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INTRODUCTION
Au moins autant que les grandes nations guerrier fondé de puissants empires et fait peser sur le mond de leur domination, les petits peuples ont leur imp leur mission dans l'histoire. Ils comptent peu dans même où ils fleurissent. Ils ne sauraient dévelop] manière complète toutes les aptitudes, réaliser tous multiples et divers de la vie humaine. A le tenter, i risque de dépasser la mesure de leurs forces, et d€ qu'à une pâle imitation de leurs puissants rivaux, hei ne compromettent pas et ne perdent pas à ce jeu leui dance. Même sur le terrain des sciences, des arts, de 1' de la civilisation, les peuples nombreux sont seuls d'embrasser dans leur complexe ensemble toutes les de Tactivité humaine. Un état de troisième ou de ordre possède rarement assez d'hommes supérieurs poi simultanément en tout. Les petits peuples tirent, ei leur valeur d'une aptitude et d'une vocation spéciale culture persévérante et assidue d'un don particulier, 1 tration de leurs préoccupations et de leurs forces su objet, leur assignent quelquefois une place éminente nations et un rôle de premier ordre dans le dévelopj la civilisation, surtout au point de vue religieux et me
Peu de peuples sont des exemples plus frappantî vérité que ceux dont la suite de cette histoire nous nous occuper : les Phéniciens et les Israélites. Penda la moitié de leur existence, ils furent assujettis aux ] monarchies des Assyriens et des Perses, dont alors
comptait au nombre des moindres provinces. Et pourtant, Tun et l'autre ont, dans l'histoire de la civilisation et de la religion, un rôle bien plus grand que leurs dominateurs. Le fait est généralement reconnu en ce qui concerne les Israélites, Leur développement religieux a de beaucoup dépassé celui de tous les peuples de la famille dont ils font partie. Si Ton peut citer dans Tantiquité d'autres religions, par exemple le Pârsisme, qui aient résisté victorieusement aux plus terribles catastrophes, survécu même aux peuples qui les professaient, ce sera Téternel honneur de celle d'Israël d'avoir donné naissance à deux des grandes religions des temps modernes : le christianisme et l'islamisme, tandis que la troisième (le bouddhisme), bien que née au sein d'un peuple aryen, n'a pu s'implanter et subsister que parmi des peuples non-aryens et non-sémitiques, tels que les Chinois, les Birmans, les Thibétains, les Mongols, les Japonais et les Malais.
C'est là la supériorité d'Israël, au moins dans l'antiquité. Et pourtant la race sémitique ne fut pas moins bien douée que toute autre race. Elle ne se montre inférieure que par le degré çle développement auquel elle est parvenue, et encore uniquement par rapport à des peuples qui l'ont suivie dans l'histoire et lui ont emprunté les éléments de leur civilisation. Après les Chamites, avant les Aryas, les peuples mésopotamiens ont tenu pendant une importante période le sceptre de la civilisation (1). Les aptitudes et le caractère natif de la race n'expliquent pas non plus l'importance exceptionnelle prise par le développement religieux dans l'histoire d'Israël, car nous ne voyons pas, pour religieuse qu'ait été la race mésopotamienne, que la religion tienne dans la vie des autres peuples de cette race une place plus grande que dans celle des peuples de races différentes, des peuples aryens, par exemple.
(1) Il est indispensable de réviser la théorie trop absolue de la distinction des races humaines et de la compléter par celle du développement. Si la première s^est prêtée à Texplication dlmportants phénomènes, il est de plus en plus manifeste qu^elle ne saurait suffire & tout expliquer, et que, en fin de compte, la chose la plus importante est le développement. En règle générale, tout développement postérieur dépasse celui qui le précède, et par conséquent, tout peuple qui, favorisé par les circonstances, a fleuri avant un autre ne saurait, précisément pour cela, atteindre au même point où pourra s*élever ce dernier. Ce n*est pas ici le lieu de développer plus amplement ces idée».
Il ne faut pas davantage chercher celte explicatic aptitudes spéciales des Israélites. Ces aptitudes n moindres ni moins diverses que celles de tous les p( même famille. Dans le temps de leur existence con ils n'ont guère appliqué leurs facultés qu'aux chos ses, ou plutôt leurs grands hommes, sans le con grande majorité de leurs compatriotes, et même au lutte incessante contre une ardente opposition, od vie et consacré toutes leurs forces au progrès rel lorsque le peuple eut accompli sa mission religieus ont montré qu'il n'était pas de tâche dans la vie hui quelle ils ne fussent aussi propres que les autres hc pandus parmi toutes les nations, et lorsque le joug ( temps a pesé sur eux fut un peu allégé, ils s'ad commerce, cultivèrent les lettres, les sciences, les les arts plastiques, et quelquefois y excellèrent. Ces sommeillé pendant des siècles, ou pour parler plus pendant des siècles elles ont été absorbées, monopo vie religieuse. Et pouvait-il en être autrement chez en qui la conscience nationale avait été éveillée pa mateur religieux, qui devait à la religion son indéi son existence comme nation, et dont toute l'histoire tion de quelques courtes périodes pendant lesquell ment, son développement religieux fut suspendu, n' long martyre ?
L'importance historique des Phéniciens ne le c celle des Israélites, mais leur rôle fut bien différent, tiré les extrêmes conséquences de l'idée théocratiqn à tous les peuples mésopotamiens ; les Phéniciens < le monde occidental les propagateurs, les apôtres d( civilisation mésopotamienne. On a peut-être quelq géré les services rçndus par les uns et par les autres, que si la religion d'Israël fut la meilleure et la pli religions de l'antiquité, elle ne s'élève pas d'une gr taire, comme un mont isolé, et ne tenant à rien au i plaine ; que plusieurs des traits caractéristiques qui la des religions aryennes et qui, jusqu'aux récentes l'histoire des religions, étaient regardés comme lui
retrouvent dans les religions'des peuples ms ou des Moabites, et même des Assye le Yahvisme n'est que le fruit parvenu à e préexistant, le dernier terme d'un déve- 'ois séculaire, auquel ont concouru tous les ens, et même les Égyptiens. Le christiales conceptions religieuses de TOrient par lël, ne lui en a pas seulement attribué la Q, mais bien la possession exclusive, parce )as les autres peuples qui les avaient posséles Phéniciens. On leur a attribué, à la suite n des arts qu'ils ont enseignés à ces der- TEurope entière, sans soupçonner qu'eux- }pris et reçus. Movers, dont les études ont ère sur les antiquités phéniciennes, et qui )sé à sacrifier la moindre partie des droits anut mieux que personne, est d'avis que iciens ne fut ni aussi étendue ni aussi ori- ; communément et qu'ils l'ont eux-mêmes ait été l'habileté incontestable des ouvriers de Byblos, l'architecture des Phéniciens ne de Tart, ni très remarquable, ni originale, ite que l'invention de l'alphabet, qui leur ,lribuée, leur appartienne en propre. Il n'y ble à ce qu'ils l'eussent reçu des Ghaldéens. êche pas de s'être fait une très grande place onde. Ils furent le plus grand peuple comchrétienne, les intermédiaires, on pourrait tre les civilisations orientale et occidentale, 5gré les éducateurs de la Grèce, et par elle t méconnaître complètement les dons spéde soutenir, comme on l'a fait récemment, ecque a été purement sémitique ; mais au 3n excessive, il y a une incontestable vérité, que les Portugais, les Hollandais, les Anmodernes, les Phéniciens n'ont autrefois c et affronté les dangers des mers inconnues pressé et purement philanthropique. Mais
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(1) MoTerg, J tension de la ci les pages 1-9 d