‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 17 sur 50 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

U RELIGION DES ÉGYPTIENS DEPUIS LA CHUTE DES RA JUSQU'A LA DOMINATION DES PERSES

La chute des Ramessides amena la fin de la sup sud. La prépondérance passe, non toutefois sans lut retours de fortune, au nord où plusieurs familles de i putent et quelquefois se partagent le pouvoir. Les gra d'Amoun qui avaient renversé les Ramessides fure par des rois de TÉgypte septentrionale, dont la rési( Tanis ; ils se réfugièrent en Ethiopie, où ils parvii doute avec l'assistance de partisans égyptiens qui a\ leur fortune, à fonder un royaume indépendant, dont fut Napata (près de Djebel-Barkal), et prit le nom Méro, Méroua. Leur défaite ne les découragea pas, renoncer à la lutte, ils saisirent toutes les occasions pour tenter de reconquérir TÉgypte et de recouvrer mère domination. Ils y réussirent une ou deux : toujours leur triomphe fut de courte durée. Dés dynasties regardées comme légitimes appartiendront basse Egypte, et elles garderont le pouvoir jusqu'à grands empires conquérants de TAsie et de TOcc luttèrent pour la domination du monde, s'emparent d et que ce pays passe des mains des Perses à Grecs, puis des Romains, pour devenir enfin la Musulmans.

tastie septentrionale était originaire de Tanis. 3rt obscure. La religion dominante sous les ; à rÉgypte ne fut pas la religion locale de e Mendès, autre ville du Delta, très ancien et remontant à l'ancien empire les Égyptiens eux-mêmes semblent avoir nt un être mythique, Binouter (le bouc sacré), i sous la seconde dynastie. Mendès signifie le prit du Ded ou Doud ; ce furent les Grecs qui, t par confusion, donnèrent à la ville le nom ranimai qui la symbolisait. Ded, doudou, dad, colonne divisée en plusieurs parties par des 3S, dans laquelle ChampoUion crut reconnaître ai constituait, en réalité, un symbole mytho- 3mblème de Tunivers, des quatre mondes Dortés par la colonne , représentant constamurée (1). Ba-n-ded doit donc signifier l'esprit était autre que Chnoum lui-même, dans sa e et la plus compréhensive. Chnoum repréomme le dieu avec les quatre têtes de bélier, arlé plus haut, y était adoré comme l'esprit nt des quatre mondes de Ra (le ciel supérieur), e ciel des nuages), de Set (la terre) et d'Osiris pain), et ces moûdes sont précisément aussi ait la colonne Ded ou Doud. Ces quatre esprits >s séparément en différents endroits; dans la élevée de Chnoum, ils sont réunis et forment

3S Hébreux aussi le nom qui signifie le monde, dérive d*one [ être durable ». Osiris et Ptah sont quelquefois eux-mêmes »rme, ce qui prouve, ainsi qu*on Ta dëj& fait remarquer, que rapport avec ces divinités. On célébrait également ABousiris, ient de celui d'Osiris, une fête dont le nom voulait dire : lUe Dad ». Le nom du grand prêtre Pe-nehem-isis, sur le celui du premier roi de cette dynastie, Banded, rappelle Les Grecs ont appelé ce roi Smerdis. Pour expliquer cette s pas besoin de supposer avec Brugsch un préfixe nés devant es Qrecs avaient Thabitude de faire ainsi précéder d*une s on songe seulement a leur Smerdis , qui dans la langue i. Voir Brugsch, Histoire^ p. 213.

une quaternité. Il est probable que chacun des quatre avait aussi à Mendès son temple particulier. Pour Ra et le fait est hors de doute, car nous possédons une lettre du règne de Ramsès VIII, adressée à un prêtre d'Osiris, p( annoncer sa promotion du service du temple de son Mendès à celui d'Abydos. C'était naturellement un avance puisque le culte d'Osiris, qui n'occupait à Mendès que le î rang, avait le premier à Abydos.

Les changements de dynastie, fréquents dans cette p( eurent tous leur contre-coup dans la religion. Ainsi, ap rois de Tanis, l'avènement d'une nouvelle famille royale naire de Boubastis, sur la même branche du Nil que Ti Mendès, mais plus au sud, amena la prépondérance de L gion locale de cette ville. Les noms de ces princes, Ta (Tiglat), Nimrout, Sargin, Nabonesha, Shashank, dénotei origine assyrienne. Ils appartenaient sans doute à une c assyrienne établie dans le Delta depuis de nombreuses rations , dont les descendants étaient devenue complèi Égyptiens par la langue, les mœurs, la religion, et n'a conservé, comme signe distinctif d'origine, que l'usage d pétuer parmi eux les noms de leurs ancêtres. Ils s'étaieni avec les derniers rois de Tanis, et paraissent avoir été ani rement apparentés avec les rois de Thèbe. Ils durent sans à ces alliances leur avènement au trône.

Ce fut l'un d'eux, Shashank I" (Shishak), qui donna Jéroboam fuyant la vengeance de Salomon, et quelques î plus tard, sous Roboam, envahit la Judée, prit Jérusa contribua puissamment à la consommation de la scission tive entre Juda et Israël. Il était grand prêtre d'Amoun, des dieux ; il adorait Amoun et Moût, Harmachou et Toum sous la forme Ptah-noun, donc, sauf Soutech, les mêmes qu'on adorait sous la dix-huitième dynastie. La religio celle des Ramessides, à cette seule réserve près que Set ( dans sa phase de décadence. Il semble que ce ne fut que s domination des Perses qu'il tomba au rang de mauvais de démon; mais déjà son culte s'obscurcissait.

A côté de cette religion purement thébaine, les rois de Bi tis ne pouvaient, sans manquer à tous les usages de l'É

négliger les traditions religieuses spéciales de la ville dont ils avaient fait leur résidence. Or, le nom de cette antique cité, aujourd'hui entièrement ruinée et où l'on n'a pas retrouvé de monuments qui puissent nous renseigner sur son passé, signifie la demeure de Bast (Pa Bast). Au temps d'Hérodote, le culte de cette divinité y était encore en grand honneur. Le père de l'histoire décrit son temple magnifique et spacieux, qu'il a vu et qu'on dominait du reste de la ville, dont le sol avait été exhaussé, de sorte que le temple et son enceinte de six cents pieds de côtés restaient en contre-bas. La fête annuelle de la déesse était magnifique et attirait un concours immense de fidèles. Elle ne se distinguait pas, toutefois, par la gravité et le décorum. Les dames égyptiennes mettaient pour ce jour-là de côté les lois de la pudeur, et s'il faut en croire Hérodote, plus de sept cent mille personnes prenaient part à cette fête, apportant de riches oflrandes, faisant sacrifier de nombreuses victimes, et buvant plus de vin que dans tout le reste de Tannée.

Or, Bast n'ét^t qu'une forme, et la plus gracieuse, de la divinité adorée dans toute la basse Egypte, et regardée à Memphis comme l'épouse ou la principale compagne de Ptah. Elle est appelée Pacht (Pechèt), la dévorante, nom que portait aussi le lion, ou bien encore Sechèt, « celle qui allume le feu ». Sans aucun doute, c'était une déesse du feu céleste, soit de la foudre, soit, ce qui semble plus vraisemblable en Egypte, des rayons brûlants du soleil. Aussi la représentait-on sous l'image d'une lionne couchée ou dressée, crachant des flammes, ou d'une femme à tête de chatte. Déesse vengeresse, elle consumait les méchants; mais il ne faut pas la confondre avec Tefnout d'Héliopolis, quoiqu'on représentât celle-ci sous le même symbole. Malgré son caractère belliqueux, on la regardait comme la protectrice des œuvres de la paix, en particulier des bibliothèques. La guerrière Athênè n'était-elle pas aussi, en Grèce, la déesse de la sagesse ? On peut expliquer, pour Pacht, cet attribut par l'importance que tous les Égyptiens attachaient aux formules magiques pour conjurer et détruire les puissances malfaisantes : la déesse, dont la bouche lançait le feu, aurait ainsi représenté la puissance dévorante de la parole. Mais je ne donne cette explication qu'à titre de simple hypothèse.

Rappelons que la plupart des déesses, qui appartiennent, par leur origine, à l'Asie occidentale, — c'était vraisemblable le cas pourPacht, —avaient un double caractère et une ble manifestation, dans une de leurs formes comme d( mères, bienveillantes et bienfaisantes, dans l'autre comme ges et guerrières, terribles et redoutables. C'est cette oppo que Bast marque, par rapport à Pacht. Les deux déesseï çaient la flamme : Pacht le feu dévorant et destructeur, I feu bienfaisant et viviflant, la force immanente de la vie la nature, le feu de la passion et de l'amour. Elle fat, à l'or une divinité personnelle et distincte ; plus tard, on ne pi connaître, môme en Egypte, qu'elle ressemblait beauc Hathor, déesse de l'amour et de la fécondité comme e) dont le culte était aussi accompagné de fêtes, de chants danses. Or, Hathor est appelée Bast dans le temple d'Edfc de ses sanctuaires les plus renommés.

A la fin de la vingt-deuxième dynastie et sous la ving sième, le nord de l'Egypte fut agité par des dissensions longées. Le pays se trouva finalement divisé en douze ou petits états rivaux et en lutte les uns avec les autres.

Les rois-pontifes de Thèbe, réfugiés en Ethiopie, trouT l'occasion favorable. Les Thébains, courbés sous le joug usurpateur de Saïs, nommé Tafnecht, appelèrent à leui Pianchi-Mériamoun qui régnait alors à Méroë ; reçu* pa comme un libérateur, la conquête de Thèbe ne lui coûl d'eflbrt ; il rencontra à Memphis une longue et énergique tance, mais il finit par s'emparer de la ville, et soumit Tal et tous les petits princes libyens qui dominaient la basse i et s'étaient réunis en face du danger commun pour lui ré Il étendit un moment sa domination sur l'Egypte entière, il ne tarda pas à voir lui échapper le Delta. Sous ses si seurs, la lutte se prolongea entre le nord et le sud. Dans c aux noms éthiopiens Sabaka, Sabataka et Tahalka (Tahar ne faut sans doute voir que des pontifes-rois de pure race tienne, toujours considérés comme des libérateurs par to vrais Égyptiens. La lutte entre le nord et le sud, qui cara( l'histoire d'Egypte, fut maintenant entre Saïs et Méroë. I de Tafnecht, Bok-en-ranf (Bocchoris), combattit le suça

de Pianchi P', Sabaka, connu par Thistoire d'Israël; il fut vaincu et tué. Plus tard TÉgypte fut asservie par les Assyriens. Elle essaya de secouer le joug ; Assour-banipal la soumit de nouveau vice-roi Nécho, prince de Saïs, le grand adverpie. Aussitôt après le départ des Assyriens, lença la lutte et renversa Nécho ; c'était une îe entre les anciens Égyptiens de pure race, sud, et les Mésopotamiens d'Asie qui, depuis j, avaient établi leur domination sur l'Egypte, vinrent et repoussèrent Taharka. Il reprit une Fensive, rappelé comme un libérateur par ses ;, les princes asiatiques indigènes, contre les conquit le trône mais ne l'occupa pas longtemps, on fils fut bientôt obligé de quitter déflnitive- Qne dernière tentative fut faite par les rois reconquérir l'Egypte. Amoun-meri-nout (reméme prince que l'Urdamani des inscriptions ourut Taventure sur la foi d'un songe qui lui prolans ses mains des sceptres d'Egypte et d'Éthiou juste s'il eut à combattre les princes indigènes s. Gomme Pianchi I", appelé et reçu à bras 'hébains, il s'empara de Memphis qui opposa sistance, mais il ne put conserver sa conquête. II, régna encore sur la Thébaïde. Mais bientôt ? à d'autres maîtres. L'Egypte perdit complètemdance, et la nationalité du peuple égyptien s de Saïs, bien qu'étrangers, adoptèrent autant ;sible Tancienne civilisation égyptienne, mais )ays aux Grecs et contribuèrent, bien que d'une iente, à faire de cette civilisation, jusque-là ferumun de l'humanité.

s prétres-rois, qui soutinrent pour la domination itte longue et acharnée dont nous venons de îrses phases, était la religion de Thèbe trans- . Il ne s'y était introduit aucun élément noudistingue du culte des temps antérieurs que inance de plus en plus grande de l'esprit sacermalisme étroit et exclusif. Le roi, qui était tou-

jours le grand prêtre d'Amoun, était désigné par la t Dieu, c'est-à-dire par l'élection des prêtres ; mais, par i venlion tacite et toujours respectée, le choix se porfc tamment sur le fils du roi précédent, associé au trône d de son père. L'élection était donc une pure formalité, lait attentivement à ce qu'aucun impur ne pénétrai temple d'Amoun. Lorsque Pianchi I" eut vaincu et f( soumission Tafnecht et les petits princes libyens ses leur accorda leur grâce et reçut leur hommage ; mais i lut pas leur accorder l'entrée de son palais parce qu'il impurs. Il ne fit d'exception que pour Nimrout de B parent des rois de la vingt-deuxième dynastie, qui a\ plètement adopté les mœurs et la religion de l'Egypte e1 les Égyptiens, s'abstenait du poisson de mer. Tafnecht, de Neith de Sais, grand prêtre de Ptah, sans doute aus doxe que Nimrout, était absent. Le roi, de même que prêtre d'Israël, pouvait seul, après s'être purifié avec et du sang « vivant », entrer dans le saint des saints di résidence de Ra, et où se trouvaient les deux barques de Toum. Lui-même tirait les verrous et ouvrait L sacrées ; aucun prêtre ne l'accompagnait dans cet act et privilégié d'adoration.

Je me suis un peu étendu sur l'histoire de cette guei qu'elle eut plus encore un caractère religieux que ; Pianchi dit que c'est Amoun qui lui a ordonné de l'e dre. Il enjoint à ses soldats, qu'il n'accompagna pas de de l'expédition, aussitôt qu'ils seront arrivés àThè soumettre à une purification religieuse et de faire b( armes par la divinité; « car il n'y a aucune victoii hommes qui ne soit connue d'Amoun ». Et une f auront été aspergés avec l'eau des autels d'Amoun, ils le front incliné dans la poussière devant sa Majest

cette prière : « Couvre pour nous le sentier de la guerr( |

bre de ton cimeterre ; multiplie la force des jeunes

tu as appelés, fais-en des myriades. » Lorsque lui-mi i

prendre part à la lutte, son premier soin est de c

Thèbe une panégyrie en l'honneur d'Amoun. Part ^

passe, il s'occupe des temples et des sanctuaires, et da i

les villes dont il fait la conquête, il prélève sur les revenus des prêtres des sommes destinées à des offrandes au dieu thébain. Amoun-meri-nout fit aussi partout relever les statues des dieux et les temples. La restauration de leur propre autorité dans la mère-patrie équivalait, pour les rois d'Ethiopie, au rétablissement du pouvoir d'Amoun et, à ce qu'ils croyaient, au renversement des complots des blasphémateurs d'Amoun.

Si Ton en croit Hérodote, le gouvernement de ces princes éthiopiens en Egypte fut paternel, empreint d'une grande douceur. Sabaka abolit la peine de mort et s'illustra par Texécution d'importants travaux d'utilité publique, notamment par le creusement de plusieurs canaux. La religion thébaine, perdant de plus en plus son sens profond, survécut longtemps en Ethiopie aux rois de Thèbe, qui l'y avaient importée avec leur domination. La langue égyptienne s'y altéra peu à peu et fut enfin complètement remplacée par l'éthiopien ; mais longtemps encore on conserva l'écriture hiéroglyphique et l'on invoqua les dieux égyptiens.

Les rois de Sais conservèrent le pouvoir jusqu'à l'invasion des Perses. Ce furent les dynasties des Néchos et des Psamétiks. Ces derniers furent renversés par un aventurier de génie, Amasis, qui d'ailleurs suivit la même politique. On a appelé, et non sans raison, cette époque la Renaissance de l'Egypte; mais il faut dire que cette renaissance avait été préparée par les rois de Boubastis et que la tradition en fut continuée par les Ptolémées.

Les princes de Sais étaient probablement d'origine libyenne ; mais eux aussi étaient depuis fort longtemps établis en Egypte et étaient devenus complètement Égyptiens. Ils favorisèrent tous les cultes de l'Egypte, notamment ceux d'Osiris et de Ptah ; ils montrèrent une ferveur particulière pour celui d'Apis, dans ses différentes formes. Psamétik I"flt relever le Sérapéum, qui tombait en ruines. Amasis suivit fidèlement cette tradition. Un des plus beaux monuments de l'antiquité égyptienne est le sarcophage de sa femme, actuellement au British Muséum. Elle y est représentée sous la figure d'Hathor avec les deux sceptres d'Osiris dans les mains. Le culte de Thèbe, d'Amoun, de Moût et de Ghonsou-nefer-hotep ne fut pas non plus négligé. Mais, selon la

tradition constante de TÉgypte, celui de Neith, la divinité locale de Sais, prit dans cette période une grande importance. Elle était déjà adorée sous les premières dynasties de l'ancien empire. Sous les règnes de Khafra, de Sahoura, etc., des princesses de sang royal étaient revêtues des fonctions de prêtresses de Neith, et nous savons qu'elle portait le nom de « Neith du rempart du nord », par opposition à Ptah « de son rempart du sud ». Ainsi, c'était une des déesses protectrices de l'Egypte, veillant au nord pour repousser les envahissements des hordes barbares qui, de ce côté, menaçaient la vieille terre de Cham. Elle était en vénération particulière chez les Libyens et, du moment où ils font leur apparition sur les monuments de l'Egypte, on les reconnaît au signe de Neith, la navette de tisserand, peint sur leurs habits.

Neith apparaît d'abord comme une déesse de la maternité ; elle est appelée « mère des dieux, mère divine ». Elle est quelquefois confondue avec Anka (voir page 87) et avec Moût (voir pages 99 et 100). Néanmoins c'est une déesse vierge. Ses temples portaient l'inscription suivante : « Personne n'a jamais relevé ma robe, le fruit que j'ai enfanté est le soleil. » C'est donc la vierge, mère du soleil, réunissant en elle les caractères et les attributs qu'ordinairement les Égyptiens, les Assyriens et les Phéniciens répartissaient sur plusieurs déesses • Elle ne symbolisait pas, comme on l'a dit quelquefois, la nature inerte, conception panthéiste, étrangère aux idées égyptiennes, mais le principe premier, étemel de tout ce qui est, représenté d'une manière symbolique dans la divine vierge-mère. C'est pourquoi on l'a nommée « la nourrice de tous les dieux, celle qui n'a pas sa pareille ». Et en effet, si plusieurs de ses attributs se retrouvent dans d'autres divinités, aucune d'elles ne réunit le double caractère propre à Neith. Dans son vague mysticisme, cette conception est une des plus élevées de la théologie égyptienne. Neith fut certainement aussi à l'origine, comme toutes les autres divinités de l'Egypte septentrionale, une personnification du feu céleste. Elle représentait le feu cosmique, caché, mystérieux, auquel tout ce qui est doit son existence. C'est la même déesse que la vierge-mère de l'Asie occidentale, que les Grecs assimilèrent) non sans raison, à leur Athénè.

, trouvé là un sujet fertile où il pouvait donner is les rêves de l'imagination religieuse la plus

en particulier, sur un papyrus magique la la maison d'Osiris, sur un piédestal symbolidessous est un ovale qui renferme le nom de sse des peuples étrangers. Devant la maison 3n : « 0 toi qui es toujours cachée », sur les ée, très mystérieuse ». Aux angles, on lit les Lot, d'Isis et de Nephtys. Suit la légende : « Je t et la terre » (la maison est donc l'univers), ence de Neith cachée dans ce qui est caché, [ui est couvert, fermée dans ce qui est fermé ; e savoir... » Ainsi Neith était, par excellence, ivisible, la déesse de la science et de la sagesse . Elle était aussi une déesse guerrière, et les parer, à cet égard encore, à leur Athènè, vierge, ^G et guerrière. Sa mention, ainsi que son nom

rempart du nord, a été retrouvée à Tyr Renan). Son culte, mêlé quelquefois à celui

du taureau Apis, non engendré, né d'une ait dans un rapport intime et naturel avec la représentait soit sous la forme humaine, le vache couchée, avec un disque d'or entre et le cou ornés d'or et revelue d'un manteau offrande d'encens et une lampe perpétuelles /ant cette image.

olémées et des Césars, les attributs de Neith * Isis, et c'est cette Isisque les dames romaines mes filles adoraient avec un zèle contre défendait les superstitions étrangères était ist pour l'esprit religieux l'attrait du mystère e, que les vieux mythes de la nature renaisendes et de dogmes dans les religions avec ils cadrent le moins, longtemps après que le K de la nature a été oublié et que les religions partenaient sont tombées, surtout lorsqu'ils >nt et qu'ils réunissent en eux les deux objets

et les plus touchants que l'homme puisse

contempler que dans la nature, mais celle-ci ne lui offre jamais réunis : une mère bénie et une pure jeune fllle.

Le pouvoir de Neith dura plus que celui des princes qui exaltèrent son culte et lui vouèrent les admirables monuments dont les débris sont aujourd'hui au nombre des trésors les plus précieux des principales collections de l'Europe. Les Perses respectèrent en général la religion des Égyptiens. Dans les premiers temps de la conquête, Cambyse manifesta pour Neith une dévotion particulière, peut-être inspirée par des considérations politiques. Peut-être aussi le roi des rois retrouvait-il dans la Neith égyptienne les principaux traits de la grande déesse de sa capitale chaldéenne, Babylone, laquelle plus tard, sous une forme différente, prit place parmi les génies vénérés du parsisme. Il se fit initier à tous les mystères de son culte par un prêtre de Sais, Ouza-hor-penrès, qui gagna saconflance, et qui, nous devons le dire, en était digne (1) ; il sut dans ces temps difficiles concilier le dévoûment aux vrais intérêts de son pays et Thonnêteté, la sincérité dans ses rapports avec le conquérant de ce pays. Ce ne fut que sous le coup de la fureur dans laquelle le jeta Tinsuccès de trois expéditions militaires mal conçues, surtout de celle qui avait pour but Toasis d'Amoun, que Cambyse déchaîna contre le culte égyptien la plus violente persécution et se rendit coupable des sacrilèges qui lui ont valu une triste célébrité. Dans cette crise, Ouza-hor réussit à préserver Sais et ses monuments des profanations du conquérant en délire. Darius à peine monté sur le trône répara la faute de son prédécesseur et chargea Ouza-hor de présider à la restauration du culte national dans toute l'Egypte. Un de ses satrapes, Aryandès ou Oryandras (Aryârâmna ?), ayant par son intolérance provoqué un soulèvement dangereux, le peuple s'apaisa de lui-même lorsqu'il apprit que le roi venait de donner cent talents pour la consécration d'un nouvel Apis (le vieux

(1) L^enseignement thëologique donné par Ouza-hor À Cambyse s'étendit encore plus loin ; il ne se borna pas au culte rendu à Neith dans ses différents temples, mais porta aussi sur tous les dieux et toutes les déesses qui étaient adorés À SaTs, et sur les quatre demeures divines, dans les quatre régions célestes, qui sont Tablme où siègent les dieux. H se peut que le conquérant achéménide ne se soit pas fait de cette dernière particularité une idée beaucoup plus claire que nous ne le pouvons nous-mêmes à présent.

nt de mourir). — Étrange caractère, dira-t-on, peuple qui supporte la conquête, mais se révolte tie à ses superstitions, et qu'un don sacré désarme peut-être sur le point de reconquérir son indées, le peuple égyptien n'offre pas à cette époque randeur morale. A tout prendre, il nous paraît is digne et plus respectable que les descendants fiers quirites, ce peuple romain qu'on tenait en 1 pain et des spectacles (panem et circenses), •ions terminer ce chapitre sans dire un mot du dans Toasis de Sivah, de son temple et de son . C'est à Tépoque où nous sommes arrivés que l'histoire égyptienne avec la fameuse oasis sont, re fois, constatés avec une entière certitude. Le loris, de la vingt - quatrième dynastie, aurait ed'Amoun (vin* siècle avant J.-G.) est apocryphe. , mais il n'est pas certain, que Timenthès (Taf- 5 rivaux de Psamétik P', l'ait consulté. Néanmoins, yà célèbre hors de TÉgypte dans une haute antie consulta et Pindare Ta chanté. Sa subtilité et ilculée (a|xfAoviax7j ir^a-cri) étaient célcbrcs aussi; il le perspicacité pour comprendre ses arrêts que îr les réponses de Delphes ou de Dodone, et il î d'en faire, après coup, concorder le sens avec les que d'en tirer quelque utile direction.

5 arrêterons pas aux récits légendaires d'Hérodote >a fondation à celle de Dodone, et donnent pour •prêtes du destin dans ces deux sanctuaires deux nlevées par les Phéniciens et vendues l'une en n Libye. II y a peut-être un plus grand fond de 'écit de Diodore, qui veut que Dionysos ait fondé L père Amoun, lorsque celui-ci, chassé de son létisa la victoire à son fils. Cette légende semble )lissement du culte d'Amoun à Sivah à quelque mis, et nous fait songer soit à la persécution de énophisIV), soit— et cette supposition ofi'replus ce— à des prêtres thébainsqui s'exilèrent jusqueîhute des pontifes-rois de Thèbe. Peut-être un

jour les hiéroglyphes du temple d'Omtn-Beidah (1), déchifl révèleront-elles la vérité sur ce point. En tout cas, les ins tions et les peintures attestent que le temple et la colonie et purement égyptiens et, bien que, d'après Hérodote, ï formât un état indépendant, elle resta en relations contini avec l'Egypte. Peu à peu la langue s'altéra et l'idiome be se mélangea avec l'égyptien , puis le remplaça, absolu comme l'éthiopien se substitua à Tégyptien dans le royaui Méroê.

Le dieu adoré dans l'oasis était Amoun à la tète de b C'est sous cette forme qu'il est représenté dans le temple d'( Beidah. Lorsque Alexandre s'habillait en Ammon, il portai cornes sur la tète (Dhu-1-Karnaïn). Il est cependant que d'une autre représentation, une espèce de cône ou un on orné de pierres précieuses, semblable à celui qu'on renc fréquemment dans les temples phéniciens. C'était peui l'image libyenne du dieu (2). Une lampe perpétuelle brûlait le sanctuaire. Les réponses de l'oracle n'étaient pas donné vive voix, mais exprimées en signes que traduisaient les pr La fontaine de l'oasis, consacrée au soleil, ou peut-être noi d'après le soleil, à cause de sa température variable, jou aussi d'une grande réputation.

Avec l'existence de l'Egypte comme nation indépenc finit, à proprement parler, l'histoire de son ancienne reli Sans doute la religion survécut à l'indépendance du pays, indépendance même fut dans une mesure rendue à l'Égypl les Ptolémées. Ces princes essayèrent de faire revivre la ; nalité égyptienne et de se modeler autant que possible , p paiement dans leur politique religieuse, sur les anciens

(1) Les inscriptions copiées À Omm-Beidah et publiées en Europe, datent di de Darius, fils d'Hystaspe.

(2) Nous ne saurions admettre avec Parthey, p. 137, que les Grecs ont pe donné par erreur le nom d'Âmoun au dieu de Toasis, attendu que ce demie jamais représenté avec la tête de bélier, et qu'il faut plutôt y voir Chnoui opinion provient de celle de Wilkinson, que Chnoum seul était représenté tête de bélier. U est depuis longtemps démontré que ce symbole appartenait Ajnona. Cest ainsi qu'Hathor, Isis et Neith avaient en commun pour attribut de vache, Osiris et Ptah la colonne doud,Horos, Ra etMountla tête d'épervier, le crocodile est en même temps consacré À Sébak et à Set, quoique ce den soit jamais représenté Avec ce symbole.

fut artificielle, plus apparente que réelle, iginal est arrêté et ne recommencera pas. /imposent à TÉgypte. Par contre, Amoun [uelle il était adoré dans Toasis, TAmoun ier, Isis, Harpocrates, Sérapis (dieu très rit les hommages de la Grèce et de Rome, 5 les objets d'une dévotion extravagante me l'inauguration d'un nouveau principe n des vieilles religions nationales aux L'Egypte a peut-être plus contribué que te transformation. Alexandrie devint le it puissant de philosophie théosophique, 5e mêler et se confondre tous les dieux et Plus tard , lorsque la prédication de frontières de la Judée, Tesprit alexandrin Dn de la métaphysique chrétienne une Le dont dix-huit siècles n'ont pas effacé la Li plus haut intérêt, mais qui est positivere de cet ouvrage.

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