ESHMOUN ET LES CABIRES
Le dieu qui, bien qu'appartenant lui aussi ai anciennes divinités de Canaan, ou plutôt de Bab plus complètement naturalisé dans la religion d est Eshmoun, avec son cortège de Cabires. Le eu est malheureusement encore enveloppé d'une tri curité. Très répandu même hors de la Phénicie par les Grecs et par les Romains, et dans les der l'époque macédonienne pour les Grecs, sous les ei les Romains, il devint une espèce de mode. Il sei que les renseignements puisés dans les classique! lement combler les lacunes que peuvent présenter d'origine phénicienne. Il n'en est rien malheurei ce que les auteurs grecs et latins nous rapportei rendu aux Cabires à Lemnos, à Samothrace, à ] d'autres îles, à Thèbes, en Asie mineure et ailleur que le champ des suppositions en reçoit plus fournit ime plus riche moisson que celui de l'hisl tère entourait le culte des Cabires et couvrait en p noms. Ce culte subit, d'ailleurs, de telles altérati moniser avec l'ensemble de la religion des Grecs, que nous serions mieux renseignés que nous ne les mystères de Samothrace et des autres centrei
( nous apprendrait pas grand chose sur le culte 5nicie.
acile que de remonter à la signification primi- . Leurs noms attributifs, les forgerons, les pands, les puissants, l'indiquent clairement. s propres, on ne les rencontre nulle part : ils 3S mystères et on avait grand soin de ne pas Les Cabires furent les plus grands des dieux aicien, la classe la plus élevée, celle des forîrs, des architectes du monde, des créateurs, tribuant Tinvention de la navigation et de la qu'obéir à ses instincts evhéméristes, et rien act que de borner leur rôle, sur son autorité, urs de la navigation et de la médecine. Il se rave Gibletain n'ait eu d'autre motif de cette le la présence de leurs statues à la proue des irières adressées à leur chef, Eshmoun, pour malades. Peut-être aussi possédèrent-ils attributions, mais, en tout cas, elles furent 3S. Ptah portait en Egypte le nom de seigneur Faune : Philon n'eût pas manqué d'en faire éométrie, comme de Ninip, le protecteur des pie, l'inventeur de l'art de fortifier les places, ctes, ou plutôt forgerons de l'univers dans le 3n, purent être invoqués comme les patrons navales ; les premiers principes de la vie, s de la vie humaine et patrons de la méde-
mbre de sept et s'appelaient les fils deSydyk, peut-être le même que les Égyptiens nomt identifièrent avec leur dieu national Set. Ce ythe populaire, mais un de ceux qui doivent péculation. Le plus élevé des dieux, en tant
«B vénérés par les Grecs à SamoUirace : Axieros, Âxiokersos éritable sens nous échappe et dont on a donné plusieurs ment un caractère phénicien ou sémitique. Pu*m^ Puçtn^ rgeron (martel), Patèques, de patahhu^ formateurs, Cabires
que le juste ou la justice, est le père de ceux qui ont établi, ordonné Tunivers, le lien qui les réunit, Tunité dans laquelle ils se confondent. C'est ainsi qu'en Egypte Ptah, le seigneur de la justice, le Çédeq égyptien, était, à ce titre, considéré comme le père des Patèques. Le nombre sept, qui se retrouve dans toutes les mythologies mésopotamiennes, répond aux sept i compris le soleil et la lune, qui sont considérées manifestation des dieux créateurs et qui, avec un huil plus élevé, Thot en Egypte, Eshmoun en Phénicie l'harmonie de l'univers. Chaque planète a sa sphère o et ces sept sphères n'ont au-dessus d'elles que la sphè suprême et invisible. Les temples en forme de toi étages, comme ceux de Babylone et d'Ecbatane, étaiei sentation symbolique de cette hiérarchie céleste, qui ( était le système ou le cadre théologique d'après leqi peuple établissait la hiérarchie de ses dieux principal nifestant dans les corps célestes.
Aux Cabires était toujours associé Eshmoun, que appelaient Asklépios au serpent ou au lion. Sesprinci pies étaient à Askelon, à Beyrouth, à Sidon et à moit entre ces deux dernières villes. A Carthage, son temp naît le faîte de la Byrsa ou de l'acropole. D'après l'insc son sarcophage, le roi Eshmounazar lui construisit ui temple à Sidon. Si le culte des Cabires était la forme i néenne d'un culte fort répandu dans tout l'ouest Eshmoun était le nom phénicien d'un dieu qui, soi noms, se retrouve à Babylone, en Egypte et ailleurs, visible de la plus haute sphère des cieux, le dieu du ; que caché dans les eaux de l'Océan céleste, dont l'auti sur la plateforme des tours à sept étages ou sur h hautes montagnes. C'est pour cela qu'il se nommait le huitième, ce qui, dans le système théologique venons d'esquisser, est synonyme du Dieu suprême. L connaissaient déjà cette explication de son nom. Un terprétation également rapportée par eux, la chali repose sur une confusion, bien qu'au fond elle répc complètement à son essence. Il se peut que le dieu A Hamathéens, ordinairement représenté sous la forme
comme symbole du feu et de la force vitale, ait été en rapport avec Eshmoun, mais uniquement comme sa manifestation visible. Son nom ordinaire chez les Phéniciens fut bien Eshmoun, et non Ashima. 11 n'a de commun avec le dieu Thot des Égyptiens que d'être comme lui à la tête des sept créateurs du monde et de porter le nom de huitième. Mais, bien que tous deux fussent aussi les dieux des belles-lettres et de Thistoire, ils diffèrent, du reste, complètement. C'est dans le temple d'Eshmoun qu'à Garthage on conservait les archives de Tétat. Le seul trait commim qu'il ait avec Asklepios, avec lequel le confondirent les Grecs, c'est qu'on espérait recouvrer la santé en visitant ses temples, et que les malades consultaient son oracle. Le don de guérir était attribué à plusieurs dieux, et rien de plus naturel que de considérer le dieu de la chaleur vitale, le suprême créateur du monde, comme le possédant au plus haut degré.
Les lions ou les serpents qu'il portait sont les symboles bien connus du feu. On sait que le dieu du feu en Assyrie était représenté par une image colossale portant un lion sous son bras. Mais le caractère propre d'Eshmoun ressort mieux que de toute autre chose d'un mythe rapporté par Damascius.
Le plus beau des dieux, un adolescent au port et au visage charmants, fut aimé par Astronoé (Ashtoret Naama, la déesse de l'amour, la céleste Aphrodite). Il ne répondit pas à sa passion, et comme un jour elle le poursuivait à la chasse et qu'il ne pouvait lui échapper, il se mutila d'un coup de hache et mourut de sa blessure. La déesse, avec l'aide de Paean (la parole magique personnifiée), le rappela à la vie et il fut reçu au rang des dieux.
Le sens général de ce mythe est suffisamment clair, bien que toutes les parties ne s'en laissent pas complètement expliquer. Il représente, comme tant d'autres que nous avons déjà rencontrés, la mort et la résurrection de la force fécondante de la nature, du feu céleste qui meurt en hiver et revit au printemps. C'est encore, sous une forme différente, le même mythe que celui de Byblos. Il semble qu'il ait été à l'origine plutôt un mythe du tonnerre que du soleil. D'ailleurs, ces deux sortes de mythe se mêlent et se confondent souvent. La principale différence est l'absence de la divinité ennemie, du meurtrier, par conséquent
du contraste entre le dieu bienfaisant et le dieu malfaisant, entre le feu vivitiant et le feu dévorant. C'est le beau jeune homme qui, poursuivi par la déesse, fuit et, ne pouvant écha donne lui-même la mort pour se soustraire à ses embrass Le mythe est réduit à sa plus grande simplicité. La dé eaux célestes, qui ne peut devenir mère que par son uni le dieu du feu, le perd à l'automne, le pleure l'hiver i trouve au printemps.
Ce mythe se rencontre ailleurs dans la même forme, ment en Asie-Mineure. Seulement, le dieu principal s'y Atys ou Attis. Atys ou Kotys est aussi le nom.de ses prc ceux qui, à l'exemple de leur divinité, se sont mutilés.
En fait, il ne diffère pas de la divinité phrygienne, parfaitement légitime d'expliquer le mythe phénicien mythe phrygien.
Les mythes du feu céleste et de la vie universelle soi ceux du breuvage qui communique l'immortalité, et d considéré comme la respiration ou l'àme du ciql, les i vés des religions de la nature. Ils sont le point de dépa transition du naturalisme au supranaturalisme : l'ac s'élève des choses visibles aux choses invisibles. Le d'Eshmoun rentre dans cette catégorie et ne peut av naissance que chez un peuple agricole. Mais, après adopté, les Phéniciens lui firent subir quelques modifi Surtout dans les villes adonnées au commerce, à l'indus la navigation, le dieu cananéen ne pouvait manquei adapté à la principale occupation de ses nouveaux ado Eshmoun, le Dieu suprême, l'invisible, trônant au-desi dieux visibles, le principe de toute vie, le dieu de la san la guérison, y fut naturellement uni aux dieux du feu aux Cabires, et devint le protecteur de Tindustrie et de gation, par suite du commerce, et en outre le dieu de la et des lettres. Mais son culte ne changea pas. Les rites s( persistants que les idées religieuses. Quelques modifi qu'eût éprouvées l'idée qu'on s'en faisait, les Galles contii à se mutiler pour obtenir de lui la perpétuité de la vie force vitale.