CARACTÈRE DE LA REUGION DE BABYLONE ET I
Si Ton compare la religion de TAssyrie et de celle de TÉgypte, on remarque de prime abord ( toutes leurs différences, et bien que chacune pos tère propre, nettement accusé, elles appartienne la même grande famille de religions et en form ches, bien distinctes, mais se ressemblant à gards. Il est vrai que les noms des dieux, dans l'autre, sont pour la plus grande partie différents
On peut, à la vérité, relever quelques ress( exemple, entrelenomderabîme céleste chez les É, et chez les Assyriens: taouton tihavti. Sans doute tienne ne diffère pas de Tlstar de la Mésopotair prononçait Athtar dans ITémen ; sans doute aus bon, dieu du royaume des morts (Asar en égypl sa femme, sont les plus proches parents de TAsl assyriens et babyloniens, celui-là « le bon », le r considéré comme divinité et manifestation d' « la dame », la déesse par excellence, forme ( aussi Isis et Hathor ne diffèrent guère. Anou d Amoun de Thèbes, Ninib et Osiris, Nabou et T nom, mais ils sont en vérité les mêmes dieux. A signifient <c le caché », le dieu suprême, invisibh du monde inférieur », qui meurt et qui est ressu
oros ou plutôt à Horos Tancien. Nabou, le chef les, computateur du temps, marié à la déesse e la science et des prophètes, est pour ainsi )n littérale du Thot égyptien. Ajoutez à cela la
plus anciennes pyramides de TÉgypte, tomis, construites en briques, et des temples babye analogue, que Ton regardait comme des ux. C'est déjà beaucoup. Lorsque deux peu- IX langues aussi difTérentes que Tégyptien le saurait s'étonner que leurs dieux portent des înts. En tout cas, Taccord dans les idées est ui doit nous déterminer à ranger les religions sopotamienne dans une même famille, malgré ces qui les distinguent et bien que leur parenté 5 assez éloignée, c'est que toutes deux sont 3cratiques et monarchistes-polythéistes.
qu'en Egypte la symbolique a complètement logie à Tarrière-plan. Le même fait se retrouve ule différence, c'est que la mythologie y tient place, et que le symbolisme semble s'y être \n dogmes. Cependant, nous ne possédons pas )ns sur ce dernier point pour en parler avec nce. Tout ce que nous pouvons dire avec ceri Assyrie on ne trouve presque aucune trace laux, cette vivante incarnation du symbolisme, îypte. Si, à^la vérité, des animaux sacrés, serchevaux, étaient nourris dans les temples ou s, rien ne montre qu'ils aient jamais reçu en 3ulte proprement dit.
Assyriens et des Babyloniens n'était pas moins
celle des Égyptiens. Le roi y était regardé ant et le vicaire des dieux, le vice-roi régnant aine autorité, la prunelle de leurs yeux. La abylone un caractère positivement sacerdotal rie, le roi régnait au nom d'Asour. Il était le
des dieux, il avait été créé par eux avec un ; — on ne croyait pas qu'il fût du même limon es mortels. Il était le médiateur entre les dieux
et le peuple. Sur les monuments, il est toujours i comme le type de la divinité suprême, et les figures ai boles des génies supérieurs, le servent. Tous ses act paix et dans la guerre étaient étroitement dépend? religion nationale. Ses armes, ses brassards et tous ments étaient semés d'animaux sacrés, lions, taureaux Les statues gigantesques des rois qui décoraient r< palais et des temples ou étaient placées à la porte d( la source des rivières, représentaient la royauté ; mai d'Asour y était inscrite. La seule différence que noi noter avec les idées et les mœurs de TÉgypte, — et pas sans importance, — c'est que les rois n'étaient pas d'un culte proprement dit : ils restaient des hommt mortelle de la divinité.
Il semble cependant que dans les premiers siècles d empire, les rois d'Our, de Larsa, d'Aganè fussent ( comme des personnages divins, tout comme en Éi moins leurs noms sont-ils toujours précédés du sign natif de la divinité, et cela non-seulement sur leu monuments, mais aussi quand ils sont cités par les riens ou Chaldéens d'une époque postérieure.
D'une part, cette théocratie fut plus nettement a celle de l'Egypte, plus exclusive à l'égard des étrange; tre, moins absolue dans le gouvernement intérieur.
Les guerres eurent un caractère plus nettement et j sivement religieux en Mésopotamie qu'en Egypte; il r dans l'antiquité que les Israélites, combattant dans 1 de Yahveh,qui identifièrent aussi complètement la ca nationalité avec les intérêts sacrés de la religion, dieux recevaient-ils une grande partie du butin fait sui et si le roi s'en réservait une part, il avait soin de di prélevait au nom d'Asour, son seigneur; le fait par 1' dérober une part de ses trésors aux vainqueurs était et puni comme un sacrilège. Les ennemis étaien comme des impies ; la rébellion n'était pas un crim majesté, mais de lèse-divinité. La victoire était du( l'acte de faire sa soumission aux monarques assy regardé comme une conversion religieuse. Les captif
condition d'embrasser la religion des vainieux des peuples vaincus, enlevés de leurs 3nt replacés qu'après avoir élé consacrés aux . Toukoultipalésar, ayant eu pitié de quelques les Naïré (Naharaïm, le pays des sources du irate), lesquels eussent dû être mis à mort en ux, comme Agag, roi des Amalékites, que Saiil arguer et que fit impitoyablement exécuter le leur conserva la vie en attribuant tous leurs >a religion ne différait pas, sur ce point, de mais plus habile que le prophète hébreu, il e ciel un accommodement, is d'Assyrie changeaient les noms des villes 'était pas seulement pour les nommer d'après lusieurs le furent d'après les principaux dieux. r-Nabou, Kar-Sin, Kar-Raman, Kar-Istar, etc. es idées, les dieux étrangers ne pouvaient être 3n ne doit pas s'attendre à rencontrer dans la 3-babylonienne ces emprunts aux cultes étranm Egypte. En effet, comme les Israélites par- )reme dédain des Élohim akhérim , les autres ens, en parlant des dieux étrangers, disaient îrmes : ilani sa akkhari. Les Égyptiens adopétrangers à condition qu'ils devinssent égyp- ), ils ne franchissaient le seuil des temples 3S dieux nationaux, à qui ils formaient une •ois vaincus au grand roi.
rd des autres religions, la théocratie assyxclusive que celle de l'Egypte, elle fut moins iedans. Sans doute la majesté royale était un ais à côté des rois, il y avait un clergé nomfortement constitué, formant un corps, et non 1 Egypte, par des promotions faites par le roi. ulte, qu'on doive les confondre avec les mages, mpagnait toujours le roi (entre autres d'après 2), ou qu'on doive les en distinguer, formaient Portement constituée et étaient les gardiens crée, les ministres du culte et les dépositaires
de la science officielle. Une telle organisation do grande force aux savants et aux prêtres. Le roi p( quelquefois la main sur les institutions ecclésiasti assurer la réalisation de ses projets ; mais, en généri pour les prêtres et les docteurs la plus grande vénérai consultait dans toutes ses entreprises. 11 arriva mêmi que l'héritier légitime de la couronne n'entrait pas ment dans leurs vues, ils changèrent Tordre régu succession, comme cela eut lieu pour Nabounahid. ( pendance du sacerdoce, plus grande qu'en Egypte, fu ment un progrès; elle assura à la religion une certaim dance vis-à-vis de Tétat. Mais ni les Assyriens, ni h niens ne firent le pas décisif franchi par les Phénici tout par les Israélites, et consistant dans la séparatioi des attributions du sacerdoce et de la royauté ; on ne dans leur histoire la moindre trace d'une autre sépa moins importante, de Tindépendance si féconde, dar loppement religieux d'Israël, du prophétisme par i sacerdoce.
Le caractère monarchiste-polythéiste de la religic babylonienne résulte clairement de ce que nous î L'élément monarchique risquait-il d'être affaibli à par la séparation du dieu suprême, du Seigneur des Sei deux incarnations, Maroudouk etNabou? On les associ ment comme père et fils, on les réunit dans les temp] les manifestations du môme dieu suprême, de sorte que pouvait parler du Belos de Babylone, sans se doi réalité il y en avait deux.
Quelles que soient les analogies de la religion des et des Babyloniens avec celle de TÉgypte, elle fut ei plus étroitement unie avec cefies de la Phénicie, d' Araméens, et elle forme avec ces dernières une brar culière de la grande famille sémitique, branche q appeler mésopotamienne ou sémitique-septentriona distinguer des autres Sémites, ceux du sud, les An Éthiopiens, qui, à ce qu'il paraît, n'ont jamais habité ] la Mésopotamie, et sont restés plus longtemps dans 1 commun de la race, l'Arabie centrale. Le cadre de ce
nous permet pas d'entrer dans les détails, si intéressants qu'ils puissent être. Qu'il nous soit seulement permis d'indiquer quelques-uns des traits des plus saillants. Le fond de la cosmogonie des Sémites du nord, telle que nous la connaissons par Bérose de Babyione, par Sanchoniathon le Phénicien, par les premiers chapitres de la Genèse, est partout le même. Leur mythologie à tous représente, non pas comme chez les Aryens la lutte entre la lumière et Tobscurité, mais entre les forces ignées et lumineuses elles-mêmes, entre la chaleur et la lumière sources de la fécondité et causes de la mort, forces tantôt opposées, tantôt réunies dans le même être divin. Et, sans parler des traditions qu'ils ont en commun, comme celle du déluge, et qui ne se trouvent pas chez les Sémites du sud, leur culte, sanguinaire et obscène, cruel et voluptueux, est l'expression de cette même idée qui est l'idée-mère de leur mythologie. Pourtant, la religion de Babyione et de l'Assyrie, quoique la plus proche parente des religions sémitiques du nord, présente des traits d'affinité avec celles de tous les Sémites, mésopotamiens et arabes.
Non-seulement les noms des dieux sont, en grande partie, les mêmes chez tous ces peuples, mais encore tous les dieux y présentent les mêmes caractères, dont plusieurs diffèrent notablement de ceux que nous avons constatés en Egypte. Le nom générique des dieux en Egypte exprime un éternel rajeunissement ; en Assyrie et à Babyione, ils expriment la force et la domination (1). LesBeletlesBélit sont les seigneurs et les dames; les llou senties forts. Rabou, le grand, Dandannou ouKaldannou le tout puissant, sont des surnoms très fréquents de la divinité. Si l'idée de l'éternité des dieux est fréquemment exprimée, et si la notion de la vie est, en particulier, divinisée dans Raman et Hea, cette idée est cependant tout autrement conçue et bien moins dominante qu'en Egypte, et le dogme de prédilection des fils de Cham, celui de l'immortalité, est, ici comme chez les Hébreux et la plupart des autres peuples sémitiques, relégué à l'arrière-plan et laissé tout à fait dans le vague. Ce qui est surtout mis en lumière, c'est le caractère vénérable, la grandeur et
(1) Si, cumme M. le Page Renouf s'efforce de le prouver, nouter sigailie le fort^ le puissant^ le sens de ce mot égyptien ne différerait pas de celui du mot sémitique El, ilou.
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la toute puissance des dieux. Ce qui domine dans le religieux, dans la prière, c'est Thumilité, Tobéissance rateur pour les dieux, passive, absolue, semblable à l'esclave pour son maître. Le sentiment de la dépendant tous les sentiments religieux de ces peuples. Il est v cette pensée est fréquemment exprimée dans les livres d'Israël, — ils attendaient, en retour de leur piété, que leur accorderaient une longue vie. Par contre, leur pre après une campagne heureuse, était de faire des ofTrai dieux qui leur avaient assuré la victoire, et de parer le pies.
La religion présidait à tout, réglait tout. Les travaux publique étaient entrepris et exécutés à la gloire d'Asc Maroudouk. Tous les ornements, jusqu'aux franges des i des robes, des harnais, aux b?joux et aux parures, repré des symboles religieux. Les tables et les sièges repos des animaux sacrés, des lions, des taureaux. Les murs lone avaient reçu leur nom de Bel, les huit portes de I gina portaient les noms d'autant de dieux assyrieni pouvait mouler des briques que dans le troisième mois de Sin, le jour consacré à Nabou, le dieu des briques, d ments, des cercles magiques, et l'opération était natur accompagnée de sacrillces et de rites religieux ; des a étaient déposées dans les fondations. Nous pourrions n ces exemples. La religion présidait aux contrats, et ( n'avaient pas reçu la sanction des rites religieux étai De là, l'importance attachée à la littérature religieuse i truction religieuse du peuple, le soin apporté à la confe listes renfermant les noms et les attributs des dieux. L des dogmes était : « Tout appartient à Dieu, tout est gneur. » On devait tout lui consacrer, son corps, ses pi enfants, son honneur et sa vie. Et la piété des Assyriei Babyloniens ne reculait, dans l'application de ces prin devant le sacrifice des petits enfants au dieu du feu, en ni devant celui de l'honneur des vierges dans le tempk panitou, à Babylone.
Nous avons déjà indiqué les principales différence climat, les mœurs, le développement général, avaient
entre la religion des Babyloniens et celle des Assyriens. Il est difficile de se faire une idée des humiliations et des tortures infligées par ces derniers aux princes et aux populations vaincues, et énumérées, dépeintes avec complaisance dans les inscriptions des rois. Ces exécutions publiques, solennelles, où rironie s*alliait à la cruauté la plus raffinée, les scènes d'impudicité froide et réfléchie, mêlées aux supplices et aux massacres, étaient l'application la plus complète possible de la loi d'intimidation ; c'étaient les dures leçons que donnaient au monde les représentants des grands dieux sur la terre. On comprend, à la lecture de ces récits, que ces dieux colossaux, monstrueux, terribles, représentés sur les murailles des palais combattant des monstres hideux, afent été Tidéal d'un peuple rude et barbare.
A Babylone, le centre de la vie intellectuelle, le dieu de l'intelligence occupait le plus haut rang après le grand Bel. Ce Bel-Maroudouk lui-même, le dieu des rois et, par conséquent, de la guerre n'avait pas le caractère sanguinaire des principaux dieux des Assyriens. On disait de ses œuvres qu'elles étaient souverainement raisonnables. La religion de Babylone fut moins austère, plus voluptueuse, mais plus humaine et plus favorable au développement de la civilisation que celle de Ninive.
Ce qui la distingua encore de cette dernière, ce fut son caractère astrologique. Sans doute le culte des astres se retrouve partout dans l'antiquité, et surtout chez les peuples mésopotamiens qui ne l'empruntèrent pas aux habitants primitifs de la Chaldée, mais le reformèrent de toutes pièces à l'exemple de ceux-ci. L'astrolâtrie, telle qu'on la trouve chez les Sémites primitifs de l'Arabie centrale, est rude, grossière, irrégulière ; ils adorent Quelques étoiles brillantes, quelques constellations imposantes, mais en mêlant les planètes aux étoiles fixes, sans ordre et sans système. L'astrolâtrie des Babyloniens estsavante, réglée, fondée sur des observations presque scientifiques et sur un système, dont les dieux Sept, c'est-à-dire les cinq planètes connues alors, avec le soleil et la lune, et les dieux Douze, c'est-à-dire les signes du zodiaque, formaient la base.
Il paraît que la formation de ce système doit être attribuée aux habitants primitifs de la Mésopotamie méridionale, Accadiens ou Soumériens.
Dans leur écriture, le signe de la divinité est n qui semble montrer qu'ils regardaient les astres c( vinités. Quoi qu'il en soit, Tastrologie fut pour eu: ble science, comme une sorte de théologie primit planètes, avec le soleil et la lune, y sont Tobjet de la plus attentive, ce qui est naturel, car par leurs et leurs continuels changements de position, elles sées manifester la volonté des dieux. C'est pourqi pelait les interprèles des dieux et on leur donnait noms de ces derniers. Mais le peuple seul, et enco que postérieure de décadence, les confondit et les eux. Puis venaient les douze signes du zodia( étaient adjoints vingt-quatre dieux conseillers, so fixes, soit des constellations de Tun et de l'autre ci que. Mais il serait inexact de dire que les Babylo sent les étoiles ; ils les distinguaient très nettemei Les dieux se manifestaient dans les étoiles, déi splendeur dans les cieux étoiles. Du nombre des i on conclut qu'il y avait sept dieux principaux s par elles à la terre ; mais on savait qu'elles-mêmes ces dieux. La croyance populaire et grossière fut s les planètes exerçaient une influence sur le sort Pour les esprits cultivés, la volonté divine se lisai étoile, comme la voix divine retentissait dans le \ ges. De là, Tobservalion attentive des signes di découvrir cette volonté. C'est de la même idée qu' s'est nourrie la science augurale des Étrusques, même principe qu'ils ont donné un sens religieux la foudre et à la lueur des éclairs. La science des la transparence du ciel mésopotamien, si favorab vations sidérales, développèrent à Babylone cette augurai, de préférence à toute autre, et une fois la la volonté des dieux se manifestait d'une man dans la position des astres, répandue et accréditée se soumirent aux arrêts de leurs astrologues au pc cer quelquefois à leurs projets les plus chers, Ion jets avaient contre eux le pronostic des étoiles.