‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 11 sur 50 · LITTÉRATURE SACRÉE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE SACRÉE

Il n'y a guère plus de cinquante ans que Thistorien gions anciennes en était réduit, pour TÉgypte, aux n ments incomplets et peu sûrs que renferment les autei L'habitude des Grecs de donner aux dieux étrangers des divinités de leur Olympe, rendait encore plus rintelligence de ces sources défectueuses. Outre les ré( rodote, de Diodore et de Plutarque, on ne possédait ( ques fragments de l'ouvrage de Manéthon, dans Je dans George le Syncelle. La découverte de Champ jeune a ouvert à l'Europe savante l'accès à une littératt peut mettre au rang des plus riches du monde. L'Éf effet n'a pas seulement écrit des livres : elle est tou comme un immense livre couvert d'une écriture serrée une matière inépuisable aux investigations. La plus partie de ses innombrables inscriptions reste encore i frer, mais déjà la science a fait dans ce champ u moisson.

Pour nous en tenir à ce qui concerne directement et i ment la religion, nous mentionnerons en première ligB lection des textes sacrés intitulés par M. Lepsius : « Le ] morts », et par M. de Rougé : « Le rituel funéraire ». C retrouver le titre égyptien dans les mots écrits en tèt( mier chapitre et qui signifient : « Chapitres par la fon que desquels le mort peut sortir à son gré le jour » et a

; sa marche triomphale (1). Mais c'est le litre s chapitres seulement, qui constituent une

[•ts ne doit pas être regardé comme un ouvrage illection de morceaux remontant à différent les principaux étaient déjà réunis sous les louvel empire. Dans le papyrus de Turin, lu règne de Psamétique I, il se compose de t les 125 premières formaient déjà sous la dix-neuvième dynastie un recueil coordonné, portent le nom de chapitres (ro), excepté la ititulée : « Livre » (sua ou shat) et semble 3r morceau ajouté au recueil primitif. Les livent s'appellent aussi livres (shatou). Les 3nt d'une date relativement très récente et ne s haut que le neuvième ou le dixième siècle is anciens manuscrits que nous possédions :ts sont de la dix-huitième dynastie ou du torzième siècle, la plupart malheureusement it quelques uns renfermant un texte altéré à

Tits ne sont pas les plus anciens textes qu'on uelques parties du Livre des morts. Plusieurs s dans la collection postérieure, et même ue ne renferme pas cette dernière, ont été sur des sarcophages d'une époque antérieure des Hyksos, et jettent une vive lumière sur la livre a été formé. Il en ressort la pleine conlothèse que les manuscrits contiendraient, à 3 primitifs, des explications et des commuais récente. Déjà sur des sarcophages de la , on trouve de courts commentaires, distin-

duit ces mots de différentes manières ; Champollion et E. de à la lumière, au jour », Lepsius : « Dans la lumière », ie du jour », c'est-à-dire de la vie, idée étrangère aux Égjple jour » on dit aussi « entrer le soir », c'est-à-dire se couaduction de M. Lefébure : « Chapitres pour sortir au jour »

gués du texte par la couleur des caractères. Les traditions égyptiennes font remonter certains fragments à la plus haute antiquité. Ainsi, le chap. LXIV aurait été découvert sous le règne du roi Menkaura (Mycerinus), de la quatrième dynastie, et, à cette époque, le fameux chap. XVII devait déjà être écrit. D'après d'autres traditions, le texte qu'on a appelé le texte du scarabée, et qui dans le recueil suit le chap. LXIV, aurait été écrit sous le règne de Menkaura, et le chap. LXIV lui-même sous celui d'un de ses prédécesseurs, nommé Husapti (rouoa^afç des Grecs), et cela n'a rien d'impossible, quoique cela ne soit pas prouvé.

Somme toute, on se fait généralement une très fausse idée de ce qu'on a appelé le Livre des moyts. Ce n'est pas, à proprement parler, un livre. Cela résulte, entre autres, de la circonstance très remarquable, qu'il n'y a pas deux des anciens papyrus qui donnent les chapitres ou les textes dans le même ordre. Ce ne fut que très tard, après la vingt-sixième dynastie, que l'ordre paraît en avoir été à peu près fixé. Tous les anciens manuscrits sont donc en réalité des collections indépendantes de textes semblables, et dont aucune n'a jamais été généralement adoptée. Il est par conséquent inexact de donner le nom de chapitres inconnus du Livre des morts aux textes magiques se rapportant à la vie future, et qui par hasard n'ont été insérés dans aucune des collections que nous connaissions.

Le Livre des morts ne forme pas un tout, et ne retrace pas dans un ordre régulier les phases de la vie qui suit la mort, ni la lutte de l'âme contre les mauvais esprits dans le monde souterrain. Quelques chapitres (ro, shâ) retracent môme sommairement toutes ces phases de la première à la dernière. Le premier se termine déjà par la sortie au jour, qui est le point culminant du drame. Il en est de même du dix-septième, du soixante-quatrième, et de quelques autres. Quelques uns, au contraire, ne présentent que quelques points spéciaux, considérés isolément, surtout le dernier moment de la lutte. D'autres, comme le quarante -cinquième, renferment des textes sacrés, hymnes ou prières. C'est donc en vain qu'on espérerait y trouver un ordre régulier, soit logique, soit chronologique, bien que, le plus souvent, les morceaux traitant de sujets ana-

Sunis, et qu'on puisse y distinguer deux ou trois ions.

besoin de dire que cet ouvrage était considéré Qt, et que, sinon tous les textes, du moins les plus tenus pour inspirés, ou même comme composés ' Horos même. Le but de chaque texte, y compris et plus tard de la collection tout entière, était luissance magique de la parole, le mort à vaincre nnemies. C'est pourquoi on les gravait sur les i les écrivait sur les bandelettes des momies et ets et surtout sur un papyrus déposé à côté du i vingt-unième dynastie on employa à cet usage s, plus tard l'écriture hiératique. Mais, — et en jé a vu juste, — les textes sacrés servaient aussi )nies sacrées célébrées en l'honneur du mort, ou alut de son âme. Ce fait est attesté par un grand 5s explicatives, placées à la fin de plusieurs cha-

pas pourtant surfaire la valeur du Livre des stoire de la religion des Égyptiens. Il est, sans principales sources que nous possédions sur leurs itologiques, sur les idées qu'ils se faisaient de enir; mais il n'a pas la même valeur en ce qui oyances religieuses. Bien sur les prières et les înferme ont une grande valeur à ce point de js souvent il ne contient que de courtes et obs- )ns mythologiques, qui, bien loin de servir à auraient elles-mêmes grand besoin de commen-

•and nombre de textes analogues au Livre des lui n'y ont pas été recueillis, ou qui n'ont été [ue la collection fut close. Je n'en mentionnerai péciale que deux ; en premier lieu le Livre des B {Shâan Sensen), que nous connaissons par un

0, 64, 130, (très ancien, bien qu'il renferme des interpolations de ,136. Les titres qui accompagnent les chap. l, 31, 42, 45, 58, .35, sont aussi très instructifs. Quelques-uns, tels que le 18% • des jours déterminés.

manuscrit du temps des Ptolémées ; la doctrine en concorde de tout point avec celle du Livre des morts ; il était tenu pour très saint et était placé sous le bras gauche du mort, à côté du cœur. Non moins saintes étaient les Plaintes dlsiset de Nephtis après la mort d'Osiris. C'était au sens propre un rituel, qui n'était connu que des prêtres du rang le plus élevé ; il était récité à la fête d'Osiris.

Outre ces livres, on a encore découvert un grand nombre de Papyrus magiques qui paraissent avoir été rédigés dans le même but, et dont quelques uns ont déjà été publiés et expliqués. On peut considérer le Livre des morts lui-même comme une sorte de papyrus magique, plus étendu et composé à Tusage des morts; les aiitres sont à l'usage des vivants. Ce sont des hymnes et des formules, quelques unes d'une très haute antiquité, destinées à conjurer les maux de la vie, à guérir les maladies et à chasser les mauvais esprits.

Enfin, il faut placer au premier rang de cette littérature sacrée les hymnes consacrées à la louange des dieux. La forme en rappelle souvent celle de la poésie hébraïque ; le fond se rapproche plutôt de quelques hymnes du Véda et de ceux que les Perses employaient dans leurs sacrifices. Il y règne une élévation, un élan et une inspiration poétiques plua grands que dans ces derniers. Ces hymnes doivent appartenir aux plus anciens produits de la littérature sacrée de l'Egypte, ce que semblent démontrer leur emploi dans les papyrus comme formules de conjuration à rencontre des mauvais esprits et des animaux carnassiers, et leur insertion même dans le Livre des morts. Ainsi qu'on Ta déjà remarqué pour les plus anciens chants des peuples de l'Hindostan, le dieu auquel est consacré l'hymne, Osiris, Ptah, Ra, etc., est toujours pour le poète le plus grand des dieux, sinon le seul dieu : tous les autres pâlissent à côté de lui.

Outre ces livres qui ont spécialement trait à la religion, d'autres, ainsi que les inscriptions qui couvrent les murs des temples, renferment sur elle de nombreux et intéressants renseignements.

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