienne puissance de V n'abandonnèrent pas, pour cela, Tespoir de reconquérir voir sur tout le pays, et chaque fois que le nord manifest ques signes d'affaiblissement, ils se hâtèrent de saisir Toc s'emparèrent en général facilement de Thèbe, une ou dei et après une résistance plus énergique, de Memphis. Mai sont là que des succès éphémères et sans consistance. Ap règnes de courte durée, ils sont toujours refoulés dans : de Koush; c'est Tanis, Bubaste, Sais, toutes villes du qui donnent maintenant des rois à l'Egypte, et encore s'estimer heureux lorsque ce sont des princes indigènes disputent le pouvoir, et lorsque des conquérants ass Esarhaddon (Asurakhiddin) ou Asour-bani-pal ne vienn venger, en soumettant et en démembrant l'empire, l'opp que dans les temps anciens les rois d'Egypte avaient fai sur leurs ancêtres.

La gloire de Cham est passée, et les jours de Sem sont Cependant, les princes d'origine douteuse et de race qui, dans la dernière période, soumettent et se partag pays, adoptent les traditions, les mœurs, les usages de la sation égyptienne ; sous l'un d'eux, Amasis, elle jette un certain éclat, mais c'en est la dernière lueur. Les c rants persans vont joindre l'Egypte à leur immense emf après qu'elle aura joui encore pendant un peu plus d'ui siècle d'une certaine indépendance, les Grecs, puis les R prendront la place des Perses.

Cette histoire de la religion de l'Egypte s'arrêtera à l'avènement de la domination grecque. A la vérité, les Ptolémées, loin d'écraser la nationalité égyptienne, la respectèrent, et la religion nationale put être librement pratiquée. Sous leur domination, même plus tard, sous celle des empereurs romains, des temples magnifiques furent construits ou restaurés ; mais ce fut une résurrection artificielle d'un passé d'où la vie s'était retirée. L'époque des Ptolémées n'appartient plus, à proprement parler, à l'histoire des anciennes religions, mais est surtout importante comme époque de transition, et préparatoire à l'âge de la nouvelle religion qui surgit, il est vrai, en Galilée, mais sur le premier développement de laquelle la philosophie alexandrine et la vieille religion de l'Égyple devaient exercer une si grande influence.

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