‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 24 sur 50 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LA RELIGrON DANS U PÉRIODE PRÉASSTRIENNE

Nous avons traité la religion des Sémites mésopotamii y introduire de divisions, parce qu'elle s'est formée e tuée à une époque préhistorique et qu'elle semble n'a> que de légers changements de détail et, dans ses traits paux, être demeurée la même pendant tout le cours deî que dura la domination des Sémites en Mésopolami vraisemblable que sinon la théologie, du moins la relig même s'est développée avec le temps ; mais, pour le i nos sources ne nous permettent pas de suivre ce dé ment ; tout au plus est-il possible d'en relever et d'en : quelques traces. On peut distinguer clairement trois pério l'histoire de la Mésopotamie, après l'invasion des Sén preniière est celle de la prépondérance du Sud et des d( la région qu'on a appelée la Babylonie, période qu'on nommer préassyrienne ou prôto-babylonienne. La deuj la période assyrienne, pendant laquelle l'Assyrie, apr longtemps lutté pour l'hégémonie avecBabylone, fonde son empire, mais peu d'années après l'avoir porté à haut point de puissance et de grandeur, voit le poi échapper. La troisième est la période babylonienne prc dite, ou néo-chaldéenne, pendant laquelle Babylone, ruine de Ninive, soumet à son sceptre tout l'empire états vassaux, excepté la Médie. Après une courte péri éclat incomparable, elle succombe à son tour sous h victorieuses de Cyrus. Or, dans ces trois périodes, nouî

furent constamment adorés. Tous les iyrien, à l'exception du dieu national it le nom se confond avec celui du mples en Babylonie et en Chaldée bien Assyrie eût acquis quelque importance, et r sous NaboupalouçouretNaboukoudouret Naboukadreçar), jusqu'à la chute de ands dieux locaux de Babylone et de mmages et le culte des rois d'Assyrie, et , élevés dans le nord du pays. Il semble )nstater en Assyrie et en Babylonie une ntôt pour tel dieu, tantôt pour tel aulre,

éléments d'une histoire religieuse, au Pourtant, ce n*est peut-être là qu'une t du petit nombre des documents, du lous fournissent, et de l'impossibilité de ►rdre chronologique certain, quelques léveloppement se laissent-elles dès à B religion. Tâchons donc d'en- ébaucher s lignes.

jments établissent que dans les premiers sties se sont succédé en Babylonie, ou le l'une ou de l'autre partie du pays ont s la suzeraineté sur ceux des états voii création d'un grand empire. Les rois ituée au sud-ouest de rEuphrate,par con- [a Mésopotamie proprement dite, furent ettirent toute la Babylonie. Du moins, le B ville que nous connaissions, et dont le e manières différentes (1), construisit-il lent dans sa propre capitale, mais encore )ur et Zerghoul, toutes villes situées de .e grand dieu d'Our était Sin, le dieu de

assyriologfues français et anglais lisent Likhagas^ ou

rviteur du dieu Bagas. Smith lit Ouroukh^ je ne sais

ans doute lejeter les anciennes leçons Ourcham et

nom est le nom d*un dieu, probablement du dieu

la lune, et, comme dieu de la résidence du prince, soi était le culte prédominant. Lorsque, bien des siècles plu le dernier roi de Babylone apprit avec terreur Tapproc Perses, il se souvint encore que Sin était le dieu sous la ] tion duquel avait fleuri l'ancienne royauté, et chercha, e blissant son culte dans toute sa splendeur, à conjurer le qui le menaçait. Ce dieu conserva son prestige longtempi que la dynastie qui l'avait fait prévaloir eut cessé de rég] tout le pays. Des conquérants élamites, les rois de Lars rak (Nisinna), Ourouch, Aganè eurent tour à tour rhég( avant que Babylone même devînt la capitale de l'empire, moins, et bien que chacune de ces villes eût son dieu ] Sin resta en honneur. Presque la moitié des noms des ro sémites de cette époque, que nous connaissons, reproduii nom de Sin dans leur composition. Il n'y a pas jusqu élamite Koudour-maboug qui ne nomme son fils, qu'il comme vice-roi à Larsa, Rim-agou, serviteur du dieu lune.

Nous n'essaierons pas d'établir la suite chronologiqi dynasties qui se succédèrent dans la première moitié di période. Outre la difficulté qu'oflre un semblable travai serait que d'une très mince utilité pour l'histoire de la re Bornons-nous à mentionner l'un des plus célèbres de c( Sargina P', qui, de sa résidence, Aganè, située en face de du dieu du soleil, Sippara (Sepharvaïm), non-seulement ( sa domination sur la Babylonie tout entière, mais encore ble-t-il, sur les régions montagneuses de la haute Mésop et jusqu'aux rives de la Méditerranée, où il dit avoir cons gloire de son nom dans une inscription. Quelque mesure rite historique ou d'exagération qu'il y ait dans ces récits certain que Sargina fut un protecteur des sciences et de Il fonda à Aganè une grande bibliothèque semblable à qu'on a retrouvées dans plusieurs autres villes. Celle d' derniers rois d'Assyrie, Asourbanipal renfermait la copi ouvrage d'astronomie provenant de celle de Sargin P'. Il pour titre : « La lumière de Bel », et, en outre, renferi] catalogue de cette bibliothèque et le règlement re l'usage des livres par ceux qui voulaient s'en servir. Sarf

donc un personnage historique, ce sur quoi d'ailleurs ses inscriptions ne laissent pas planer le moindre doute. Mais sa réputation et la grandeur de ses exploits fascinèrent tellement Timaginalion qu'on reporta sur lui, comme plus tard sur Cyrus, le mythe si connu et reproduit sous des formes diverses dans tout l'ouest de l'Asie, du dieu du soleil semblable à un enfant trouvé, grandissant d'abord dans une condition inférieure, mais enfin triomphant. En particulier une inscription dont les termes sont mis dans sa propre bouche, mais dont certainement il ne fut pas Tauteur, rapporte que sa mère, redoutant pour lui les persécutions du roi régnant, à ce qu'il semble, un frère de son père, qui avait usurpé le trône, l'exposa sur l'Euphrate dans une corbeille de roseau enduite de bitume. Il fut trouvé et recueilli par un porteur d'eau qui l'éleva jusqu'à ce qu'il montât sur le trône de ses ancêtres sous le nom de Sargina, qui veut dire « le roi véritable ». On voit que ce récit présente quelques analogies avec celui de l'enfance de Moïse.

La plupart des noms des rois de la première moitié de cette période ne sont pas sémitiques, et leurs inscriptions sont en langue accadienne. Pourtant, les plus anciens états, notamment ceux d'Our et de Larsa, paraissent avoir déjà renfermé quelques éléments sémitiques, et les rois qui y régnèrent furent peut-être sémites, bien qu'ils écrivissent leurs noms en accadien. Ainsi, Sargina, dont nous venons de parler, était certainement un Sémite. A en juger par les noms, la dynastie de Karrak ou Nisinna, à laquelle appartint, entre autres, Ismi-Dagan fut la plus purement sémite qu'on puisse voir. La conquête de <« la ville royale » de Karrak par les puissants guerriers d'Anou, de Bel et d'Hea fut considérée comme un événement d'une telle importance que pendant longtemps on la prit pour le point de départ d'une ère nouvelle (1). Les plus anciens noms des rois de Babylone même, qui alors n'avait pas une grande importance, attestent une origine sémitique. Mais bientôt il en fut autrement. Déjà des conquérants venus de l'Élam s'étaient emparés d'une

(1) On regarde ordinairement cette ère dans les contrats da règne de Rim-agon^ comme se rapportant À la conquête de Karrak par des princes étrangers. Mais la mention des guerriers des trois principaux dieux montre clairement qu*il s^agissait 4*un événement heureux, d*une victoire et non d'une défaite.

grande partie de la Babylonie et avaient peut-être même poçté leurs armes plus loin (1). Peu après, ou en mên cienne dynastie de Babylone fut remplacée p ordinairement appelée cassite, du nom d'une mais qui certainement venait du sud, des boi Erythrée (le golfe Persique). C'est à cette dynasti un prince dont le nom se lit Agou-kak-rimi (Age qui crée notre lumière) dont il nous est raconté i et ramena à Babylone les saintes images des d douk et Zarpanitou, qui avaient été transportées j dans le pays d'Hani (?) dont nous ignorons la situi époque donc, ces deux divinités étaient adoré comme les dieux les plus élevés, de telle sorte qi cette ville ne pouvait lui causer de plus grand do la priver de leur protection. Néanmoins ils ne avoir été originaires de Babylone même. Ils venus du sud, comme la dynastie elle-même, bords de la mer que le dieu-poisson Hea, ainsi qi douk et son épouse, était surtout adoré comme civilisation. C'est pour cela que nous ne trouv( Mardouk dans aucune des anciennes inscriptio: Babylone, et que dans la composition des noms p il ne se rencontre que pour les rois de Babylone méridionale du pays, la Chaldée, jamais en Assyi Si le culte de Mardouk fut importé à Babyloi méridionales, où il était indigène, il ne tarda pas comme le plus grand des dieux de la Babylonie

(1) Le récit si connu de Genèse XIV a son point de départ dam y rapporte que Kedor-La'omer dirigea contre la Palestine une ( pagnë, à titre d'alliés ou de vassaux, des rois de Shinear (Sou mi Ooylm (Assyr. Goutioum, peuples menant la vie nomade à Vovn Kedor-La'omer, Koudour-Iagamar est un nom purement élamite pas encore rencontré sur les monuments. On a aussi voulu, non semblance, dériver de l'accadien les noms des trois autres rois q récit. Arioch, par exemple, serait le môme que Rim-agou (Ei Koudour-mabouk. H semble que Fauteur de ce chapitre, de dal an savant du temps de Texil, sachant les anciennes langues de h a combiné le récit d*une expédition d'alliés élamites et soumirien tou (Mat acharrou, Touest, plus tard la Syrie et la Palestine) ave< dition cananéenne, et y a mêlé Abram, le patriarche^ père des Isi

même dynastie, où bieû le fondateur d'une dynastie nouvelle^ mais cassite comme la précédente, Ghammouragas (qu'on lisait antérieurement Ghammourabi) lit pour toujours, par l'expulsion des Élamites de Larsa et par d'autres conquêtes, de Babylone la capitale de toute la Ghaldée et de la Babylonie. Un grand nombre d'inscriptions rapportent ses exploits. Ge ne sont pas les expéditions militaires, mais les travaux d'utilité publique et la construction de temples et de palais qui y tiennent la plus grande place. G'était un prince d'une grande piété, prophète (goudea) des dieux Anou, Bel et Dagan, et il était aussi très attaché au dieu du soleil et à Zamama (Ninib). Mais bien qu'il n'ait jamais négligé le culte de ces dieux, Mardouk n'en fut pas moins pour lui le plus grand des dieux. Il paraît aussi avoir été animé d'une très grande dévotion pour Nabou, le dieu de Barzipa. Du moins mentionne-t-il comme un des principaux faits d'une des premières années de son règne l'introduction du culte de la déesse Tasmitoum, la déesse de la révélation et de l'exaucement, le côté féminin de Il-tasmitoum, c'est-à-dire de Nabou, et par conséquent considérée comme son épouse. Il faut sans doute entendre par là que l'attribut spécial du dieu de la parole et de l'écriture fut personnifié dans une divinité féminine, et ensuite confondu avec son épouse habituelle, Nana ou Zarpanitou, ou bien lui fut substitué. Qu'on veuille aussi considérer que cette déesse était purement sémitique et que Ghammouragas désigne le dieu Hea sous un nom sémitique. Bien que lui-même et une longue suite de successeurs après lui appartinssent à une autre race, comme l'attestent leurs noms, l'élément sémitique parait donc avoir eu dès cette époque une grande importance à Babylone. Je soupçonne que Samsouilouna n'est pas, comme on le croit généralement, le nom de son successeur ou d'un de ses contemporains, mais son nom sémitique. Peu après l'élévation de Babylone au rang de capitale, les sources nous font défaut et ne nous offrent plus que de longues listes de noms de rois. Bientôt le premier rang devait être sérieusement disputé à la « Porte de Dieu » et finalement lui être ravi : le jour de l'Assyrie se levait.

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