‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 21 sur 50 · DE LEUR RELIGION · texte numérisé non relu

DE LEUR RELIGION

De même que la vallée du Nil, le pays situé entre (en assyrien Purrat, en hébreu Phrat) et le Tigre gréco-persane du nom indigène Tiklat, en hébreu H un des premiers centres de la civilisation sur la ter rhistoire ne puisse pas y remonter aussi haut qu'en difTérents noms de cette contrée, en grec Mésopotan rien-babylonien Sennaar (nom aussi usité chez le en hébreu Naharaïm, en égyptien Naharina, se rapp( sa position entre ces deux grands cours d'eau auxqi en partie son existence et, d'une manière absolue, et sa richesse.

Tout le sud du pays est appelé ordinairement h d'après la ville importante qui pendant plusieurs s la capitale et celle du monde civilisé. Cette partie de tamie s'étend du golfe Persîque au point de disj deux fleuves. C'est une bande de terre basse, sai torride, entièrement formée d'alluvions fluviales. E fertile, et la semence y rend, sans beaucoup de tra deux cents pour un. Plusieurs villes s'élevaient daD vince : Babel, Barsippa, Ouroukh (l'Orchoë des Grecs, Warka), TOur Kasdim de lât Bible (aujourd'hui Mughe

m duel Sepharvaïm (1), à cause d'un canal qui coupait leux parties, dont chacune avait son dieu tutélaire, le, considérée comme une ville indépendante, portait ganè, et Nipour, identiliée à Niffer, Dilmoun, ancienitrouk, près du golfe Persique , Eridou, aujourd'hui m, Larsa, anciennement Ararzou, peut-être la même et Zirgour, ou Zirgourla, aujourd'hui Zerghoul, près ja partie septentrionale de la Mésopotamie, qui s'éà Test du Tigre, diffère complètement de la partie e. Son altitude est plus considérable et, sauf sur les gre et du Chaborai^, elle ne présente que quelques ns fertiles. Un peuple fort et guerrier, probablement ) des Babyloniens, les Assyriens, l'habitaient. Sa reliévère et plus virile s'harmonisait avec la nature du en qu'elle soit en général identique à celle de Baby- :*actère religieux des deux peuples différa toujours Les villes principales étaient Résen, déjà florissante ndation de Ninive, Ninive (dont la ville de Mossoul îs de khouyoundjik et Nebbi Younès occupent aui place), Galach (aujourd'hui Nimroud), Assour, peut- 3 ancienne de toutes, Koutha, sur les confins de la et, à une époque postérieure, Sargon, Dour-Sarkina înt Khorsabad).

les qui, dans les temps historiques, ont habité ces

es du pays sont appelés par les Hébreux et par les

iéens et Assyriens. Ces noms concordent avec ceux

nt eux-mêmes donnés dans leurs inscriptions. Ashour

a du dieu national de Tanciennc capitale de l'Assyrie :

étendu au pays tout entier et par conséquent s'appli-

au peuple qui l'habitait. Dès le dixième siècle avant

jt, il est question d'un empire des Kaldis (ou d'un pays

dont la fondation remontait certainement à une épo-

eure et que nous voyons incessamment en lutte avec

our la possession de Babylone, c'est-à-dire pour la su-

aïm pourrait signifier « ville des livres »,et répondre à la ville de nt parle Bérose. Mais M. Delitzsch a démontré que Sippara n*est que de Tancien nom, non sémitique, Shemir, dont la signification est

prématie. Il est vrai que cet empire ne s'étendait Babylonie, mais comprenait seulement la partie n maritime de cette province. Babylone même éti ment à cette époque au pouvoir des Assyriens, mi sible qu'à une époque plus ancienne Tempire chî étendu beaucoup plus au nord. Un de ses rois s de Karduniyas », et il semble que le territoire q Babylone ait fait antérieurement partie de la provi sous ce nom. Il n'y a pas à douter que les deux pe sent sémites, et, bien qu'ils aient toujours été en langues et leurs religions se ressemblaient beaucoi J'ai pourtant déjà dit qu'ils ne furent pas les pi tants du pays. Les inscriptions des plus ancieni Nisinna (Karrak), Larsa et Babylone, sont en % écrites dans une langue qui n'est pas sémitiqu( vraisemblablement la langue du pays à l'époque è montent ces inscriptions. Pourtant la plupart de ce eux-mêmes sémites, à l'exception des conquérants pour un temps, leur enlevèrent le pouvoir. Eux-mê séquent, du moins ceux d'entre eux qui étaient sén avoir été aussi des conquérants qui, bien qu'élevés vaient employer la langue qui était encore celle majorité de leurs sujets. Us y étaient d'autant plus l'écriture cunéiforme dont ils se servaient, et qui et ment la seule qui existât, ne s'adaptait encore qu'à pour laquelle elle avait été créée, et que ce n'est < que, grâce à quelques modifications, on a pu Tem pour écrire les langues sémitiques. Cette langue ai pendant des siècles, pour l'Assyrie et la Babyloi latin a été au moyen-âge et encore plus tard pour langue de la religion et de la science, celle dans la rédigés les plus anciens monuments religieux et les de laquelle ont été traduites la plupart des écritui dans laquelle, beaucoup plus tard, on composait hymnes ou on les traduisait de la langue sémitiqu longtemps était devenue la langue nationale. Quelq il est vrai, ont nié l'existence de cette langue et n voir qu'une écriture secrète en caractères de convi

rait soutenir un examen même superficiel. On se quels motifs avaient pu engager les anciens rois à JLT leurs inscriptions une écriture que pouvaient lire uelques initiés, lorsque ces inscriptions ne poud'autre but que d'immortaliser leur nom et leurs le les porter à la connaissance de leurs peuples (1). at s'est élevé entre les savants sur le nom que porn peuple, et on n'est pas encore tombé d'accord sur titre que se donnèrent les anciens rois, aussitôt que ion se fut étendue au-delà des bornes de leur proe qui resta jusqu'aux derniers temps de l'existence ihie un des titres honorifiques des empereurs d'Asi des Soumirs et des Accads. On a voulu voir dans as ceux des deux peuples qui habitaient le pays, l'un ; vainqueurs, l'autre les vaincus, l'un les anciens a sémitiques du pays, et l'autre les conquérants 3 l'accord ne va pas au-delà. Pour certains savants, abitants sont les Accads, et leur langue doit s'ap- Lie accadienne ; sous le nom de Soumirs ou Sonnait voir les Sémites, ainsi nommés parce qu'ils plaine de Sinear (Sin'ar) ; pour d'autres c'est préîontraire : les Accads deviennent des Sémites, et cessent de l'être. La question a peu d'importance e de la religion. Pour moi, j'ai la conviction que ni li les Accads ne furent des Sémites, mais bien deux nctes du même peuple que les Sémites, à leur arriînt établi en Mésopotamie. Peut-être les premiers ; habitants de la plaine, les seconds des montaqui, au moment de l'invasion, n'habitaient plus

cette hypothèse d'une écriture secrète apour auteur M. Halévy.U me 311 ce qui concerne le fond de la question, suffisamment réfute par jenoTmsiïït {Zjangue jprimitive de la Chaldée). Nous rapporterons lent pour les lecteurs qui ne connaissent ni la langue, ni récriture e. Le nom d*un certain dieu s'écrit avec deux ou trois signes qui e « prince-grand » ou^ d'une manière plus complète, de « princedont la valeur phonétique est nir~gal ou nir-otnrot^gcU, Si nous iriture secrète qui dût être lue en langue assyrienne, le nom de oe abou, ou Malik-rabou, ou Sar-ali-rabou. Or, nous savons par TAnu'il s'appelait en effet Nirgal ou Nergal.

leurs montagnes. Il se peut que le pays des Se premier conquis par les Sémites, et que, à eau derniers aient été de préférence désignés sous c nous arrêterons pas davantage à Texamen de ci désignerons sous le double nom d'Accads et de S qui s'établit le premier entre le Tigre et TEuphr nous continuerons à nommer Taccadien la lan{ ce peuple. Ce nom n'est peut être pas complèten c'est le plus usité (I). Cette langue est-elle de la gués touraniennes ou oural-altaïques, ou bien n mun avec ces dernières que d'être comme el agglutinée ? La question n'est pas encore tranc première hypothèse me semble très douteuse. La supposée entre l'accadien et les idiomes des Mè mites non aryens me paraît plus justifiée, bien q encore de ces deux langues qu'une connaissan< santé et que les textes découverts soient très pe Quels que soient le vrai nom et l'origine des Accads, il n'en est pas moins certain qu'ils étai un degré de civilisation assez élevé, lorsque des de l'Arabie les subjuguèrent. L'astrologie, que Te tous les peuples de l'antiquité, était chez eux et leur avait fait acquérir certaines notions d' avait amenés à observer la position des astres leur avait fait découvrir les principales plané comètes, calculer et prévoir les éclipses, etc. scientifiques d'astronomie et d'astrologie emplc tamie jusqu'aux derniers temps de la puissan étaient d'origine purement accadienne. De mêm( nomie, les Soumirs et les Accads peuvent être a des mathématiques. Leurs études dans cette bra donnèrent, entre autres résultats, naissance à un que et chronologique reposant sur le nombre 60 ] La ville de Larsa possédait une riche bibliothèq

(1) On peut consulter sur cette question Oppert, Journal < Vol. V. 1875, p. 267 et ss., et Sumériens ou Accadiens^ lettre 1876. Delitzsch^ Chaldmtsche Genesis^ p. 286. Comp. Sayce, A( p. 393. Lenormant ChaléUean Magic, Appendix, p. 387 et ss. -

que, et on y a déjà découvert quelques tablettes avec des figures géométriques. Ces peuples élevaient des palais, alors que les Sémites dormaient encore sous la tente. Le nom même par lequel les Hébreux désignent une ville (ir) semble être de provenance accadienne, et les Sémites de Babylone et de TAssyrie appelaient encore un palais du vieux nom accadien ehal, égal (la grande maison). Ils ont aussi été les maîtres des Sémites pour Texécution des travaux hydrauliques, le creusage des canaux, l'irrigation des champs, Tendiguement des rivières. Les plus anciennes œuvres que nous possédions de la statuaire babylonienne sont également, pour autant qu'on en peut juger par les traits des figures, de provenance accadienne. Accadiennes aussi sont les plus anciennes lois ; les titres de difl*érentes hautes magistratures et de charges à la cour ont un caractère accadien, d'où il faut bien conclure qu'il y avait déjà un gouvernement régulier, des institutions publiques, une cour avant la conquête. Enfin, bien qu'on ne paisse encore préciser quelles œuvres littéraires proviennent de source accadienne, quelles sont d'origine sémitique, — car il est très possible que la poésie et la littérature accadiennes aient longtemps survécu à la langue accadienne, en tant que langue usuelle, comme il y eut une poésie et une littérature latines pendant des siècles encore après que le latin ne fut plus qu'une langue morte, — on est parfaitement en droit d'admettre que les Soumirs et les Accads possédaient une riche littérature, ce qui ressort, entre autres, du nombre d'ouvrages de différents genres réunis dans les bibliothèques que fondèrent ou accrurent les plus anciens rois sémites, notamment Sargina P'. Le poème célèbre en douze chants, dont nous ne possédons plus qu'un texte assyrien mutilé, doit, à en juger par la concordance entre ses divisions et celles du calendrier accadien et le caractère des noms propres, ne pas avoir été originairement composé en sémitique, et suffirait à prouver à lui seul que l'ancienne civilisation accadienne n'a pas eu, comme on a voulu le prétendre, un caractère purement matériel, pratique et prosaïque. Il est, en outre, hors de doute que les Soumirs et les Accads ont été les inventeurs de l'écriture dite cunéiforme, laquelle, malgré ce qu'elle a de compliqué, a été adoptée, chaque fois avec des modifications nouvelles, par plusieurs peu-

pies voisins, et, malgré la concurrence d'un alphabet : et surtout plus simple, est restée pendant des siècles 1 employée pour les inscriptions des rois, dans les ouv science et de littérature, dans les actes officiels du g( ment et des tribunaux, ainsi que dans les conventions c ciales et civiles. De même que récriture chinoise, c'est i ture cursive, en quelque sorte conventionnelle, dériv( écriture hiératique qui certainement elle-même avait i d'anciens hiéroglyphes complètement abandonnés de] caractères archaïques des plus anciennes inscriptions, € encore quelquefois à une époque postérieure pour satii goût d'antiquaire, sont la transition entre les signes ques qui étaient déjà tombés en désuétude sous les toi mières dynasties et l'écriture cunéiforme de Ninive et lone. Par ces transformations successives, on peut se idée de la haute antiquité à laquelle doit remonter l'i de cette écriture.

Ce sont surtout les investigations des savants fn anglais qui ont livré la clef de l'écriture cunéiforme, ei concerne les langues babylonienne et assyrienne; h persans avaient déjà été déchiffrés assez longtemps auj Dès lors des sources importantes pour l'histoire de la des peuples mésopotamiens nous ont été accessibles. Un( lumière est déjà répandue sur les croyances et le sentir gieux des Mésopotamiens par les nombreuses inscripi rois de Babylone et d'Assyrie. Ils ne se bornent pas ei exalter leur propre gloire, mais aussi, et plus encore ] celle des dieux auxquels ils rendent grâce de leurs principalement dans celles de ces inscriptions qu'ils graver dans les temples et les sanctuaires de ces dieux dehors de ces inscriptions, nous possédons une ir littérature religieuse babylonienne et assyrienne; ( prend, outre l'épopée que nous avons déjà mentioi récits cosmogoniques et mythologiques, des hymnes à différents dieux, qui nous révèlent le caractère pr piété de ces peuples dans ces temps reculés, des dieux indiquant le rang que chacun occupait dans le ] donnant leurs attributs, et qui nous permettent de

théologie babylonienne, des conjurations et des iques, témoignant de la superstition qui régnait ione et en Assyrie, et d'autres documents. L'étude [uable littérature n'est encore qu'à ses débuts, mais, le quelques années, elle a fait des progrès remarlues parties, par exemple la suite des fragments I et de mythologie réunis sous le nom de Genèse

par le regretté G. Smith, enlevé trop tôt à la ivent être utilisées qu'avec prudence et discernes savants en ont déjà tiré des déductions passableîs (1). D'autres parties dans lesquelles on peut is grande confiance , comme le célèbre récit de star aux enfers et celui du déluge, contiennent ges encore inexpliqués, du moins passablement elligence des textes accadiens, dont nous ne ; de traduction assyrienne, présente les plus iltés. Nous tâcherons donc de nous en tenir s qui possèdent une autorité certaine, et d'en censément tout ce qui reste douteux. Nous Qoins user avec reconnaissance, tout en les soucritique indispensable, des travaux des assyriolodistes dont plusieurs, entre autres Oppert, Lenor-

, M. Jules Soury nous semble avoir donné sous ce rapport^ dans r la Genèse chaldéenne {Le Temps du 13 et du 23 novembre 1879), >us ne voudrions pas voir suivi ; il y compare les cosmogonies Ane et hellénique à la cosmogonie chaldéenne, telle que nous la Bérose, et diaprés quelques fragments de textes cunéiformes ent expliqués. Non-seulement il en montre les rapports, mais es cosmogonies mentionnées plus haut dérivent de la dernière, comparaison des cosmogonies présentant certaines analogies I œuvre en elle-même digne d*éloge. Mais, pour être vraiment premier lieu une explication exacte du fragment babylonien, des fragments de Sanchoniaton, et des notions claires et justes et la dogmatique comparées. Toutes ces conditions ne nous été remplies dans le travail de M. J. Soury. Il nous parait, oublié que des mythes, même cosmogoniques, ne sont que de , lorsqu'il a cru reconnaître dans les mythes babyloniens la [ sur révolution et le transformisme, et qu'il a vu dans cette Liltat de nouvelles observations scientifiques, mais simplement e, la renaissance spontanée de vérités anciennes dans Tesprit imblement que je suis de « ces esprits à courte vue » dont il avec défiance de pareils rapprochements ».

mant, Schrader, Sayce, Boscawen, Finzi et Fré se sont principalement occupés des questions n'est pas ici le lieu d'exposer en quoi mes opir chent, en quoi elles diffèrent de celles de t( savants ; cela ressortira suffisamment des pages

Ces sources nouvellement découvertes ne de faire renoncer à nous servir de celles qu'on p( vant. Les Grecs surtout, et en particulier Ci transmis, touchant la religion de Babylone < maints renseignements auxquels, il est vrai, toujours accorder une pleine confiance ; on pei fond sur ceux que renferme Damascius. Mais la revient incontestablement à Bérose qui, bien qi fût pas grec, a écrit en grec, et qui est une sori babylonien. Il parait avoir été en général très Bérose était prêtre de Bel, le principal dieu ( vécut vraisemblablement à l'époque d'Alexandr< écrit en grec une histoire de son pays dans les et a utilisé pour cette œuvre une foule de doc soigneusement conservés, que sa qualité de pn tait de consulter. Il se peut qu'il ait connu J sacrée ; mais c'était un pauvre théologien et un n'a pas la moindre idée du sens symbolique couvraient les murailles des temples et des pala il nous présente comme de l'histoire les anci( religieuses interprétées à la manière d'Evhéi certainement rapporté les mythes eux-mêmes a exactitude ; il est très regrettable que son ouvn parvenu jusqu'à nous et qu'il faille nous conteni fragments épars dans les chronographes et le glise (2).

Il y a dans cette histoire une difficulté consid encore impossible de surmonter ; toutefois elh

(1) Sur la littératuro des Mësopotamiens , comme source religion, voir mon discours d'ouverture cité plus haut.

(2) Voirsurtout Timportant ouvrage de François Lenormant, taire dos fragments cosmogoniqtiea de Bérose^ Paris 1871»

l'histoire de la mythologie que celle de la religion. Je veux dire la lecture des noms propres, et en particulier de ceux des dieux. Lorsque les Sémites commencèrent à se servir de l'écriture cunéiforme, ils ne l'employèrent pas seulement pour reproduire les sons de leur propre langue ; ils lui empruntèrent de plus une foule d'idéogrammes, de signes exprimant une idée et dont la valeur phonétique était certainement tout autre en accadien qu'en assyrien, mais sous lesquels ils lisaient les mots sémitiques et non les mots de la vieille langue rendant l'idée correspondante ; comme si, par exemple, au lieu de lire en français etc. et cœtera, nous lisions et le reste. Pour la lecture d'un texte suivi, la difficulté n'est pas aussi grande qu'on pourrait penser d'abord, bien que dans quelques cas on ait encore le choix entre deux ou trois synonymes. Pour le plus grand nombre des cas, le contexte et les textes parallèles où les mêmes expressions reviennent écrites phonétiquement ont donné la véritable leçon. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, l'ex* pression très fréquente de « les grands dieux » est représentée par deux signes dont la valeur phonétique est ana gal, accompagnés de la caractéristique du pluriel. Il se peut que les Soumirs et les Accads eux-mêmes n'aient pas lu ces idéogrammes angal- MES (1), mais il est certain que les Assyriens, lorsque la caractérisque du pluriel était répétée après an (anmes) et gal (galmes), lisaient ili rabouti. Or, les noms propres divins sont rarement écrits avec la valeur phonétique des lettres, mais presque toujours avec les idéogrammes. Pour exprimer Nabou, on écrivait : dieu du style ou dieu de la création, dieu créateur; pour Nergal : dieu de la massue ; pour Sin : protecteur de la terre ou seigneur de la profondeur (de la sagesse); ou bien le nom du dieu se confondait avec un nombre, assurément symbolique, dieu dix pour le dieu du tonnerre, dieu vingt pour Samas, dieu trente pour Sin considéré comme dieu de la lune, ou plutôt du mois, déesse quinze pour Istar, la lune qui ne montre sa lumière que pendant la moitié du mois et la cache pendant l'autre moitié, dieu soixante (l'unité complète), pour le plus élevé de tous les dieux, et ainsi des autres.

(1) La vraie lecture fut peut-être DDiBROALBNfi.

Ih.^

On peut voir néanmoins que grâce à des transe nétiques des idéogrammes des noms propres, ou t nous les trouvons exprimés dans la langue et d d'autres peuples, — par exemple en hébreu dans 1 ment, — nous connaissons très exactement les i Babyloniens et les Assyriens donnaient à la p] dieux. Il ne reste quelques doutes que sur la mai lisaient les noms d'une couple de dieux princi outre, il n'est pas certain que les Soumirs et le nonçassent les noms de leurs dieux précisément c écrivaient ; même pour quelques-uns, des glosei nous apprennent qu'on les écrivait d'une manière prononçait d'une autre. Si nous passons des gran dieux inférieurs, Tincertitude est plus grande e noms de presque tous les personnages qui jo capital dans les récits épiques sont autant d C'est pourquoi je pense qu'il est encore tout à fa d'écrire une mythologie complète des Babyloniens riens, ou du peuple qui les a précédés et dont ils ( la civilisation et l'écriture. Mais, comme il arrive ( défaut que nous devons constater dans l'écriture i n'est que le revers d'une qualité. Si nous ne savon d'une manière certaine comment on doit pronon grammes employés pour exprimer les noms des héros, du moins leur signification ne prête à auc qui est l'essentiel, sinon pour la science de la lang pour l'histoire de la religion : car dans ce domaini portent plus que les mots. On peut discuter sur la lire le nom de l'Hercule assyrien, constamment éc signes qui représentent le son Ninib ou Nindar, plupart des assyriologues lisent Adar. Peut-être n( ni Ninib, ni Adar, mais nous verrons que l'intellig caractère comme dieu ne présente aucune difflcult bien des manières différentes le nom du dieu de h de l'orage. Hou, Ao, Yao, Vul, Bin, et je ne sa cx)mbien d'autres façons, dont aucune, je le en bonne. Le signe le plus souvent employé pour 1 sente les mots Im (Iv) ou Ni ; c'est peut-être là le

►umirs et les Accads ; mais ce qui ne prête ne ce signe ait dû ligurer le vent, ou la vent; en outre, les différents surnoms que Râmanou, Barkou, etc., et ses attributs it de la manière la plus certaine sa na- • encore d'autres exemples de ces particu era plusieurs dans la suite de cet ouvrage, is arrivé à présenter un aperçu de la relions.

rieures dissiperont sans doute bien des it que d'y mettre le temps et de procéder il ne sera pas sans utilité de résumer les ». A vouloir attendre que tout soit découe pas nous servir des découvertes déjà is tromper sur tel ou tel détail, ou bien à r aux traditions peu exactes des anciens, juments dont le sens général, au moins, us rendrions tout progrès impossible dans ncienne : cela équivaudrait à la remplacer points d'interrogation. Seulement il im- T l'édifice de la science sur des détails )cuments, dont l'explication et la traducrtaines, et de ne pas tirer des conséquences C[ui ne sont pas encore parfaitement déter- [ui ne sont pas définitivement acquis et nsacrés.

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