DE BABYLONE
Le vice-roi, Naboupalouçour(Nabopolassar), c l'empire assyrien roi indépendant de Babylon à la destruction de Ninive. Il y avait déjà vingl pait le trône, et on peut dire que ce temps avf ployé. L'initiative et Fimpulsion du développe Ioniens à cette époque paraissent être ver Nitokris, princesse égyptienne à en juger par soi Neith la sage). Du moins, chose rare en Mésoj nous, quand il s'agit du relèvement deBabylor mise presque plus en lumière que celle me d'ailleurs, entra pleinement dans ses vues et conceptions. II favorisa l'industrie, répandit l'i le peuple et enrichit la ville de magnifiques prospérité et la grandeur du pays, l'éclat et la j empire pendant sa courte durée, furent princij de leur fils, le fameux Naboukoudourouçour Ce prince nous offre une des plus grandes et d( figures de l'histoire de l'ancien Orient. Il nefai avec nos idées modernes ; nous ne pourrions a qu'un despote, un conquérant et un oppresf peuples étrangers. Mais, replacé dans le cadre à la lumière des idées de son peuple et de son
plus grand que ses prédécesseurs et que tous les princes contemporains. Même la caricature qu'en présente le livre de Daniel, et dans laquelle l'auteur de ce livre a visé un autre despote (Antiochus Epiphane), au fond le seul portrait d'après lequel on le connaît parmi nous, ne parvient pas à eiTacer tous les traits de sa grandeur.
Il réalisa Tidéal du roi dans le bon vieux sens, je veux dire dans le sens véritablement mésopotamien du mot, en même temps guerrier, conquérant, protecteur des arts et des sciences, zélé pour la vraie religion et personnification brillante de la divinité sur la terre. Il a une volonté, sait ce qu'il veut et l'accomplit en se jouant de toutes les difficultés. La nostalgie de ses montagnes natales prend-elle la reine, qui était une princesse mède, on créera des montagnes à Babylone et les jardins suspendus dresseront leurs étages de terrasses verdoyantes le long des bords de TEuphrate. Toujours en guerre, il trouva le temps de relever ou de construire un nombre incroyable de monuments. 11 fît réédifier à Babylone le grand temple de Bel-Maroudouk, restaura le temple de Nabou à Barzipa, « la porte du saint des saints, la ville sans égale », comme on l'appelait, située assez près de la capitale pour en être considérée comme un.faubourg. Les principales villes de l'empire lui durent la restauration de leurs monuments les plus renommés, et des constructions toutes nouvelles. Ce fut toutefois Babylone qui fut le principal objet de sa sollicitude; il en fit la merveille et la reine de l'Asie occidentale. Mais cette splendeur et cette puissance ne lui survécurent guère. Si Babylone avait triomphé de Ninive, ce n'avait été qu'avec le secours d'un peuple plus jeune, riche de plus d'avenir, les Médo-Perses qui grandissaient en silence à l'est de l'empire de Babylone, et devaient dans quelques générations élever leur puissance sur les ruines de la sienne.
Les recherches des savants, qui nous permettent de nous faire une idée très exacte des palais assyriens et babyloniens, laissent encore beaucoup à désirer en ce qui concerne les temples. 11 y en eut vraisemblablement plusieurs types fort différents. On a cru, et non sans une très grande vraisemblance, reconnaître les sanctuaires assyro-baby Ioniens dans des édifices représentés sur les bas-reliefs à côté des palais des rois, et ayant quelque ana-
logie avec les temples grecs. On n'en voit que la une surface plane formée de gros blocs carrés e plusieurs compartiments par des colonnes couve tures. L'entrée occupe le compartiment du miliei côté de la porte se dressent deux lances (peut-être d qui ont la môme hauteur que Tédifice, et le fronto sanges, est surmonté d'un fer de lance gigantesqu figures symboliques ornaient le péristyle de ces sanctuaire même ne paraît pas avoir renfermé d( dieux, mais bien des arches saintes, des élappi il les barques des dieux, dont quelques-unes étaient ment ornées. Néanmoins les représentations c étaient nombreuses et n'étaient pas toutes symt que la plupart eussent ce caractère ; les plus comc dieu en forme de poisson, décrit plus haut, le diei et celui à pattes de coq. Ces symboles avaient leui la mythologie. Selon Layard, les lions et les tai humaine et à ailes d'aigle, veillant à rentrée des temples, symbolisent la sagesse, la force et la tout Dieu ; toutefois ce ne fut pas là leur première signi savons que ce sont les animaux symboliques des c Nergal, génies protecteurs des édifices aux portes les plaçait. Le symbole que plus tard les Mazdée rent pour représenter leur divinité, la figure hum cercle ailé, élevant la main dans l'attitude de lançant un dard à trois pointes, est d'origine ég Assyriens l'ont imité du soleil ailé (Hor-hout) di et l'ont adapté à leurs idées religieuses. Il représe doute le dieu suprême, le dieu du ciel, Asour ou 1 Mentionnons deux temples d'une forme toute celle que nous avons décrite tout à l'heure, celui d àBabylone et celui de Nabou à Barzipa. Us porlaie Bit-Saggatou et de Bit-Zida(a la maison qui élève ] maison de la main droite » ?) et consistaient en pli en retrait et couronnés d'un temple ou d'une cha suprême. C'est la forme régulière des grands temp dée, qui remonte à la plus haute antiquité, et qui se n mentàEcbatane et dans quelques parties de l'Inde.
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imitèrent ces temples chaldéens ou Zigourrat (Zikourat). Ea même temps qu'au culte ils furent consacrés aux observations astronomiques. Les derniers rois de Babylone se parèrent volontiers du titre de restaurateurs et même de fondateurs de ces temples. Aucun d'eux n'y eut des droits égaux à ceux du grand Néboukadrézar. Il eut la gloire de terminer le Bit-Saggatou. C'était le temple tombeau de Bel-Maroudouk, si c'est bien le même édifice qu'Hérodote a décrit comme le grand temple de Bel, orné de trois statues, une du dieu lui-même et deux de divinités féminines, Hêra et Rhéa selon l'historien grec, sans doute Zarpanitou et Bélit. D'après l'inscription de Néboukadrézar lui-même, Maroudouk avait dans ce temple deux sanctuaires ; celui d'en bas était sa tombe où il rendait ses oracles, celui d'en haut, au sommet de l'édifice, était la retraite mystérieuse où le dieu même était censé habiter. Néboukadrézar épuisa à l'ornement de ce temple et de ce sanctuaire tout ce que pouvaient produire de luxe et de splendeur la richesse des matériaux et les ressources de l'art.
Le temple de Nabou qui s'élevait à Barzipa et portait le nom de Bit-Zida,le même que portaient les Zigourrat de Kalach et de Ninive, et qui peut signifier la maison de la main droite, c'est-àdire du Sud, consistait en sept étages en retrait, chacun d'une couleur diff*érente, et surmontés d'un temple. Les Babyloniens l'appelaient la tour des sept sphères célestes, parce que chaque étage était consacré à une planète, le noir à Saturne, le blanc à Vénus, le pourpre à Jupiter, le bleu à Mercure, le rouge-sang à Mars, l'argenté à la lune, et le supérieur, qui était doré, au soleil. Au-dessus s'élevait le temple de Nabou, où il habitait avec son épouse Nana, ou Tasmitou, et dont Néboukadrézar fit revêtir l'intérieur d'or et d'ivoire. Il ne contenait, d'après Hérodote, pas de statue, mais seulement une table d'or et un lit où une femme désignée par le dieu devait venir passer la nuit. Les inscriptions parlent bien d'une chambre des femmes, mais en la distinguant du lieu où reposait Nabou.
De même que Nabou avait son sanctuaire dans le Bit-Saggatou, Maroudouk avait aussi sa statue dans le Bit-Zida. Elle se trouvait sans doute dans le sanctuaire en forme de crypte qui, selon le propre témoignage de Néboukadrézar, était ménagé dans les
fondements de rédiflce. Il n'est pas douteux que tour soit celle à laquelle la tradition hébraïque a persion des hommes et la confusion des langues cription de Néboukadrézar, si la traduction qu' assyriologues français est exacte, rapporterait é tour de Barzipa la tradition babylonienne du di confusion des langues. Mais nous avouons ] présent, rien moins que convaincu de la justesse prétation (1).
Mardouk et Nabou furent les dieux les plus hi deuxième empire ; mais ni le peuple, ni surtout ! ne négligèrent les autres. Sin, Samas, Ramanou, v pies restaurés et les inscriptions portent de nomb gesde la dévotion du prince pour eux. On n'avait aucime divinité, ni de laisser tomber aucun culte un certain monothéisme perce au travers de ce complexe. Il y a plusieurs dieux, mais un dieu es sus de tous les autres, et les rois aiment à se dire du Seigneur des Seigneurs. Les hommages adreî particuliers remontaient indirectement au maîtn se représentait dans le ciel une hiérarchie analog constituaient les pouvoirs de l'état, et de même c des gouverneurs de provinces était une émanatii royal, et que les honneurs qu'on leur rendait, la leurs ordres, étaient encore hommage et obéissj] ces, de même, croyait-on, en était-il à Tégard des ment le dieu suprême changeait avec les révoluti Sous la domination assyrienne, Asour, runiqu( d'un peuple guerrier, fut seul regardé comme le dieux. A Babylone, où le pouvoir des prêtres et ( le cédait pas à celui des rois, il y eut une i sion de la puissance divine supérieure ; Maroud la royauté, et Nabou, le dieu de la science e tion.
Bien loin d'être un despote vaniteux et se com] même, qui s'imagine ne devoir qu'à lui seul i
(1) En effet, la traduction qu*en avait donnée M. Oppert n'est ] question ni de Tune ni de Tautre de ces traditions.
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compte à rendre de Tusage qu'il faisait de son iadrézar fut un homme très pieux et profondé- Mainte fois il reconnaît être redevable de tout imment à Maroudouk, qui Ta créé et engendré, à Ta enfanté, à Nabou qui lui a donné le sceptre, déclare-t-il, qu'il les a choisis pour ses dieux et 5on, et « qu'il a surtout consacré sa vie au grand qui découvre les désirs de son cœur ». « Moi, ist ainsi qu'il s'exprime, — que ta main a créé, m'as créé, tu m'as donné la puissance royale pour i multitudes humaines conformément à ta voqui m'as assujetti leurs tribus. Elève ton gou- ^erain, étends l'adoration de ta divinité, réveilleur pour la rendre conforme à ta volonté, et que îtifiée en toi !» — Il raconte ensuite comment et comment il lui a soumis les pays les plus i fait respecter. Aussi se fie-t-il en sa protecs'écrie-t-il après avoir achevé la construction de 'be, j'élève mes mains et je m'incline devant toi, îigneurs. Ma voix pénètre jusqu'à Maroudouk, le neur des peuples, dieu Maroudouk, entends ma idé une dynastie qui ne sera jamais ravagée, à Babylone, qu'elle y habite, que les naissances es rejetons, que les tributs de tous les rois de la et puisse, pour l'amour de toi, ma race régner usque dans la postérité la plus reculée ! » Un se serait-il adressé à Yahveh autrement que ce ressait à Maroudouk ?
iboukadrézar marqua le commencement de la ibylone. Ses successeurs, dont les règnes furent it supporter le fardeau de son lourd héritage, même que Nabou-nitouk, qu'on a regardé à tort lécesseur) fît dans une certaine mesure revivre ix de la monarchie. Ce prince élevé au trône par lie, à laquelle il appartenait peut-être lui-même. Cependant la puissance des Mèdes et des Perses étendait. Le deuxième successeur de Néboukai péri dan? une grande bataille perdue en Médie
contre Gyrus. Maintenant les armées victorieuses des rapprochaient de Babylone. Les revers de Tempire ( même que jadis les victoires de Néboukadrézar Tavai les Israélites pieux, envisagés comme un châtiment d Nabounahid redoublait-il de piété, restaurant les s; multipliant les offrandes et les vœux. Il vit approche accrut la force de résistance de la capitale, mais s'app tout à s'assurer la protection des dieux. Une des ca décadence de Tempire était, selon lui, l'abandon d Sin, le plus grand des dieux de l'ancien empire d'Où ce qu'il put pour rendre à ce culte son ancien lustre, truisit à Chalanne son temple dans les ruines duque trouvé cette invocation : « Sauve-moi, moi Nabouna Babylone, qui ai péché contre ta grande divinité moi une longue vie, et pour Belsaroucour, mon fils f le préféré (?) de mon cœur, enflamme son âme poi nité et préserve-le du mal. » Ce fils chéri ne devait monter sur le trône de Babylone, et Tannée même o vée cette inscription fut la dernière, sinon de la vie, du règne de Nabounahid (1).
(1) On avait révoqué en doute jusqu*& Texistence de Belsaçar, au attestée par cette inscription. Le récit du livre de Daniel n*en est * pas leux. Peut-être le père et le fils périrent-ils dans le sac de la ville. Pe nahid échappa-t-il au massacre, mais non, comme on Ta dit, parce qu vait pas à Babylone, car Barzippa, où il se serait réfugié, était situé é des fortifications de la capitale, et partagea son sort. Le nom du prii en hébreu, Bel-sar-ouçour en assyrien (Bel protège le roi) n'a rien de le nom donné & Daniel lui-même (Dan. 1, 7) Beltshaçar en hébreu, Ba en assyrien, et qui signifie : protège sa vie.