U RELIGION SOUS LE NOUVEL EMPIRE
Le nouvel empire est séparé du moyen par Pépoquf domination des Hyksos, ou Pasteurs, domination qui p( siècles sur TÉgypte sans qu'il soit possible d'en déte exactement la durée. Des hordes de nomades barbares, c ignore au juste Torigine et la race, bien que sous Tait profonde que les historiens grecs ont, suivant leur ha fait subir aux noms de ces conquérants, il ne soit peut-è impossible de remonter à des noms au caractère sém envahirent la vallée du Nil. Elles furent vraisemblab refoulées vers l'Afrique par quelque grand déplaceme populations dans l'Asie centrale et occidentale, s'empare la basse Egypte et soumirent tout le pays au tribut portèrent d'abord partout la dévastation et la ruin< subirent graduellement l'ascendant de la civilisation du vaincu, relevèrent, restaurèrent les monuments et les t qu'elles avaient renversés ou saccagés, et y replacée statues des anciens rois sur lesquelles s'étalèrent les n les cartouches des princes étrangers. La résidence de leu fut, en général, Memphis ; plus tard, lorsque les rois de ébranlèrent et firent reculer leur domination, Tanis. Nous: vons rien dire de la religion des Hyksos. Vers la fin seulen leur puissance, l'histoire constate qu'ils avaient adopté, i civilisation et les arts de l'Egypte, une partie de son cul
Is construisirent, surtout à Tanis, témoignent, connaisseurs, d'un art plus avancé que celui a môme époque à Thèbe, où régnaient des , tributaires des envahisseurs. Apepi (Apophis) is hyksos, contemporain de Raskenen Ta P', ge de son gouvernement à Avaris (Péluse, en i égyptien Zar ou T'ar). Cependant, il était îsion d'Héliopolis et percevait le tribut sur Il avait adopté le culte de Soutech, Set, et ne m d'aucune autre divinité dans ses états. Il l'honneur de son dieu, un temple magnifique, gue avenue de sphinx. On a, en effet, retrouvé ment de cette ville des ruines et des sphinx tion, mais présentant un caractère étranger, fptien. Set était, nous le savons, l'antique sse Egypte. Soutech est son nom altéré par
suffixe quelquefois usité en égyptien, très pien. Cette forme était sans doute plus facile le nom primitif pour les envahisseurs, et se iblement davantage du nom de leur dieu m Sydyk, divinité que nous retrouverons plus ;t en Canaan.
plus. Il proposa à Raskenen Ta P', roi de 3 l'adoration d'Amoun-ra à celle de Set, et de X religions réunies la religion officielle et l'Egypte. Ces ouvertures, qui attestent de la mtiment de l'affaiblissement de son pouvoir, it sans doute une tentative de compromis pour issance chancelante, furent repoussées avec rince thébain. En effet, avec leur rudesse ivahisseurs avaient perdu leur supériorité traire, les populations égyptiennes reprenaient r force, et la dynastie des Ta's ou Raskenen ix) se préparait à poursuivre contre eux une cation sans merci. ...
. essentiellement le caractère d'une guerre .de fut pas, à proprement parler, la lutte des : races différentes, puisque les rois.pasteurs
avaient adopté un culte égyptien : ce fut la lutte de c principes religieux : le polythéisme riche et varié des fll Cham, et la religion simple et sévère des nomades, fils de î la lutte des temps antiques entre le laboureur Gaïn et le i Abel, lutte qui se renouvellera plus tard sur le sol égyp pour aboutir encore au même résultat.
Après l'expulsion des Hyksos, le culte de Set ne fut suppi ni à Tanis, son centre primitif, ni dans le reste de l'Égy sous le règne de Ramsès II, 400 ans après cet évènemen gouverneur de Zar (Avaris), nommé Seti, était encore « prop de Soutech et chef des prophètes de tous les dieux », pn manifeste que Set n'était pas une divinité étrangère, mai dieu égyptien, adopté et modifié par les barbares.
La conquête de son indépendance fut pour TÉgypte le i de départ d'une période de grande activité et d'une gn prospérité, fait souvent constaté et répondant à une loi cerl de rhistoire. Tout effort énergique d'un peuple pour attei un but important développe ses forces, réveille et exerce facultés, et une fois le but atteint, ces forces et ces faci cherchent et trouvent d'autres objets. Aussi la guerre d'indé dance fut-elle suivie de l'époque la plus brillante de l'his de l'Egypte, dont l'éclat se manifeste déjà sous la dix-huiti dynastie. Un peu affaibli par les troubles des derniers règn( cette dynastie, il se raviva et atteignit sa plus grande splen sous la dix-neuvième, et fut encore majestueux et fécond à déclin, sous la vingtième. L'industrie et le commerce pr un grand essor. Pour la première fois les Égyptien risquèrent sur la mer, que les préjugés religieux fais; regarder comme impure. Les flottes dirigées sur les côte l'Arabie en rapportaient de riches cargaisons. Sans doute Phéniciens eurent une large part dans la création ( développement de cette marine, mais les équipages durent en grande partie composés d'Égyptiens. Des princes belliq étendirent la puissance de l'Egypte jusqu'au cœur de 1'. L'art se réveilla de son long sommeil et, moins grandiose dans la période précédente, produisit cependant les plus t et les plus nobles œuvres. La science, la littérature, la pi eurent une riche floraison. La religion ne resta pas en ar
, sans abandonner absolument le point iens âges, sans répudier les conceptions jn sut mettre déplus en plus au premier •e de la divinité, comme être invisible ïnter dans des formes multiples, ne )m, le Dieu imique et absolu.
LS lesquelles le nouvel empire parvint issance et de prospérité, étaient théde rÉgypte, à cette époque, fut donc le dieu de Thèbe. C'est toujours le empire nous avons ,vu révérer sous 3 dieu de la fécondité. Nous le trous les mômes noms, représenté avec les serve aussi son caractère primitif de nt il tend à revêtir une signification de la nature, par exemple dans cette se retire dans sa prunelle, âme qui » Amoun fut aussi, à cette époque, me : « Le mystère des mystères caché
Le rapprochement d'Amoun et de Ra mer au premier le nom du second, et uelquefois Amoun-ra-harmachou. S'il primer par là le caractère solaire d'Aéonasme, car, nous l'avons constaté, Q dieu solaire. Mais il s'agissait d'ac- B insondable de la divinité. Son nom rmation. Amoun fut donc considéré ble (amen, caché) dont Amoun lui- , aussi bien que le disque solaire. A ce ce suprême aux formes mystérieuses », le-même sa force redoutée». On alla c l'esprit plus spirituel que les dieux, le a été formé à l'origine, l'unique sans au commencement créateur des exislieux et les. hommes ».
tte exaltation d'Amoun-ra, en vertu s les dieux plus anciens de TÉgypte et
réunit en lui tout ce que TÉgyptien avait personnifié de deur et de gloire dans ses dieux différents. On se souvier nous avons déjà signalé dans le chapitre précédent T» parenté des trois principaux dieux de la Thébaïde, Ame Thèbe, Mount d'Hermonthis et Chem de Koptos. Eh bie trois dieux représentaient précisément les trois espèces de supérieurs qui étaient adorés en différents endroits de TÉj au point de vue mythologique le dieu du feu ou du vent, du soleil visible ou vivant, et celui du soleil invisible ou au point de vue théologique le créateur agissant et déro vue des hommes dans la sphère la plus élevée du ciel, se Testant dans l'atmosphère, et caché dans le sein de la te dans le monde souterrain. A la première catégorie app d'une manière toute spéciale, outre Shou d'Héliopolis, et d'î Chnoum. Or Amoun, le dieu de la ville' de Thèbe, dont h doit avoir originellement signifié « celui qui féconde » ét( souvent représenté sous la forme propre de Chnoum, c'est avec la tête de bélier symbole de Tâme du monde, quelc même avec quatre têtes de bélier, figurant la quatemi esprits du ciel, de Tair, de la terre et du monde souti c'est-à-dire de la lumière, du vent, du feu et du Nil, ayani une signification complètement identique à celle qui étaii buée à Chnoum de Mondes, dans la basse Egypte. Ce n'es pas d'une manière accidentelle qu'Amoun-ra revêt la forme que Chnoum, mais il n'y a pas le moindre doute q conçu comme l'âme créatrice du monde. Non seulement dit de lui comme de Shou, que les vents sortent de sa b soufflent de ses narines, mais encore, dans le Livre de fles de la vie (S/iai an Sinsin), qu'on déposait dans lei beaux des prêtres et des prêtresses d' Amoun, il donne ( Shou le souffle de la vie aux morts, et l'âme vit en lui ( le corps en Osiris. Et dans une peinture de Kamak ( on voit Osiris sur le brancard funèbre, non plus comn momie, mais comme un jeune homme, par conséqui moment où il va reprendre la vie, et au-dessus de lui Amoun-generator, sous la forme d'un oiseau, symbole on de l'âme et de la vie nouvelle. L'inscription qui accon cette peinture est conçue en ces termes : « Amoun-ra
vénérable d'Osiris, repose sur son corps dans le lieu de la résurrection » (1).
Le principal représentant des dieux de la deuxième catégorie est Ra-harmachis d'Héliopolis. Mount d'Hermonthis, dieu solaire et guerrier, ne diffère pas en réalité de lui. Or, Ra fut réuni à Amoun, sous le nom d'Amoun-ra, et même ce dernier fut appelé « Seigneur d'An (Héliopolis) » et il est fait mention de son apparition vénérable dans la maison Benben (un endroit mystique, localisé dans un sanctuaire d'Héliopolis). A ce titre, Amoun-ra porte la tête d'épervier comme Ra-harmachis. Les principaux dieux de la troisième catégorie sont surtout Atoum ou Toum et Osiris, et nous trouvons Amoun-ra identifié avec tous deux, ce à quoi sa forme comme Chem, dieu caché de même qu'Osiris, a donné lieu. Les dieux cachés ont en général une tête humaine, symbole avec lequel est aussi représenté Amoun-ra.
On aurait tort de voir là un amalgame sans règle ni principe de dieux, comme il s*en produit quelquefois aux époques de transition. Ce fut un système arrêté, fruit d'une sérieuse et profonde spéculation, qui a aussi trouvé son expression dans le culte. Nous ne voyons en effet qu'une seule barque représentée pour chacun des autres dieux ; Amoun-ra en a trois, très distinctes Tune de l'autre : la plus grande, celle de l'âme mystérieuse, est ornée de têtes de bélier, la deuxième, celle du dieu manifesté, de têtes d'épervier, la troisième, celle du dieu caché dans le monde souterrain, de têtes humaines.
L' Amoun-ra du nouvel empire est, à proprement parler, le dieu très haut et invisible qui se manifeste dans le soleil et, comme tel, la conception la plus pure de la divinité à laquelle se soit élevé le génie religieux de l'Egypte. Cependant ce génie ne possédait pas les aptitudes nécessaires pour séparer cette conception supérieure du naturisme antérieur. C'était aux Hébreux qu'il était réservé de réaliser ce dernier progrès. Tous les
(1) n est vrai que la tête de bélier d* Amoun porte toujours des cornes d*une autre forme que celle de Chnoum, comme Ta fait remarquer Lepsius {Zeitschrift 1877, p. 8 et 11) ; mais cela prouve seulement que sa tète de bélier n*est pas un emprunt fait à Chnoum, mais que ce symbole lui appartenait en propre dès Torigine. Le sens primitif du symbole et, par conséquent, la signification originelle des deux divinités ne sauraient donc pas faire doute.
éléments du monothéisme étaient en germe dans la religion des Egyptiens, mais ils n'y parvinrent jamais à leur complet développement. Au contraire, on conserva avec un soin jaloux toutes les parties mythologiques, toutes les formes consacrées par la piété des siècles. Ce double caractère se manifeste dans les monuments de cette époque, lesquels, à côté de conceptions purement mythologiques, nous en offrent d'autres qui ne seraient pas déplacées dans les plus beaux psaumes d'Israël. Ainsi dans le poème du scribe Pentaoura, qui célèbre la victoire de Ramsés II sur lesChétas : « N'es-tu pas mon père, ô Amoun? et voici, un père oubliera- t-il ses enfants? Est-ce que je me suis confié en ma propre pensée ? Ne me suis-je pas conduit par la parole de ta bouche ? N'est-ce pas ta parole qui a présidé à mes entreprises, et tes conseils qui m'ont dirigé ? Amoun abaissera ceux qui ne connaissent pas dieu. » Et lorsque le prince se trouve abandonné de tous, au milieu de ses ennemis, il s'écrie : « Amoun me vaut mieux qu'un millier de soldats. Les embûches des hommes ne sont rien, Amoun en triomphera. » Des expressions toutes semblables de piété se retrouvent dans l'histoire et les monuments d'autres rois de la même dynastie ; ce qui n'empêchait pas qu'on invoquât en même temps les autres divinités, Ra, Toum, Harmachis, Mountle divin épervier, et même Baal.
Une autre preuve qu' Amoun, malgré le caractère élevé qu'on lui attribua, ne se dégagea jamais complètement des conceptions naturistes primitives, c'est qu'on continua à lui adjoindre des déesses comme épouses. Et, comme nous avons vu Amoun réunir en lui même les plus grands dieux, nous trouvons aussi, adjointes à lui, quelques-unes des plus grandes déesses. Il en est surtout mentionné trois à Thèbe, lesquelles, il est vrai, ne sont à proprement parler qu'une seule et même divinité, présentée sous des aspects divers, la déesse mère sous trois formes répondant aux trois formes d' Amoun, que nous venons d'exposer. Au créateur suprême sous la forme de Ghnoum, l'Amoun par excellence, le vieux dieu de la ville de Thèbe, répond Amount, nom qui n'est autre que le féminin d'Amoun ; au dieu visible du soleil, Amoun-ra, la déesse de Thèbe, Mat ou Moût, la « mère », quelquefois unie à Neith de Sais sous
it-Net, et le plus ordinairement, l'Hathor de la reine de Thèbe, « l'amie de celui qui est nommé mystérieux » ; au dieu caché du soleil, dans le Tain, une forme dlsis, la déesse du ciel nocturne, ous la fonne repoussante de la femelle d'un hippole, et appelée à Thèbe Apé. Mais dans le culte, la me, le type de la mère royale, la princesse qui Egypte son roi futur, occupait la place la plus
lus fausse qu'on puisse se faire de la religion de ait de se la représenter comme stationnaire et ; des conceptions immuables. Mais le progrès s'y la superposition au vieux fond, d'idées nouvelles , sans que jamais on sacrifiât la moindre parcelle ; du passé.
'Amoun et de Moût était complétée par le fils qu'on it, Chonsou, dans lequel le caractère naturiste est ié, qu'on a douté longtemps s'il fut originellement aire ou solaire. A présent, le doute n'est plus tait un dieu lunaire. Son père Amoun-ra avait ous les dieux solaires ; il ne resta pour le fils que
I de la lune. Et en réalité, il porte sur la tête le :e et, comme Thot, il a à la main la branche de bole du temps et de l'éternité. Un temple était lèbe à Chonsou-Thot, et ce n'est que comme dieu il peut avoir porté le nom de mesureur du temps
II porte en outre les attributs de la royauté, ;, qui est aussi représenté parfois comme un dieu fait qu'on le trouve représenté avec une tête îst pas une preuve suffisante qu'il ait également olaire, car des dieux de -caractère très différent aboie en commun. Il est bien le révélateur de la eu caché de la nuit, et on lui attribuait une très nce, on recherchait ses oracles, lui même veillait [le ses ordres. Un de ses surnoms est Pa-ar-secher, it ce qui lui plaît », et on lit dans le temple de ; : « Ce qui sort de sa bouche s'accomplit, et s'il
a ordonné arrive. » On cherchait auprès de lui la
guérison de toutes les maladies, ou Texorcisnie de mauvais esprits qui les causent.
La demande adressée à Ramsès III par un de ses gen roi de Bouchten en Asie, de lui envoyer la statue de C pour guérir sa fille d'une maladie contre laquelle les les prêtres du pays étaient impuissants, montre quelle réputation sous ce rapport. Représenté sous la fore momie, il est appelé Ghonsou le bon repos (Nefersurnom qui indique à Torigine un dieu régnant sur les i morts ou les ombres, comme la lune règne sur les étoi] qui plus tard reçut une signification politique. Du moi la vingtième dynastie, en le nommant Nefer-hotep, or au repos du pays, et on regardait Ghonsou comme Ter plus puissant et le destructeur des rebelles.
Il est souvent fait mention de lui, et il était déj sous la dix-huitième dynastie, mais il ne parvint au p point de sa puissance comme seigneur de la Thébaïde c Ramsès III, qui lui éleva un temple particulier où il éti sous ses trois formes principales. Ce fut alors aussi qi nommée se répandit au dehors.
Amoun-ra fut pendant toute cette période le dieu prii TÉgypte, non seulement parce qu'en tant que dieu pa de la famille royale, il recevait les plus grands bonnet encore parce que lui-même était l'expression la plus c de la divinité, dieu réunissant dans sa personne les attr plusieurs dieux principaux ; par contre-coup, tous lei dieux furent plus ou moins transformés à son image. La t de la spéculation théologique était alors de confondre ei tifier l'un avec l'autre les dieux principaux, qui n'appî que comme les manifestations particulières d'un princii suprême et unique, tandis que les divinités secondaires dent au rang de serviteurs (ministres, anges), ou de dans lesquelles le principe divin invisible se révèle et ; (théophanies). Le nom de ra est adjoint à ceux de t( autres divinités locales, aussi bien que d'Amoun, et figurer dans les prières Chnoum-ra, Ptah-ra, Sébak-ra, ( Mount-ra. Les dieux, comme amollis dans leurs antiquei des symboles par le souffle brûlant de l'esprit nouveau,
quelque sorte les uns dans les autres, ils mset leurs attributs. La religion de l'Egypte, aable, se transforme profondément, obéissant iable progrès. Et ce mouvement fut parfaiteréfléchi : il fut l'œuvre des prêtres. C'est un s éminents que les égyptologues aient rendu ioutons-le, à la conscience religieuse, que lit et indirectement réfuté l'opinion accréents les plus purs de cette antique religion res traces d'une révélation primitive, subies superstitions populaires et des spécula-
En outre, ce progrès, sorti de l'initiative pas dérobé avec un soin jaloux ou timoré, èles : il ne constitua pas un enseignement
s'étala aux yeux de tous dans les inscrip-
dans des livres que chacun pouvait acheter
se de la persistance des anciennes formes, vellement des idées, fut peut-être la politi- , à l'exception des Chinois, n'a été aussi Adèle ïs Égyptiens. Dans chaque ville, dans chaque des dieux et les formes du culte étaient aurait les temples, ou on les reconstruisait mais on aurait eu garde de les consacrer e ceux qui y avaient toujours été adorés. Les peine de compromettre leur autorité, respecmtal du caractère national. Mais, tout en îtuaires existants, en maintenant les vieux t la plus grande tolérance pour les formes ) et en laissant chaque localité et chaque tioisir les dieux et le culte qui leur convevec l'aide du sacerdoce, à la tête duquel ils erver une unité de fond qui semblait inconiversité de formes. Les sectateurs de chaque 3ujours aussi tolérants, souvent ils se mépriit et mutuellement décriaient les dieux les is les princes sages maintenaient la paix districts, précisément par la pleine liberté
qu'ils laissaient à chacun sur son domaine et par la proted qu'ils accordaient à chaque culte local.
La politique des rois du nouvel empire fut une politique quilibre et d'égalité de droits pour toutes les parties de monarchie, et cette politique trouva son expression dans la c duite religieuse des princes. Ra, le dieu d'Héliopolis, ou pli le dieu national de toute TÉgypte, Amoun, le dieu de Thèb^ de la famille royale, Ptah, le dieu vénérable de l'ancienne c taie, Memphis, quelquefois Set ou Soutech, le dieu de la bi Egypte, dont le culte avait été restauré par Apepî, furent ce tamment réunis dans une même adoration. Si leurs anc sanctuaires demeurèrent le centre du culte spécial de cha d'eux, il leur fut éleyé des temples dans les diverses provin jusqu'en Nubie, et même en Syrie, où Ramsès II consacra victoires par des monuments sur lesquels se trouvent accoléi noms des trois premières de ces divinités. Les rois avaient i également de rappeler les noms des quatre dieux principau des divinités secondaires, ou des formes particulières sous quelles ils étaient adorés, dans les noms donnés aux prince aux princesses de la famille royale. Thèbe, la capitale de 1' pire, devint comme un vaste panthéon de l'Egypte.
Aménophis P^ Thoutmès P' et II inaugurèrent cette politi( érigée, en quelque sorte, en système par Thoutmès IIL Thoutmès IV fut animé d'une grande dévotion pour Ra-har chis, et lui voua personnellement un culte presque exclusil ne persécuta pas les autres cultes. Son successeur Aménophii revint à l'éclectisme ou au syncrétisme consacré par les p sants et glorieux fondateurs de la puissance égyptienne à c époque.
Il était réservé à Aménophis IV de rompre avec cette ha politique et de montrer par son exemple les dangers de l'ex sisme religieux en Egypte. Ce fut une véritable révolution i gieuse que poursuivit Aménophis : il entreprit de substituer culte d'Amoun-ra celui d'Aten, le disque solaire.
Il n'est pas possible de déterminer avec certitude ce qui ] voqua cette révolution religieuse. Aten fut-il un dieu étrat introduit en Egypte ? On l'a supposé et, d'après la ressembla des noms, on a voulu l'identiQer avec l'Adonis des Phénicie
trouver la confinnàtion de cette hypothèse dans ne de la reine Misaphris, ou Hatasou, sœur de [ui régna quelques années avant Aménophis IV . e envoya une expédition de commerce au pays uns, et les ambassadeurs de ce peuple, amenés en vaisseaux égyptiens, affirmèrent que, de même adoraient Hathor, qui est Aten. Est-ce qu'on irunté le culte de cette divinité ? Mariette a aussi )n sur les noms de la mère et de la grand'mère r, Taya, fille de Yuaa et Tuaa, qui certainement noms égyptiens, et, selon lui, appartiendraient Qitiques. Mais remarquons d'abord qu'Aten est lie, que son nom est dérivé d'une racine purene, et que nous en retrouvons la mention en sous le règne des Ptolémées. Ensuite Adonis ément le dieu du disque solaire, et enfin les Luse de l'analogie des noms, on a jusqu'à présent les Pœni (Puniens), ou Phéniciens, étaient un ifricaine.
fait que la mère d'Aménophis IV, fervente adoa, ainsi que l'attestent les monuments, n'était ^ptienne, mais qu'elle avait vraisemblablement i dans les veines, et que les principaux servihis IV rendent témoignage dans les inscriptions tux, qui étaient déjà construits de leur vivant, 3LUX croyances, au culte et à la « piété traditionle reine», ce fait légitime la supposition que, gne, des tentatives eurent lieu, et peut-être de lie de sa famille, pour changer la religion jus-
soit, Aménophis se consacra exclusivement au Ite d'Aten, envisagé comme un dieu mâle. Il de Ra avant son avènement au trône. Fut-ce Ra iiposer l'adoration exclusive sous le nom d'Aten, \l du soleil ? Je ne saurais le dire. Mais, à coup éda pas par demi - mesures ; nous dirions, si s passer cette expression, qu'il n'y alla pas par
Il interdit partout le culte des anciens dieux.
surtout celui d'Âmoun, n'épargna que Ba et Osiris, fit effacer dans les inscriptions les noms et renverser les monuments de tous les autres. En haine d'Amoun, il changea son propre nom (Âmen hotep) en celui de Ghou-n-aten (splendeur du disque solaire) et ajouta à celui de la reine, Nefert-youti, le nom de Nefrouaten. Il fit gratter sur les écussons royaux tous les noms qui rappelaient le culte d'Amoun, quitta, comme impure, Thèbe, la ville d'Amoun, et se fit construire une nouvelle résidence dans TÉgypte moyenne, non loin de Tell-el-amarna. Les ruines de cette cité royale ont été découvertes ; elle dut être très étendue et magnifique. On y a retrouvé les traces d'un temple du soleil qu'Aménophis y éleva et, dans le voisinage, les tombeaux de plusieurs hauts dignitaires, tous, à en juger par les inscriptions, fervents adorateurs du « disque vivant du soleil ». Us eussent sans doute montré autant de dévotion à Amoun, si le roi n'avait pas abjuré son culte. La platitude de la posture dans laquelle on les voit prosternés devant le roi dépasse, ce qui n'est pas peu dire, tout ce que les mœurs des cours égyptiennes nous offrent d'exemples de servilité. Ils sont laids, d'une laideur repoussante, comme sa Majesté elle-même, avec son gros ventre et sa ligure idiote. Et il ne faut pas attribuer cette laideur à la décadence de l'art, à l'impéritie des artistes ; elle est de pure adulation : c'est une flatterie des courtisans, qui ne se seraient pas permis de se faire représenter plus beaux que leur maître.
Rien, en effet, ne contraste davantage avec ces hideux magots que la noble poésie qui célèbre la grandeur du dieu. Aten-ra est représenté comme le disque solaire à Fureiis entouré de trois ellipses, et duquel partent des rayons Unissant en mains ; une de ces mains touche la main droite du roi , une autre porte à sa bouche le symbole de la vie.
Le culte consistait surtout en chants d'une grande élévation et d'une grande beauté, qu'on était loin de s'attendre à rencontrer dans une pareille cour.
Il reste encore bien des points à éclaircir dans ce singulier mouvement religieux, et il est à espérer que des études ultérieures en détermineront plus complètement le caractère. Autant que nous en pouvons juger, il eut pour but l'établissement d'un certain monothéisme, mais d'un monothéisme si étroit, l'adora-
tion exclusive d'ua seul dieu si inférieur aux grands dieux de rÉgypte, que nous préférons de beaucoup le riche polythéisme traditionnel: du pays du Nil, polythéisme qui, ainsi que nous Tavons vu, ne manque pas d'unité. Il ne survécut, d'ailleurs^ pas longtemps à son promoteur. Les successeurs immédiats d'Aménophis IV rendirent de nouveau leurs hommages à Amoun. Une réaction violente éclata bientôt contre sa personne et son œuvre ; elle triompha avec Horemheb (Horos), qui s'empara du trône trois règnes après celui du réformateur, et paraît avoir été du sang royal le plus pur. Les monuments élevés à Thèbe par Chounaten furent détruits, sa capitale dans l'Egypte moyenne rasée. Des débris de ses monuments on fit des dallages, et ce fut littéralement que son hérésie fut foulée aux pieds (l). Le culte des trois principaux dieux de Thèbe, déjà rétabli après sa mort, fut pratiqué avec une ferveur extrême par Horemheb. Celui-ci honora aussi Thot, le dieu des lettrés, auxquels il devait son élévation, et se fit représenter, selon l'antique usage, entre Set et Horos, les dieux protecteurs du nord et du sud de l'Egypte. Cependant, on trouve encore sous son règne des traces du culte d'Aten-ra.
A ce prince succéda le premier des Ramsès, lesquels, d'après leurs noms et leurs préférences religieuses, paraissent avoir été originaires du nord. Ramsès I" ne régna que peu de temps et eut pour successeur son gendre, Seti I" (Ramaa-men Mérenptah Seti), dont le nom rappelant exclusivement les dieux du nord, Ra, Ptah et Set, fait supposer qu'il était aussi de la basse Egypte. Aussi, pour affermir son autorité, jugea-t-il prudent, dès la naissance de son fils Ramsès, de l'associer au trône. Par
(1) Cela ressort des communications de sir Charles Nicholson, On the diskworshippers of MemphU^ dans les Transactions ofthe R, Society of Literature II* série, toI. IX, part. II, p. 197 et ss. Jusqu'à présent, on n'avait pas encore trouvé de monuments du réformateur aussi au nord. Ils établissent que son autorité s*étendit sur tout Tempire des Pharaons. Nicholson conclut de la circonstance que Tadoration du disque solaire divinisé se montre déjà sous Aménophis IV, et que Seti I«r est également représenté sous cet emblème à Tel-Hammamàt, que Thostilité dont Chounaten fut Tobjet eut un caractère plutôt dynastique que théologique. Ces preuves ne me paraissent pas suffisantes. J'ai appelé l'attention sur le culte d'Aten sous le règne de Horemheb. Mais autre chose est adorer Aten, autre chose vouloir faire de son culte la seule religion régnante. Cet exclusisme fut certainement la seule raison de la persécution déchaînée plus tard contre la religion de Chounaten.
sa mère, le jeune prince était, en eiTet, du sang royal, a qui paraît avoir manqué à Seti. Ce dernier suivit politique de Thoutmès III, et s'il appartenait, comm( supposé, à la race des Hyksos, il faut avouer qu'il fit qu'il lui était possible pour racheter, aux yeux des Ég cette origine suspecte. Il déploya le plus grand zèle culte d'Amoun, dont il enrichit le temple, à Karnak, < salle de 164 pieds de profondeur, sur 320 de largeur, i sur 134 puissantes colonnes, dont le caractère majestu au-dessus de toute description. Le temple sépulcral él lui à la mémoire de son prédé.cesseur dans un autre que Thèbe (à Qourna) était aussi dédié à Amoun. Il paya m< tribut habituel d'hommages à Amoun dans le temple qu'il restaura à Abydos. Mais ses inscriptions témoigne confusion qui régnait à cette époque entre les différent Le bas-relief le représente adorant le collier (usech) de i Amoun, mais après le titre, dans le corps de Finscri n'est plus question de ce dieu. Cette inscription n'est sai que la reproduction d'un texte d'origine héliopolitainc devoirs des rois. « Sois-moi favorable, dieu Toum ! i favorable, dieu Ra ! Créateur qui te réjouis lorsque le i montes dans le ciel et verses tes rayons sur les obélisc ornent le temple d'Oer-to à Héliopolis ! »
La reconstruction du temple d'Abydos atteste une rest du culte d'Osiris ; mais ce ne fut pas une restauration simple : la divinité à laquelle était consacré le nouvei tuaire n'était pas, à proprement parler, l'Osiris des temps, mais une triade ou synchrèse de Ptah-Sokar-Osi; divinités qui, pour rapprochées qu'elles aient été dans précédents, avaient cependant chacune son existence d et paraissent ici se confondre dans une seule conception était aussi adoré dans ce temple, et il y est égalera mention, en outre, du dieu du monde souterrain sous i triple et une, « du cercle des dieux qui sont réunis dans ce sanctuaire, » — lequel se partageait en grai petit cercle des dieux du nord et du sud, — et en partie dieu du soleil, Harmachou. Ce temple était comme imi de panthéon, de même que le temple d' Amoun à Th
reuses offrandes y étaient présentées et dans les criptions on retrouve chez les Égyptiens des idée qu'on rencontre chez plusieurs peuples de lites et aryens, que les sacrifices offerts aux i leur nourriture et entretiennent leur vie. Un ique de ce renouveau du culte d'Osiris, c'est qu'à ■neuvième dynastie on se reprend à attacher un re inhumé dans le voisinage d'Abydos, dans la •etrouvait la topographie consacrée du royaume 3n voyait dans de telles sépultures un gage
A.moun était introduit à Abydos, Ptah, Osiris et contre, leurs temples à Thèbe, la ville d'Amoun.
un temple à Sechet à Béni Hassan, dans l'Egypte i, il ne négligea aucune des principales formes )rincipaux dieux de la religion nationale. Vers es dieux positivement étrangers commencèrent irés, par exemple Ken, Astarté, Anata, Kedesch, : cananéens et syriens qui eurent leurs temples et LUS la vallée du Nil, et dont les représentations les notablement différents de celui des dieux tiens.
ériamoun, aimé d'Amoun, est le célèbre Sésostris 3mpruntèrent ce nom à un de ses surnoms. Il fut, 'avons vu, associé dès sa naissance au trône par rès la mort de ce dernier, il régna dans le même ^ous ne nous occuperons ici ni de ses grandes itaires, ni de ses conquêtes. Mérita-t-il vraiment d, que lui ont décerné les historiens grecs? Il fit grandes choses; nous verrons cependant que son j que celle de tous les grands conquérants, ne fut table au pays. Quoiqu'il en soit de cette appré- $, dans les inscriptions des innombrables monu- 5va à sa propre gloire, se vante de ses exploits ration qui montre que l'humilité n'était pas alors ame une vertu des rois. On peut suivre sur ces e rapide et profonde décadence de l'art égyptien
Tandis que les premiers appartiennent aux plus
belles et aux plus pures antiquités égyptiennes, les der: témoignent d'un abâtardissement déplorable. Les expédi militaires sans cesse renouvelées épuisèrent d'hommes le ] tarirent les sources des manifestations supérieures de h nationale; la multitude, la presse des constructions entrepr excéda ce que TÉgypte pouvait produire, et, vraisemblabler à défaut d'artistes, on dut souvent se contenter de manœu La vanité de Ramsès II se donna surtout carrière dans 1 gération des honneurs divins qu'il se décerna lui-même, avons déjà eu l'occasion d'expliquer le caractère particuli( l'adoration des rois en Egypte (1). Ce n'était pas l'élév de l'homme au rang des dieux, mais la représentation, le bole de la puissance et de la dignité que le prince tenai dieux, le plus haut degré de la fiction du droit divin. Aui roi était-il le premier à s'adorer ; les vignettes et les bas-r nous le représentent souvent prosterné devant sa propre in lui offrant l'encens. L'homme investi de la dignité royale, r( de la suprême puissance sur la terre, adorait en sa propre sonne la plus haute manifestation humaine et comme l'inc tion de la grandeur et du pouvoir divins. Sous Ramsès II, fiction fut développée à un point où elle ne l'avait pas ei été ; il ne se contenta pas de s'égaler, comme ses prédécess à Âmoun, à Ra, à Ptah, à Soutech, il se mit sans hésite dessus de tous les dieux, et se nomma leur chef. Le prince aussi considéré comme l'intermédiaire naturel entre la di^ et les hommes, comme le canal par lequel s'épanchaiei grâces et les bénédictions divines sur le pays. Nous avoni signalé l'importance et les services exceptionnels, dans un tel que l'Egypte, des grands travaux d'utilité publique ( puissance royale seule était capable de faire exécuter. Ces sei incontestables rendus par les rois développèrent une conc€ qu'exploitèrent avec un zèle et un succès égaux la politic la flatterie. L'histoire de Ramsès offre de cette croyan< exemple curieux, surtout par le rapprochement qu'on peul de quelques-uns des termes dans lesquels elle s'exprime, è occasion, et du récit de l'Exode sur l'eau jaillissant du rocl
(1} Voir plus haut, p. 69-71.
la parole de Moïse. C'était en Nubie, dans une contrée privée d'eau. Les travaux, ordonnés par les prédécesseurs de Ramsès pour remédier à cette pénurie, n'avaient pas donné de résultats. On avait poussé jusqu'à cent vingt coudées le forage d'un puits, sans trouver l'eau. Ramsès II fut plus heureux ou plus persévérant : l'eau jaillit, et voici en quels termes une inscription, consacrant l'achèvement de ce grand ouvrage, exprime la gratitude des populations : « Tu es le soleil, et tu accomplis tout ce que désire ton cœur. Si pendant la nuit tu conçois un projet, il est déjà réalisé lorsque la lumière vient éclairer la terre. Chaque parole de ta bouche est semblable aux paroles d'Harmachou... Tu dis à l'eau : sors de ce rocher, et elle jaillit, car tu es semblable à Ra avec les membres de Choper (le scarabée, le créateur). » Sans doute ces dithyrambes n'étaient composés qu'après le succès obtenu, et un silence respectueux couvrait les échecs que pouvait quelquefois éprouver la puissance divine du roi. Néanmoins, ces pompeuses expressions d'adulation qui nous font sourire ne ressemblaient en rien aux formules vides de sens du langage des chancelleries et des cours de l'Orient de nos jours. Elles étaient bien l'expression de la foi populaire de cette époque. On croyait fermement au pouvoir miraculeux du roi, non moins fermement que les bons catholiques croient aujourd'hui à l'infaillibilité du pape.
Ramsès, vraisemblablement à cause de son origine septentrionale, fut animé d'une ferveur toute particulière pour Soutech, mais il ne négligea aucune des formes de culte consacrées par la piété des Égyptiens. En particulier, c'est à son règne que remontent, sinon l'origine, du moins l'extension et la haute faveur du culte d'Apis, du taureau sacré, adoré non seulement de son vivant, mais encore après sa mort. Ce culte (originairement de Ptah) réunissait celui d'Osiris et d'Apis. Ramsès fut, selon toute apparence, le fondateur du magnifique sépulcre de ces animaux, dont M. Mariette a découvert les ruines non loin de Memphis. Dans une des chapelles dont les inscriptions n'ont trait qu'à un Apis, qui y était inhumé, on a retrouvé une partie d'une momie humaine sur laquelle se lit plusieurs fois le nom de Chamous. Peut être est-ce le corps du fils de Ramsès II, Chamous, qui devait lui succéder, mais qui mourut avant lui. Gou-
verneur de Memphis, prêtre (sem) de Ptah et du taureau ce prince s'était adonné avec un zèle extraordinaire ai d'Apis. Il voulut sans doute que se$ restes reposassent à c ceux de l'animal auquel il avait dévoué sa vie, symbole quable de l'union à laquelle dans la vie et dans la m Égyptiens aspiraient avec le dieu qu'ils préféraient.
Ramsès soutint, on le sait, une guerre longue et sai avec les Ghétas, peuple sur la situation géographique et : duquel on n'est pas encore complètement fixé (1). L'er cette guerre était la domination de TAsie occidental monuments célèbrent les victoires remportées par Ran sur les Ghétas. Toujours est-il qu'il ne les subjugua pas, la lutte se termina par un traité avec Chétasir, le prin Ghétas. Ge pacte conclu sous l'invocation et placé sous la garde des dieux des deux peuples, atteste qu'il y ava grande analogie entre leurs religions. Ra etSoutech y soc qués pour l'Egypte, celui-ci « dans son rapport avec le pa Ghétas ». Ra semble représenter ici spécialement l'î Soutech ou Set, les Ghétas ; car ils étaient, au fond, les nationaux de l'un et l'autre pays. En outre sont invoqués l'Egypte, Amoun-ra, Harmachou, Ptah de Memphis, se d'Anchta (le pays de la vie ou l'univers vivant). Moût, ma d'Achérou, la déesse mère de la terre, et Ghonsou-nefer Ramsès offre ses sacrifices à Set « le grand guerrier, le Nou ». Gomme les solennités pour la paix eurent lieu d ville qu'il avait fondée, à laquelle il avait donné son nom à laquelle, d'après l'Exode les Hébreux esclaves avaii travailler, — à Pa-Ramsès-mériamoun, il y rend spécial hommage à Amoun et à Ptah, dans les formes sous les( ils étaient adorés dans le temple qu'il leur avait élevé. Ei toujours du côté des Égyptiens, sont encore invoqués les tagnes, les fleuves, la terre, les vents et même, ce qui eî digne de remarque, les orages et la grande mer. Si Soutech à-dire un dieu que les Égyptiens comparaient à leur dieu S
(1) Dernièrement le professeur Sayce d'Oxford a concla des noms hëthites ei ques mots dëchifirës dans les inscriptions de Hamath, en Syrie, et de C (Karchemis), qu'ils furent les plus proches parents des Soumirs et des Ac premiers fondateurs de la civilisation chaldéenhe et assyrienne.
et qui sans doute chez tes Ghétas portait un autre nom (Gedek ?) était leur principal dieu, ce n'étaient cependant rien moins que des monothéistes. Il est fait mention dans le traité, pour eux comme pour l'Egypte, de milliers de dieux, dont quelques-uns sont expressément nommés, entre autres Antarta (Àstarté ?), ainsi que des fleuves et des montagnes. Il semble donc qu'une grande analogie existât entre les religions des deux peuples, et que les Égyptiens ne durent éprouver aucune répugnance à adopter comme leurs les dieux des Ghétas.
On croit généralement que ce fut sous le règne de Ménephta, fils et successeur de Ramsès, que les Hébreux sortirent d'Egypte, car l'hypothèse mise en avant, il n'y a pas longtemps, que cet événement eut lieu sous Ramsès III, de la vingtième dynastie, a été complètement réfutée par M. Chabas. Ge savant distingué a en outre prouvé que Ménephta ne fut pas, comme on l'avait admis jusqu'à présent, sur l'autorité de Manéthon, un prince faible et incapable, et il ne voit, comme moi-même d'ailleurs j'en avais émis l'opinion en 1870, dans tout le récit du prêtre de Sébennys sur cet exode, que pure invention. Ménephta paraît avoir résidé à Memphis ; s'il maintint le culte d'Amoun, lui-même fut surtout un fervent adorateur de Ptah et de Set, ce dernier principalement sous la forme qu'il avait revêtue à Avaris (Péluse), et qui avait un caractère plus étranger qu'égyptien ; il l'adora aussi comme Noub, seigneur du sud, car Set, sans doute à cause de sa nature grossière, avait été adopté par les nègres barbares de la Nubie. Gette préférence pour les dieux des Héthites peut s'expliquer par la crainte d'une invasion de ces peuples et par le désir de se concilier, en cas de conflit, leur propre divinité ; mais peutêtre aussi fut-elle chez Ménephta, comme chez son père, un trait natif de caractère, l'effet et l'indice de la race dont ils sortaient.
Les Ramsès fournirent encore une longue suite de rois, dont quelques-uns, comme Ramsès III, régnèrent avec éclat et marchèrent sur les traces du grand Sésostris (Ramsès II). Gependant, Tastre de leur grandeur était à son déclin. La religion, sous leur règne, resta sensiblement la même quant aux doctrines et aux formes de culte. La seule différence qui mérite d'être notée, c'est la plus grande ferveur dont fut l'objet le culte de Ghonsou,
et la place plus importante que prit ce dieu dans le p Ramsès III lui éleva un temple qui est la source dlnfo la plus riche qui existe pour Thistoire de cette période, que nous Tavons vu plus haut, sa renommée s'étend dans des régions lointaines. Cette évolution se rattact blement à deux faits caractéristiques de cette période : sèment de la puissance des prêtres et celui de la sup Chonsou, en eflFet, était comme Amoun, et plus encore dernier, un dieu des prêtres, un dieu qui rendait des c opérait des miracles. Le premier des grands prêtres c sur sa tête la couronne royale, Her-hor, choisit le t Chonsou pour y consigner les hauts faits de son règne, était, en outre, dans une relation très étroite avec Tho particulier des lettrés. On trouve dans les hymnes dat vingtième dynastie, consacrés principalement à Ptah, ( avons déjà plusieurs fois mentionnés, et qui ont été tra Pleyte, la forme Thot-Chonsou, et Thot y est l'objet d'ui dévotion. Le poète, oubliant qu'il chante Ptah, ente d'un coup les louanges du dieu d'Hermopolis et rapp ment Thot, le protecteur des lettrés, a transformé pa TÉgypte en un véritable jardin, et a établi entre les fe ordre admirable. <x II a, dit-il, institué la division des ] il a établi des chefs, extirpé les abus, détruit le m Un souffle divin émane de lui. » Le poète rappelle auss vices rendus par Thot dans la guerre des dieux. « Il est arbitre entre Horos et Set, c'est lui qui réunit les pi célestes, et qui est le pacificateur dans la lutte. C'est Ra a élevé son esprit, et il gouverne les dieux et les parce qu'il est apte à gouverner, » — Faut-il cher( tention secrète de ces louanges prodiguées au dieu des N'ont-elles pas un peu l'air d'une indication de l'op] qu'il y aurait à accorder une plus grande confiance à c sur la terre, portent l'image de Thot, et combattrai doute mieux les abus, établiraient une meilleure forme vernement, que ne pouvaient le faire des princes faiblei nérés? Est-ce qu'eux, les lettrés, ne sont pas, en fin de les premiers auteurs de tous les biens dont jouit le p choses étaient écrites sous le neuvième des Ramessides
ment un pronostic des événements qui ne devaient accomplir.
Qps antérieurs, il n'y avait pas de lutte possible et les prêtres, les premiers étant eux-mêmes à la loce, tandis que leurs fils et les plus hauts foncl'état remplissaient aussi des charges sacerdotales dre. Il n'y avait alors aucune incompatibilité entre religieuses et les emplois civils. Il y avait seulese de lettrés, mais qui n'était pas plus rigoureuse- [ue dans nos sociétés modernes : on y entrait et librement. A partir de la vingtième dynastie, il produit des changements importants dans cet état autres que les rois occupèrent la place de grands un ; il se forma un clergé proprement dit, netteté de l'ordre laïque. Le temple de Ramsès II, t complètement ouvert; celui de Ramsès III, à , autre quartier de Thèbe, est entouré d'une )ur en écarter les profanes. Une transformation le s'opérer dans les idées et les mœurs de l'Egypte, it les princes abandonnent complètement aux )mmés par eux, soit élus en dehors de leur action, on de la religion et l'accomplissement de tous les , mais encore ils se déchargent sur eux d'autres oir royal en éprouva un affaiblissement qui devait aeste. Depuis que, sous Seti II, le grand prêtre i à exercer son influence, elle ne cessa de grandir sseurs de ce prince, jusqu'à ce qu'enfin Her-hor re de grand vizir ou de maire du palais contre celui évolution fut le coup de grâce porté à la puissance $ doute déjà bien déchue, et que soutenait seul d nom de Ramsès. Les Égyptiens étaient habitués I roi comme le chef de la religion. Mais le gouver- ) entre les mains des prêtres d'un dieu particucomme par une délégation directe et immédiate éocratie proprement dite, était trop contraire à pie égyptien pour se faire accepter, lent avec la puissance des prêtres, — et cela nsidéré eomme une suite naturelle, «^ la supers-
tition faisait de grands progrès dans TÉgypte méridion était encore le siège de l'empire. Bien des causes tendai développer chez le peuple égyptien. Le mysticisme et h tenaient une place considérable dans sa religion. Au d'une symbolique si touiDFue qu'à la lin les lettrés eux-me parvenaient pas à s'y reconnaître, il n'y avait guère mo échapper. Mais dans la période qui nous occupe, elle ; proportions jusqu'alors inconnues. Le goût public n'él aux sobres maximes morales dans le genre de ce Ptahhotep, sous l'ancien empire, ni aux récits qui rend réalité de la vie, comme ceux de Saneha, sous le moyen C'était surtout à l'imagination qu'il fallait parler. On voi poèmes et surtout des livres magiques remplis de fom conjuration, de chants inspirés et de récits miraculeux ceux d'Anepou et de Batau. Ce changement se fait mê sentir dans le Livre des morts. Dans les chapitres datant époque, les symboles et les cérémonies sont plus com les formules plus longues. On insiste davantage et plus ment sur les services que peut rendre tel pu tel chapitre Les pratiques magiques furent portées si loin, que le nement de Ramsès II dut prendre des mesures pour e mer l'abus. Un certain Haï ou Hay fut condamné à m( avoir fait des conjurations et « charmé des homme puissance des dieux », maléfices pour lesquels il ava procurer par ruse un livre magique. Ses juges, on le révoquaient nullement en doute la réalité de ces enchani mais ils condamnèrent Hay à la peine capitale parce que pâtre, il exerçait la magie sans l'instruction et, diric volontiers, les grades exigés des magiciens d^profe fallait que le goût pour les arts magiques fût bien puiss qu'on s'y abandonnât ainsi au péril de sa vie. A cette aussi, on commença à attacher une grande importance i vation des temps, en vue des choses qu'on voul ou entreprendre. Il nous reste de l'époque des Ramess calendriers indiquant les jours heureux et les jours fune fasti et nef asti) ; ces almanachs jettent une triste lumiè genre de piété de plus en plus en faveur. Citons quelqu pies des minuties auxquelles la superstition enchaînait
Le 24 Thot (juin-juillet) était un grand jour de pénitence. Ce jour et les deux suivants, avait eu lieu la lutte la plus acharnée entre Horos et Set, lutte dans laquelle Set n'avait pu être vaincu et Isis avait été blessée.
12 Chocak (septembre-octobre), ne pas sortir parce que c'est le jour où Osiris se métamorphose en Bennou (héron).
17 Toby (octobre-novembre), ne pas se baigner : la déesse Nou sort de l'onde céleste.
20 Toby, Barisis retire la lumière du monde, tout est ténèbres; c'est pourquoi ne pas sortir jusqu'au coucher du soleil.
3 Méchir (novembre-décembre), ne pas voyager : c'est le jour des grandes expéditions de Set.
24 Pharmouthi (janvier-février), ne pas prononcer en riant le nom de Set, si l'on ne veut avoir des querelles et du trouble dans la maison.
Les jeûnes étaient fréquents. Les jours sans souvenirs mythologiques et ceux qui rappelaient les victoires des dieux étaient réputés heureux. La plupart des souvenirs étaient empruntés à la mythologie osirienne. Le jour où Ton était né était aussi de grave conséquence. Celui qui était né le 5 Paophi devait être tué par un taureau, mais celui qui était venu au monde le 9 du même mois, aurait une longue vie. On ne se préoccupait pas moins des mots et des formules magiques. Le 162* chapitre du Livre des morts, qui date sans doute du nouvel empire, contient déjà quelques-uns de ces mots cabalistiques, comme Penhakahakaherher, Uarauaakarsank-Robiti, et était pour cela regardé comme très profond. D'autres livres du temps de Ramsès II renferment des invocations complètement dépourvues de sens* Kamchar-Kamarau-Karchamou, Shatabouta, Artoubouhouïa Anrohakata-Satita, etc., etc. La crédulité aux miracles dépasse toutes les bornes ; on se repaît de récits enfantins dont quelques-uns ne sont pas sans analogie avec tel ou tel trait de la Genèse. Si l'on va au fond des choses, on y retrouve les vieilles fictions du mythe d'Osiris ; mais c'est de la mythologie tombée au rang de contes de la mère l'Oie el dont le sens primitif est complètement perdu pour ceux dont ils nourrissent la dévotion. On est descendu des sphères de la foi et de l'inspiration à celles de la plus grossière superstition.
On se ferait pourtant une fausse idée du développement religion pendant celte période, si on ne la jugeait que si telles niaiseries. Ce n'est là qu'un des côtés du tableau, le de l'ombre. Des poèmes, des hymnes en mettent en lumié beauté et l'élévation. Nous en avons cité quelques exempl rien ne serait plus aisé que d'en augmenter considérablem nombre. Assurément la vraie piété n'était pas absente de li gion qui a inspiré de telles œuvres. La conception vrai grandiose d'Amoun-ra, célébré encore sous le nouvel ei dans des hymnes qui rappellent fréquemment les plus 1 passages des psaumes hébreux, suffirait au besoin à Tatt Il est désigné dans un hymne sous ces noms : « le plus { dans le ciel, le plus ancien sur la terre, le seigneur qui do toute chose l'existence et la durée. » « Ses mains donnent à qu'il aime, mais il précipite son ennemi dans le feu, cai regard anéantit les ouvriers d'iniquité, et l'océan englou méchant qu'il dévore. » « Seul tu existes, toi créateur de 1 Lui seul a formé toutes les créatures. Les hommes nai de son regard, les dieux reçoivent l'être de sa parole. 1 les plantes pour le bétail, et les arbres fruitiers pour les tels. Il fait vivre les poissons dans les eaux, et les oiseaux la voûte du ciel, il fait croître le germe qui est dans l'œ fait vivre les sauterelles, il nourrit ce qui rampe et ce qui Il donne leur nourriture aux souris dans leurs trous. Béni tu, toi qui fais de telles choses ! Action de grâces qui es unique et seul, et qui as plusieurs bras (symbo l'activité d'Amoun-ra et de la multiplicité de ses œuvres) ! ton repos, tu veilles sur les hommes et délibères sur c convient aux animaux... Aussi élevé qu'est le ciel, aussi été qu'est la terre, aussi profonde qu'est la mer, les dieux se ternent devant ta Majesté, exaltant Tesprit de celui qui s créé... Louange à ton esprit, car tu nous as faits, nous soi tes créatures, tu nous as mis au monde ! »
A tout considérer, on peut dire que la religion fut alors plus puissante que dans les âges antérieurs. Elle exerçai action sur la vie tout entière, de telle sorte qu'en dehors on ne pouvait faire un pas, rien entreprendre, former ai pensée. C'est ce qui ressort aussi de l'examen des tombeav
l'y est plus représenté dans sa vie permais dans sa vie politique et religieuse, ques, qu'on a plus tard réunis dans le ires dans les chapelles funéraires des ans celles du temps du nouvel empire aurai lies, et les images des dieux, qu'on les anciens tombeaux, brillent partout ) de celles du mort. Les stèles funéraires représentations religieuses, de ce développement, nous devons noter mt dans le dogme de l'immortalité. Tous iès lors Osiris. Au lieu de l'ancienne irès la mort a'était que la continuation nous trouvons maintenant la doctrine résurrection du dieu de la lumière est t la garantie de celle de son adorateur, dépend désormais de la conduite morale l'homme. Ce fut là un progrès religieux connaître que cet eudémonisme n'exerça la plus favorable sur la moralité : les )s et les formules magiques dont nous que la puissance grandissante des prèe partie leur explication dans la crainte