LA RELIGION SOUS L'ANCIEN EMPIRE
Le siège de ce qu'on a appelé Tancien empire Memphis. Cette ville {Mennefer la bonne demeure selon la tradition, tout au moins agrandie et f Menés, c'est-à-dire par la dynastie ancienne person nom, dans le but de contenir les barbares du Ne de Memphis était Ptah, ou, selon la prononciation et la ville s'appelait Ha-ka-Ptah, le siège de l'ado l'âme de Ptah. 11 est très probable qu'avant qu'elle sie par les rois de Thinis pour leur résidence, uni même nom était adorée dans la contrée ; à partir c que, le dieu local prit un rang élevé dans la religi(
Les ancêtres de Menés ont dû étendre leur au haute Egypte avant que la dynastie fût capable de pays sous son sceptre. Alors la religion de Thinis minait dans le sud, tandis que celle d'Héliopolis. son antiquité et la science de ses prêtres, était p: dans le nord. Ce fut maintenant le tour de la religi phis. Les dieux des autres cultes ne disparurent pa continua d'être le sanctuaire vénéré du nord, ta rois de Thinis introduisirent à Memphis et dans to culte d'Osiris ; mais ils ne pouvaient négliger le p de la partie du pays où ils fixaient leur résidence. I dition. Menés fut même le fondateur du magnifiqu
sacré à Ptah, sur le rempart du sud, ou mur blanc, tandis que le rempart du nord était consacré à Neith : c'étaient deux ouvrages de défense assez semblables à la grande muraille de la Chine, et élevés dans un but analogue. Pour cette raison, on appelait quelquefois Ptah «le saint du mur blanc», ou bien simplement « Ptah de son rempart méridional ». Les rois étaient consacrés dans son temple, de même qu'à Héliopolis, et la fête de la réunion des deux royaumes était célébrée sous son patronage. Il est permis de supposer que la célébration de cette fête remontait jusqu'au temps même de la fondation de Memphis, bien que nous n'en trouvions la mention que sous le règne du roi Pepi, de la sixième dynastie. Il est assez étrange que Ptah soit quelquefois appelé « porteur de la couronne blanche » (la couronne de la haute Egypte). Je ne peux expliquer ce titre que par une identification avecOsiris-Sekrou.
On a remarqué que les Égyptiens attribuaient à Ptah un sens plus spirituel et plus moral qu'aux autres dieux ; mais c'est là un caractère qu'il ne revêtit que plus tard, sous l'influence des prêtres. Dans le principe, il ne fut, comme tant d'autres, qu'une divinité cosmogonique. Son nom signifie « le formateur», non, comme on l'admet généralement, « celui qui ouvre » (1). On le représentait dessinant un enfant : expression symbolique du Créateur des hommes. Les Grecs l'ont, non sans raison, comparé à leur Hephaestos, le dieu de la foudre comme feu cosmique, envisagé comme la force plastique. Un de ses noms est Ptah-Tatanen, signifiant vraisemblablement, au sens littéral, «t la terre même » (terra ipsa). C'était le nom de l'empire sur lequel régnait Ptah, et qui lui était quelquefois donné à luimême. Le dieu du feu intérieur, principe actif de la vie du monde, était, en effet, regardé comme le dieu de la terre, et la couleur verte dont son image est enluminée sur les monuments, confirme cette supposition. On l'a souvent aussi appelé l'invisible ; il a précédé tous les autres dieux, et on ne connaît pas sa figure. Aussi l'a-t-on représenté comme une momie cachée au regard dans sa caisse.
(1) Depatahu^ former, d*où doit être dérivée la 8ig:nification de sculpter, et non de pathv, ouvrir. Brugsch, Wœrterlntch^ p. 527 et s.
C'est lui qui, en tant que formateur, donnait au mort une nouvelle chair; qui, en tant que créateur du monde, affermissait et développait toutes choses, et qui a fait tout ce qui existe. Les dieux étaient sortis de sa bouche, les hommes de ses yeux, ce qui signifie, sans doute, qu'il avait formé par sa parole le monde supérieur, le monde des dieux, et créé les hommes par la puissance de son œil, c'est-à-dire du soleil.
Il est difficile de dire si Ptah possédait dès l'origine tous ces attributs, ou s'il les a reçus plus tard, lorsqu'il fut identifié avec la divinité suprême, principe de sa propre existence et qu'il fut considéré comme le dieu du monde souterrain se manifestant dans le monde supérieur. La première hypothèse n'est pas absolument dénuée de fondement. Les plus anciennes parties du Livre des morts renferment des passages qui la corroborent. Il est permis de croire que les prêtres de Memphis les appliquèrent dès la plus haute antiquité à leur principal dieu. Mais ce ne fut que sous la dix-neuvième et la vingtième dynastiesque Ptah fut identifié avec le soleil et reçut le titre de « seigneur de l'éternité, le vénérable, le doré, le dieu au visage beau et régulier ». Par contre, les noms qui le désignent comme le dieu de Tordre et de la justice, par conséquent de la vérité, lui furent donnés très anciennement. Il était le dieu de l'aune, garant à chacim de sa propriété, et dont l'utilité ne devait être nulle part plus appré* ciée que dans un pays comme l'Egypte où, tous les ans, les eaux noyaient et effaçaient toutes les délimitations entre les champs. On l'a toujours placé dans le rapport le plus étroit avec Ma, la déesse de la justice et de la vérité, dont il portait le sym* bole sur la tête. D'ailleurs il devait, comme créateur invisible du monde, revêtir spontanément l'attribut de dieu de la justice. Lorsque plus tard on le représentera comme venu dans le monde pour lui donner des lois justes, comme le dieu qui aime le bien et fonde sur lui sa toute puissante domination, on n'exprimera que des conséquences naturelles, successivement tirées de cette idée fondamentale.
Il y a longtemps qu'on a constaté de grandes ressemblances entre le culte de Ptah et celui des Patèques phéniciens. Les deux noms ont la même origine et le même sens ; il n'est pas rare de trouver Ptah, — comme d'ailleurs aussi fl'autres divini-
— représenté sous la figure d'un nain, forme ues, et qu'on retrouve, au reste, dans la plupart
Les dieux cabires, les huit frères divins, qui ue les Patèques, et qui avaient également un ds dans la partie de la ville habitée par les îcialement consacrée à Ptah, sont appelés par s d'Héphaestos » ou de Ptah. Faut-il conclure 3ments que Ptah fût un dieu étranger, emgyptiens aux Phéniciens ? Mais il était adoré
longtemps avant que des Phéniciens aient es Égyptiens ne reconnaissaient à Ptah qu'un t le nom peut être traduit: «Je viens dans lire la paix suprême des justifiés, ou bien : « Je inde» (de Rougé, Rev. Arch. 1861, IV, 202). lu feu du sacrifice et du culte réglé par le livre toujours représenté ce livre sur les genoux, et ment le premier des Kher-hib, classe de prêméme temps chantres et médecins^ les hymine force magique pour guérir les maladies, lommaient Asclépios ce dieu déjà adoré en itrième dynastie, mais qui parait y avoir été , un rang secondaire. Ils l'appelaient aussi le Qontre qu'ils le tenaient pour un des Cabires. irins sont les mêmes que les compagnons de m, mais ils diffèrent des huit compagnons de t représenter les quatre points cardinaux. Sans le Ptah, comme dieu du feu plastique, et des [ tant que divinités cosmiques, étaient repréire de nains, florissait depuis longtemps dans 3S fonda Memphis. Les rois de Thinis, en s'é-, )his, laissèrent subsister ce vieux culte et, à l'en modifièrent guère la forme primitive; ièrent, en quelque sorte, une conception nouégyptienne et plus humaine, laquelle amena, , la formation de la triade fort en honneur égyptienne, de Ptah, de la déesse du nord îs de Ma, et d'Imhotep. Les Phéniciens adoptah, tel qu'il était avant ces réformes et qu'il
subsistait encore à Memphis, soit parce que leur propre mj gie renfermait des éléments analogues, soit pour d'autres ri
Avec Ptah, deux déesses, Pacht et Neith, occupèrent d temps reculés un rang important dans la religion de la Egypte. Le principal sanctuaire de Neith était à Sais ; elle avoir été particulièrement en honneur dans la partie de h latîon de la basse Egypte qui était d'origine libyenne, révérée à Bubastis, sous le nom de Bast, était la déesse pi des Aamou, ou des tribus arabes. Toutes deux avaient de pies à Memphis. Nous aurons à en reparler plus tard.
Sekrou (le frappé ? le tué ?), dont le nom se retrouve aus les temps les plus anciens, doit avoir été primitivemei forme de Ptah, comme dieu du monde souterrain. Plui il fut réuni à Ptah et à Osi ris, sous la dénomination de Sokar-Osiris (Ptah-Sekrou-Asar). Il était adoré séparé Memphis. On trouve, en outre, sous l'ancien empire la m de Chnoum, le dieu de la région des cataractes, d'où l'o: des pierres pour les constructions colossales élevées par 1 de Memphis, ainsi que, du moins on le suppose, celle de : le dieu d'Hermonthis.
D'après Hérodote, le culte subit une modification impi sous les rois de la deuxième dynastie. Il rapporte, en effet, fut sous le règne de Kaiechos (Kakau) que les animauj raencèrent à être adorés. On sait quelle extension cette ce devait prendre chez les Égyptiens. Le nom même de (les images ou les génies, mot dont le taureau est le syn et le symbole) est une présomption en faveur de cette ass C'était précisément le nom donné au taureau Apis.
Cependant le nom de Menés, Mena, qui rappelle le t blanc, ou fauve, d'Héliopolis, le taureau Mnévis, peut faii poser que le culte des animaux existait déjà avant Kakau celui-ci introduisit seulement l'adoration d'Apis. Bii (Binouter, esprit divin dont le symbole est un bélier ou ui vient dans les listes des rois après Kaiechos (Kakau). On e tirer la conséquence que de même que ce dernier éleva 1( du taureau de Memphis au rang de religion d'état, s( cesseur donna le même rang au culte du bélier de V. En tout cas, il ne faudrait pas en conclure que ces prin(
établi le culte des animaux. Il n'est pas de roi, si 'il soit, qui soit capable d'imposer de tels usages, pas déjà enracinés dans les mœurs nationales. Kaie- )thris n'ont sans doute rien fait de plus que d'accorligions populaires leur sanction royale. Néanmoins me semble des plus douteux. Mena, Kakau, Binouter ion avis, que des rois de pure invention : ce sont les inimaux sacrés eux-mêmes, les symboles des génies bs des dieux, dont on a fait des rois. Du moment t considérés comme des rois, en vertu du penchant )euples de Tantiquité à faire passer dans Thistoire nythologiques, selon un procédé qu'Evhémère a hauteur d'une théorie, mais qu'il n'a pas inventé, répandit que l'un d'eux avait introduit le culte des Egypte. Le bouc et le bélier figurent la force de la a et sont le symbole du dieu créateur. Chnoum aussi cornes de bélier, et on sait qu'il représente le créae le soleil qui produit le vent, ou l'esprit soufflant cosmiques pour les féconder. Le nombre des anis auxquels il fut rendu un culte est très grand, cynocéphale, consacrés à Thot et à ses huit compaacal à Anubis, Tépervier à Horos, le chat à Pacht, îfnoul, le loup, l'hippopotame, le crocodile, etc., etc., s temples chacun dans les villes où les dieux dont js vivantes images étaient le plus en honneur. On y îurs corps soigneusement embaumés dans les tomndant, entre tous, les deux taureaux. Apis à Memévis à Héliopolis, restèrent les plus célèbres. Le lème personne pouvait exercer la prêtrise d'Apis, de lême de la génisse sacrée dont il est quelquefois , prouve que les premiers n'étaient pas des concurles symboles différents d'une seule et même idée, lévis, symbole du soleil revenant à la vie, et, comme à Ra-Harmachis, était de couleur claire. Hapi, au ?tah rappelé à la vie », symbole du dieu caché, invioir avec des taches blanches, qui devaient figurer ée du soleil, et il devait avoir sous la langue ce lait comme le signe du scarabée, symbole du créa-
teur. Le dieu, qui se manifeste le jour dans la lumière du soleil, continue à vivre la nuit dans le sombre s bien qu'invisible, il est néanmoins actif comme créat€ même et de tout ce qui est, ou, en traduisant en lan gaire le langage de la mythologie et de la théologie, A vivante image du dieu qui fait jaillir la lumière des té tire la vie de la mort. C'est pourquoi il portait un di entre les cornes. Naturellement on le rapporta aussi et plus spécialement à Ptah-Sokar-Osiris. Il était dor ment l'image de Ptah dans sa forme de Sekrou, et Osiris ne différaient, d'une manière essentielle, ej était regardé, et cela au pied de la lettre, comme fils On retrouve ici dans la mythologie égyptienne, sous grossière d'une génisse fécondée par Ptah trans un rayon d'or de la lumière céleste, laquelle met bas ser d'être vierge, n'ayant plus d'autre progéniture a] donné le jour à Apis, on retrouve, disons-nous, la do( les Égyptiens et d'autres peuples de la même famille sirent sous diverses formes, et que l'esprit mystique tiens devait faire revivre dans une poésie pleine de naissance d'Apis était l'objet d une fôte très populaii phis. Plus grande encore, si possible, était la dévotion mort, réuni — c'est là, en effet, l'expression orthodox à Ptah dans les demeures des temps infinis, pour hat jours le séjour de l'éternité. Ce culte, s'il ne fut prit un grand développement sous les dix-neuvième et dynasties ; sa faveur et son éclat no firent que s'accr le temps, et atteignirent leur point culminant sous les 1 Le culte des animaux n'est ni aussi particulier à l'J aussi difficile à expliquer qu'on l'a cru communéme les mythologies renferment une symbolique emprunté animal, et les exemples d'animaux vivants adorés par I>euples ne sont pas rares. On pourrait même dire q dans le respect populaire dont tels ou tels animaux se entourés dans certaines contrées, dans la protectioi couvre l'opinion publique, dans les soins quelquefo que reçoivent dans quelques villes ou pays des m l'espèce en faveur, une trace des anciennes zoolàtries
Néanmoins, le culte des animaux sacrés n'a acquis, dans aucune religion des peuples civilisés quenous connaissons, un développement pareil à celui qu'il prit dans celle des Égyptiens. Autant que nous en pouvons juger,— caries monuments des premiers siècles sont encore peu nombreux,— cette forme de culte s'étendit plutôt qu'elle ne se restreignit avec le temps. Il n'en faudrait pas conclure que l'adoration des animaux fût en Égyple une innovation, encore moins un progrès. L'explication s'en trouve dans la tendance généralement appelée fétichiste, mais plus exactement animiste, qui fait voir dans les animaux les plus remarquables soit par leur beauté, soit par leur force, soit par les services qu'ils rendent ou les dommages qu'ils causent, par leur forme, par leur couleur, ou par toute autre particularité, l'incarnation des esprits puissants qu'il est bon d'adorer pour détourner de soi leur courroux ou pour se concilier leur faveur. Cette idée doit avoir régné aussi parmi les Égyptiens dès la plus haute antiquité, et si, comme semblent l'établir des traits caractéristiques au point de vue de la linguistique et de l'ethnologie, les colons ou conquérants venus d'Asie, qui formèrent la classe aristocratique et dominante en Egypte, y ont trouvé un peuple africain qu'ils ont subjugué et avec lequel ils se sont mêlés, l'existence de pareilles idées religieuses n'en paraîtra que plus naturelle : car nulle part le culte des animaux n'est aussi répandu que chez les peuples de l'Afrique (1). Une croyance populaire si générale et si enracinée devait prendre place sous une forme ou sous une autre dans la religion officielle; c'est ce qui arriva, en effet. C'est donc dans l'animisme qu'il faut chercher l'origine de l'adoration des animaux par les Égyptiens. Mais on s'efforça de la mettre en harmonie avec les idées plus élevées que, progressivement, on se fit des principaux dieux. On identifia plusieurs des animaux sacrés avec ces dieux mêmes; d'autres devinrent des images vivantes des dieux. La mystique et la symbolique furent le pont par lequel on passa d'une forme
(1) Ce n'est pas, du reste, ia seule marque d'une affinité étroite avec les religions africaines proprement dites. On pourrait mentionner au môme titre la déification des rois, l'unité de la royauté et du sacerdoce, la coutume générale de la circoncision, la manière d'ensevelir les morts, Tusage de la peau de panthère comme vêtement royal et sacerdotal, etc.
religieuse inférieure à une religion plus haute et plus p fois que le culte des animaux eut reçu droit de cité dan gion oflicielle, et que, grâce à toute sorte d'explication ques, il eut été revêtu d'un vernis de profondeur appa tendance à multiplier les symboles et les allégories, t l'écriture hiéroglyphique, conduisit non seulement à au le nombre des animaux sacrés, mais encore à accroîti que Ton apportait à ce culte. Des animaux, qu'on n'a adorés jusqu'alors, furent élevés au rang des animaux parce que leurs noms se rapprochaient de ceux des die L'apothéose des rois n'est pas un trait moins caract de la religion des Égyptiens que le culte des anin usage aussi date de l'ancien empire. Dès cette époque, dait aux princes un culte public. Il est probable que ( Khoufou et Khafra, les deux grands rois de la quatrième ( qui introduisirent cette coutume. Nous ne parlerons f culte rendu à quelques-uns de leurs prédécesseurs dont 1^ historique n'est pas démontrée, ou bien dont le culte d être d'une époque postérieure. Mais il est certain que (Chéops) fut déjà révéré comme un dieu sous un de casseurs immédiats, qu'il eut un prêtre attaché à son cul les fils de Khafra furent prêtres du culte de leur père. 0] dire autant de Ratoutef, de Menkaura (Mycérinus), de Tî Assa, d'Useskaf, de Kaka(de la cinquième dynastie, qu' pas confondre avec Kakau, de la deuxième), et de touî qui ont un nom dans l'histoire. Non-seulement on éle de leurs tombeaux des temples spécialement consaci honneur, mais, même de leur vivant, ils construisaienl mes les sanctuaires dont ils étaient les divinités. Cette lion d'hommes fut poussée au point de reléguer qu dans l'ombre le culte même des dieux. Ainsi Una, qui des emplois élevés sous trois rois successifs de la c: dynastie, déclare qu'à côté de quatre chantiers de trav fut chargé d'ouvrir, il fit bâtir autant de temples, afin
(1) J'ai donné les preuves de cette assertion dans un article du Theolc schrift (Revue de théologie) douzième année, p. 261 et s., auquel je dois poarne pas m'étendre outre mesure. Comp. Pietschmann, Zeits, fur Annales d'Ethnolofçie), année 1878, p. 1.53 et s.
roi régnant Mer-en-ra, vivant en éterix eux-mêmes». Il en fut ainsi pendant les rois morts ne fut pas perpétué avec li des dieux ; leurs temples continuèrent irs prêtres se succédèrent régulièrement.
dynastie on trouve encore des prêtres héops, Chéfren et Ratoïsès (Ratoutef), de et sous les Ptolémées, un prêtre consacré
la troisième dynastie.
l'Egypte ne fut pas une institution politinaginé par le despotisme, pour accroître ajesté royale. Ce fut le résultat d'une îs Égyptiens, qui se fait jour dans toute on égyptienne fut, chez les peuples civiîssion de la foi en la souveraineté absolue nnité. Le roi, — ce fut là une application ist né le culte des animaux, — le roi était, lifeste et plus directe encore que l'animal e Dieu vivant, Tincarnation de l'essence eha, le serviteur d'Amenemha I et d'User- :ilé par ce dernier, s'exprime ainsi dans
parlant du roi régnant: «Que Dieu soit a destitué, suspendu de ses fonctions et ranger, qu'il soit miséricordieux comme lu sa grâce et l'autorisation de rentrer en lU de joie. Il ne peut croire à son bonheur ; re reçu par le roi, il se prosterne la face
« Le Dieu grand et semblable au soleil se ajesté est comme Horos, la force de votre 1 terre. Grâce à la vie que vous me rendez us me donnez), j'adore Ra, Horos, l'image » Enfin, plus tard, il racontait ainsi ce qu'il avait été admis en la présence du prince :
parler d'un ton affectueux. Ce fut comme es à la lumière ; ma langue était muette, t plus en état de me soutenir, mon cœur aesais si je vivais ou si j'étais mort. » Il )usser plus loin la déification de l'homme.
L'idée que les Égyptiens se faisaient de Tétat contribua i au développement excessif du culte rendu à la personne du L'étal était pour eux une théocratie pure, et leur gouvernei se rapprochait beaucoup, sous ce rapport, de celui des Ghi De même qu'en Chine l'empereur seul, en sa qualité de fll ciel, sacrifie au dieu supérieur, les temples n'étaient en Ég que les oratoires des rois : nul autre qu'eux et les prêtres sacrés ne pouvait y pénétrer. Le principe théocratique ( mun à tous les peuples sémitiques et, en général, à tous peuples de TAsie, était profondément enraciné chez les É tiens. Ils n'avaient pas Tidée de l'union de la religion € l'état : les deux choses n'en faisaient qu'une à leurs yeux, règne, le roi est son fils, c'est-à-dire Dieu même incarné, gypte fut la terre par excellence du droit divin authentique, mélange, qu'autun rationalisme, aucune philosophie t raire n'était encore venue mettre en question ou altérei pouvoir absolu n'avait pas en Egypte de contrepoids : on vit rien se produire qui ressemblât au prophétisme dlsrae la parole de Dieu , tombant des lèvres des voyants i rés, contrôlait les oints de Dieu. La fiction que le rc l'image de la divinité fut loin de conserver toute sa chez les Israélites. Le principe de l'alliance avec Yahveh fe la théocratie Israélite une espèce d'état constitutionnel, et conserva ce caractère, que le représentant de Dieu fû roi ou un grand prêtre, jusqu'à ce qu'elle reçût de Jésus achèvement, avec son caractère spiritualisle, et que toute 11 disparût. Quant au gouvernement théocratique absolu, il faut pas demander la pleine réalisation à Babylone ou à syric, ni même à la Chine : il n'a existé qu'en Egypte.
La complète unité de la religion et de Tétat chez les É tiens résulte aussi de ce que nous savons de leurs pré C'est ici le lieu d'en dire quelques mots. Gomme les lemph les cultes différents, les charges sacerdotales étaient innon blés et il n'entre nullement dans le plan de cet ouvrage d mérer les titres des prêtres de toutes les divinités égyptien ce serait d'ailleurs tenter l'impossible. On pouvait, du r être simultanément prêtre de six ou sept dieux différents, titres qu'on trouve le plus fréquemment donnés aux pré
sont ceux de ab, le pur, ah, celui qui entre (dans le temple), hon^ le serviteur ou le prophète, titre indifféremment porté par des hommes et par des femmes ; les prétresses portaient aussi les noms de khen, aide, et de suau, consacrée à la divinité. Il est aussi fait mention de chantres, hommes et femmes (hes). Les Sabou-n-per-aa, mages de la Grande Maison (pharao), paraissent avoir été les prêtres des temples particuliers du roi ; mais on ne les trouve mentionnés que plus tard. La charge de sem^ le conducteur, le chef des prêtres qui était attaché au service de Ptah, à Memphis, est très ancienne. Il portait, comme Ptah luimême, les cheveux comme un jeune homme, réunis en une boucle ou une tresse qui pendait d'un côté de la tête. C'était une des premières charges sacerdotales, qui fut souvent remplie par des personnes royales, quelquefois par le roi lui-même. Plus tard, les grands prêtres de Ptah rencontrèrent des rivaux dans a ceux qui ouvraient les portes du ciel à Apet », c'est-àdire les grands prêtres de Thèbe. Les principaux de ces prêtres, sinon tous, étaient nommés par le roi. Contrairement à une idée encore très répandue, il n'y eut rien en Egypte, du moins sous l'ancien empire, qui ressemblât à une caste sacerdotale, et ce ne fut qu'à l'époque de la décadence qu'on vit le développement des institutions tendre à l'immobilisation de quelques charges dans certaines familles. Plus d'une fois, il est vrai, dans les temps anciens, des fils succédèrent à leur père, des filles à leur mère, dans des emplois sacerdotaux importants, mais sans que ce fût, en aucune manière, en vertu d'une règle établie et d'un privilège de naissance. Les prêtres étaient de vrais fonctionnaires publics nommés par le roi, qui distribuait ordinairement les charges les plus élevées à ses parents, ses fils et ses filles, ses gendres, ses favoris. Tout Égyptien appartenant aux classes instruites pouvait être élevé à la prêtrise. En outre, le sacerdoce n'était nullement exclusif d'autres occupations et d'autres emplois. Mentionnons seulement, pour exemple, le célèbre Ti, qui vécut sous la sixième dynastie et dont le tombeau a livré une si riche moisson d'antiquités précieuses aux égyptologues. Allié par sa femme Néfer-Hoteps, prétresse d'Hathor et de Neith, à la famille royale, il était non-seulement dans les ordres sacrés : « président » ou plutôt « commandant des
saints prophètes», heb ou devin, «chef du secret des d paroles » et « du secret de la maison de prière », chef des < des et des lustrations ; en outre, prêtre particulier de Raet des formes d'Horos, mais encore dans les charges proi « un des familiers de la maison du roi », « gardien des du palais», «secrétaire particulier de son maître dans ses résidences » et « surintendant des travaux royaux conséquent grand architecte ; en sus, « conservateur d chives royales », « secrétaire pour tous les décrets du roi » vemeur de plusieurs places et peut-être, par-dessus le m grand veneur des chasses royales. Si quelques-uns de ces n'étaient pas purement honorifiques, Ti, assurément, n'a pai ses jours dans Toisiveté. On pourrait multiplier ces exemp
S'il existait une classe de savants ou lettrés {Kher-K chargés de la garde des écritures saintes ou des livres maj certainement elle ne constituait pas une caste rigoureus close. Il était loisible à chacun de choisir cette carrière doute, pour y prétendre, il fallait avoir Tinstruction re Mais il n'était nullement besoin d'être d'une famille s] ou d'appartenir à une caste fermée. On possède plusieure de scribes satisfaits de leur sort, et qui cherchent à per aux autres d'embrasser leur profession et de s'éloigner d( militaire. Par exemple le célèbre papyrus d'Anastasi I, < ne saurais prendre, avec son savant éditeur, pour V sérieuse et authentique du scribe dont il porte le nom dans lequel je ne puis voir, avec de Rougé et Brugsch, i fiction. Seulement ceux qui avaient une fois embrassé 1 trise, et pour. cette raison, en premier lieu les rois, de réaliser une pureté exceptionnelle. Elle exigeait que la té rasée, et elle était symbolisée par les blancs vêtements de 1 seuls que, avec la peau de panthère, les prêtres pussent dans l'exercice de leur charge. Ils devaient aussi s'abstei certains aliments, notamment de poisson et de fèves.
L'histoire d'Egypte commence à s'appuyer sur des moni contemporains des princes et des événements, à par règne de Snefrou et de ses deux successeurs Khoufou e
(1) L'ouvrag« hollandais en cite en effet plusieurs autres. (Tracl.;
fren), qui llrent construire les deux plus îérodote accuse ces deux princes d'impiété, 3 pour le prenvier surtout, fondateur de pieux, de la grande pyramide de Giseh, u temple de Dendérah, reconstruit sous les peut-être une première fois déjà réédifié pies d'Isis et d'Osiris, etc. Et pourtant, il est s la mort de ces deux princes une violente 5 leur mémoire. Nombre des monuments furent dévastés, leurs noms effacés dans s statues, œuvres d*art remarquables, qui îhefs-d'œuvre de la grande époque de la it été retrouvées brisées dans un puits, où, ivaient été précipitées avec intention. La érodote à cette impopularité posthume de Is rois de l'Egypte ne peut être acceptée a énoncée ; car ces deux princes ne furent . On ne saurait non plus y voir une malér mémoire, à cause des charges dont ils le pour satisfaire leur goût de bâtir. Les )as des démocrates, mettant au-dessus de masses ; ils ne trouvaient nullement mauestàt sa piété, ainsi que la grandeur et la ,par des monuments proportionnés à sa a et ses successeurs, bien que leurs pyramiïs, en ont bâti, ce qu'ils n'eussent pas osé îurs prédécesseurs avaient encouru leur im- 3tif. M. Max BUdinger me paraît avoir trouvé rtie de cette difficulté, en relevant Terreur mbé Hérodote, qui a confondu les pieux pyramides, avec les rois Hyksos, qui proies temples, et en établissant que le pâtre ont parle le même passage ne saurait être Jalatis. Toutefois, il n'explique pas les stalent, puisque le culte religieux des deux )mpu pendant plusieurs siècles, c'est assuaemis, peut-être aux Hyksos eux-mêmes, ibuer cet acte de vandalisme.
Snefrou avait transplanté au mont Sinaï le culte de die la haute Egypte, d'Hathor, de Thot et d'un certain Horos, à i qu'il ne faille voir dans ce dernier un Horos local, espi dieu stellaire adoré dans cette partie de l'Arabie. Il se lit r à lui-même les honneurs divins. Khafra alla plus loin. Le numents qu'il multiplia dans toutes les parties de TÉgy compris sa grande pyramide, sont consacrés aux dieux du osirien d'Héliopolis et à l'exaltation de sa propre persono sphinx colossal qu'il plaça devant sa pyramide représenti machis, le dieu visible du soleil, et le petit temple qui s entre les pattes du colosse est consacré au même dieu. Di voisinage il bâtit un temple à Osiris et à Isis. Il restaura e sacra à Hathor le grand temple de Dendérah, plus tard rel rétabli avec une scrupuleuse exactitude par les Ptolémé On ne connaît qu'un temple dont on puisse avec certitudi remonter l'origine à Khafra; mais il dépassa même so dans sa propre apothéose. Dans ses inscriptions, il prend 1 « d'Horos, seigneur du cœur (du monde ?) » ou « du cœur p du «bon Horos, le grand dieu ». Sa femme favorite étai tresse d'Horos, de Thot et, chose assez étrange pour une cesse, d'un certain taureau, Zasaph, qui semble avoir et tinct d'Apis. Un de ses fils fut prêtre de Thot et d'un des pies dédiés à son propre père, à Héliopolis. On ne trouve son règne, aucune trace du culte de Ptah, le dieu adoré à phis comme protecteur de l'Egypte septentrionale.
Les successeurs de Khafra, Ratoutef (Ratoïsès) et Mer
(1) Le sens de Tinscription publiée pour la première fois par Duemichen < lai : « La fondation de la grandeur de Dendérah, restauration monumentale par le roi de la haute et de la basse Egypte, le seigneur des deux pays (Ra-n per], fils du soleil, seigneur des diadèmes (Thout-mes), après qu'elle eut éU dans de vieux écrits du temps du roi (Khoufou] ». Les parenthèses représeï: écussons ou cartouches royaux. Duemichen, Bauurkunde von Dendérah^ p. autre inscription se rapportant & une restauration du même temple, par le ] de la sixième dynastie, semble en faire remonter la fondation & une date eue reculée. En voici la traduction ; « Trouvé Tacte de fondation de la grandeur
dérah dans un écrit non signé, sur la peau d'un du temps des adorateu
ros. n a été trouvé dans Tintérieur d*un mur en briques de la maison méridi temps du roi (Ra meri), fils du soleil (Pepi). » Même ouvrage, p. 19. Les ad d'Horos étant placés avant Menés (Duemichen traduit les successeurs d'Hor fait suivre cette traduction d*un signe d'interrogation), M. de Rougé suppôt temple existait déjà dans les temps préhistoriques.
le culte de Ptah, sans abanîme qu'avec le temps ce fut ) pâlir devant la popularité l'au règne du grand Merira ) replaça au premier rang, ie se distingua particulière- )numents pieux. Les temples les parties de TÉgypte. Quelles et des plus anciens, furent ruits, jusqu'à la chute définiicription trouvée à Dendérah itions on avait soin de suivre . D'ailleurs un type consacré édifices. Ils frappaient plutôt que par la grâce et l'élégance, en était sévère, la lumière y ils répondaient parfaitement )n qui y était pratiquée, et 3 durée, d'éternité et du mys-
ée d'une superficie immense
nues de sphinx, conduisant à
'ait entre deux hauts et mas-
les de portiques couverts, or-
de pierre dorées en rapport
ours et les portiques étaient
s rois ; une pièce d'eau était
>mime des combats des dieux ;
ces au sanctuaire, entouré de
l'ents usages. Partout, sur les
es inscriptions, des hiérogly-
symboliques. Dans le sanc-
décorée des attributs de la
Elle renfermait l'idole que
t à demi fermée d'un rideau,
es ou monstres ailés, rappe-
lliance d'Israël. A l'occasion
tée sur la barque sacrée hors
du sauctuaire par un groupe de prêtres, précédée et s du cortège des dieux, chacun avec ses attributs. Ains 1" du mois de Pachon, on célébrait une grande fête à E la ville consacrée à Horos dans sa forme de dieu di que du soleil ailé. A cette occasion, Hathor de Dendérah > à Edfou dans sa barque sacrée, Neb-meri-t, ou Peset-to-ti (h tresse de l'amour, ou la lumière du monde). Horos allait s propre barque à la rencontre de la déesse. Hathor passait ques jours dans la ville d'Horos, où de grandes fêles étaie lébrées en l'honneur des deux divinités.
11 semble que chaque Égyptien ait eu sa propre chapel il accomplissait ses dévotions. Quant aux temples, les prêt les princes avaient seuls le droit d'y pénétrer; le peuple n accès que dans les parvis extérieurs. Les murailles étaient a parlantes, recouvertes qu'elles étaient de toutes parts de p res et d'hiéroglyphes. Le toutétait établi avec le plus grand
L'avènement de la sixième dynastie inaugura une noi révolution religieuse. Ce fut encore le culte d'Osiris qui l'ascendant qu'il avait perdu après le règne de Khafra. dynastie est communément regardée comme apparten Memphis, et il est probable qu'elle résida et régna dans ville ; mais bien des indices doivent faire rattacher son o à Thinis, et elle fut animée d'une grande ferveur pour 1 gion et les dieux d'Abydos. Pepi Merira, le plus grand ] qui Tait illustrée, ne commit pas la faute de supprimer le de Ptah, mais il fut un zélé adorateur des divinités osirie et son influence personnelle, celle de son beau-père et belle-mère, — son épouse, par laquelle sans doute il s'éle trône, n'étant pas lui-même du sang royal, fut néanmoins délaissée et dut soiifTrir la présence d'une favorite qui lu préférée, — rallièrent à ce culte tous les courtisans. 11 remarquer que les princesses du sang royal exerçaient enc charge de prêtresses d'Hathor, mais ne joignaient plus sacerdoce celui de Neith, la déesse du nord.
Ainsi le fait caractéristique de cette période fut la pr dérance du sud et de sa religion. Peut-être, sous les succès de Pepi, y eut-il une réaction en sens contraire. Du mo nom d'Imhotep donné à son fils, nom qui se rattache au eu
a reine Nit-aker-t, Neith la sage, semblent indià la religion de Memphis. Ce qui est certain, c'est >siris et celui de Ra, de plus en plus fondus en on, acquirent, malgré des éclipses4emporaires et >sager de nouvelles formes religieuses, un ascenplus général, qu'à chaque retour de faveur ils s avant, plus profondément dans la conscience du îssèrent de tendre à la prépondérance définitive, t enfin. C'est là un fait dont témoigne l'histoire t entière.
présenté sous une forme très sommaire le tableau e l'ancien empire. Il ressort néanmoins de ce que qu'Osiriset Ptah, tantôt distincts, tantôt confonprincipaux dieux de cette époque. Le culte d'Hoirler plus exactement, celui des différents dieux B titre commun d'Hor ou Har, en d'autres tervisibles de la lumière et du soleil, fut vraiplus ancien que le leur. Ces derniers ne furent >ar d'autres dieux ; car on continua de les adorer; ieux furent élevés à un rang supérieur au leur, à K de la lumière cachée et du feu dans son action f^stérieuse. Ce fait atteste un certain développe- : l'adoration s'élève du visible à l'invisible, de us les sens à la puissance supérieure, cause des
observer que, dans les tombeaux de cette époas toujours Osiris, comme cela a lieu dans les s, mais souvent Anubis qui est représenté comme 5 protecteur des morts. Et cela est très naturel, it pas encore le dieu avec lequel était identifié I roi seul était Osiris après sa mort. On ne trouve > les chapelles funéraires les représentations de , si fréquentes plus tard, et les sujets religieux ivec une extrême sobriété. Les titres donnés aux a, pour la plupart, religieux, mais la théologie simple. Il ressort de là que, bien que la religion particuliers fût riche et profonde, la puissance t encore très restreinte.