‹ Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiquesChapitre 28 sur 50 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LA REUGION DE LTÉMEN ET CELLE DE HARRAN, COMPARl DE BABÏLONE ET DE L'ASSYRIE

Pour compléter l'histoire de la religion de Bab l'Assyrie, nous devons dire un mot de deux autres n semblent s'en rapprocher d'une manière spéciale, à de TYémen, dans l'Arabie heureuse, et celle de Har Syrie mésopotamienne (Aram-Naharaïm).

Les Sabéens ou Himyarites fondèrent dans les précédèrent l'ère chrétienne un état puissant et flo l'Yémen, état qui subsista jusqu'à la fin du cinquièr cette ère. Ils passaient chez les anciens pour le pe riche de l'Arabie ; ils rivalisèrent de prospérité et de avec les Phéniciens et les Babyloniens, et l'emporter coup sur les autres habitants, la plupart nomades, c suie arabique. Ils s'adonnèrent principalement à l'ag au commerce. Les ruines de leurs villes et de leurs sont importantes. Leurs institutions, qui paraissent i sur le régime des castes et avoir été, en grande part leur état social, qui comportait, entre autres, la pr polyandrie, et leur système pénal rigoureux et sang distinguent de la plupart des peuples sémitiques el chent plutôt des habitants primitifs de l'Inde.

Par contre, leur langue rentre positivement dar de celles qu'on est convenu d'appeler sémitiques ; e

che notamment à Tarabe et à Téthiopien et forme avec ces deux dernières la branche des langues sémitiques méridionales. Ni l'arabe ni l'éthiopien n'en dérivent, mais elle est le plus ancien spécimen de la branche à laquelle elles appartiennent toutes trois. Il semble que Tarabe soit la langue des Himyarites, que les Ismaélites auraient adoptée lorsqu'ils émigrèrent vers le sud, et qu'ils transformèrent par degrés.

Les inscriptions himyarites découvertes, pour la plupart, à Amran, dans TYémen, par Fresnel, à Aden et ailleurs par M. Halévy, ont fourni quelques lumières sur leur religion. Malgré les études approfondies du regrettable Osiander et les travaux plus récents de M. François Lenormant et d'autres savants, elles renferment encore bien des obscurités. La plupart sont postérieures à l'ère chrétienne ; quelques-unes, cependant, paraissent plus anciennes.

Leur religion appartenait positivement à la famille sémitique. Il suffirait, pour s'en convaincre, de savoir que ceux qui la pratiquaient s'appelaient les serviteurs ou les esclaves de la divinité, et d'y retrouver des noms tels que ceux de II ou Al, le Fort, le Puissant, Eloha, le Redoutable. Le principal dieu, à proprement parler, le dieu national des Sabéens, paraît avoir été Il ou Al-Makah, à qui était consacré le principal temple de Marib, la capitale de l'état, et qui avait aussi ses templesàHaribah, Hirràn, Na'mân, et dans d'autres villes, jusqu'à Abyan, dans le voisinage d'Aden. Son nom signifie sans doute « le dieu qui exauce », et la principale formule d'invocation revenant constamment sur les tables qui lui sont consacrées est : « un tel à Almakah, parce qu'il a exaucé la prière que je lui ai adressée. »

Outre quelques dieux particuliers de tribus, comme Ya'uk et Yagûth, représentés le premier sous l'emblème d'un cheval, le second sous celui d'un lion, les principaux dieux dont on a retrouvé les noms sont Sin, Samas, Nasr, liât, Athtar, Athtaret,Gimdan, divinités dont quelques-unes ressemblent beaucoup à celles de la Babylone et de l'Assyrie. Toutefois ces ressemblances, vues de près, ne signifient pas grand chose. Le culte de Sin fut dans l'antiquité un des plus répandus dans l'ouest de l'Asie. Le nom de ce dieu se retrouve dans ceux du désert de Sin, du mont Sinaï, de la tribu des Sinim, de la forteresse de Sinna,

dans le Liban et dans beaucoup d'autres, et, s'il n'est que toutes ces dénominations dérivassent de Tado divinité assyrienne, pour la plupart cela est extrêm bable. Partout où ce culte était en honneur, on est p tain de rencontrer aussi celui de Samas. Chez les dieu solaire de TAssyrie et de IJabylone est un êti nous le retrouvons, sous cette forme, uni à divers res masculins. Par contre, la déesse Jstar a aussi chai dans son passage de TAssyrie en Arabie et était ado nom d'Athtar, avec une Athtaret. Cettp dernière exist Phénicie, mais sans l'Alhtar mâle. Le dieu Nasr (l'ai Coran (Sour. LXXI, 23) range parmi les idoles noacl adoré par les Himyari tes sous la forme d'un aigle, ce qu une confirmation de Tinterprétation de M. Lenorma dans le Nisrouk mentionné par la Bible le dieu à têt( monuments assyriens. Mais n'oublions pas que le non n'a encore pu être lu dans aucune inscription assyr ce qu'on peut dire, c'est que les Assyriens et les S raient un dieu à tête d'aigle, que ceux-ci le nommi que les premiers avaient aussi un dieu appelé Nisrouk; tout le reste n'est que suppositions non enc trées.

Quant à Çimdan («le serviteur », de çamad) on à un Çamdan assyrien, mais ce Çamdan n'est qu'i bien incertaine du surnom de Ninib et de queh dieux : Dandannou, ou Kaldannou, le tout-puissant, qu'on trouve un Sandan ou Samdan sémitique dar neure, qu'on nomme ordinairement l'Hercule assyrii

On a signalé les plus grandes ressemblances entr et les arts des Assyriens et ceux des Sabéens. Aux fi{ sentées sur les tables votives, on trouve un caractère ment assyrien. Le riche polythéisme de l'Yémen ville de Sabota comptait près do soixante temples, considérer comme des individualités distinctes les n adorés dans des lieux et sous des noms différents, le accordaient aux corps célestes, notamment au soleil tout rappelle, a-t-on dit, la religion de l'Assyrie et d

Mais tout cela n'appartient pas exclusivement a

on le retrouve chez des peuples de races difjamais eu ua rapport historique quelconsoit avec les Babyloniens.

e Gumdan, bâti par le roi Lishrah-Yasab, ou lillce carré dont chacun des côtés était d'une >'élevait une tour à sept étages, chacun de 3nt le dernier formait un iwân (salon) entièt recouvert par une seule dalle de la même ice rappelle, à quelques modifications près, ns et le temple de Belos à Babylone. Cepenours n'était pas exclusivement propre à la se retrouve en Médie et même dans Tlnde, émen entretenait de nombreux rapports de

gion des Himyarites appartient, en réalité, m sémitique du sud.

3u national Il-Makah, de Hobal, dTataâ, de inités analogues, la montre tout à fait difdes religions mésopotamiennes ou sémiti- 5. Les deux ou trois divinités qu'ils peuvent IX Assyriens n'occupèrent jamais le premier tiéon, et ne sauraient modifier le caractère e leur religion.

peu plus étroite entre les religions de Baie et celle du nord-ouest de la Mésopotamie, irvécu dans la secte des Gabions à Harran, *adan-Aram, la plaine syrienne (I).

ressemblance se réduit à bien peu de chose. Lix et leurs principaux ouvrages scientifiques 'ien. Les noms des charges sacerdotales sont vrai que les musulmans les ont considérés

idre les Çabiens et les Sabéens. L^ortho^raphe des deux iffërente. Us diffèrent également des Tsabiens ou Çabiens, pelés aussi Mandaltes, secte gnostique qui amalgama Tanle avec le Parsisme. U semble que les païens de Harran tiens qu'au neuvième siècle de Tère chrétienne, parce que le sur le même pied que le judaïsme et le christianisme, n d'échapper à la guerre d*extermination que les Musulres. Us étaient syriens d*origine.

comme des Chaldéens. C'est que leurs principa les septdieux planétaires répondant aux septjouj liôs (l'Hélios, le dieu grec du soleil), Sin, Ares (h dieu de la guerre des Grecs), Nabûq, Bal, Balthî lesquels on reconnaît aisément les dieux cinq e1 Ioniens, dont quelques-uns ont retenu leurs an( dis que trois d'entre eux : Samas^ Nergal et des noms grecs correspondants. Mais, à côté de Babylone, ils adoraient encore Hâmân, Shémal Nemriya et les déesses Tel et Telbin, qui attesti la religion des Syriens de la Mésopotamie ave( compatriotes de l'autre côté de TEuphrate.

Ici encore, ce n'est pas une branche de la relig ce qu'on trouve chez les Gabiens, ce sont plul l'ancienne religion araméenne du pays, mêlées ments babyloniens. Que les Harranites aien Chaldéens leur système planétaire (ce que d peuples ont fait comme eux), qu'ils en aient éponymes, même qu'ils aient conservé à la m ces dieux leurs noms chaldéens, tout cela n'a ] Pendant plusieurs siècles, la province dont Ha taie, constitua une partie intégrante de l'emj semble même que la ville ait été en quelque sainte pour les grands rois de Ninive et Cala qu'ils consacraient une foule d'offrandes aux die à ceux du pays. Ce qui est bien autrement étoi les traces de l'influence chaldéenne ou assyrien gniflantes dans la religion des Syriens de la A plus proches voisins des fils d'Asour.

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